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	<title>Tiers Livre, le journal images</title>
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	<description>chronique photos et journal, par Fran&#231;ois Bon</description>
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		<title>2015.12.03 | de l'&#233;criture comme impr&#233;paration</title>
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		<dc:date>2015-12-03T07:49:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>num&#233;rique, blogs, Internet</dc:subject>
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		<dc:subject>Cergy &amp; &#233;cole d'arts Cergy</dc:subject>
		<dc:subject>Lalonde, Bruno</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est une question de fond, et o&#249; justement je crois me s&#233;parer de Bruno Lalonde. Bruno a fond&#233; &#224; Montr&#233;al, C&#244;te des Neiges, une sorte d'antre du livre d'occasion, &#231;a s'appelle Le livre voyageur, mais on peut facilement suivre ses chroniques sur Facebook, et encore mieux sa cha&#238;ne YouTube : un millier de chroniques, longues prises de parole devant l'accumulation des livres, et la bizarre id&#233;e il y a quelques semaines d'en avoir lanc&#233; une deuxi&#232;me au lieu de continuer la premi&#232;re. Avant-hier, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?mot20" rel="tag"&gt;num&#233;rique, blogs, Internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;&#233;crans, bureau, papiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?mot243" rel="tag"&gt;Cergy &amp; &#233;cole d'arts Cergy&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/krnk/IMG/logo/arton1868.jpg?1449128887' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1868.jpg?1449128892&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une question de fond, et o&#249; justement je crois me s&#233;parer de Bruno Lalonde. Bruno a fond&#233; &#224; Montr&#233;al, C&#244;te des Neiges, une sorte d'antre du livre d'occasion, &#231;a s'appelle &lt;i&gt;Le livre voyageur&lt;/i&gt;, mais on peut facilement suivre &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/bruno.lalonde.7/posts/10207774687103522?pnref=story&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ses chroniques sur Facebook&lt;/a&gt;, et encore mieux sa &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCydmDuqRIvTaJgrsENPOnzw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cha&#238;ne YouTube&lt;/a&gt; : un millier de chroniques, longues prises de parole devant l'accumulation des livres, et la bizarre id&#233;e il y a quelques semaines d'en avoir lanc&#233; une deuxi&#232;me au lieu de continuer la premi&#232;re. Avant-hier, le texte que je reprends ci-dessous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A vingt ans, je me jugeais trop ignare pour oser &#233;crire. A trente ans, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Bien s&#251;r, accord profond (sinon, je ne dialoguerais pas avec lui quasi tous les jours, et on devrait faire connaissance en mai prochain, encore n'est-ce pas s&#251;r du tout qu'on s'entende aussi bien que sur le web, on affronte tous ce paradoxe) sur ce qu'il &#233;nonce : la n&#233;cessit&#233; du &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt;, le chemin vers et en soi-m&#234;me qu'est lire. Pour corollaire, l'importance de m&#233;nager ce que Lionel Ruffel appelle ces &lt;i&gt;vacuoles&lt;/i&gt; dans la gestion personnelle de l'attention, pour autoriser ce temps lent de confrontation et de descente. Ce qui d'ailleurs n'est en rien contradictoire avec la lecture sur support num&#233;rique, mais nous contraint chacun &#224; une interrogation permanente de nos pratiques. D'autant que le r&#233;cit-web, qui inclut comme un de ses &#233;l&#233;ments le parcours hypertexte qu'il induit, n'est pas une attention moindre que la lecture immersive, mais un autre rapport temporel aux zones de densit&#233;, et la capacit&#233; m&#234;me de m&#233;ditation qu'on peut y construire, sauf qu'on est &#224; la pr&#233;histoire de tout &#231;a. L'interrogation sur cette chronique de Bruno Lalonde tiendrait justement &#224; ce coup de force qu'est en permanence la d&#233;cision d'&#233;crire : bien s&#251;r, je ne suis pas pr&#234;t. Bien s&#251;r, je ne suis qu'une sorte de territoire pragmatique, encombr&#233;, parasit&#233;, emp&#234;tr&#233;. Mais justement, c'est cette rigidit&#233; m&#234;me que je mets en traverse dans l'&#233;criture, et sur quoi elle va diffracter. Est-ce que &#231;a vaut m&#234;me chez Beckett ? &#192; un autre degr&#233; que ma propre banquise, mais certainement ce qu'il faut aussi entendre dans son &lt;i&gt;rater mieux&lt;/i&gt;. &#201;crire suppose la force, le culot, l'inconscience (ou l'ivresse) de casser intentionnellement l'attente &#8211; ce n'est pas un &#233;nonc&#233; &#224; la l&#233;g&#232;re : ma capacit&#233; d'attente, a&#233;roports, gares, voyages, salles de soins, est infinie. Compte ce qui advient de la br&#232;ve travers&#233;e avant qu'elle vous laisse &#233;chou&#233; et qu'on puisse scruter et &#233;tudier les morceaux. &#192; l'&#233;cole, le mercredi, ce sont les 2 termes sur lesquels j'essaye d'agir : ce qu'on pr&#233;pare avant de sauter, en soi-m&#234;me et hors soi-m&#234;me, et ensuite comment recevoir, &#233;tudier et scruter, ce qui s'appelle mise en travail. Dans ma petite pi&#232;ce un autre encombrement : livres en pile, livres qui montent au plafond, livres que je n'ai pas lus et sont l&#224; quand m&#234;me et me manqueraient sinon. Livres que je lis tr&#232;s lentement et vont rester des mois sur la table. Livres constamment relus, mais qu'on reposera derri&#232;re soi d&#232;s ouverte la page d'&#233;criture. Peut-&#234;tre que ce serait une des &#233;tranges et impalpables fronti&#232;res s&#233;parant la narration de la po&#233;sie ? Je n'en suis pas s&#251;r du tout. Je sais juste, par rapport &#224; ce texte de Bruno Lalonde, que c'est le territoire d&#233;sign&#233; qui compte, qu'il est l'espace m&#234;me de l'&#233;criture, justement ce qu'on casse pour d&#233;marrer &#224; contre de l'impr&#233;paration, en rompant m&#234;me avec le &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; infini. Et que l'exp&#233;rience dans la ville (pour l'&#233;crire) comme dans les livres (pour dire ce qui nous y relie) commencerait pr&#233;cis&#233;ment par ce que l'&#233;criture brise, quand arbitrairement elle commence ? Reste alors un nouveau niveau de question : si Bruno pratique l'improvisation orale (et virale &#8211; &#224; voix haute sur son YouTube, par cette oralit&#233; &#233;crite de Facebook dans ses chroniques), en quoi il n'arrive pas &#224; reconna&#238;tre ce processus m&#234;me comme &#233;tant notre &lt;i&gt;&#233;criture&lt;/i&gt; d'aujourd'hui ? Y compris dans sa socialit&#233;, y compris dans sa fragilit&#233; temporelle, mais comme atelier commun ? Y ajouter cette autre r&#233;flexion : &lt;i&gt;des milliers de pages noircies&lt;/i&gt;, dit-il &#8211; ce n'est pas &#233;crire, cela ? Si l'&#233;criture et la &lt;i&gt;publication&lt;/i&gt; &#233;taient le m&#234;me concept, on n'aurait pas Saint-Simon, Joubert ou L&#233;autaud. C'est le concept de publication qui est un enjeu, et la publication Facebook ou YouTube le pose de la m&#234;me fa&#231;on qu'il travaillait d&#233;j&#224; la question de l'&#233;criture &#233;pistolaire (ainsi pour &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2345&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S&#233;vign&#233;&lt;/a&gt;). Et ce n'est pas une question plus l&#233;g&#232;re que celle des vacuoles pour l'attention &#224; lire, de la pr&#233;paration dans la lecture, et des modes de r&#233;cit qu'ici sur le web on apprend &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;strong&gt;LE CARNET DU SITE&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nouvelle vid&#233;o : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=GmnsvGYQY3o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;hommes arm&#233;s dans Cergy nuit&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lu sur le web : d&#233;couvert le blog &lt;a href=&#034;http://www.blog-alliteration.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Allit&#233;ration&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nouveau ou actualis&#233; sur Tiers Livre : tirage presque &#233;puis&#233; pour le livre d'Andr&#233; Gunthert &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4226&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'image partag&#233;e&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; photo : pr&#233;fecture de Cergy, 01.12.2015, celui qui reste travailler plus tard que les autres pour se faire bien voir. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A vingt ans, je me jugeais trop ignare pour oser &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A trente ans, quelques lectures dans le corps, mais une exp&#233;rience de vie trop mince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quarante, quelques esquisses, mais un probl&#232;me &#233;pineux s'&#233;tait pos&#233; : comment &#234;tre en accord entre sa parole script&#233;e et ses actes. &#202;tre &#224; la hauteur de ses propres exigences, praxis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cinquante, toujours aussi exigeant, des milliers de livres lus, des milliers de pages noircies, mais je ne me sens toujours pas pr&#234;t. Ce que je croyais savoir s'&#233;vanouit, je n'en sais pas beaucoup plus sur moi ; je me console en affirmant que les autres n'en savent pas davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion provisoire : je n'aurai fait que cela, me pr&#233;parer sans fin &#224; l'&#233;criture. Je ne laisserai sans doute pas grand-chose derri&#232;re moi, mais j'aurai v&#233;cu dans la plus haute exigence, dans l'intensit&#233; la plus incandescente, dans l'attente la plus br&#251;lante, et dans l'imagination toujours en alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait dans la pr&#233;paration, pour finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Bruno Lalonde, &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/bruno.lalonde.7/posts/10207774687103522?pnref=story&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chronique Facebook&lt;/a&gt; du 01/12/2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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