un orignal des originaux


Vais encore me faire qualifier d’inepties rebattues mais ce journal m’appartient, désolé des naïvetés, et par ailleurs je suis assez de sites et blogs québécois y compris provisoirement parisiens pour pas que ça m’impressionne. Donc voilà, je souhaitais voir un orignal de près, ça ne se commande pas. J’en ai même vu un de plus près que celui-ci mais j’ai loupé la photo (je regardais). Je ne sais pas si c’est à cause de la bizarrerie de cette grosse bestiole calme, qui vit impassible et fixe dans le fond de ses forêts – voir La Bête lumineuse (à la limite du regardable, dans notre éthique de maintenant du documentaire, mais historique aussi pour cela, autant que pour sa mise à nu violente des mythologies d’ici), ou bien l’orignal en joyeux écorché dans cette commercialisation de la chasse. Non. Ceux de mon genre, on a lu dès l’enfance, puis l’adolescence, intensément. Et beaucoup de livres de voyages, de livres d’aventures. De navigateurs solitaires (Moitessier, Gerbault, Le Thoumelin...). Donc s’appropriant le réel bien au-delà la petite part qui nous en était concédée, au-dessous du niveau de la mer, dans la réclusion vendéenne (vaches, poules, cochons, cheval, on avait – et salamandres dans les marais). Ce qui est le mystère, pour moi, c’est que j’avais toujours lu le mot original. Et toujours pensé, jusqu’à cette année, qu’il s’agissait réellement d’un mammifère auquel son originalité avait valu le nom d’original. Comme j’ai lu beaucoup, dans chaque livre qu’il honorait de sa présence, la reconnaissance des mots rendait invisible la lettre ajoutée. C’est le même problème dans la correction d’épreuves, être parfaitement capable de corriger avec rigueur le texte d’un ami, et être si parfaitement incapable de corriger des énormités dans ses propres manuscrits. Voilà : hier, ce que je voulais voir de près, dans cet énorme museau, c’était l’originalité de ce i lu des années en trop. Je m’en suis corrigé, ici ils vous le répètent à longueur de route : les orignaux ne sont pas que sur les panneaux.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 février 2010
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Messages

  • Ah la petite lettre invisible !
    A mon arrivée à Paris, j’habitais La Fourche. Pour m’y rendre, longtemps j’ai pris la correspondance à Micromesnil...
    En quoi , j’étais bien un peu ... miro.

  • Cela faisait déjà quelques temps que ça me travaillait, mais il a fallu tomber sur une présentation qui me plaisait (même si fortement adaptée) pour que je franchisse le pas. Pas si facile. Presque 9 ans sous blogger, c’était confortable. Mais le résultat me plait.
    Il change aussi légèrement les habitudes de lectures, demande plus au lecteur pour sa navigation. C’est peut être finalement ce qui change le plus.

    Voir en ligne : KMS

  • Qu’est-ce qu’il m’avait fait rire le fiston avec sa confusion si jolie au sujet du typhon ! L’orignal original me rappelle ce moment heureux encore récent.

    J’ai du mal à rentrer de Bruxelles. Plus que jamais je sens que je pourrais y vivre. Moins que jamais je pense que j’en aurais la possibilité. Je ne saurais bouger que par amour, par métier ou raisons de santé.
    Ma vie a été très statique mais pas par volonté.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • c’est ce temps qui me pèse sur la cafetière( comme disait la brigitte fontaine avec ce M et leurs zazous) je voudrais un peu de lumière, faire une petite photo jolie pour dire que la vie est belle, mais malheureusement elle l’est pas, et elle vaut pas le moindre qualificatif (ça c’est pour Kill that Marquise, la tête à Dédé sur un plateau) (vivement hein, vivement...)