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élan


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C’est l’énergie (l’impulsion, le mouvement) qui permet le développement et la concrétisation dans l’écrit d’une idée. Il faut le saisir au vol, l’attraper, le suivre et ne le laisser filer sous aucun prétexte. Se laisser porter par lui, comme surfer sur la vague. C’est une poussée qui vient du dedans, du profond, parfois des tripes, ne pas la suivre équivaudrait à sa brimer et à laisser s’installer la frustration. Suivre l’élan c’est se lancer dans l’aventure, car écrire est une aventure dont on ne sait pas où elle va mener. L’élan nous fait faire des choses qu’on n’aurait pas soupçonnées et qu’on se dit a posteriori : je n’en reviens pas de l’avoir fait. Quand j’ai entamé la rédaction du Guide lovecraftien de Providence, je suis retournée seule dans la ville de Lovecraft et aujourd’hui, parfois, je m’en étonne moi-même. Le résultat final n’a rien à voir avec l’idée de base (un simple livre de photos souvenir de voyage à commander sur internet en un ou deux exemplaires), mais cet élan, cette impulsion, cette énergie ont véritablement donné naissance à ce résultat. Ils m’ont notamment poussée à entreprendre ce deuxième voyage à Providence fin septembre 2019. Du fait de mon boulot et des congés à prendre, j’avais hésité entre septembre 2019 et juin 2020 et finalement choisi la première option, négligeant tout naturellement la seconde qui n’aurait peut-être pas permis au livre de voir le jour (quand les choses sont justes, elles se mettent en place d’elles-mêmes), car d’ici à ce que nous puissions à nouveau nous rendre aux USA en toute sécurité Covid, l’élan, si tant est qu’il eût encore existé, n’aurait plus du tout eu la même intensité.

entrée proposée par Catherine Koeckx

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Et si toute littérature était policière ? Et celui qui écrit, un fuyard qui enquête ? En quête ? Elle est peut être là la source de cet élan qui force à écrire, décrire, construire. Comme si l’on se cherchait soi-même, sans pour autant vouloir réellement s’attraper.

entrée proposée par Ugo Pandolfi

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Mettre la machine en route pour production de texte. C’est depuis allumer quelque chose comme générateur central et chaque matin même heure comme un geste précis qui serait appuyer sur le bouton rouge dans le grand tableau de bord accroché au mur, il donne courant, enclenche machines et rouages et roulements à billes et ça ronronne tout autour et ça grince et ça vrille les oreilles et ça mange le temps pompe l’énergie à veiller surveiller graisser réparer secouer remplacer améliorer inventer et quelque chose de moteur en courroie en engrenage d’un assemblage improbable quelque chose naît et il faudra s’en saisir dans le silence d’après qu’on a installé chacun chez soi devant sa propre machine. C’est aussi depuis images et mots d’elle ou elle ou lui saisis au vol pour y tisser mon texte comme un oiseau récupère des poils de chèvre ou de chien, je l’ai vu, pour construire son nid, y installer le moelleux et le chaud nécessaire que ça donnera aux œufs puis aux oisillons. Et dans l’élan collectif de l’écriture enclenchée ce besoin toujours de dire merci.

entrée proposée par Anne Dejardin


page proposée par François Bon, pour Tiers Livre
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1ère mise en ligne et dernière modification le 19 avril 2021.
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