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	<title>DIRE, la revue de Tiers Livre</title>
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		<title>le roman d'Antoine H&#233;gaire</title>
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		<dc:date>2020-11-15T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine H&#233;gaire</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;cycle &#233;t&#233; 2020 | outils du roman&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;&#233;t&#233; 2019 | outils du roman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/revue/IMG/logo/arton575.jpg?1593374127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Profession : libraire &lt;br/&gt;
N&#233; &#224; Paris-Ville en 1967.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;19 &amp; 20. On y va !&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Hier mercredi 19.02.20. Apr&#232;s plusieurs &#233;changes de courriels et un &#233;change t&#233;l&#233;phonique, j'organisais donc hier cette visite demand&#233;e des lieux, en p&#233;riode de cong&#233; scolaire, pour que l'&#233;cole soit vide. Participaient &#224; cette visite-rencontre la victime (il), la directrice de l'&#233;cole primaire et maternelle, et moi &#224; titre de repr&#233;sentant de l'institution. La Directrice nous fait visiter. Au final c&#8216;est int&#233;ressant pour moi, car je ne n'&#233;tais jamais venu dans cet &#233;tablissement et sans doute aussi pour lui puisque les lieux ont chang&#233; depuis 1975. Cela appara&#238;t d&#232;s notre arriv&#233;e. Un grand b&#226;timent moderne existe d&#233;sormais sur la rue : il remplace l'ancien b&#226;timent principal de l'&#233;poque. De l'autre c&#244;t&#233; de la cour, un b&#226;timent scolaire de couleur bleue date clairement des ann&#233;es soixante-dix. Entre les deux la cour est tr&#232;s grande, sans arbre, en bitume, toute trac&#233;e de terrains de sport. Nous avan&#231;ons vers son milieu. Il s'&#233;carte de notre groupe et marche seul, comme il me l'avait demand&#233; dans un de ses courriels. Il s'&#233;loigne un peu. Il a demand&#233; &#224; revisiter seul. Il marche dans la cour &#224; pas un peu plus lent que la normale. Je crois qu'il cherche des volumes, des espaces. Quand il revient vers nous c'est pour aller vers le b&#226;timent bleu. Il s'est arr&#234;t&#233; pour mieux le regarder, mais il me semble deviner qu'il ferme les yeux. La Directrice lui dit qu'il reconna&#238;t s&#251;rement ce b&#226;timent du fond, car il a &#233;t&#233; construit en 1964, mais lui semble ne pas l'entendre. Durant le temps de la rencontre qui suivra la visite il nous expliquera que durant un moment il est tomb&#233; en confusion parce qu'il a entendu la directrice lui dire 75, qu'il n'a pas bien entendu 64, et qu'alors 75 cela ne collait pas, car &#224; l'&#233;t&#233; 75 il &#233;tait d&#233;j&#224; parti, que s&#251;rement la construction d'un b&#226;timent scolaire devait se faire durant l'&#233;t&#233;, alors qu'il avait bien quitt&#233; l'&#233;cole en juin 75, et tout cela lui venait &#224; l'esprit alors m&#234;me que justement il lui semblait reconna&#238;tre ce b&#226;timent bleu, percevoir quelque chose de la forme, de la texture, des c&#233;ramiques, sur cette fa&#231;ade de couleur bleue, mais bleu turquoise. Il lui a fallu refermer les yeux pour sortir de sa confusion et pour s'autoriser &#224; reconna&#238;tre ce turquoise lumineux et sombre. Penser qu'il a toujours pens&#233; cette couleur-l&#224; plus belle. Il remarque ensuite une grande salle de cantine, en rez-de-chauss&#233;e. Il pense que ce b&#226;timent &#233;tait pour les grands, et qu'&#224; la place de la cantine il y avait le gymnase qui &#233;tait l&#224; pour tous. Les petits &#233;taient dans l'ancien b&#226;timent d&#233;truit, mais c'est dans le gymnase bleu des grands, un jour des parents, qu'il se rappelle avoir re&#231;u un livre en prix de fin d'ann&#233;e, prix de camaraderie ou m&#234;me de gentillesse. Puis il retourne son regard vers nous, vers le nouveau b&#226;timent, celui qu'on a d&#233;truit aussi et nous dit : on y va !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : j'avais commenc&#233; avec un peu de retard en &#233;crivant e semble 1 &amp; 2.
&lt;p&gt;Comme on fait son livre, on se couche sur le papier, voil&#224; donc 19 &amp; 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;#19 Le journal et d'un autre et d'une autre couleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;#20 &#224; celui qui ferme les yeux mais pour mieux y aller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;18. Dunhill&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4939&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les Michel, mes parents, sont all&#233;s prendre le caf&#233; sur la terrasse de la maison des grands-parents paternels avec tous, avec les deux fr&#232;res de mon p&#232;re et presque toutes ses s&#339;urs, mes oncles, mes tantes. Mon grand-p&#232;re n'est pas l&#224;. Il est au Tennis-Club de La Nivelle, au Prix Mellerio. Si vous ne connaissez pas, c'est une comp&#233;tition de golf. C'est mon grand-p&#232;re qui donne le prix. Ma Grand-m&#232;re est rest&#233;e &#224; la maison. C'est elle qui apporte qui les caf&#233;s et les kanougas de la Maison Pari&#232;s. Sur le plateau rond et blanc, les tasses et soucoupes rondes et jaunes, le caf&#233; fonc&#233;, mat, et les Kanougas dans leurs papiers brillants, argent, gris ou dor&#233;. Le soleil tape mais la terrasse est &#224; l'ombre sous son petit toit qui avance devant la maison. Les cigarettes sortent des sacs &#224; main en cuir des Maisons Lafargue ou Marguirault. Le truc &#224; mon avis c'est plut&#244;t d'avoir un sac Marguirault quand toutes les autres ont un Lafargue parce qu'un des fils Marguirault a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Il faisait partie d'Ipparetarrak. On dit qu'il a plastiqu&#233; l'office du tourisme, ou fait sauter une voiture devant l'office du tourisme. Alors si le fils&#8230; aussi le p&#232;re Marguirault qui fait les sacs ? Une de mes tantes est politiquement aux fraises dans la conversation. Elle confond tout, Ipparetarrk Herri Batasuna, l'Euskadi, l'ETA. Elle dit qu'elle a tr&#232;s peur de L'ETNA, en pronon&#231;ant chaque lettre E T N A. Mais le vrai sujet du caf&#233; n'est pas dans SUD-OUEST. Le vais sujet c'est l'oncle premier qui le tient, et n'en dit rien. Et mon p&#232;re, fier et jaloux, perdant sans fin de son droit d'a&#238;nesse ne cesse de tourner autour du pot en r&#233;citant des choses lues du Figaro. Le vrai sujet c'est que Le Maire de Paris avant-hier a appel&#233; mon oncle premier sur le t&#233;l&#233;phone de la maison pour lui d&#233;p&#234;cher illico un h&#233;lico sur l'h&#233;liport de Biarritz et aller discuter secr&#232;tement avec lui en Corr&#232;ze. L'oncle est revenu le soir m&#234;me et ce qu'ils se sont dit on n'en saura rien. Sur la terrasse ma m&#232;re sort ses Peter Styuvesant de son sac Marguirault. Le soleil tape toujours &#224; l'ombre de la terrasse. On parle maintenant de quoi ? De la plage, du barom&#232;tre, des uns, des autres. Ma marraine fume des cigarettes dont les paquets sont noirs. Dunhill, c'est le nom du chien de mon oncle, r&#233;clame un sucre. Dunhill est un labrador noir. Les labradors sont plus ou moins cons et ce sont les chiens de ceux qui ont du pouvoir. Dunhill grogne. Dunhill. Dunhill grogne contre ma petite s&#339;ur qui s'est approch&#233; de lui. Il veut son sucre. Ma petite s&#339;ur ne veut pas de sucre mais elle est tout pr&#232;s du chien et le chien r&#233;clame toujours et grogne aussi. &#192; cinq ans elle n'a pas compris qu'il est mauvais quand il grogne ? Le chien se tourne et lui saute &#224; la gorge, la tombe et lui tient la gorge &#224; la gueule. &#199;a gueule. Dunhill. Dunhill arr&#234;te. &#199;a se pr&#233;cipite. Le chien se barre au fond du jardin. La tante va le chercher et lui gueule dessus. Ma m&#232;re prend ma s&#339;ur qui pleure. Pour une fois ma m&#232;re est mal. &#199;a se calme. Mais il est dingue ce chien. C'est rien. &#199;a va. Elle va bien. Mais &#231;a aurait pu &#234;tre grave. Mais non. &#199;a va. C'est rien du tout. Elle n'a presque pas de marque. Et on fait quoi de &#231;a Papa ? Ben rien. Hein. C'est quand m&#234;me le chien de l'oncle premier. L'&#233;diteur. Celui que Chirac appelle et il rapplique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, j'y vais, malgr&#233; tout, malgr&#233; la peur et j'en parle avec lui, l'oncle, l'&#233;diteur, parce ce n'est pas vraiment la premi&#232;re fois, et son chien il est fou. Il me dit Stephane, tu sais dans une famille il y a toujours un tar&#233;, c'est comme &#231;a. Et je lui demande et c'est qui dans notre famille ? Et il me dit, c'est toi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : c'est histoire vraie. Je l'avais oubli&#233;. Elle m'est revenue &#224; chercher, rechercher, ce que je ne voulais pas. &lt;/div&gt;&lt;h2&gt;17. ce que je ne veux pas&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4939&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas que ce livre se r&#233;p&#232;te dans le suivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas qu'il construise la l&#233;gende dont je me nourrirais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas qu'il conjugue le verbe vouloir au conditionnel pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas qu'il confonde le conditionnel pass&#233; et le futur ant&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas qu'il fonde la confusion &#224; jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne veux pas y revenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;16. il en manque&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4938&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1.L'abandon des demeures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est eux qui ont rachet&#233; les terres, le petit Bois*, et tout le plus gros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : le petit Bois* est bien ici &#171; Le petit Bois des arbres g&#233;n&#233;alogiques &#187; qu'on retrouve souvent sous d'autres noms dans les mythologies d'Antoine H&#233;gaire. C'est le plus souvent un petit terrain bois&#233; proche de la Maison auquel il est rattach&#233;. C'est parfois une parcelle attenante &#224; la maison prenant alors la forme d'un jardin, d'une terrasse, d'un escalier ext&#233;rieur ou d'une pi&#232;ce d'eau. Les liens g&#233;n&#233;rationnels se r&#233;v&#232;lent fr&#233;quemment dans ces espaces satellites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.	Sombres histoires de famille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sombre histoire*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : On retrouve ce Sombre histoire* en fin de phrase dans plusieurs romans du d&#233;but du XXI si&#232;cle. La Sombre histoire &#233;videmment constitutive du format roman, mais cette expression situ&#233;e en fin de phrase, semblerait &#234;tre un marqueur de reconnaissance, le commun d'un petit groupe qui fut tr&#232;s proche du groupe d'auteurs et traducteurs dit du Tiers livre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. les g&#233;n&#233;alogiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;sa m&#232;re*, son p&#232;re, ses fr&#232;res, ses s&#339;urs, ses cousins, ses cousines, ses copains, ses copines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : l'auteur n'a jamais cach&#233; une addiction &#224; la lecture &#224; haute-voix des &#339;uvres de Claude Ponti qui est en France &#224; l'&#233;gal de notre Maurice Sendak. On trouve ici une quasi-citation tir&#233;e de l'album Le b&#233;b&#233; bonbon. D'ailleurs sa m&#232;re crache sa Valda dans ce texte 3 Quitter Nanterre-Ville. On a vu par ailleurs l'influence de l'album l'Arbre sans fin du m&#234;me Claude Ponti dans la mise en travail de l'arbre g&#233;n&#233;alogique de greffe maternelle d'Antoine H&#233;gaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. le saut dans l'angoisse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;insomnie*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : la traduction de cet exercice 4 m'a emp&#234;ch&#233; de dormir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel vid&#233;lire !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. les traumas du rail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;pourquoi il a dit non, pourquoi il a dit oui, et ce qu'il a l'a perdu ici, dans l'intervalle* qui reste, entre le marchepied et le quai de la gare o&#249; l'on va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : Cet intervalle comme une h&#233;sitation qui revient sans cesse entre l'importance &#224; donner au train ou &#224; la gare. Le train. Cette voiture 7. La figure du train revient toujours en pleine gueule d'Antoine H&#233;gaire. Miniature, grandeur nature. C'est un objet majeur du texte. 7 fois 77 fois descendre en gare du train, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. les pr&#233;noms suicid&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean-Loup*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : On sait aujourd'hui que le pr&#233;nom de Jean-Loup (B) fr&#232;re de Nicolas (Boulte), et faux cousins germains de sa m&#232;re, n'est pas un des nombreux pseudonymes utilis&#233;s dans les textes d'Antoine H&#233;gaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. les quatre histoires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Codicilles*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : les 4 sceaux de familles, cristaux de co&#239;ncidences sur 4 temps historiques, sont &#233;voqu&#233;s dans les codicilles r&#233;dig&#233;s par l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14-18 : Les Groult-Deyrolle,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39-45 : Les Jousselin-Charbonneaux,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 : Les Boulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 80 : Nous&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8. les photos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;photos*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : Le traducteur a pu avoir acc&#232;s aux photos punais&#233;es par l'auteur sur une grande carte de France Deyrolle conserv&#233;e aux archives de la Compagnie de J&#233;sus &#224; Vanves. Quelques traits aux marqueurs autour des photos. Ronds. Fl&#232;ches. Dates. Lieux. Une coupe transversale Calais / Paris / Brou / Saint L&#233;onard de Noblat / Socoa&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;9. le corps du ma&#238;tre de natation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Rosenbaum*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : D'apr&#232;s mes recherche et dans le journal de l'auteur 03/10/2020, une r&#233;f&#233;rence &#224; Matthias Grunenwald, Colmar, Saint-Nicolas du Port, Saint-Jean-de-Luz.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;10. le saut de Sophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;te ton cin&#233;ma*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NdT : Le Carrefour, 4 rue Monsieur le prince. 4&#232;me &#233;tage rue de l'Od&#233;on. Sophie B. Romy Schneider.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : Il en manque. J'ai projet&#233; sur le mur les 10 premiers exercices de l'atelier, comme les fragments d'un roman, des outils d&#233;rang&#233;s. J'ai imprim&#233;, coup&#233;, scotch&#233;. J'ai &#233;pingl&#233; dans l'&#233;paisseur des papiers peints. Une carte se dessine, d'autres parcelles en France, des fl&#232;ches vers l'Est. J'ai rajout&#233; 10 post-it. Il manque encore des lieux. Il manque encore des morts. Je vois avec le post-it 10 qu'il me manque notamment des suicid&#233;s qui ont frapp&#233;s ma vie. SB ici. GF aussi. LM aussi. Est-ce leur angoisse que je porte encore ? Ils manquent.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;15. Antar, jamais en retard&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il travaille &#224; la station-service Antar du quai Boissy d'Anglas &#224; Bougival. Antar, jamais en retard, fait l'ouverture de la station &#224; cinq heures du matin et tient la caisse jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du g&#233;rant et des autres, puis il fait du m&#233;nage et du nettoyage jusqu'&#224; dix heures trente. Dans la journ&#233;e il reste chez lui dans un studio lou&#233; au m&#234;me g&#233;rant un rez-de-chauss&#233;e, juste derri&#232;re, dans le haut de la r&#233;sidence d'immeubles &#171; La Montgolfi&#232;re &#187;. Le soir il revient pour fermer Antar &#224; vingt-deux heures. Matin et soir il porte la tenue jaune et noir de la marque Antar. Le g&#233;rant de la station Antar l'a embauch&#233; pour son pr&#233;nom ce dont il se vante &#224; chaque r&#233;union de g&#233;rance Antar R&#233;gion &#238;le de France. La premi&#232;re fois j'ai cru que c'&#233;tait une blague. Antar, &#224; demain. Antar n'oublie pas de fermer ce soir. Antar va voir &#224; la cinq. Antar remplissait ma facture de diesel quand j'osais un matin lui demander si c'&#233;tait vraiment son pr&#233;nom ou son nom. J'avais toujours trouv&#233; ce type sympathique, pas causant mais tr&#232;s souriant, burin&#233;. &#192; chacun de mes passages, il me souhaitait bon voyage, c'est rare pour un pompiste. Moi forc&#233;ment au-del&#224; de la co&#239;ncidence j'avais pens&#233; que c'&#233;tait un nom turc, car la consonance m'&#233;voquait Ankara ou Antalya, et &#224; l'&#233;poque je d&#233;marrais des navettes mensuelles en camion une fois par mois entre le si&#232;ge de La Fran&#231;aise des p&#233;troles &#224; Rueil-Malmaison et le bureau qu'on montait &#224; Ankara. Tout en sortant la TVA de ma facture de diesel, Antar me r&#233;pondit d'une voix grave mais timide que ce n'&#233;tait pas turc, mais arabe. Et puis en d&#233;tachant la facturette, il rajouta apr&#232;s un petit silence, arabe ou Lorrain... pr&#232;s de Nancy. Antar c'est d'Arabie mais je suis n&#233; &#224; Toul. &#192; l'instant le g&#233;rant rentra et Antar se tut. En m'&#233;loignant du comptoir je lui ai juste dit, Nicolas, en ouvrant les mains pour me d&#233;signer tout en le saluant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1973 &#224; 1975 les &#233;cluses de Bougival seront toujours mon point de d&#233;part. Je sais pourquoi. Je quitte Nanterre en v&#233;lo, je prends le camion en charge &#224; Rueil, un des derniers SAVIEM-RENAULT, bleu comme la mer, je longe un peu la Seine sur la nationale 13, et m'arr&#234;te &#224; la station Antar qui est pile en face de la rampe de pierre qui donne acc&#232;s aux &#233;cluses. C'est mon coin. J'y fais le plein d'eaux de Seine, de p&#233;niches endormies, et de ce petit caf&#233; comme un r&#234;ve de guinguette. J'aime ce coin juste avant le jour, ce qu'il en reste et puis demi-tour et retour au camion. Quand je tourne la clef, lance le moteur, braque le volant des deux mains et marche arri&#232;re pour me d&#233;gager un peu, je vois en double dans les r&#233;tros, l'image de la station-service encore &#233;clair&#233;e dans le jour qui vient, c'est du Hopper au petit matin, j'adore, je pars. J'aurais pu lui dire &#224; Antar que pour aller vers l'Asie mineur j'y passe &#224; Toul et &#224; Nancy. Bougival, Marly, Versailles, Orly, nationale 4, Toul, Nancy, et puis tout droit vers la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : Je voulais que ce personnage secondaire soit &#224; la caisse d'une station-service qui serait un point de d&#233;part. J'ai pris une station des Yvelines que je connaissais bien (on mettra ou pas une photo) et j'imagine pour Nicolas, Saint Nicolas moderne, un trajet Paris-Bari passant par Ankara, ou bien un simple Bougival-Nancy-Antalya, comme un long prolongement de la nationale 4 au-del&#224; de Strasbourg. Je crois que Toul fut un petit hub migratoire quand les mines et les usines tournaient &#224; plein r&#233;gime. Ankara est un hub &#233;nerg&#233;tique. Le personnage secondaire s'appelle comme son travail, comme avant comme on s'appelait de ce que l'on faisait mais l&#224; c'est la marque qui compte. Aujourd'hui cette station-service Antar est une Total Access. &lt;/div&gt;&lt;h2&gt;14. Le mort a dit&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3575&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le&#8212;mort&#8212;a&#8212;dit : debout ! Il a dit le&#8212;mort&#8212;a&#8212;dit, Le&#8212;mort&#8212;a&#8212;dit : debout, alors lentement, un par un, tous se mettent debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#8212;mort&#8212;a&#8212;dit : assis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette fois tu restes debout. Tu sors de table. Tu sors de la salle &#224; mangez et buvez, voici mon sang et mes mensonges. Tu tords ton corps et tu sors de nos maisons qui ne sont jamais de famille que tant qu'aucun de nous ne s'y tue et par la terrasse tu pars, marches dans l'herbe, puis les graviers, puis sur la route, puis dans les arbres et tu &#233;coutes. Tu quittes et je te parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; table ils t'ont dit qu'ils n'avaient plus cette photo de nous deux. Donc ils en avaient une. Et un jour ils l'ont jet&#233;. Peut-&#234;tre m&#234;me juste avant de la jeter d'un geste ils l'auront d&#233;chir&#233;. &#171; Qui commet le meurtre d'un homme qui se tue ? &#187;. C'est Camille de T qui t'a &#233;crit cela. Il te l'a &#233;crit de Th&#233;s&#233;e. Je l'avais vu l'&#233;crire, souvent la r&#233;&#233;crire. Et tout mort que je suis je te parle d'&#233;motion &#224; te voir imagine, reconstituer, recoller cette photo dans une bienveillance qu'on aurait cru &#224; jamais perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis le codicille. Je suis Jean-Loup de l'exercice 6. Je ne t'ai pas fait de mal. Je me suis tu&#233; le 12 mars 1973 et je crois aujourd'hui que Nicolas, mon fr&#232;re si important pour toi, ne se serait pas tu&#233; &#224; ma suite le 10 mai 1975 s'il avait pu m'entendre comme tu m'&#233;coutes &#224; l'instant qui te parle et r&#233;pond &#224; ta marche pour d'autres. Nous nous reconstituons.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;13. &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4936&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'eau coule du haut robinet pour se jeter en cascade dans l'&#233;vier de la cuisine, le fait que l'&#233;vier est r&#233;guli&#232;rement bouch&#233; et ne se vide pas aussi vite qu'il le faudrait par le tuyau qui court au bas du mur qui s&#233;pare ma cuisine du jardin puis passe sous la terrasse et d&#233;bouche sur le tout-&#224;-l'&#233;gout dans la rue, le fait que Marie-Paule de l'Action des Chr&#233;tiens pour l'Abolition de la Torture dit que vider quotidiennement le marc de caf&#233; dans l'&#233;vier nettoie tr&#232;s bien les tuyaux et d&#233;bouche les &#233;viers, le fait que Rapha&#235;lle au cabinet du minist&#232;re de la transition &#233;cologique pense que c'est une rumeur r&#233;pandue par les plombiers pour boucher plus rapidement les tuyaux, le fait que le marc de caf&#233; a toujours &#233;t&#233; recyclable, que tout est maintenant recyclable, m&#234;me les routes, les tunnels, recyclables, les livres, les lectures, lecture de tasses &#224; turcs, marc de caf&#233;, marc du Starbucks, mugs en cartons, ton pr&#233;nom, pr&#233;monitions, le fait que les probiotiques r&#233;pandent leurs l&#233;gendes urbaines dans des millions de petits pots vert bio, le fait que Blanche est constip&#233;e et &#224; part &#231;a ne mange rien d'autre et en m&#234;me temps contr&#244;le totalement son transit, le fait qu'au vingt et uni&#232;me si&#232;cle un million et demi d'enfants de moins de cinq ans meurt chaque ann&#233;e de diarrh&#233;es, le fait que le Maire de Tr&#232;ves certifie sur parole que l'eau de la fontaine du village est naturellement potable et que le Restaurant-Bar des Gorges du Trevezel lave sa terrasse &#224; cette eau, le fait que le restaurant-bar des gorges du Trevezel dont on a fait agrandir une photo sur le mur de la cuisine, ne t'appuie pas dessus, sert ses repas aux locaux et qu'il n'y a pas de migrants &#224; Tr&#232;ves, le fait qu'il y a bien un ph&#233;nom&#232;ne c&#233;venol qui inonde en quelques heures les causses et les gorges et qu'il n'y a pas de cas Covid &#224; Tr&#232;ves en C&#233;vennes, le fait que Veolia transformera un jour toutes les eaux abus&#233;es du d&#233;partement et qu'Emmanuel Macron marche pieds nus sur les eaux du Bosphore, le fait que cent mille personnes meurent en quelques heures du chol&#233;ra chaque ann&#233;e, et beaucoup plus d&#233;sormais en Afrique qu'en Asie, le fait que pour un &lt;i&gt;Hussard sur le toit&lt;/i&gt; vendu aujourd'hui dix humains sur la terre vont mourir ce lendemain du chol&#233;ra en raison du manque d'eau potable et d'&#233;gouts pour les mati&#232;res f&#233;cales o&#249; ils sont, le fait que je ne me lave pas tous les jours quand je suis &#233;puis&#233; du travail que je vends mal mais qui paie maintenant directement mes imp&#244;ts gr&#226;ce auxquels je me lave &#224; l'eau potable quand je peux me reposer, le fait que si peut je repartirais en vacances dans un pays de langue qui m'est &#233;trang&#232;re, le fait que je me repose dans un cimeti&#232;re arbor&#233; de Prague, le fait que nous visitons toujours les cimeti&#232;res juifs en voyage, le fait que si on reste on ira &#224; Vanosc o&#249; nous aurons un double &#233;vier &#224; l'ancienne ce qui est tellement mieux, le qu'il n'y avait pas de monument aux morts de Vanosc, le fait qu'on a alors inscrit le nom de tous les morts de Vanosc pour toutes nos guerres du vingti&#232;me si&#232;cle le long de toutes les rambardes en fer forg&#233; de la place du village et que c'est tr&#232;s beau mais que les chiens bourr&#233;s pissent dessus, le fait que toutes mes arri&#232;res grands-m&#232;res &#233;taient veuves de guerre, le fait que j'&#233;tais dans la chambre quand mon grand-p&#232;re a p&#233;t&#233; pour la derni&#232;re fois, qu'il &#233;tait dans le coma, que je lui tenais la main et qu'il est mort en p&#233;tant &#9835; Grand-p&#232;re &#233;tait v&#233;t&#233;rinaire, il soufflait dans l'derri&#232;re des ch'vaux &#9835;, le fait que sa famille &#233;tait des verreries champenoises, le fait que son premier fr&#232;re &#233;tait mort &#224; Saint-Cyr expuls&#233; d'un wagon par son cheval, &#233;cras&#233; contre la paroi d'un tunnel dans lequel son r&#233;giment du train s'&#233;tait engag&#233;, le fait que son deuxi&#232;me fr&#232;re qui &#233;tait &#224; la direction g&#233;n&#233;rale de la Soci&#233;t&#233; d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes n'est pas mort du cancer du poumon &#224; Chatou, tr&#232;s belle maison, RER A, bord de Seine, l'&#238;le de la Grenouill&#232;re, les &#233;cluses de Bougival, la machine de Marly, les terrasses de Saint-Germain, le camp des loges, le Paris-Saint-Germain, le Quatar, le roi d'Espagne, nos ch&#226;teaux dans les Yvelines, nos manoirs dans le Perche, nos maisons dans le Limousin, nos villas &#224; Saint-Jean-de-Luz, le fait que mon autre grand -p&#232;re est mort &#224; Boulogne sur Seine, le fait qu'il avait menti sur moi &#224; mon mariage devant tout le monde comme son beau cousin qui avait de fait d&#233;nonc&#233; Jean Moulin en ne faisant rien de ce que Hardy lui racontait dans le train, Laure Adler seule le lui a fait dire, et il m'a offert douze coupes de champagne en cristal de Baccarat pour mon mariage et je n'ai remerci&#233; ni l'un, ni l'autre, ni mon p&#232;re qui n'a rien dit &#224; mon mariage et j'ai toujours les coupes dans leur carton, le fait que nous on ne boit pas de champagne, on pr&#233;f&#232;re le Sancerre, Le Pouilly Fum&#233;, les coteaux du Giennois, le fait que Saint-Yves mon oncle le fr&#232;re de mon p&#232;re a cass&#233; une des coupes de champagne en cristal de Baccarat et que ce serait la seule chose qu'il aurait fait de bien pour moi sans le savoir, le fait que mon p&#232;re vient de m'envoyer sans rien dire sept sceaux &#224; cachet de cire de la collection de son p&#232;re, le grand-p&#232;re qui enjolivait la guerre de son beau cousin et la sienne, qui enjolivait 39-40 en moto avec De Gaulle, enjolivait sa pseudo r&#233;sistance sur les voies ferr&#233;es, enjolivait sa remobilisation en Allemagne &#224; la fin, mais mort il y a des ann&#233;es sans un mot sans une lettre &#224; cacheter et je ne vais pas les redonner &#224; mes fils ces sceaux &#224; cacheter, ni &#224; mes neveux, car ils me disent tiens voil&#224; des crottes de nez de ton grand-p&#232;re, le fait qu'il mettait ses doigts dans le nez en cachette, le fait que l'autre fr&#232;re de mon p&#232;re m'a suivi en Isra&#235;l quand j'avais quatorze ans et tout le monde se demandait ce qu'il faisait l&#224; et lui non plus comme mon p&#232;re il ne disait rien, mais peut-&#234;tre qu'il n'avait rien &#224; dire, sans pens&#233;e d'aucune sorte, rien &#224; dire, &#224; Saint Jean d'Acre on entendait des explosions au Liban-Sud, rien &#224; dire, le fait que dans J&#233;rusalem je me suis cach&#233; entre les deux esplanades qui tanguaient en surface, mouvements de foules et falafel, militaires et fedayins, guerres urbaines, guerres mill&#233;naires, rumeurs du monde, remugles, le fait que l'eau bouillonne toujours en surface, &#224; la piscine miraculeuse de Bethesda, dans le port de Beyrouth, &#224; la piscine municipale de Nicosie, dans le port d'Antalya, au partage des eaux qui bouillonnent depuis toujours en mer &#201;g&#233;e comme Gaz et Guerre,&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;12. j'aurais voulu Saint Nicolas&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article49314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;pas bouger coupe gorge coupe nuque empal&#233; c'est pes&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;plus bouger coupe un bras pas boug&#233; coupe l'autre couche de sel des marais pas bouger coupe ma t&#234;te tombe dans mes bras couche de sel des marais coupe ma jambe tombe l'autre couche de sel des marais jette mon tronc par-dessus couche de sel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ferme tonneau tass&#233; sel gros pique les yeux paupi&#232;res fonc&#233;es face tonneau pas boug&#233; tangu&#233; rouvert &#224; l'envers retass&#233; vercle aux fesses retourn&#233; &#224; l'endroit retass&#233; fesses par terre jambes en l'air tasse ouverte resel recouvercle pas bouger au coin coinc&#233; cellier referm&#233; frais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je ne sens pas mes mains coup&#233;es de ne pas bouger je ne sens pas les pieds de mes jambes coup&#233;es mes pieds sont-ils coup&#233;s des jambes je ne sais pas et ne peux v&#233;rifier en bougeant le sel fond dans le sang coagulant le sel ne fond plus oreilles bouch&#233;es mais sensation &#224; peau de bois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;log&#233; tass&#233; sal&#233; nourri sept ans blanchi au zoo petit farci&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je suis de pierre je coule dans le sel ferment&#233; fou mais conserv&#233; m'&#233;coule au judas du tonneau je guette du bois qui respire pour moi l'&#233;t&#233; l'automne l'hiver &#224; la porte appartement &#224; mes parents je vois mars avril &#231;a vibre et s'entend qu'on sonne pas bouger pr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;boucher bouch&#232;re voulez-vous me loger pas cher du petit sal&#233; depuis sept ans qui sans bouger tire &#224; ma barbe aller allez vous en vous l'avez bien cherch&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;allong&#233; pas boug&#233; la t&#234;te sous le figuier vert je regarde le bleu qui passe au ciel une fourmi sort d'une figue &lt;br/&gt;
pas boug&#233; la t&#234;te sous le noyer regarde le blanc du ciel passe lentement deux noix se sont rapproch&#233;es &lt;br/&gt;
la t&#234;te sous l'acacia je vois la Loire qui penche vers Nantes il pleut &lt;br/&gt;
allong&#233; pas boug&#233; la t&#234;te &#224; l'&#233;corce du h&#234;tre de la for&#234;t d'&#212; mille arbres autour&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : en lisant le d&#233;but du livre de Sarah Chiche intitul&#233; &lt;i&gt;Saturne&lt;/i&gt; je croise encore Nicolas B. explicitement cit&#233; sans &#234;tre nomm&#233;. Je me souviens qu'il vient chez moi, je suis petit, je voudrais qu'il soit un Lion, un Saint Nicolas &#224; la crini&#232;re de barbe, je voudrais qu'il me sauve et rassemble les morceaux, j'aurais voulu. Aujourd'hui je ramasse et rassemble moi-m&#234;me les morceaux.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;11, bis. L'&#233;tablissement des mains&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4931&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils s'&#233;tabliront de leurs mains. Les mains prolongent les &#233;paules, les veines des bras, des avant-bras, les poignets, les voil&#224;, les mains, les paumes ouvertes, les doigts. Deux fr&#232;res, quatre mains, vingt doigts. D'un geste ils voudraient tout quitter, et d'un autre ils voudraient tout embrasser. L'&#233;t&#233; 1968 les transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin &#224; l'atelier ils fabriquent des cano&#233;s kayaks deux places. Ils apportent &#224; bras les deux parties du moule et les posent ouverts sur les tr&#233;teaux &#224; hauteur de travail. Ils cirent au chiffon l'int&#233;rieur insistant aux replis de la coque. Ils peignent soigneusement dans la forme au gelcoat de couleur rouge ou blanche. Nettoyer les pinceaux et les mains. Le lendemain ils coupent aux ciseaux des bandes de fibres de verre &#224; coller, tapisser, toiles enduites d&#233;tremp&#233;es de r&#233;sine qui vous saoule et vous arrache la peau. Laisser s&#233;cher par couche. D&#233;coller les mains des pinceaux. Le lendemain d&#233;tourer au cutter pour rassembler les moules et les souder les morceaux il faudra voir et respirer par les mains. Le lendemain, d&#233;mouler les bateaux. &#192; midi ils rentrent chez eux &#224; v&#233;lo. Les mains collent encore de r&#233;sine aux guidons. Ils freinent le moins possible. L'apr&#232;s-midi ils vont aider aux champs, la moisson par parcelle. Ils ont leur fa&#231;on de faire. L'un aligne les bottes pour en faciliter la saisie, ce qu'il reste de r&#233;sine accroche la ficelle et la paille &#224; ses doigts. L'autre enfourche et hisse les bottes sur la remorque, ce qu'il reste de r&#233;sine lui soude les mains au manche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rentr&#233;e 1968 les s&#233;pare. Ils ne font pas la m&#234;me derni&#232;re ann&#233;e d'&#233;tudes. Le premier restera &#224; Paris. Les mains sur les cahiers pour &#233;crire au mieux, puis les doigts sur le clavier pour &#233;crire mieux. Il coupe, il fiche, m&#233;morise, colle au tableau, se lance aux concours, r&#233;dige, s'&#233;tablit une ann&#233;e chez Renault et puis regagne une place dans la recherche exp&#233;rimentale. Le deuxi&#232;me part en Allemagne de l'Ouest &#224; Heidelberg. Il dessine, traduit sans cesse, trace &#224; la r&#232;gle, efface, compose, cale, r&#232;gle, imprime. Il s'&#233;tablira lui aussi une ann&#233;e, chez un papetier de Mulhouse, mais il retournera en Allemagne dans l'imprimerie comme informaticien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;t&#233; ils se retrouveront dans le sud de la France pour une descente en cano&#233;s kayaks deux places, puis deux cano&#233;s pour quatre et bient&#244;t une remorque pour quatre cano&#233;s. Ils montreront &#224; leurs enfants comment r&#233;parer les embarcations &#224; la fibre de verre. Ils rament toujours avec plaisir. Des gouttes d'eau tombent sur leurs &#233;paules, coulent le long des veines de leurs bras, coulent sur leurs avant-bras, coulent sur leurs poignets, et finissent sur les mains ferm&#233;es sur leurs pagaies.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : J'avais d&#233;j&#224; en t&#234;te ce titre, &lt;i&gt;l'&#233;tablissement des mains&lt;/i&gt;. Je pense que c'&#233;tait pour l'exercice #3 &lt;i&gt;Quitter la ville&lt;/i&gt;. Je voulais parler de Nanterre et des &#233;tablis. Mais je ne suis pas &#233;tabli. J'ai imagin&#233; une histoire de mains, et d'&#233;tablis en quatre ou cinq petits paragraphes. Une sacr&#233;e histoire, mais dure, am&#232;re &#224; certains.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;11. Les mains mirabelles&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4931&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un soir de semaine, de travail, de fatigue, ils ont parl&#233; apr&#232;s d&#238;ner, elle a t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; l'un de leurs enfants, il a &#233;cout&#233; et rang&#233; pr&#233;par&#233; la cuisine, car il est d&#233;j&#224; tard quand ils montent tous les deux l'escalier pour aller se coucher et dormir pour reprendre &#224; demain la t&#226;che qui leur incombe. Le soir banal elle n'a pas l'&#233;nergie dans laquelle il voudrait s'&#233;couler avec elle, mais c'est elle qui se tourne vers lui se rapproche et pose sa main sur lui, qui r&#233;pond en glissant une de ses mains sous elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'imm&#233;diate sortie du r&#234;ve, il n'identifie pas cette coll&#232;gue avec laquelle il termine au caf&#233; le repas d'une pause de midi, lui dit qu'elle se sent vieille, son visage trop rid&#233;, pense faire un lifting. Passant le bras par-dessus la table, il a doucement tendu sa main vers la joue de cette femme, l'a touch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa main prend une mirabelle et la porte &#224; sa bouche, met en route le caf&#233;, r&#233;cup&#232;re le noyau, reprend une mirabelle et la porte &#224; sa bouche. Il ouvre le lave-vaisselle qu'il vide et qu'il range, r&#233;cup&#232;re le noyau. Sa main laisse un mug au rebord de l'&#233;vier, prend d'autres mirabelles et les porte &#224; sa bouche. Il ouvre et referme le frigo dont il sort un porridge, un fromage, un pot de confiture offert, d'une main r&#233;cup&#232;re les noyaux, de l'autre se verse le caf&#233;, et tenant retenant les noyaux qui s'y colle, de sa main &#224; nouveau mirabelles, et les porte &#224; sa bouche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : trois mouvements mains, juste de la veille, juste du matin, et pour le r&#234;ve, du week-end, sur une invitation de fb &#224; revisiter nos mains dans nos r&#234;ves, effectivement.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;9. Sur la plage&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une ville atlantique, une longue plage courbe et pentue, sombre le matin, son sable humide et dur. La plage descend vers une mer calm&#233;e, mar&#233;e basse ce matin, &#224; l'ombre d'un soleil qui ne passera que tardivement par-dessus les montagnes. Dans le sable brun les talons s'enfoncent un peu si l'on marche juste au bord du rivage, o&#249; l'eau va et vient tr&#232;s doucement, sal&#233;e, claire, transparente, sans reflet. On entend tout, le p&#233;tillement du retrait de l'eau, le bruit ricoch&#233; du moteur d'un bateau passant les digues vers le large, le son des cloches d'une &#233;glise. Un tracteur remonte de la plage nettoy&#233;e. Sur l'&#233;tendue de sable se dresse le grand portique et ses fanions rouge et blanc, l'immense toboggan, le pont de singe et le petit toboggan, la cage &#224; poules, le sautoir et les quatre poteaux du petit et du grand terrain de volley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tout jeune homme, short rouge et large tee-shirt blanc du Club des Marsouins plante des lignes droites de lourds et dangereux pieds de parasols dans lesquels il glissera-ouvrira ensuite ces grands parapluies rouges &#224; frange blanche. Il va vite, porte &#224; l'&#233;paule, marche ferme dans le sable sec, mais encore frais du haut de la plage, fait des allers-retours efficaces dans la pente de la plage entre une cabane de rangement en haut coll&#233;e &#224; la jet&#233;e et les emplacements, plus ou moins bas selon la mar&#233;e, au pied desquels il lui faudra faire encore des trajets pour d&#233;poser-d&#233;plier les transats de toiles bicolores. Il monte la plage le matin et la range enti&#232;rement le soir. Ces deux temps de travail ont bien des avantages. Le matin satisfait son plaisir &#224; bien faire les choses tout seul. Il ne fait pas chaud, c'est sportif, il se muscle. En fin d'apr&#232;s-midi il d&#233;fait la plage torse nu, soleil haut Ouest vers l'horizon, les heures de fin de journ&#233;e beaucoup lui parlent, le remercient, puis les potes qui ne font que vacances passent le voir tandis qu'il remonte les toiles pour &#233;chafauder les plans du soir et devant eux int&#233;rieurement il est fier de ce qu'il gagne par ce travail dont il avait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Rosenbaum a d&#233;j&#224; ouvert le nouveau et grand parasol du club. Monsieur Rosenbaum est toujours le premier sur la plage. C'est un peu &#224; lui qu'il revient de lancer la plage pour la journ&#233;e, comme l'ont toujours fait son p&#232;re et son grand-p&#232;re avant lui, ici plagistes concessionnaires baln&#233;aires depuis l'&#233;t&#233; 1920. Durant l'ann&#233;e il est Philippe Rosenbaum professeur de gymnastique au Lyc&#233;e de Colmar, mais l'&#233;t&#233; il est Monsieur Rosenbaum, directeur, Ma&#238;tre-nageur, du Club des Marsouins, de p&#232;res en fils. Grand, ch&#226;tain, fin, dor&#233;, la quarantaine en pleine sant&#233;, sa vraie vie c'est ce club de plage familial, cette plage, la gymnastique qu'il dit traditionnelle et le volley sur le sable. Il aime son m&#233;tier d'enseignant son Alsace, son accent, mais son ressort intime, il est ici. Il d&#233;fait le cadenas et la cha&#238;ne qui retient le canot de sauvetage, retourn&#233; sur le sable, un canot rectangle insubmersible, en plastique dur orange et blanc, qu'il remet &#224; l'endroit, le tire pour le descendre dans l'eau et le rattache &#224; une bou&#233;e. Il remonte au parasol chercher le mat&#233;riel dont il a besoin pour les cours individuels de natation par lesquels commence toujours sa journ&#233;e. Le matin est plus calme pour enseigner la nage. L'apr&#232;s-midi est le temps du tohu-bohu et des jeux collectifs des ados. Ce qui &#233;meut discr&#232;tement, mais r&#233;ellement ce grand type baraqu&#233; c'est d'apprendre &#224; nager aux petits, leur apprendre &#224; nager la brasse, la simple brasse, celle qui rend les enfants autonomes en bord de mer, la nage qui sauve sur la plage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit Paul est d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; l'attendre au parasol comme convenu. C'est sa neuvi&#232;me le&#231;on. Il a d&#233;j&#224; froid. Il suit Monsieur Rosenbaum qui redescend vers le canot. Monsieur Rosenbaum encourage Paul dans la descente de la plage d'une main &#224; peine pos&#233;e sur le cou du petit. Paul est si maigrelet que ses deux omoplates ressortent de son dos comme deux ailes d'oisillon. Ce matin c'est pr&#233;vu on ira l&#224; o&#249; l'on a plus de pieds, s'&#233;loignant du rivage vers le ponton flottant, mais gardant deux flotteurs &#224; la ceinture. Pour gagner son &#233;toile de mer dans quelques le&#231;ons Paul devra nager sans flotteur jusqu'au ponton, en faire le tour et revenir sur la plage. Pour commencer Paul doit faire quelques brasses au bord et s'&#233;loigner du rivage pas &#224; pas en rentrant dans l'eau. Il avance les jambes, la mer froide lui saisit le zizi, il passe et l'eau lui fait un trait glac&#233; juste au-dessus du maillot maintenant tremp&#233; et continue de s'enfoncer jusqu'avoir de l'eau presque au cou. Il se retourne alors lentement vers Monsieur Rosenbaum qui lui aussi s'est avanc&#233; les deux jambes dans la mer, mais si grand que la surface de l'eau s'arr&#234;te juste sous son maillot de bain. Le corps de Paul prend un peu d'appui des flotteurs, son regard remonte vers le torse puis le visage de Monsieur Rosenbaum et derri&#232;re lui vers la plage qui monte, les parasols qui s'installent et au-dessus sous la montagne, sous les maisons, sur la jet&#233;e la silhouette de sa m&#232;re et son geste f&#233;brile d'allumer une cigarette comme si de l&#224; dans l'eau il entendait le cric du briquet qui s'enflamme, Allez Paul, on y va, grenouille et pousse, on allonge ! Une Peter Styuvesant bleue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : le D&#233;cor 1 d&#233;ploy&#233; est donc le premier de la liste des 8 d&#233;cors de l'exercice 8.
&lt;p&gt;Rien n'est donc mentionn&#233; des inqui&#233;tudes de 3 des 4 personnages ici pr&#233;sents. Je me demande si c'est d&#233;j&#224; assez doucement inqui&#233;tant, ou pas ? Le tout jeune homme et premier personnage du texte n'a aucune raison d'&#234;tre inquiet. Je voudrais que les trois autres le soient.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;8. De quatre ext&#233;rieurs vers quatre int&#233;rieurs et retour&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4924&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une ville atlantique, une longue plage courbe et pentue, sombre le matin, son sable humide et dur. La plage descend vers une mer calm&#233;e, mar&#233;e basse ce matin, &#224; l'ombre d'un soleil qui ne passera que tardivement par-dessus les montagnes. Dans le sable brun les talons s'enfoncent un peu si l'on marche juste au bord du rivage, o&#249; l'eau va et vient tr&#232;s doucement, sal&#233;e, claire, transparente, sans reflet. On entend tout, le p&#233;tillement du retrait de l'eau, le bruit ricoch&#233; du moteur d'un bateau passant les digues vers le large, le son des cloches d'une &#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sept heures sonnent au loin, en montagne. Le clocher haut carr&#233; de l'&#233;glise d'un village est le premier &#224; recevoir le soleil. Sa pierre s'illumine dor&#233;e alors qu'il fait d&#233;j&#224; bien jour. Son trait se d&#233;tache sur un fond de for&#234;t vert fonc&#233;. Par-dessous lui, les toits des maisons font la ronde dans le versant qui regarde vers la mer. Aux rebords des toits, des pierres sont pos&#233;es sur les tuiles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur une large terrasse encastr&#233;e dans la pente juste en contrebas d'un village, un terrain de tennis. Un vieux panneau de bois sculpt&#233; &#171; Terrain Yannick Noah &#187;. Des lignes blanches peintes et repeintes sur un patchwork de goudrons rouge plus ou moins fonc&#233; et r&#233;par&#233;s &#224; l'occasion. C&#244;t&#233; vue sur la mer un assemblage de grillages hauts pour arr&#234;ter les balles. C&#244;t&#233; village une tribune en pierres s&#232;ches d'o&#249; l'on salue la vue, le jeu et l'ent&#234;tement des joueurs &#224; rattraper les faux rebonds.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'escalier ext&#233;rieur qui relie les deux &#233;tages d'une maison situ&#233;e dans une pente juste au-dessus d'un terrain de tennis sert aussi de tribune haute les jours de f&#234;te du club ou de trop de soleil. Coll&#233; &#224; la fa&#231;ade nord de cette vielle ferme, l'escalier est en b&#233;ton peint en blanc et repeint si souvent qu'il en est frais et doux. On y est plus haut, on y voit toute la vue sur la mer aussi. Les jeunes le squattent souvent quand les Parisiens sont absents.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seul un escalier ext&#233;rieur relie les deux niveaux de la maison. Au rez-de-chauss&#233;e, le foyer, la grande chemin&#233;e, avec la porte du four &#224; pain, et devant le gros canap&#233; fonc&#233; de velours &#233;pais, us&#233; &#224; tous coins, la table bois rectangle, ses huit chaises, et autour quatre portes, les trois portes qui vont vers la cuisine, la salle d'eau et la chambre des parents, la porte d'entr&#233;e qui donne sur l'ext&#233;rieur. Il fallait sortir et faire le tour par dehors pour monter m&#234;me la nuit l'escalier qui menait au grenier o&#249; dormaient les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un dortoir d'enfants, un grand grenier un peu am&#233;nag&#233;. De grandes toiles de jute bleues d&#233;lav&#233;es sont clou&#233;es entre les poutres. Elles sont gonfl&#233;es d'un isolant improbable qui d&#233;borde autour du vasistas. Il y fait tr&#232;s chaud l'&#233;t&#233;, il vaudrait mieux laisser la porte ouverte, pour l'air et pour la lumi&#232;re. Pas d'armoire sous les pentes du toit. En plus de cinq lits simples, au fond un lit double, sans oreillers, semble servir &#224; tout, aux valises, aux amis, &#224; jouer, &#224; sauter, &#224; renverser le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le coin au fond &#224; droite d'un grenier am&#233;nag&#233;, le circuit d'un train &#233;lectrique fait un huit dont une des boucles fait le tour du pied d'un lit double. Deux empilements de l&#233;go montent les piles d'un pont qui passe les rails sur le rebord int&#233;rieur d'une bo&#238;te de jeux de soci&#233;t&#233; ouverte sur un jeu de l'oie d'une part et de petits chevaux d'autre part. Pos&#233;e dans la partie jeu de l'oie, une bo&#238;te &#224; chaussure jaune fait office de gare pour le train qu'on arr&#234;te en coupant le courant du circuit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur une bo&#238;te &#224; chaussure dans la laquelle se range les wagons d'un train &#233;lectrique, il est &#233;crit Gare des Bons Enfants. Le train miniature &#224; l'arr&#234;t en gare de cette bo&#238;te &#224; chaussure est compos&#233; d'une locomotive bleue et de deux wagons verts &#224; compartiments. Dans les wagons des petits personnages en plastique sont coll&#233;s sur de petites banquettes. Au-dessus des banquettes de tr&#232;s petits rectangles dessinent les emplacements de miroirs et de photos de paysages en noir et blanc qui d&#233;corent les compartiments. Quatre photos dans le premier compartiment d'un des deux wagons : Maisons &#224; Espallion (Aveyron), Le Viaduc de Garabit (Cantal), La Meije vue de La Grave (Hautes-Alpes), La presqu'&#238;le de Crozon (Finist&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicilles :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1 Ext&#233;rieur plut&#244;t autobiographique, on pourrait imaginer une c&#244;te basque tr&#232;s resserr&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2 Ext&#233;rieurs vus qui m&#233;langent Les Causses et le Vivarais.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3 Ext&#233;rieur imagin&#233; en Vivarais sur goudron du Nivernais.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4 Ext&#233;rieur imagin&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5 Int&#233;rieur double par l'escalier (situ&#233; &#224; l'ext&#233;rieur) et d&#233;plac&#233; du Perche. L'id&#233;e c'est que l&#224; on ne sait plus exactement pour l'escalier ce qu'il a de l'int&#233;rieur ou de l'ext&#233;rieur. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 6 Int&#233;rieur confus et confusant.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 7 Int&#233;rieur avec ext&#233;rieur miniaturis&#233; pour le mettre &#224; l'int&#233;rieur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 8 Int&#233;rieurs miniatures proposant quatre ext&#233;rieurs larges.
&lt;p&gt;Je profite de l'exercice pour chercher &#224; exprimer une difficult&#233; &#224; bien distinguer l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur dans des souvenirs d'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;7. Pr&#233;sent des pass&#233;s simples&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Paul imprima la fiche de d&#233;c&#232;s en noir et blanc, format A3. Trouver la fiche num&#233;ris&#233;e d'un soldat mort de la premi&#232;re guerre mondiale dans la base de donn&#233;es M&#233;moires des hommes du Minist&#232;re des arm&#233;es prend un certain temps, le temps pour Paul de comprendre qu'un libre acc&#232;s lui est donn&#233; &#224; ce million de documents d'archives, le temps pour lui de retourner sept fois cette id&#233;e dans sa t&#234;te, le temps de lancer cette recherche sur le nom de Groult et d'obtenir instantan&#233;ment soixante-dix-sept r&#233;sultats. Pour Groult pr&#233;nom Marcel, quatre gars positifs dont un seul est mort &#224; Perthes. Gabriel Louis Marcel Groult, tu&#233; &#224; l'ennemi le huit octobre mille neuf cent quinze, &#224; l'assaut de la Butte de Souain (Souain-Perthes-les-Hurlus). Le Baron de M&#252;nchhausen renvoie c&#244;t&#233; France son journal &#224; sa m&#232;re. Marthe sa veuve en &#233;pouse un autre et ouvre une autre voie c&#244;t&#233; p&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul demanda l'acte de bapt&#234;me de sa m&#232;re pr&#233;nomm&#233;e Chantal dans une paroisse de Passy (Paris, seizi&#232;me arrondissement). La secr&#233;taire lui remet l'acte sans souci mais non pas sans fa&#231;on et belles lettres bien pench&#233;es &#224; l'anglaise. Le courrier confess&#233; &#224; moiti&#233; pardonn&#233; ne cache pas un bapt&#234;me pr&#233;c&#233;dent &#224; Notre Dame de Boulogne (Boulogne-Billancourt). Paul s'y rend rapidement. Il y retrouve sa m&#232;re sous le double pr&#233;nom champ&#234;tre et charmant de Marie-Marguerite, m&#232;re X, p&#232;re X, sise &#224; la pouponni&#232;re voisine de la rue Denfert Rochereau. La marraine de Paul habite la m&#234;me rue et Paul l'avenue du m&#234;me nom (Paris, quatorzi&#232;me arrondissement), petites co&#239;ncidences comme pour tout &#224; chacun, suivies pour tous de tr&#232;s grosses incidences quand l'Assistance lui renvoie plus tard son dossier c&#244;t&#233; jardin. &#192; Brou, Fraz&#233;, Nogent-le-Rotrou, Rueil et Chatou, fr&#232;res et s&#339;urs par hasards sont aussi ses voisins. La vie est ainsi dense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul copia-colla la page Wikip&#233;dia de l'appel du 22 mars. La veille Paul r&#234;ve de deux suicid&#233;s qui lui donnent une id&#233;e. Il demande explications &#224; la m&#232;re qui l&#224; reste sans voix. Son p&#232;re &#233;voque les B, un PB peut-&#234;tre, un NB plus s&#251;rement. Paul demande NB &#224; Google qui lui propose DCB qui le 22 mars exige la lib&#233;ration de XD et NB. NB. Paul avait quitt&#233; Nanterre-Ville par Nanterre U o&#249; il se retrouve &#224; nouveau. Sa m&#232;re lui dit non, fins de non-recevoir, son NB l'ador&#233; &#233;tait chauffeur routier et de toutes les fa&#231;ons il &#233;tait tellement gros qu'il ne la voyait plus. Paul n'avale pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul tendit son &lt;i&gt;Tigre en papier&lt;/i&gt; &#224; Olivier Rolin. M&#233;diath&#232;que de Saint-Jean de la Ruelle, il ne sait pas comment il va l'aborder, lui parler. Paul demande &#224; OR s'il a connu NB ? Olivier Rolin lui dit qu'il le conna&#238;t de nom mais ne l'a pas connu. Que d'autres l'ont connu qui &#233;taient &#233;tablis &#224; Renault mais pas lui. D'autres dont il lui donne deux noms qui eux sauront peut-&#234;tre. Il ne dit pas &#224; Paul ce qu'il lui faudra lire et remonter de fils, du Vietnam &#224; la GP, de la Catho &#224; Nanterre-U, de la JUC au Comit&#233; de Lutte, de Billancourt au P&#232;re-Lachaise, de LIP &#224; Verdier, de sa m&#232;re aux fusils, de son p&#232;re &#224; son p&#232;re, il lui dit : sombre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicilles :
&lt;p&gt;1 : je m'appuie sur ce site sur lequel je reviens souvent &lt;a href=&#034;https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=3&amp;titre=premiere-guerre-mondiale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme une m&#233;moire externe pour tous&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 : je me suis appuy&#233; sur les archives religieuses pr&#233;cieuses dans les familles bourgeoises. Elles sont moins rigoureuses que les archives publiques. Elles sont souvent coupables ou culpabilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 : j'ai h&#233;sit&#233; sur la conjugaison du verbe copier/coller. J'ai opt&#233; pour le trait d'union avec double conjugaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 et 4 : J'ai h&#233;sit&#233; &#224; nommer par noms exacts, surnoms ou acronymes. Pour garder de la vitesse au pr&#233;sent, je vois que j'ai choisi les plus courts. N&#233;anmoins j'ai gard&#233; le pr&#233;nom et le nom parce qu'il est &#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;6. trouver le nom du chat&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je m'en vais trouver le nom du chat. Je m'allonge dans l'herbe sous un prunier, les yeux bien ouverts &#224; l'&#233;corce, aux branches, au vert des feuilles, au bleu du ciel par-dessus les feuilles. Le chat se signale d'un miaulement et s'approche, je sais que ce n'est pas un chat mais une chatte. Elle vient frotter sa t&#234;te conte moi, puis pose deux pattes sur le haut de ma cuisse, v&#233;rifie je ne sais quoi de ses griffes dans la toile de mon jean, monte et s'installe son ventre sur le mien, la t&#234;te vers mes pieds, sa queue balaye mon visage et s'arr&#234;te sur mon &#233;paule. Je ne sais que c'est une chatte que par son nom. Elle r&#233;pond quand elle veut &#224; celui Pop&#233;e, seconde &#233;pouse de N&#233;ron, N&#233;ron &#233;tant par ailleurs son fr&#232;re, tous deux seuls chatons survivants de la derni&#232;re port&#233;e Cl&#233;o leur m&#232;re morte il y a maintenant deux &#233;t&#233;s. J'&#233;carte un peu Pop&#233;e en la repoussant d&#233;licatement. J'ai besoin de v&#233;rifier si j'ai nomm&#233; des personnages dans les exercices pr&#233;c&#233;dents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Effectivement dans l'exercice 1&amp;2 j'en trouve trois d'affil&#233;e, trois personnages secondaires : Dubreuil, le petit d'&#201;tienne et Gilberte. &#171; Ils se mettent encore d'accord pour comment on va aider Dubreuil &#224; d&#233;monter et remonter par chez lui le hangar m&#233;tallique &#224; trav&#233;es de six m&#232;tres. Le petit d'&#201;tienne lui s'ach&#232;te l'&#233;tabli &#224; bois, pour quinze, et une caisse &#224; pommes pleine d'outils en vrac, pour cinq. Il a rep&#233;r&#233; de bons ciseaux dans cette caisse. Un gars de La Bass&#233;e a pris les cl&#244;tures &#233;lectriques. C'est Gilberte qui a achet&#233; le fusil, et sur ce fusil silence, personne n'a rench&#233;ri. &#199;a &#233;vitera encore plus de malheur qu'il n'y en a d&#233;j&#224; dans cette f&#234;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dubreuil n'&#233;tait pas rentr&#233;. En le cherchant sur la route je trouvais rapidement sa remorque charg&#233;e en valdingue au foss&#233;, et le tracteur avec une roue de l'avant soulev&#233;e, sans bonhomme sur le si&#232;ge. Bon sang, il n'&#233;tait forc&#233;ment pas loin. (Dubreuil, c'est le patronyme d'un ami, d'un copain, d'un voisin. Dubreuil dans cet exercice c'est un nom qu'on devrait comprendre comme le nom d'un gars du coin.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit d'&#201;tienne, c'est Julien, le petit dernier d'&#201;tienne, mais je ne sais pas pourquoi &#224; chaque fois son pr&#233;nom m'&#233;chappe et &#231;a me va le plus vite de pas le nommer et de dire le petit d'&#201;tienne que de rechercher son pr&#233;nom. Dans cette h&#233;sitation &#224; nommer en ne trouvant qu'un d&#233;tour de filiation je cherchais sans doute &#224; exprimer l'id&#233;e d'une appartenance familiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gilberte est c&#233;libataire. C'est tout. Ce n'est pas la facilit&#233;, c'est la v&#233;rit&#233;. On ne lui a jamais connu quelqu'un.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Dans l'exercice j'ai nomm&#233; deux personnages Paul et Martin. Paul est le personnage principal du texte, celui qui quitte Nanterre-Ville. Martin est sans doute son meilleur ami. Pourquoi Paul ? C'est doux, c'est franc. Franc comme Franck, mais Paul est plus r&#233;fl&#233;chi. Paul est aussi moins doux que Jean. Mais je repense au chat, aux animaux totem, aux chevaux d'un Philippe dont le r&#234;ve transper&#231;ait un secret, et je pense &#224; Paul-Loup, &#224; Paul-Loup pour Jean-Loup. Pour nommer ce personnage principal, j'ai donc fait un choix autobiographique, en esp&#233;rant faire mieux, puisque Paul quitte Nanterre-Ville. Martin l'ami des Paul, c'est Martin, sur qui on peut compter, avec qui on va p&#234;cher longtemps, en remontant la Loire. C'est peut-&#234;tre aussi le Martin de la grande Sophie, celui dont elle attend un signe de la main. Ce choix de Martin c'est plut&#244;t un r&#234;ve de biographie.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;5. Douze fois descendre de la voiture Corail : ouvrir la porte, actionner la poign&#233;e, pousser pour &#233;carter cette porte, descendre les marches du wagon et franchir l'intervalle entre le marchepied et le quai.&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4920&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tu sais porter une gare ? Est-ce que tu sais porter deux gares ? Trois gares ? Quatre gares ? Sais-tu porter cinq gares ? Sais-tu porter six gares ? Tu ne sais pas porter six gares ? Tu ne sais pas porter un cigare ! Tu ne sais pas crier Gare !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le train de 18h09 entre en gare. Il est compos&#233; d'une locomotive BB 22200 orange et grise &#224; nez cass&#233; et de 9 voitures Corail r&#233;nov&#233;es. Il a d&#233;j&#224; fortement r&#233;duit sa vitesse. &#192; l'approche de la Voie 6, il cadence encore son arr&#234;t de trois coups de frein prolong&#233;s produisant des cris de mammif&#232;res marins. La descente du train se fera sur la gauche. On s'y pr&#233;pare. La locomotive s'arr&#234;tera &#224; quelques m&#232;tres du bout du quai, face &#224; la gare et rel&#226;chera en un souffle bruyant toute la pression du voyage. Tous les voyageurs d&#233;j&#224; pr&#234;ts &#224; descendre, debout devant la porte situ&#233;e du bon c&#244;t&#233;, pionniers de leur wagon, vont effectuer en m&#234;me temps les m&#234;mes gestes : abaisser la poign&#233;e, &#233;carter la porte, descendre les marches, passer l'intervalle entre le marchepied et le quai, et sur le quai se diriger vers la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voiture 1. Porte avant. La vitre de la porte encadre le visage transpirant d'un homme barbu de 3 jours, la quarantaine, bien portant, 77 kilos, costume bleu trop brillant, chemise blanche sans cravate. Au coup de frein final, juste &#224; l'arr&#234;t complet du train qu'il a l'habitude d'anticiper, l'homme abaisse de sa main droite la poign&#233;e de la porte, et dans le m&#234;me temps il la pousse fortement en avant pour l'ouvrir. La porte s'&#233;carte sur le c&#244;t&#233;, il descend les deux marches du wagon, le regard vers ses pieds, un, deux, trois, son pied droit passe au-dessus du marchepied et se pose le premier sur le quai. En terrain conquis, il regarde maintenant vers la sortie de la gare. &#192; la porte arri&#232;re de cette premi&#232;re voiture, une &#233;tudiante, natte, jean, grand sac &#224; dos vert fluo, converses blanches sur chaussettes arc-en-ciel, plie genoux, main gauche sur la poign&#233;e qu'elle fait descendre en rotation, et pousse du poids de son sac sur la porte qui s'ouvre. Main droite en appui sur la porte, un pied sur une marche, et la marche suivante qu'elle trouve en t&#226;tonnant et tournant sa cheville, un pied maintenant sur la grille du marchepied, et le regard sur la bande blanche au sol, et la voil&#224; sur le quai, poids du sac qu'elle remonte sec d'un coup d'&#233;paules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voiture 2. Porte avant. Un homme sans &#226;ge mais &#233;nergique, petit genre nerveux, 65 kilos, jean et veste en jean, a d&#233;clench&#233; la porte, avant m&#234;me l'arr&#234;t du train. Pench&#233; en avant &#233;paule gauche coll&#233;e &#224; la vitre, il tire du bras gauche sur une barre de la porte, en m&#234;me temps que du bras droit il abaisse la poign&#233;e, et force violemment l'ouverture en pivot. Porte ouverte, il adore voir le qui train qui roule encore un peu glissant le long du quai. L'homme saute du train et se r&#233;ceptionne d'un pas de footing, le regard vers le sol et tout de suite vers l'avant, assez content de voir qu'il a cette fois encore grill&#233; l'habitu&#233; du premier wagon, il acc&#233;l&#232;re son pas vers la sortie, sans m&#234;me voir l'&#233;tudiante devant lui qui amorce sa descente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porte arri&#232;re de la voiture 2, une femme souriante, en robe de coton, bras d&#233;couverts, serre fort de sa main droite la lani&#232;re de son sac qui lui cisaille l'&#233;paule, et appuie de sa main gauche sur la poign&#233;e, qu'elle pousse en avant et la porte s'ouvre. Elle descend attentivement cherchant quelqu'un du regard, sourire plus fort encore. Sa robe est turquoise. Un collier de bois rose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voiture 3. Porte avant. Tr&#232;s l&#233;g&#232;rement en retrait de la porte, une grande femme, la cinquantaine, short ou jupe coloniale, chaussures plates, coince d'une jambe muscl&#233;e sa valise, tandis que de son autre jambe, elle barre le passage &#224; quelques inconnus silencieux, tous &#224; la file derri&#232;re elle dans le couloir qui longe l'autre c&#244;t&#233; du wagon. La femme attend l'arr&#234;t bien marqu&#233; du train, et abandonnant un instant sa valise se rapproche de la poign&#233;e, l'abaisse de la main droite, pousse la porte, descend un pied sur une marche et l'autre pour tenter un grand &#233;cart jusque sur le quai, avant de se retourner imm&#233;diatement vers la porte afin d'attraper la valise. Elle est surprise et bien ravie de s'apercevoir qu'un des jeunes inconnus la lui a avanc&#233;e pour qu'elle puisse s'en saisir. Ah merci vous &#234;tes bien aimable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porte arri&#232;re de la voiture 3, un autre jeune homme, lunettes de soleil sur la t&#234;te, aucun sac, tenant simple un livre jaune fonc&#233; de sa main droite, l'index en marque-page, ouvre de la main gauche, et descend facilement, une marche, la suivante, et le pied sur le quai par-dessus le marchepied, de sa main libre il ram&#232;ne ses lunettes au visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voiture 4. Porte avant. L'homme abaisse la poign&#233;e main gauche. Rotation. Pouss&#233;e. Porte plaqu&#233;e sur le c&#244;t&#233; qu'il maintient bloqu&#233;e avec sa mallette, main droite. Amor&#231;ant une bascule vers dehors, en m&#234;me temps que sa main gauche semble accompagner vers le bas la sortie de sa premi&#232;re jambe, sa main droite &#233;l&#232;ve la mallette dans les airs comme s'il fallait contrebalancer la descente. Il retrouve &#233;quilibre sur le quai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porte arri&#232;re. C'est en queue de voiture 4 qu'&#224; partir d'un t&#233;l&#233;phone gris plastique maintenant raccroch&#233;, le contr&#244;leur avait mis en garde l'ensemble des voyageurs de l'arriv&#233;e en gare du train dont la descente devra imp&#233;rativement s'effectuer sur un quai et &#224; l'arr&#234;t, en prenant garde &#224; l'intervalle entre le marchepied et le quai. Un court instant, il pense. Il n'a plus rien d'autre &#224; faire car le d&#233;verrouillage des portes s'effectue de nos jours automatiquement &#224; vitesse lente et d&#232;s l'abord du quai. Il est &#224; cet instant comme tout le monde. Seul son uniforme le distingue. Il pense &#224; nouveau que les poign&#233;es de porte de ces vieilles voitures corail ressemblent &#224; des points d'interrogation qui n'attendent aucune autre r&#233;ponse que celle d'&#234;tre cass&#233;es un instant vers le bas, ce qu'il fait lui-m&#234;me &#224; sa porte, pousse, ouvre, et descend lui aussi, un, deux, trois, sur le quai, regards imm&#233;diatement &#224; droite, et &#224; gauche, et m&#234;me surtout &#224; gauche vers l'arri&#232;re du train, au-del&#224; de la voiture 5 condamn&#233;e pour cause de climatisation en panne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voiture 5. Voiture fant&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voiture 6. Porte avant. Un homme descend rapidement se retourne et attrape les roues avant d'une poussette, puis toute la poussette &#224; bout de bras. Une jeune femme descend prudemment un b&#233;b&#233; entoil&#233; serr&#233; sur son ventre. Porte arri&#232;re. On abaisse la poign&#233;e main droite, avant-bras crois&#233;s, chevali&#232;re &#224; la main droite, pousse et en m&#234;me temps tire inutilement de la gauche, alliance &#224; la main gauche. La porte s'&#233;carte &#224; gauche, pied droit sur une marche, pied gauche sur la suivante, pied droit sur le quai. Personne ne l'attend. La femme qui attend l&#224;, la femme qui fume l&#224; devant lui, elle attend quelqu'un d'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voiture 7. Porte avant. Ses deux mains serr&#233;es sur la poign&#233;e, un enfant de six ou peut-&#234;tre sept ans, tant il est d&#233;gourdi, culottes courtes, chemisette &#224; carreaux, portant un petit sac &#224; dos &#224; sa taille. Il va descendre tout seul, comme on vient de lui dire de le faire. Il appuie sur la poign&#233;e de son peu de poids mais de toute sa force. La poign&#233;e c&#232;de et casse bien vers le bas mais la porte ne s'ouvre pas. Il ne pense pas qu'il faudrait encore la pousser en avant vers l'ext&#233;rieur. La femme qui l'attend l'aura bien aper&#231;u. Elle jette sa cigarette sur le quai et l'&#233;crase tout en se rapprochant de la porte du wagon qu'elle tire elle-m&#234;me pour l'ouvrir. Du quai au pied de la voiture elle lui sourit. Hel-lo mon grand ! Dis donc, mais dis donc ! lui dit-elle le toisant ! Elle le prendrait bien directement dans ses bras s'il n'&#233;tait pas l&#224; si haut et d&#233;j&#224; un peu grand. L'enfant descend les premi&#232;res marches, lui tend une main, mais, au moment de passer l'intervalle entre le marchepied et le quai, tourne t&#234;te et jette un regard vers la porte arri&#232;re de la m&#234;me voiture 7, dont descend, assur&#233;, un &#233;l&#233;gant transportant deux valises identiques, coins renforc&#233;s de cuir. L'homme ne peut s'emp&#234;cher de croiser &#233;galement le regard de l'enfant, ce que la femme remarque. Tu le connais ? Non, dit l'enfant, je ne le connais pas. Elle photographie n&#233;anmoins par r&#233;flexe cet homme dont l'&#233;tranget&#233; tient &#224; son allure d'un autre &#226;ge, celle d'un repr&#233;sentant de commerce de luxe d'une tout autre &#233;poque. Mais l'enfant a dit non, et elle enserre dans ses bras et revient &#224; sa joie. Que nos vacances commencent ! On y va ? On y va. Et tous deux, femme, enfant, se tenant par la main, se mettent ensemble en marche direction la sortie. Et cinquante ans plus tard l'enfant se demandera encore pourquoi il a dit non, pourquoi il a dit oui, et ce qu'il a l'a perdu ici, dans l'intervalle qui reste, entre le marchepied et le quai de la gare o&#249; l'on va. On y va ? Dis-moi mon grand, est-ce que tu sais porter une gare ? Deux gares ? Trois gares ? Six gares ? Cinquante-six gares ? Tu ne sais pas porter cinquante-six gares ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicilles :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Personnel : j'ai choisi un geste compliqu&#233;, ou plut&#244;t un encha&#238;nement rapide de plusieurs gestes, qui m'&#233;taient quotidiens mais peut &#234;tre par trop important. Je n'ai pas su m'en d&#233;tacher et je me suis peut-&#234;tre un peu enferr&#233; &#224; en rassembler la r&#233;p&#233;tition dans un ensemble. Je n'ai pas voulu regarder la pr&#233;sentation des autres pour ces gammes #5 et j'ai rat&#233; les visioconf&#233;rences des 10 et 17 juillet pour cause de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cin&#233;ma : j'ai pens&#233; &#224; Hitchcock, aux trains qui rentrent en gare, &#224; lui qui monte un violoncelle ou une contrebasse je ne sais plus, dans l'inconnu du Nord-Express. Je l'ai aussi imagin&#233; descendant son violoncelle d'une voiture Corail. Je voudrais le rajouter dans la liste mais il est plus que temps d'envoyer cet exercice pour profiter des vacances et rattraper les wagons des exercices suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ferroviaire : plusieurs milliers de voitures Corail sont encore en fonction sur le r&#233;seau SNCF. Il existe deux types d'ouvertures de portes ; Mielich, syst&#232;me &#224; poign&#233;e, la porte se replie sur elle-m&#234;me pour s'&#233;carter et d&#233;gager l'espace, ou Faiveley, syst&#232;me &#224; bouton carr&#233; vert, la porte coulisse. J'ai choisi le syst&#232;me Mielich, le plus ancien et sans doute le plus courant, sur les trains Corail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;4. insomnie, errance, esp&#233;rance&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;insomnie 1, esp&#232;ce d'errance (ton dur)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'erre. La nuit continue de pencher. Je tourne carr&#233;. J'occupe tour &#224; tour chaque espace de mon appartement ; bureau, salon, chambre, et la cuisine &#8212; salle de bain, mais sans personne pour me dire : &#171; comme c'est original cette douche dans la cuisine &#187;. Chambre, lit, clavier, canap&#233;, cuisine, &#233;vier, caf&#233; tant qu'&#224; faire. De la fen&#234;tre ouverte du salon un peu de vent, d'air ti&#232;de. Je m'en rapproche. C'est la rue, la nuit noire, la nuit blanche, au sol des aplats noirs, des lignes blanches, en face enfoncements noirs et encadrements blancs. Mon insomnie s'&#233;crit, comme souvent en blanc sur noir. Aucune voiture au carrefour, le feu rouge pour personne. L'orange clignote sans fin. Orange pour personne. V&#233;hicules immobiles sur les deux rives, toutes les places sont prises, les v&#233;los serr&#233;s en grappe. Aucun bruit n'ext&#233;rieure, j'entends surtout mon bruit de t&#234;te. Un disque, &#231;a s'&#233;coute, mais pas fen&#234;tre ouverte quand &#231;a dort de partout. Je reprends mon clavier. Je pourrais finir &#231;a, ce travail. Quitte &#224; &#234;tre &#233;puis&#233; d'une nuit blanche compl&#232;te, au moins ce serait fait, d'autant que finalement, j'en ai bien assez fait et j'en ai m&#234;me trop. Je sais qu'il me faudrait surtout plus de sommeil. Je n'ai plus vingt ans, ni trente, ni quarante, mais cinquante. Cinquante. Caf&#233;. Chicor&#233;e. Chor&#233;graphie et voici que je redessine mon corps &#224; l'infini. Chambre. Lit. Livre. J'&#233;teins tout &#224; nouveau. Je compte jusqu'&#224; cinquante, cinquante et un, cinquante-deux. Je recompte. Me rel&#232;ve. J'ouvre cette autre fen&#234;tre et cherche le courant d'air. Il vient. Je me rejette sur mon lit, mais je perds ce fil d'air, lit trop loin ou trop bas du courant d'air, je pars en vrille, le vent ne porte plus. Je pense que je suis au-del&#224; de la fatigue, mais encore en de&#231;&#224; de l'&#233;puisement. Elle n'est pas l&#224;. Je n'en dormirais pas. Je connais la fin de l'histoire. Elle n'est pas l&#224; et rien ne me calme &#224; cet instant. Rien ne me prend non plus dans le courant des choses &#224; faire. Le temps des choses &#224; faire d&#233;marre seulement dans quelques heures, et en attendant j'erre. J'erre en c&#233;libataire, dans ma chambre c&#233;libataire, sur mon grand lit c&#233;libataire, mes &#233;tag&#232;res c&#233;libataires, ma colloc de c&#233;libataire, avec sa douche dans sa cuisine. Une cuisine &#8211; salle de bain, c'est original ! Mais n'est-ce pas quelque peu exhibitionniste ? J'aime bien, c'est vrai. Mais c'est juste une douche, et c'est juste ancien. Une douche &#224; l'ancienne qui a remplac&#233; la bassine qu'on mettait entre l'&#233;vier et la gazini&#232;re. Et si tu restes, on fera attention. On fera peut-&#234;tre autrement. On trouvera. Si tu veux prendre une douche maintenant je te laisse dans la cuisine et je vais ailleurs dans le salon ou mon bureau. Tu m'appelles quand tu veux ou quand tu as fini. Voil&#224;. Tu as fini ? Tu as fini de d&#233;lirer dans l'insomnie ? Parce que l&#224;, il n'y a personne, tu sais ? Bien. Tiens ! Range quelque chose. Fatigue&#8212;toi. Tourne&#8212;droit. Range tes textes. Rel&#232;ve&#8212;toi. Je pose le Mac sur le bureau. Je ressors du mode veille. Mot de passe : efface tes donn&#233;es. J'h&#233;site &#224; vider ma corbeille trop rapidement. Je fais plut&#244;t une sauvegarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vider sa corbeille fait venir le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;insomnie 1, espace d'esp&#233;rance (ton doux)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je g&#232;re. J'ai bien appris &#224; faire tout seul, avec Angoisse et Insomnie, quand elles viennent toutes deux, sur rendez-vous, ou sans pr&#233;venir. De fort longtemps, &#233;veill&#233; &#224; la nuit, je sais quand elles vont survenir. L'&#233;veil &#224; la nuit m&#234;me, et l'inqui&#233;tude du lendemain, sont signes de cette venue. L'angoisse et l'insomnie me viennent ensemble de ma rue, &#224; pieds ou en taxi. Elles passent les portes coch&#232;res. Elles appr&#233;cient nos digicodes. Elles remontent l'escalier, prennent parfois l'ascenseur. D'une fa&#231;on ou d'une autre je les entends d&#233;j&#224; sur mon palier. Elles rentrent dans mes serrures blind&#233;es, elles sont mes clefs perdues. Elles savent o&#249; me trouver, dans la pi&#232;ce o&#249; je suis. Mais selon j'ai les armes et quelques sortil&#232;ges. Si je suis au travail, &#224; ma table de travail, elles doivent attendre encore. Je sais l&#224; les bloquer quelques temps. Il me suffit de penser &#224; me regarder travailler par-dessus mon &#233;paule. Se faisant, me regardant par-dessus mon &#233;paule, je les emp&#234;che, de me toucher, de me paralyser et je m'autorise &#224; continuer d'&#233;crire et terminer mes phrases. Mais l'heure tourne, et elles n'ont pas la notion du temps et je finis par m'arr&#234;ter. La nuit l'heure tourne toujours en leur faveur. Si je suis au salon, &#224; lire, procrastinant, leur t&#226;che est plus ais&#233;e. Ma concentration l&#226;che et je pense aux ratages. Je cherche mes affaires. Les objets s'&#233;parpillent. Et tout manque &#224; l'appel de ce dont demain &#224; besoin. Sans oublier de me faire oublier l'essentiel, l'angoisse prend le pouvoir et installe son m&#233;nage. Une chose rang&#233;e est v&#233;rifi&#233;e, rev&#233;rifi&#233;e et bien s&#251;r repos&#233;e &#224; c&#244;t&#233;, donc, instantan&#233;ment perdue. L'heure tourne encore. La fatigue se panique. Cette panique m'alerte. J'en appelle alors &#224; une ruse qui demande exp&#233;rience et &#224; n'utiliser qu'&#224; ce moment pr&#233;cis. J'ouvre grand mes fen&#234;tres et assez tranquillement, m'y assois dangereusement. C'est assez haut sur rue. Elles pensent avoir gagn&#233;es. Mais regardant la rue, je sens l'air, je m'installe et je fume, si possible je bois chaud. Je regarde la nuit, ce ciel de couleur noire &#233;tir&#233; de hauts nuages blancs. Je regarde le vide, bras et jambes vers le vide et ce qui se devine aux fen&#234;tres des autres. Cette mise en danger, assis &#224; la fen&#234;tre, elles ne la comprennent pas. L'insomnie est une table une personne, r&#233;serv&#233;e pour diner, dont le service en salle ne crache pas sur les restes. L&#224; je leur donne &#224; manger, l'entr&#233;e de ce diner. Et mis en app&#233;tit, pour le plat principal, je me rends dans ma chambre. Elles me suivent. Je m'allonge sur mon lit, couch&#233; sur un c&#244;t&#233;. Elles ne se g&#234;nent pas. Elles se font plus pressantes, elles se font oppressantes. Ma peau fig&#233;e se glace et je me recroqueville. A nouveau elles se disent le voil&#224; bien coinc&#233; mais sans leur crier gare je pr&#233;pare l'&#233;vasion. Lentement et dans un m&#234;me mouvement j'allonge une jambe et remonte un genou. Je cale ma position. Lentement et dans un m&#234;me mouvement j'allonge un bras et je remonte une main. Je les caresse toutes deux, caresse surtout l'angoisse. Je ferme les paupi&#232;res. Je les regarde &#233;crans, mais sans m'y attarder. Et dans ce noir profond je travaille &#224; nouveau et mets mon &#233;nergie &#224; tomber l'angoisse. Et j'y tombe enti&#232;rement comme une pierre dans le puits, rien de moi ne la fuit et j'y trombe en un trou noir sans plus le moindre espoir et ma chute, en l'esp&#232;ce, cr&#233;&#233;e l'espace. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais qu'&#224; mon r&#233;veil elles auront tout perdu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Codicille : Pour figure de solitude le choix de l'insomnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insomnie se vit solitairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle s'invite, elle s'impose, elle ne s'&#233;vite pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essay&#233; l'insomnie qui tourne mal, dans l'&#233;vitement, sur un ton dur, et celle qui tourne bien, dans l'affrontement, sur un ton doux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;3. quitter Nanterre-Ville&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4918&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quitter Nanterre-Ville (version longue). &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Paul a quitt&#233; Nanterre-Ville par Nanterre-U et sa m&#232;re avec. Le 21 octobre 1985, il a quitt&#233; Nanterre-Ville et sa m&#232;re et le lui a &#233;crit. Il lui a laiss&#233; des mots qu'il imagine enrag&#233;s sur la page arrach&#233;e d'un cahier grands carreaux encore vierge, ce lundi d'octobre 85, aux aurores, avant cours et TD qui venaient &#224; peine commenc&#233;s, auxquels il n'ira pas, il est parti comme &#231;a de Nanterre-U. Il a laiss&#233; le mot bien en &#233;vidence sur son bureau, une grande planche blanche, sur deux tr&#233;teaux de m&#233;tal, et le cahier il l'a pris avec lui, ainsi que quelques fringues, son opinel, un seul livre dans son sac, et le sac sur son dos, il est sorti du pavillon par la fen&#234;tre de sa chambre, par discr&#233;tion et aussi comme toujours par bravache &#224; se suspendre au rebord pour sauter en silence dans la rue Alexandre Dumas. Il se dirige d'abord vers Marcelin Berthelot. Il monte sur le toit d'un garage, prend un caillou dans une goutti&#232;re et le jette sur la fen&#234;tre de Martin qui sait ce d&#233;part et attend ce caillou. Martin se penche un peu qu'ils se voient mieux. &#199;a dort encore. Ils se font simplement chacun deux fois un signe de la t&#234;te. Pour Martin le d&#233;part de Paul est entendu mais incompris. La veille au soir, jusque tard, Martin a vu la frayeur de Paul continuer de se transformer en d&#233;lire enthousiaste que plus rien ne pouvait interroger. Il a per&#231;u que la peur de Paul, cette peur &#224; fou rire au lyc&#233;e, ce moteur &#224; tout risque dans la cit&#233;, il a compris que cette peur de toujours a mut&#233; en une pure angoisse d&#232;s la rentr&#233;e universitaire. La peur s'est but&#233;e, cristallis&#233;e, d&#233;cadr&#233;e, une trouille des autres, de tous les autres, une paralysie, et maintenant cette solution, partir, partir tout de suite, imm&#233;diatement, une fugue majeure. Paul l&#226;che le premier cet &#233;change de regards, saute du toit du garage et repart vers l'Universit&#233; parce que c'est par l&#224; Paris et au-del&#224;. Sans sommeil il demeure exalt&#233;, il se sent lib&#233;r&#233;. Il traverse les voies SNCF par le petit chemin et remonte au RER c&#244;t&#233; fac par la passerelle, d&#233;serte, soleil levant, carte orange vers l'&#201;toile, la Gare de Lyon, les C&#233;vennes, il ne reviendra jamais &#224; Nanterre-Ville. Jamais. Penses-tu ? Il faudra qu'il revienne &#224; Nanterre-U. Ce d&#233;part est fou. Et pour cause il ne sait pas qu'il fuit, ne sait pas ce qu'il fuit, ni qui il fuit. Il ne sait quasiment rien de l'autre, rien encore de ce que sa m&#232;re lui cache sur l'autre. Il a bien un souvenir mais rien pour le relier &#224; sa panique. Les pauvres mots qu'il a laiss&#233;s ne sont rien comparer &#224; ceux qu'il l'&#233;crira 30 plus tard quand il saura. On ne peut pas quitter ce dont on ignore l'existence, il n'y a alors pas d'autre choix que d'en remonter le fil.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quitter Nanterre-Ville (version courte)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours de sa vie Paul a quitt&#233; 1001 fois Nanterre-Ville, Nanterre-U, Pr&#233;fecture, sa m&#232;re, son p&#232;re, ses fr&#232;res, ses s&#339;urs, ses cousins, ses cousines, ses copains, ses copines : 30 ans de d&#233;parts de gosse. Jusqu'au soir o&#249; il a fait cracher sa valda &#224; sa m&#232;re et son histoire sur Nanterre Universit&#233; et cetera et que je te raconte &#224; nouveau cette histoire mais tu remarqueras sans jamais nous dire exactement ce que sa m&#232;re lui a vraiment dit ou pas, jusqu'au jour de ses 50 ans o&#249; pour qu'il arr&#234;te le disque on lui a tous offert un atelier d'&#233;criture. Une smart Box Creative Writing, et pas en promo. Et bien &#231;a a march&#233; comme sur la lune, ce que sa m&#232;re lui a vraiment dit il l'a &#233;crit dans l'atelier et &#233;coutez bien le truc Nanterre deux-points ouvrez les guillemets &#171; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;Pour la version longue / roman&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1) J'ai d'abord &#233;crit Je. Comme je ne m'en sortais pas j'ai plut&#244;t cherch&#233; &#224; faire appel &#224; un narrateur omniscient et ext&#233;rieur (cf 1-2)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2) J'ai eu du mal &#224; m'arr&#234;ter
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour la version courte /nouvelle&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1) j'ai chang&#233; de point du vue, sans doute celui du Martin bien des ann&#233;es plus tard
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2) pour faire plus court j'ai pris la forme d'une conversation plut&#244;t &#224; l'oral. En g&#233;n&#233;ral cela dure moins longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;1 &amp; 2. puisque c'est comme &#231;a&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4916&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De part et d'autre du chemin qui am&#232;ne &#224; l'ancienne ferme, les v&#233;hicules, voitures et quelques camionnettes, venant de tous les villages environnants, se sont gar&#233;s sur l'herbe qu'on n'aura m&#234;me pas fauch&#233;e. Pour l'&#233;v&#233;nement les gens ont envahi la cour. On n'a jamais vu autant de monde, m&#234;me aux mariages d'aucun des membres de cette famille dont cette vente aux ench&#232;res signe la fin. Et cette foule se d&#233;place en vagues &#224;-coups, en suivant la sono du crieur aux ench&#232;res, l'homme en bleu avec son grand chapeau noir, qui vend tout, tout ce qu'il voit, tout ce qu'il d&#233;signe du bout de son parapluie, ou lui tombe sous la main, comme il marche &#224; grands pas entre la maison, le corps principal, bien haut de deux &#233;tages, la grande grange, les deux autres granges, l'&#233;table, la fosse, la petite porcherie, les deux celliers, tous b&#226;timents d&#233;j&#224; vendus 400 000 aux Parisiens chez notaire la semaine pr&#233;c&#233;dente. Et 400 000 pense le p&#232;re, c'est rien. Pour les terres, on s'est arrang&#233; avant comme il faut. Et ce dimanche si la ferme est sans animaux, du jamais vu, c'est qu'on les a tous vendus hier. Ce dimanche on vend la fin du travail, le mat&#233;riel agricole, du plus gros au plus petit, et apr&#232;s merde, comme le p&#232;re l'a dit &#224; son fils : puisque c'est comme &#231;a, on te ferme la ferme. Pour le gros matos ce matin on a fait les ench&#232;res sous la grange, et tout vendu, la moissonneuse-batteuse, les trois tracteurs, le vieux Massey encore rouge, et tous les autres engins, herses, charrues, bineuses, rouleaux, une d&#233;chaumeuse toute neuve, une vis de tarare et les remorques, trois, et j'en passe et maintenant c'est autour de tout le reste, des sacs d'engrais, des b&#226;ches, des enroul&#233;s de barbel&#233;s, des auges, des seaux, une pompe, des t&#244;les, des bidons, une tonne d'eau, un gyrobroyeur, des outils, de la ficelle, un arrosoir, une grande bassine, pelles, pioche, tout je vous dis, tout, il n'en restera rien de cette ferme. Et ils suivent en famille, en couple, en copains, celui qui crie au micro portable les quantit&#233;s, noms et prix des objets avec un tel accent percheron que les Parisiens ne comprennent de rien, m&#234;me pas les chiffres. Les voisins, les vrais, sont rest&#233;s pour parler entre eux, du c&#244;t&#233; de la fosse. C'est eux qui ont achet&#233; les terres, le petit Bois, et tout le plus gros. Ils se mettent encore d'accord pour comment on va aider Dubreuil &#224; d&#233;monter et remonter par chez lui le hangar m&#233;tallique &#224; trav&#233;es de 6 m&#232;tres. Le petit d'&#201;tienne lui s'ach&#232;te l'&#233;tabli &#224; bois, 15, et une caisse &#224; pommes pleine d'outils en vrac, 5. Il a rep&#233;r&#233; de bons ciseaux dans cette caisse. Un gars de La Bass&#233;e a pris les cl&#244;tures &#233;lectriques. C'est Gilberte qui a achet&#233; le fusil, et sur ce fusil silence, personne n'a rench&#233;ri. &#199;a &#233;vitera encore plus de malheur qu'il n'y en a d&#233;j&#224; dans cette f&#234;te. Comment dire que c'est comme si c'&#233;tait la f&#234;te quand m&#234;me ? Deux jours de vente. On a aussi mont&#233; la buvette. Le charcutier de Saint Anthelme fait des sandwichs rillettes, jambon, andouille. Il a aussi ramen&#233; son vieux triporteur &#224; glaces. Il pr&#233;cise bien que non son triporteur n'est pas &#224; vendre. Sur la pierre plate, au seuil de la maison, les Parisiens diront bient&#244;t Le Manoir, le p&#232;re reste &#224; c&#244;t&#233; des Parisiens, malgr&#233; la g&#234;ne, il se tient droit comme il peut, dans son dos une main tient l'autre serr&#233;e au poignet. Il voit son fils qui est venu. Le fils a laiss&#233; sa moto &#224; l'entr&#233;e du chemin, tout au bout. Il a march&#233; vers la cour, mais n'y p&#233;n&#232;tre pas. Le bleu qu'il porte c'est un jean neuf. Il garde son casque &#224; la main. Il salue ceux qui s'en vont d&#233;j&#224; mais il n'entrera pas. De l&#224;, il reste &#224; l'&#233;cart, il veut voir. Sombre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ce texte pour rattraper la marche d'approche #1 &amp; #2
&lt;p&gt;28 juin 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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