préliminaire Nord

tout le journal images, ou
une autre date au hasard  :
2012.06.29 | en carafe

Etrange de penser qu’une moitié de l’année Québec est déjà attrapée : toute mangée par les apprentissages, et cette sorte de travail de fond qui s’entame en soi à lire leurs auteurs – ou découvrir qu’ils n’auraient pas été accessibles sans l’expérience directe de ce que change ici l’espace, sa raucité, son élargissement. Travail dont on sent l’élargissement en soi, mais sans que soient remises déjà les clés. Peut-être, juste, le mode d’emploi est plus simple pour pousser une porte, se risquer. Avoir supporté aussi que malgré le déni apporté par tous les Québécois (non, sauf un, pas Jean Désy – et conversation entamée) à l’imaginaire Nord, c’est cela aussi qui s’ancre, dans le lien le plus solide à la littérature, y compris par l’austère, la rigide Gabrielle Roy avec laquelle je suis loin d’avoir fini, ou les dérives automobiles dans l’hiver Moncton par Hérménégilde Chiasson (oui oui, je sais qu’il n’est pas Québécois, mais jamais je n’intérioriserai cette étroitesse qu’ils ont ici à se recloisonner – là encore, heureusement, des exceptions) – ou le très dense et rapide et aiguisé (mais inaccessible) Éphémérides de mon voisin de bureau, Jean-Noël Pontbriand, découvert à l’arraché cette semaine, ou ces livres sur Anticosti, collectés chez les bouquinistes, ou... Peut-être c’est maintenant, avec l’hiver et six mois de débarras préliminaire, que s’ouvrir au Canada.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 décembre 2009
merci aux 381 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • on avait bien un peu parlé d’ours blancs, chez cet ami d’enfance qui venait d’en voir un spécimen impressionnant - naturalisé - chez un chasseur : dans sa patte antérieure, nos têtes n’y aurait qu’à grand peine pris plus de place qu’une balle de tennis en l’une de nos mains. Pendant que nous papotions, dans le Nord (Grand ?, non, c’est pour rire) d’ici, le ciel s’assombrit et déversa 15 cm de neige en vingt petites minutes : il fallait déjà songer à rentrer, la voiture n’était pas équipée skiable, avait déjà fait preuves multiples de sa propension aux voltes soudaines et imprévisibles sur terrains glissants. Sur la route du retour, on doublerait même les chasses-neige.

  • le boulevard de Picpus, et son métro à peine sorti déjà entré, le square, un bar à vélos au plafond, tellement content de ne pas être seul, finalement, tellement heureux de voir que oui, les choses confuses se délient, et puis les enfants, les fêtes, les voyages (les fenêtres des Pyrénées, hier vers 4h30)

  • Prête à partir vers plus de blanc, de gris et de froid. C’est là-haut qu’on ne veut pas.

    Paris n’est pas le pire des pis-allers.

    Je commence très lourdement à hiberner.

    La certitude enfin que quelque soit l’endroit où je vivrai dans quelques mois voire des années, s’il me reste assez de santé, l’écriture, la lecture m’accompagneront. C’est déjà ça. Plus solide que moi.

    Voir en ligne : traces et trajets