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N’en reviens pas d’en tenir un. Plutôt l’impression de lui mettre du sel sur la queue — technique apprise dès l’enfance pour attraper les oiseaux —. ** Pour écrire chaque jour, il faut de la méthode, peu importe laquelle, mais savoir ce qu’on vient faire là. Pas forcément dans le mobile, dans la fin espérée du journal, mais dans sa forme. La recherche du carnet autrefois pouvait occuper des jours entiers. C’était — je l’ignorais — l’étape 1 condamnée à durer jusqu’à ce que se montre l’étape 2 : sur quoi j’écris. Sur ce cahier et sur moi, sur autour de moi, sur en face de moi, ce qui est saillant, ce que je sens le besoin de consigner. De l’urgence et de la méthode.

Le terme d’intime a une histoire en littérature : Saint Augustin y recourt dans ses Confessions, qui ne sont pas un journal au sens où il ne s’agit pas d’une écriture journalière, mais qui se livrent à une investigation du for intérieur. L’introspection spirituelle constitue l’ancêtre du journal intime ; il s’agit d’une quête de Dieu, effectuée au fil des jours, et qui conduit à un examen de conscience au plus profond de soi-même :

Je te cherchais à l’extérieur de moi-même, mais toi tu étais plus intérieur à moi que ce que j’ai de plus intérieur (tu autem eras interior intimo meo).
Saint Augustin, Confessions, III, 1

Pierre Pachet/Les Baromètres de l’âme *** Tout au long de l’année, je tiens un journal (privé, intime, secret). Régulièrement, j’y réfléchis à ce que tenir un journal veut dire pour moi. Je note au passage quelles expériences cela fait consister pour d’autres, quand il en est question entre amis, à la radio, ou dans le livre remarquable de Pierre Pachet, Les Baromètres de l’âme. Étrange communauté que ces journalistes de tiroirs, où les échanges sur la forme sont nombreux et vivaces, mais où le fond n’est pas nommable à voix haute sans dénaturer irrémédiablement l’objet. Pourtant, je sens une affinité puissante et souterraine, racinaire, avec ceux et celles qui s’adonnent à… cet exercice ? Cette pratique ? Ce rituel ? Ce jeu du je et du moi ? Cette urgence ? Cette routine ? Cette habitude ? Cette dévorante manie ? Cette dépendance (dans les deux sens du terme) ? Toujours est-il que chaque fois que j’interroge le journal dans mon journal, je me souviens qu’il y a dans le Journal d’un Mot une entrée [Journal]. Je me réjouis alors de rendez-vous où j’aurai tant à dire. Mais aujourd’hui force m’est de constater qu’à moins d’aller relire les journaux de l’année écoulée, je suis incapable de me souvenir des strates d’élaboration qui s’y trouvent sur ce sujet. Or, ici relire n’est pas une option. Pas plus que de faire demi-tour dans une randonnée en forêt, ou une sortie à vélo. Reste ce détour.

entrée proposée par Emmanuelle Cordoliani

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entrée proposée par FB

 



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1ère mise en ligne et dernière modification le 8 avril 2021.
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