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	<title>DIRE, la revue de Tiers Livre</title>
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		<title>le roman d'Ema DuBotz</title>
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		<dc:date>2020-10-03T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ema DuBotz</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;cycle &#233;t&#233; 2020 | outils du roman&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;&#233;t&#233; 2019 | outils du roman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/revue/IMG/logo/arton594.jpg?1595972467' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ema explore &#224; la lisi&#232;re des mots, du corps et du mouvement. &#201;crire c'est autant tracer que dire, fa&#231;onner un contexte, occuper l'espace. Les mots comme des d&#233;clencheurs du mouvement, en lien, en r&#233;ponse, en &#233;cho. &#201;crire le mouvement. Faire. D&#233;faire. Varier. Cr&#233;er des ruptures. Y revenir. Et faire silence.
Publications dans &lt;i&gt;Revu, 21Minutes, Traverser aux &#233;ditions de l'Aigrette, boXon, C&#339;ur de Plumes, R&#233;gion Centrale (Milagro &#233;ditions), Les caprices de la femme en rouge, Le Festival Permanent des Mots.&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;Suivre &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/emadubotz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa page Facebook&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;15. De vagues &#233;chos &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pia est de retour en France, son berceau. D'Angleterre elle garde la prononciation, l'ironie, ses longs cheveux noirs de la superbe qu'elle &#233;tait et sa maison qu'elle continue &#224; louer, au cas o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pia &#233;tait l'a&#238;n&#233;e de neuf enfants qu'elle a &#233;lev&#233;s, issus de trois p&#232;res diff&#233;rents. Elle a v&#233;cu la seconde guerre mondiale, la d&#233;brouille, la faim, l'entraide, la solidarit&#233; entre gens de peu, les d&#233;m&#233;nagements, les r&#233;-emm&#233;nagements, et puis, &#224; dix huit ans, elle quitte son milieu ouvrier pour vivre son aventure. Elle sera fille au p&#232;re &#224; Londres. Elle se lance dans les &#233;tudes parall&#232;lement et se propulse dans le monde du travail, le vrai. Elle s'affirme, prend sa place et s'installe comptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pia s'est mari&#233;e. Elle a une fille. Le brin roux auburn, la peau laiteuse de la grand-m&#232;re, la m&#232;re de Pia, les traces d'une Italie en fuite, d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde a &#233;t&#233; surpris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il para&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que c'est un tr&#232;s beau brin, joli brin de fille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours fourr&#233;e chez sa tante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que oui la p'tite a tiss&#233; des liens avec elle. Mais pas que.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai entendu qu'elle avait eu un accident et que sa m&#232;re l'a confi&#233; &#224; sa tante le temps qu'elle se remette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que la pauvre ne peut pas faire autrement. Son mari licenci&#233;, elle travaille du matin au soir, du soir au matin. Faut bien nourrir la famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'on dit de lui qu'il a toujours eu un penchant pour les spiritueux. Mais pas que.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant plus depuis qu'il a perdu son boulot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'on peut le croiser de temps &#224; autre au supermarch&#233;. Les yeux visqueux, le regard glissant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que laisser sa gamine avec un p&#232;re d&#233;pressif, de travers en travers, c'est pas tenable, je comprends qu'elle pr&#233;f&#232;re la laisser dans un foyer plus joyeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que la tantine est une m&#232;re c&#233;libataire. Qu'elle a une fille plus &#226;g&#233;e qu'elle. Daisy. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'elles s'entendent comme larrons en foire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que c'est pour &#231;a que la m&#232;re ne s'est pas m&#233;fi&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que. On peut toujours causer &#233;piloguer supposer affirmer ressasser. Personne ne sait vraiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'un soir, on a quand m&#234;me aper&#231;us les filles dans un bar du centre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que faisaient-elles l&#224; ? Comment peut-on laisser une jeune fille de quatorze ans sortir le soir ? Et en semaine de surcro&#238;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'elle doit forc&#233;ment mentir sur son &#226;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'apprendre &#224; mentir elle savait d&#233;j&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'apparemment la tantine m&#232;nerait une vie dissolue. Les fum&#233;es les vapeurs lourdes les odeurs &#233;paisses et j'en passe.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tourn&#233;e des bars, &#224; la recherche d'un homme bien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'elle que dans les bars, elle trouve un homme diff&#233;rent chaque semaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que la m&#232;re ne savait pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment pourrait-elle savoir ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous m&#234;mes ne savions pas que. Avec cet exemple sous les yeux, pas &#233;tonnant que les jeunes filles portent des mini-jupes et montrent leur nombril.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une incitation si vous voyez ce que je veux dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que. A vrai dire. Rien n'est s&#251;r.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que personne ne sait vraiment ce qui est arriv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que ce qui est s&#251;r c'est que le p'tit brin a suivi la pente sur laquelle elle s'est retrouv&#233;e, une fille facile &#224; priori.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que des gens trop soucieux de la maman se sont tus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'elle soit devenue une tra&#238;n&#233;e qui c&#244;toie des hommes &#226;g&#233;s, tu y crois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que plusieurs ont dit qu'elle prenait des pilules pour dormir qu'elle se droguait. Le fait que, mon Dieu, elle en est &#224; ce point. A vouloir dormir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que des passants y passaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que. Qui sait ce qui se passait derri&#232;re cette porte ? Chez la tantine ? Et chez les parents ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que toutes ces ombres se mettent en mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'&#233;tait l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pia a affront&#233; la maladie de son mari, son alcoolisme, son cancer, son d&#233;c&#232;s et ce, bien apr&#232;s le vide, la disparition du beau brin. Lui, elle l'a accompagn&#233; jusqu'au bout. Une fois seule, elle a d&#233;cid&#233; de revenir pr&#232;s des siens, pr&#232;s d'une de ses s&#339;urs. Ladite s&#339;ur s'est av&#233;r&#233;e isol&#233;e et acari&#226;tre. Elle est morte depuis. Mais Pia, elle l'avait d&#233;cid&#233;, elle est rest&#233;e l&#224;-bas, dans cette campagne bretonne, seule au milieu des vaches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pia tra&#238;ne des cailloux derri&#232;re elle. Elle a jamais voulu vendre sa maison anglaise. Esp&#233;rant sans cesse que le brin refasse surface. Elle a jamais su pourquoi elle &#233;tait partie. Partie o&#249; ? La tantine a laiss&#233; entendre qu'elle serait partie aux &#201;tats-Unis ou au Canada. Va savoir. Loin l&#224;-bas en tout cas, sur l'autre continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pia n'a peut-&#234;tre jamais voulu entendre pourquoi elle avait disparue du jour au lendemain. Pourquoi elle n'avait jamais plus eu de nouvelles de sa fille. M&#234;me pas un &#171; je vais bien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pia a maintenant 85 ans. Elle parle de son chat, de ses voisins trop curieux, trop envahissants, des prolos, des agriculteurs &#233;pandant les toxiques malgr&#233; tout, des vieux qui s'ennuient, des vieux qui ne bougent plus, qui ne savent pas vivre seuls, ou qui vivent pour se plaindre. De ses copines anglaises avec qui elle rigole. Ressasse les m&#234;mes mots la Pia. Qu'elle est bien seule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : construire un personnage secondaire sans affect, dans sa complexit&#233; humaine. Un secret de famille. Des &#233;chos de la vid&#233;o de la #13 en chorale &#171; le fait que &#187; de perso secondaires &#224; la H&#233;l&#232;ne Bessette. Fragments d'&#233;chos reconstituant une compr&#233;hension de l'histoire, une narration, vraie ou fausse, who knows ?&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;14. Traverse&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3575&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout est all&#233; tr&#232;s vite. Trop. Le poison est entr&#233;. De phlyct&#232;nes humides en &#233;cumes cataractantes. Un film de quelques secondes. Chambre 327. J'attends l&#224; depuis quelques secondes. Je me suis vid&#233;e d'amour. Je n'ai pas eu le temps. Te toucher. Te serrer tout contre. Sentir ta peau, ton grain. T'entendre crier. Te dire que. Le silence a tout envahit. Et pourtant. Il ne se passe pas une minute sans que je regrette tout ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends depuis longtemps. J'attends depuis 15 ans. Tra&#238;nant cette douleur lancinante. J'erre dans les rues lointaines le ventre creux. J'en trace les contours de mon ultime et &#233;ternel jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps se fond en une lente chute et graduelle journ&#233;e opalescente durant laquelle je m'&#233;vertue &#224; te chercher. Je ne fais que marcher, marcher, marcher. Je tangue, je vacille, je m'&#233;croule, et me rel&#232;ve. Et ce silence assourdissant. Un vide, une oppression tenace et pesante qui produit ce bruit fractur&#233; si obs&#233;dant, dedans ma t&#234;te, bourdonnement dedans, bourdonne. Je me sens comme une &#233;trang&#232;re perdue dans cette parano&#239;a futuriste. Un film muet o&#249; je serais le seul personnage. La superbe recouvrant l'insens&#233;. L'animal accul&#233; au suicide. Je parle, je crie, j'appelle en vain. A la recherche du moindre son, un quelconque signe qui prouverait ton existence. Mais rien. Juste le temps qui siffle en pluie finement poudr&#233;e per&#231;ant les pores de ma chair disparue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace a tiss&#233; sa toison &#233;tincelante, l'air invisible s'av&#232;re palpable, une mati&#232;re, nitescence fluide que je peux &#233;treindre &#224; pleins m&#233;tacarpes. Une envo&#251;tante dimension se propage. Et il me semble que. Ah te voil&#224; enfin. Un transfuge radieux illumine ma figure presque effac&#233;e. Je peux presque effleurer les traits de ta chevelure. Des vagueries, d&#233;compter les fils, r&#234;ches raclures filoches de mon pull ou de ma t&#234;te, couperets d&#233;ments, fleurs appr&#234;t&#233;es, rev&#234;ches. Je ne sais plus. Cela fait combien d'heures que je t'observe, feuillage extraordinaire, combien de jours que je tresse ta couenne translucide, que je converse avec toi, continuum diaphane ? Quel jour sommes-nous ? Le jour r&#233;siste au temps. Aucune accalmie. J'ouvre les yeux, il fait jour. Je ferme les yeux, le jour. Je me r&#233;veille, le jour, encore et toujours ce putain de jour. Le temps n'est que jour. Durer n'est que jour. Combien de jours ? Le temps ici me ruine et r&#233;sonne en &#233;clats de gemme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Te toucher. Me dirigeant, je m'aper&#231;ois qu'on m'a vol&#233; quelques phalanges&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : j'avais envie d'&#233;crire sur la perte. Elle est venue en &#233;coutant Ghosteen de Nick Cave. Je ne sais si elle est morte, si c'est un fant&#244;me, et dans ma t&#234;te, c'est aussi cette femme &#224; la f&#233;tuque grise du 1er jour, du 1er texte sur l'omniscience. Ou si elle ne distingue plus la fiction de la r&#233;alit&#233;. A suivre.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;13. Ouvrir&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4936&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fait que tout le monde p&#232;te les plombs enferm&#233; entre quatre murs quand il fait si beau dehors moyen beau chez soi plut&#244;t sombre plut&#244;t vide plut&#244;t rouge sang aussi pendant que les plantes croissent que les animaux reprennent leur place que nous nous sommes astreints &#224; leur limiter vu et entendu sur les r&#233;seaux sociaux &#224; la t&#233;l&#233; &#224; la radio par la fen&#234;tre ouverte que les oiseaux chantaient le drame qui nous affligeaient nous. Le fait que les vautours vivent en groupe tu le savais ? Le fait que quand tout s'arr&#234;te la vie reprend son cours elle continue ailleurs autrement elle a m&#234;me une odeur la bonne odeur de l'air pur sans ces gaz d'&#233;chappement sans ce brouhaha quotidien des voitures vrombissantes de la ville. Le fait m&#234;me que les insectes cultivent l'art de la joie et c'est pas la sapienza qui dira le contraire. Le fait. Le fait que mon cerveau pense trop de choses en simultan&#233; m'&#233;tourdit un peu du mal &#224; me suivre du tac au tac les choses &#224; faire les choses &#224; penser quoi choisir en premier lister tout ce &#224; quoi je pense ou essayer de les retenir et voir celles qui sont primordiales et que je n'oublierai pas une sorte de tri naturel par s&#233;dimentation. Pourquoi pas. D'autres id&#233;es ? J'en ai des feuilles remplies de mots. Il para&#238;t que les mots sont des fen&#234;tres. Alors le mieux c'est de me poser pour les ouvrir. Mon cul assis sur la chaise je vais l'ouvrir je pense. Ouvrir ma gueule. Ouvrir les mots. Des mois que j'y pense. Mais le fait est que j'aime pas penser sans agir. D'ailleurs est-ce vraiment possible ? Le fait est que je peux tourner en rond facilement comme &#231;a. Penser quoi faire. Le fait est qu'il y a souvent trop de choses &#224; penser, trop de choses &#224; faire. Trier. Trouver un proc&#233;d&#233; relatif aux moyens utilis&#233;s. Et souvent, l'objectif fix&#233; n'est pas celui qu'on attendait. Alors on recommence ou on laisse faire et puis on voit. Le fait est que les couches se d&#233;posent de mani&#232;re anarchique, on peut le penser, mais peut-&#234;tre qu'il y a un ordre qui te d&#233;passe toi et qui se fait. La nature. Laisse la nature faire comme dirait l'autre. Le fait est que ce sentiment d'&#234;tre d&#233;pass&#233;e est souvent violent aussi. Le fait est que je suis face &#224; la nature et qu'elle me d&#233;passe tant. Le fait qu'elle porte sur elle la v&#233;tust&#233; avec panache grains du temps diss&#233;min&#233;s s'effilochant comme la laine de son pull, le fait qu'elle se d&#233;place droite comme un roc, cette verticalit&#233; des &#234;tres d'exception dans leur mouvement, cette folie traversante des paroles, des rires, ou du silence, le fait qu'elle soit femme, le fait qu'elle se d&#233;place de mani&#232;re incongrue, inhomog&#232;ne, brutale ou tout en harmonie, l&#233;g&#232;ret&#233; et fluidit&#233;, le fait qu'elle est la peau brunie par le soleil, par la sagesse, par le temps, la poussi&#232;re redevient poussi&#232;re, la peau &#233;toil&#233;e des &#234;tres surnaturels, la pr&#233;sence d'un instant, et cette douce douce folie qui transpercent le regard. Le fait qu'elle m'est percut&#233;e comme &#231;a dans l'iris. Tout naturellement. Le fait de se lever prendre sa douche aller chercher le pain partir travailler manger boire faire du sport ou pas. Jardiner. &#201;crire. Danser. Danser encore. Le fait qu'il y a de la l&#233;g&#232;ret&#233; dans le lourdingue. Du lourd dans la l&#233;g&#232;re brise du matin des embruns du pass&#233;. Le fait que tout recommence. Le fait que j'ai envie de danser. Nager dans tes eaux. Encore.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : contrainte &#171; le fait que &#187;. simultan&#233;it&#233;. le corps r&#233;cepteur. mer de mots. l'int&#233;rieur est plus vaste que l'ext&#233;rieur.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;12. Aspic&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4934&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dernier magma sorti de sa bouche ses l&#232;vres ass&#233;ch&#233;es sa bouche entrouverte un trou b&#233;ant dans lequel on tombe pendant que nos mains s'accrochent aux parois s'&#233;corchent rouge &#224; sa gorge glissent le long du tissu &#339;sophagien &#233;tendu plongent dans son acidit&#233; verd&#226;tre les joues balanc&#233;es contre les murs r&#226;peux visqueux au gr&#233; des hurlements la chair qui s'effrite le ventre qui se dilate se distend en voie lact&#233;e clinquant d'un bruit fractur&#233; par le glas d'une filante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses mains appos&#233;es sur sa plus belle robe le visage &#233;maci&#233; pench&#233; dans la lumi&#232;re froide accentuant l'absence des gestes fl&#233;trie la rapace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ongles peints d'un vernis ros&#233; rehausse la p&#226;leur de l'ensemble ces ongles enfonc&#233;s si souvent dans nos chairs la m&#234;me couleur aux l&#232;vres annon&#231;ant la biens&#233;ance la bien-pensance la bienveillance craque vernis sur les actes vernis sur les mots vernis de ta peau rose d&#233;mod&#233; rose pass&#233; vieux rose enfl&#233; enflure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les paupi&#232;res closes plus de mouvement oculaire malgr&#233; tout &#233;mane une per&#231;ante qui me traverse reflux d'une sensation am&#232;re pousse r&#233;gresse rejet je m'efface encore touch&#233;e alors que les sourcils la bouche le visage entier si finement redessin&#233;s les membres les mains les doigts graciles pr&#233;sente une femme &#233;l&#233;gante d&#233;licate et raffin&#233;e appr&#234;t&#233;e pour sa plus belle occasion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Codicille : choix d'une confrontation &#224; corps immobile d'un.e autre : fiction d'une morte sur une table. Je crois avoir perdu l'&#233;nonciation du corps car expos&#233; par le narrateur&#8230;a&#239;e&#8230; Bon sinon, j'ai pens&#233; bizarrement &#224; &lt;i&gt;Noeud de vip&#232;res&lt;/i&gt; de F. Mauriac. Bon bah voil&#224;, c'est dit. D'o&#249; le titre.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;11. Ubique&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4931&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On peut penser qu'il y a un temps de pr&#233;paration. On ne sait pas ce qui est en train d'&#234;tre pr&#233;par&#233;. Si on observe rapidement, on peut penser qu'il n'y a pas d'intention. Pas de qualit&#233; particuli&#232;re, et puis. Il n'en fut rien. Approchez. Juste un peu plus. Contemplez ce silence. Son espace, sa profondeur et ce flou fibreux, ce trouble, presque son odeur. R&#244;de l'imminence du toucher d&#233;liquescent. Tout en elle est &#224; l'&#233;coute. En contact. L'immobilit&#233; comme un premier mouvement. Il n'y a pas &#224; s&#233;parer l'acte et soi. Ne faisons pas de d&#233;tours. On ne peut pas &#234;tre sans lien &#224; ce qui est entre. S'aventurer dans l'action de rendre r&#233;elle la m&#233;tamorphose. L'une avec l'autre. L'une contre l'autre. Amorcer sa virtuosit&#233; dans le doigt&#233; pour s'ouvrir se fermer, affleurer l'enveloppe, fr&#244;ler les membres, s'appuyer frotter frictionner gratter courir le long acc&#233;l&#233;rer ralentir se d&#233;synchroniser ou s'harmoniser et, y rester un temps, puis, contraindre, &#233;corcher, insister r&#233;p&#233;ter se rapprocher serrer palper p&#233;trir pressuriser assi&#233;ger jusqu'&#224; &#233;trangler ou s'&#233;loigner survoler. Elles glissent le long, au bord, elles dessinent longuement en direction des jambes, des coudes, effleurent les &#233;paules pour s'y accrocher. S'&#233;treignent. Am&#232;nent tout le tronc d'un c&#244;t&#233;. Sortent du plan. Spirale haute. Le triangle que forment les bras avec la ceinture scapulaire allongent un &#233;change de chaleur. S'&#233;tendent &#224; nouveau, quittent la peau et se rattrapent. D'un coup. Assonance. Elles explorent et taillent les bordures. Le cours des p&#233;riph&#233;ries ratissent la nuque du bas vers le haut ou tombent au front pour s'ouvrir &#224; la racine, t&#234;te empaum&#233;e, les nervures ensevelies dans le feuillage noir. &#201;clate la veille soudaine du soin extr&#234;me au fol espoir &#224; te donner tout mon &#233;lan vital. Palpitants. Glace. P&#226;le figure qui disparut alors qu'elle frappe. Nous caressons la possibilit&#233; d'une fiction que d&#233;j&#224; une autre presse le pr&#233;sent et s'ouvre. Sur le point de refl&#233;ter notre subjectivit&#233;, notre humanit&#233;. L'extraordinaire langage du corps. Il nous saisit l&#224;, directement. Les art&#232;res battantes cognent notre aisselle et nous embarque vers d'autres rives o&#249; r&#233;sonne le spectre de ces parleuses. L&#224; o&#249; converge l'histoire de nos chairs, de nos entrailles entrem&#234;l&#233;es. L'infini dans soi. L'infini dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste elles ne diront pas leur nom.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&lt;
Codicille : le corps comme sujet d'&#233;nonciation &#224; partir des mains, en mouvement. J'ai envie de tester l'occurrence des mains sans les nommer. Partir d'une exp&#233;rience de danse. &lt;/div&gt;&lt;h2&gt;9. L'appel&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'argent au lion de gueules arm&#233; et lampass&#233; d'or. Sautillant. Sautant. Derri&#232;re ces trois b&#233;ances. Fovea sur les rivages &#224; d&#233;couvert. Les reflets chromatiques influent oscillent sur les ar&#234;tes montantes et inondent les hauteurs de l'enceinte de toute vibration. Soudain, l'appel d'une disparition envahissante. Ascensionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'enceinte, rien &#224; signaler. Tout est calme. Poste d'observation sur les environs. Pratique. Au dessus de l'&#226;tre, de vagues armoiries anciennes instaurait autorit&#233;. Une ruine. Reste ce fascinant escalier en colima&#231;on &#224; double sens. Et ce passage dissimul&#233; dans la roche qui rallie l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la salle, trois arches ouvrent le regard sur les bras sablonneux s'&#233;tirant jusqu'&#224; la mer, lointains rivages. Une respiration haute court le long des arcades qui convergent plus haut encore vers la vo&#251;te. L'escalier en torsade s'enroule autour de lui-m&#234;me. L'illusion des deux entr&#233;es &#224; une seule rampe. Vertigineux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : choix du texte qui m'est le plus lointain, puis recherche comment chaque personnage pourrait &#171; voir &#187; le m&#234;me endroit en fonction de ce qui le pr&#233;occupe + resserrer, ne pas trop en dire, garder cette porosit&#233;, &lt;i&gt;La promenade au phare&lt;/i&gt; de Virginia Woolf, &lt;i&gt;Je te regarde&lt;/i&gt; d'Alexandra Badea, Gabrielle Wittkop + &lt;i&gt;Les oiseaux&lt;/i&gt; &amp; &lt;i&gt;Fen&#234;tre sur cour&lt;/i&gt; d'Hitchcock.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;8. l'appel&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4924&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;int&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; est dans la rue. Punchline d'une affiche contestataire de mai 1968 dans un coin de la pi&#232;ce. De nombreuses lithographies publicitaires d'art contemporain. Les artistes t&#233;moins de leur temps. Une grande biblioth&#232;que emplie de livres, beaucoup d'am&#233;ricain.es, la plupart contemporain.es. Des trente-trois tours. Du jazz. Pas seulement. Dans les couloirs immenses, des estampes du 19&#232; si&#232;cle. Arri&#232;re-plan. De derri&#232;re le jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des contours informes mouvants. Les ondes color&#233;es filtrent &#224; travers les persiennes. Par le volet entrouvert, les paysages imaginaires diffus se dessinent sur le mur. Piqu&#233;. A moins que l'ext&#233;rieur rencontre l'int&#233;rieur, ou l'inverse, ce qui est possible aussi. De la porosit&#233;. A quel endroit exactement ? A un moment donn&#233;, en tous cas, le flou fut l&#224;. Et &#231;a, c'est s&#251;r. Parce qu'au d&#233;but l'int&#233;rieur pouvait &#234;tre l'intime, voire &#224; l'int&#233;rieur du corps, et d'ailleurs, c'&#233;tait une premi&#232;re pens&#233;e. Et puis, l'ext&#233;rieur, ce qui environne. A proximit&#233; comme au lointain. Diverses &#233;chelles existent. A l'inverse, le lointain pourra &#234;tre intime, comme un souvenir lointain, et donc &#233;valu&#233; comme int&#233;rieur, car surgissant de la m&#233;moire alors que le lointain m&#233;connu ou l'inconnu sera d&#233;voil&#233; plus tard et cela, bien qu'il prenne racine assez t&#244;t mais &#231;a, c'est une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'aula, une vue imprenable &#224; travers trois grandes baies. Pour acc&#233;der aux niveaux sup&#233;rieurs, des hautes arcades &#224; la vo&#251;te d'ar&#234;tes, un escalier &#224; double h&#233;lice fut ins&#233;r&#233; marquant ainsi le passage &#224; un espace sacr&#233; ouvert dans la muraille. Possibilit&#233; de se voir. Jamais de se croiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon houleux. Les tables sont dress&#233;es, ajust&#233;es. Les colonnes grecques s'&#233;rigent aux quatre coins. Autour, des petits salons aux tables de jeux, aux canap&#233;s et fauteuils en forme corbeille, surplombent les hautes fresques. L'histoire des constellations tapissent les cloisons de toutes leurs superbes. Un magnifique d&#244;me en verre vient s'appuyer sur l'architecture en fer forg&#233;. Il suffit de lever les yeux pour perdre pied.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;ext&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La piste commence l&#224;. Et s'enfonce profond&#233;ment dans l'enfilade resserr&#233;e de saillies, sommit&#233;s florales et autres arborescences bruissantes. Les m&#233;l&#232;zes frissonnent sous les intemp&#233;ries. Plus loin. Plus sombre. La concurrence de l'abondance. Terre &#233;talonn&#233;e aux m&#233;ats acides. L'odeur humide d'une multitude de jeunes plantes. Continuer jusqu'&#224; la rivi&#232;re en contrebas. Le temps ici se ruine et r&#233;sonne en &#233;clats dans la gemme. De petits grains color&#233;s forment son lit. Litanie. Mais d&#233;j&#224; la nuit se retire de ses flans verdoyants. La piste s'&#233;l&#232;ve brusquement sur de grandes roches aux reflets des ravines qui s'agrandissent et s'&#233;tendent de plus en plus jusqu'&#224; dispara&#238;tre sous l'ivraie rayonnante. De l'autre c&#244;t&#233; il y a des jours qui naissent. Le bleu durci des lacs gronde ou est-ce l'orage qui vient g&#233;mir son souffle rance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre le chemin de ronde. Passer sous un clocher-porche. Se profile la courtine flanqu&#233;e de deux tours. Merlon perc&#233; par une arch&#232;re. Autour de laquelle une enceinte &#233;pouse la forme d'un rocher. La puissance mena&#231;ante, le rocher domine l'estuaire du Payr&#233; et un important port, le plus grand entre Nantes et Bordeaux. Bord&#233; par la Sauvag&#232;re et le Payr&#233;, il est totalement isol&#233; deux fois par jour lors des mar&#233;es hautes. La mer vient en l&#233;cher le pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des jet&#233;es rectilignes qui se prolongent par deux phares sur ma gauche et par la ligne courbe des quais de la ville &#224; ma droite. Et cette immense tache bleu-noir ind&#233;l&#233;bile qui envahit et absorbe la silhouette c&#233;ladon du cargo. Contraste net avec l'architecture cristalline des docks. Tonne. Diffracte les sons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le versatile pend de l'office au passage du passage &#224; l'alc&#244;ve. Tapi dans l'ombre, le jeune Acer envo&#251;te par ses r&#234;veries d&#233;coup&#233;es. Sous ses palmes margin&#233;es de sang, le d&#233;sespoir du peintre se terre. Vaporeux. De sa profondeur marbr&#233;e de pourpre aux hampes fines gouttelant d'une multitude de clochettes blanc ros&#233; qui timbrent au gr&#233; du vent. L'orient d&#233;j&#224;, des &#233;pis neigeux formant touffe &#233;l&#233;gante et douce, le nuage s'agitant. Ensuite viennent les savoureuses aromatiques assaisonnant les chairs puis les rampantes, les folia en c&#339;ur, en pois. Voyez plut&#244;t. Maintenant Aphis pique et suce les jeunes &#224; l'ombilic, corollaire de l'&#233;ph&#233;m&#232;re. Plus loin, Rospico et son air m&#233;diterran&#233;en somnole. Le duveteux de ses bras chatoyant. La gracile Gaura se manifeste. Pas si sensible, pas si g&#233;n&#233;reuse, &#233;tonnamment. Attendre les premi&#232;res &#233;toil&#233;es. Patience encens&#233;e. Suintante. Une d&#233;licieuse odeur suave grimpe sur le mur et plus haut. Ether gagnant le jardin du dessus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
PS : Fragmentation, 4 textes ext&#233;rieurs qui r&#233;pondent aux 4 textes int&#233;rieurs mais pas dans l'ordre, d&#233;cors, appel &#224; la fiction, sc&#232;nes, ruines, abandon, porosit&#233;, m&#233;lange des &#233;poques
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;7. peaux&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'est blottie tout contre. Tout ce qui lui reste. Tout contre le temps qui passe. Elle le laisse s'&#233;gr&#233;ner. Sans regret. Elle plonge les doigts dedans. Dedans chaque grain action qui se r&#233;alise, chaque agrume sensation la rapproche du point de non retour autant qu'il l'&#233;loigne. Avant sera absence. Un chemin effac&#233;, une &#238;le lointaine. De vagueries, d&#233;compter les fils en r&#234;ches raclures filoches, couperets d&#233;ments, fleurs appr&#234;t&#233;es, rev&#234;ches. Elle naquit &#224; l'angle. Au triage. Depuis, elle file &#224; contre-courant. Vagabondant. Elle saisit l'&#233;lan vital. Et toutes les forces en pr&#233;sence. La l&#233;g&#232;ret&#233; du trait ainsi que la gravit&#233; de ce qu'elle porte malgr&#233; elle. Une gerbe de plumes en en-t&#234;te. Et cet espace vide qu'elle tra&#238;ne derri&#232;re elle. Isadora. Fruit d'art brusque et sauvage. Elle dort dans une remise, mange peu, travaille en recluse pour trouver sa vraisemblance. Elle joue avec toutes sortes de mat&#233;riaux, des ailes de papillon, du carton au corps, des objets trouv&#233;s au langage sans aucune limite. L'innommable barbare. Ces mati&#232;res n&#233;glig&#233;es ou jet&#233;es se voient offrir une seconde vie. Les trouver est une v&#233;ritable chasse au tr&#233;sor. Joie de l'aventure. Elle explore. Elle cherche l'int&#233;rieur dans l'ext&#233;rieur, l'ext&#233;rieur dans l'int&#233;rieur. Elle sculpte mati&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re. De cette danse &#233;merge de dr&#244;les de paysages. Tour &#224; tour, sensuel, agave, fragile, color&#233;, reflets nacr&#233;s ou poussi&#232;res. S'agit-il de vestiges d'un autre monde, d'un autre temps ? D'un champ de ruines ? L'objectif ne l'int&#233;resse pas. Elle joue avec les possibilit&#233;s du moment. Rester dans l'instant. Son visage sans expression, son apparence n&#233;glig&#233;e et pourtant une force de tout son &#234;tre, une pr&#233;sence soudaine, &#224; la houppe, qui se dissout sous nos yeux. Elle ne veut pas plaire et apr&#232;s, &#231;a n'a plus d'importance. Apr&#232;s ne sera plus. On pourra dire d'elle ce qu'on veut. Des mots en vol envol&#233;s vol&#233;s. Ca et l&#224;. Dans la rue. Elle, elle aime la fragilit&#233; des choses, le presque rien, l'inutilisable car c'est peut-&#234;tre quand elle est sur le point de perdre la chose qu'elle s'illumine. Elle assemble ses souvenirs en morceaux, les combine, les superpose, int&#232;gre des fragments, d&#233;coupe &#224; nouveau et recr&#233;e le th&#233;&#226;tre de sa m&#233;moire en fond totalement bigarr&#233;. Labyrinthique. Elle aime ce t&#233;lescopage qu'elle compare aux pens&#233;es qui jaillissent dans nos t&#234;tes et sautent du coq &#224; l'&#226;ne. Elle creuse l'&#233;corce et d&#233;couvre une nouvelle trace qu'elle suit, nu&#233;e en fuite, y grave la duret&#233; des ronces et invente ses gestes en pr&#233;cipit&#233;, d'une anxi&#233;t&#233; ins&#233;parable de l'&#233;tat d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
PS : Pass&#233; simple=tension du pr&#233;sent, opposer pass&#233; simple au pr&#233;sent (rep&#233;rage de contenu), distension non chronologique sur biographie d'un perso que l'on conna&#238;t tr&#232;s peu, illusion du perso, comment vous vous y &#234;tes pris, &#224; quoi &#231;a vous fait penser (livres, films)
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;6. sph&#233;nisciformes&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4922&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vitalia voudrait &#233;chapper au continuum. Eviter la routine, l'&#233;touffement, la mort. Repartir de z&#233;ro. Avant le mythe de Babel. Et en fait, ce qui est extraordinaire, ce qui est cadav&#233;riquement exquis c'est de pouvoir faire des boutures, c'est-&#224;-dire des autres &#034;soi&#034;. Des pseudonymes avatars. Pour produire quelque chose &#224; partir d'un m&#234;me mat&#233;riau. Des plaines de langages synchrones. Alors elle d&#233;cide de les regarder pousser et entrer en concurrence ou en symbiose. Mater se pose comme la plus grande conservatrice du monde. Elle a v&#233;cu, s'expose, est publi&#233;e tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement et diffus&#233;e largement. La petite m&#232;re de toutes et tous. Elle d&#233;vore tout. Un v&#233;ritable esprit encyclop&#233;dique. Intellectuelle, artistique et scientifique. Elle valorise plus de 15 millions d'iconographies de types tr&#232;s vari&#233;s. Des millions de livres, de revues, mais aussi de manuscrits, monnaies, m&#233;dailles, titres d'&#339;uvres lyriques, cin&#233;matographiques, marques publicitaires, documents sonores, vid&#233;os, multim&#233;dias, d&#233;cors, costumes etc. Elle gloutonne. N'en finit pas d'absorber de la nourriture. Elle est &#233;norme. De son c&#244;t&#233;, la dynamique Merka r&#233;organise la politique de cr&#233;ation artistique en recherchant le consensus entre culture et divertissement, elle s'impose d&#233;mocratique, plut&#244;t qu'&#233;litiste. Pour un public plus large. Elle voit loin. C'&#233;tait sans compter sur Virgus, particule microscopique qui infeste l'&#234;tre humain. Elle se pr&#233;sente sur nos mains, sur les poign&#233;es de porte. Dans le verbe. L'&#233;mau. Elle diss&#233;mine par voie a&#233;rienne orale salivaire par contact elle transite elle parasite c'est sa nature elle germe elle mitose elle homosapienphage. Elle se dilue silencieusement. Elle disparait en omnipr&#233;sence. Elle infecte aussi objets inertes animaux et v&#233;g&#233;taux selon l'occasion. Elle change de l'un &#224; l'autre. Mutante. Elle se propage de mosa&#239;que v&#233;rol&#233;e isol&#233;e via usines virales en fl&#233;au elle s&#232;ve toxines lytiques transmissibles &#224; ses r&#233;plicants. Elle s'invente elle se transforme elle se m&#233;tamorphose elle se d&#233;place elle voyage elle se r&#233;-invente elle &#233;pid&#233;mise. Elle diversifie sa gamme exponentielle complexe et am&#232;ne de nouvelles fonctions langagi&#232;res. Par dessus l'&#233;paule, Morgua prend par surprise. Elle attire. Pl&#226;ne au-del&#224; de nos respirations. Elle danse dans l'obscurit&#233;. Jour apr&#232;s jour, elle suit nos mouvements. De nos coeurs, ralentit les battements. Choie les nuances m&#233;diterrann&#233;ennes. A son tour, elle se dit que les beaux jours finissent toujours par arriver. Pendant ce temps, Smog bourdonne que les chiffres sont mauvais le ch&#244;mage est malade pas de fatalisme l'heure est &#224; l'action. Et c'est la responsabilit&#233; de tous. Elle se f&#233;licite d'ailleurs de la mobilisation de la majorit&#233; et de l'esprit de responsabilit&#233; qui s'impose &#224; tous, le pacte de responsabilit&#233; et de solidarit&#233; lib&#232;re des marges pour les entreprises pour investir et embaucher. Il n'est plus possible d'attendre. Chacun doit pleinement s'engager. Hors du consensus, point de salut. Et elle compte sur les entreprises, avec la baisse du co&#251;t de travail, avec la baisse de la fiscalit&#233; qui p&#232;se sur les entreprises. Sur 3 ans elle pr&#233;cisera la fiscalit&#233;. Les entreprises, aujourd'hui, vont avoir les moyens d'investir et de cr&#233;er de l'emploi. Parce que c'est le potentiel de croissance de notre pays qui doit se lib&#233;rer pour que la confiance revienne et vers elle l'activit&#233; de l'emploi. Et nous devons lib&#233;rer ce qui entrave rassemblons-nous dialoguons ensemble et nous venons d'en faire la d&#233;monstration l'heure est &#224; l'action, il n'est plus possible d'attendre, chacun doit donner quelques jours de travail pour muscler l'&#233;conomie, les entreprises vont cr&#233;er de la croissance, s'engager c'est faire le choix du coeur lib&#233;rer l'esprit, le ch&#244;mage s'impose pour chacun et nous ne pouvons que d&#233;plorer les fractures sociales elle compte sur la baisse des temp&#234;tes mon&#233;taires et notamment aujourd'hui elle dit croire en la d&#233;r&#232;glementation de l'emploi avec les moyens de restructuration c'est la responsabilit&#233; dans cette situation pleinement de solidarit&#233; qui p&#232;se vers l'action et c'est une pure logique &#233;conomique... Smooghie smoog relay&#233; par Actinga. Elle exag&#232;re les intonations marqu&#233;es, articule de mani&#232;re excessive. Elle ponctue par fantaisie ou liasse des phrases en suspens, cr&#233;e quelques reprises par souffle artificiel, module l'angoisse. Sa voix est grave, son rythme h&#226;ch&#233;, sa respiration saccad&#233;e et elle scande les mots comme s'ils portaient en eux toute la mis&#232;re du monde. A croire qu'elle parle toujours de catastrophes. Et c'est vrai. Nous venons de traverser un s&#233;isme. Et ce n'est pas termin&#233;. Ce n'&#233;tait que le premier &#233;pisode. Elle attend les rechutes avec avidit&#233;. Elle rajoute une densit&#233; dans son sc&#233;nario ordinaire. Une gravit&#233;. Des sayn&#232;tes tragiques. S&#232;me une opacit&#233; informe de mots et, sans &#233;motion aucune, elle passe froidement d'une chose &#224; une autre. Pas de lien entre les sujets. Des formules toutes faites s'insinuent. C'est comme si elle n'y pr&#234;tait plus attention. Digit n&#233;coute pas. Elle a &#233;t&#233; pirat&#233;e. Impossible de dire s'exprimer poster faire suivre quoi que ce soit. Entrav&#233;e dans ses d&#233;placements. Elle se sent impuissante, pire, inexistante. Elle attend toujours que son op&#233;rateur fasse quelque chose d'autre que rien, malgr&#233; ses demandes r&#233;it&#233;r&#233;es. Pour le moment son t&#233;l, sa carte de payement et ses autres adresses fonctionnent. Faites gaffe, les amis. 11 Like Show more reactions Comment Share Malgr&#233; ce bouleversement, Styla continue, quant &#224; elle, &#224; tra&#238;ner dans les rues, dans les bouches et siffle mots. Elle pointe son irr&#233;v&#233;rence. Elle nous respire. Elle ne se targue pas d'&#234;tre moderne, contemporaine, toute puissante, &#233;rotis&#233;e, dans la s&#233;duction, volontairement provocatrice, connect&#233;e, twitt&#233;e, justifi&#233;e, introduite, adul&#233;e, communiqu&#233;e. Elle tra&#238;ne entre les choses entre les &#234;tres entre les mots entre les sons. Elle navigue entre les marchandises les asservissements le sensationnel les d&#233;chets. Elle a rencontr&#233; Migran un soir. Une nuit. Riche d'&#233;changes. Il avait faim. Elle lui a achet&#233; &#224; manger. La reconnaissance illuminant son visage, son sourire franc d&#233;voilant deux larges rang&#233;es de dents. Ils ont parl&#233; de tout. De rien. Et se sont quitt&#233;s comme ils se sont rencontr&#233;s. Une occurence. Migran est pass&#233; par l&#224;. Une aventure sans fin. Jamais sans espoir. Traverser les fronti&#232;res. Puis habiter le campement. Provisoirement. Camper. Du provisoire d&#233;finitivement. Au petit matin, en rentrant au campement, il a aper&#231;u quelque chose sur les bords de Seine. Il a pris son courage &#224; deux mains et tir&#233; avec pr&#233;caution le corps de l'eau. Du plastique dans la bouche. Il lui a ferm&#233; les yeux et recouvert le corps de son gilet. Et puis, il est parti. Echou&#233;e en bord de Seine, la gigantesque d&#233;charge flotte en elle. Vortex. Elle s'emp&#234;tre dans des cordes et filets. Emprisonn&#233;e. Le tout jetable au dedans d'elle. Sirena a &#233;chou&#233; en Seine. C'est alors que Koral prend &#224; nouveau place suivi de son aura. D&#233;ferlante. Vous savez le bruit que &#231;a fait ? Aig&#252; ? Etouff&#233;. Ils ont tout entendu. Savez-vous comment &#231;a s'est produit ? On ne sait pas comment. Comment ne pourrait-on pas savoir... Personne ne peut dire avec exactitude. Eh bien non, personne ne sait comment c'est arriv&#233;. Personne n'&#233;tait l&#224;. Elle &#233;tait seule. Sans t&#233;moin. Je ne sais pas pourquoi, je le pressentais. Je l'ai vu sur les r&#233;seaux sociaux. La vid&#233;o pirat&#233;e a &#233;t&#233; post&#233;e par je ne sais quel hasard. Non, ce n'est pas un hasard. C'est voulu. Mais qui ? L'enqu&#234;te est en cours. Et pendant ce temps, la vid&#233;o, elle, cr&#233;e le buzz sur le net. Partag&#233;e des millions de fois. Une vid&#233;o post-mortem ? Parce qu'elle est morte ? Tout le monde en parle. Il s'agit d'une inconnue parmi d'autres. Non, ce n'est pas une anonyme. Mais a-t-elle vraiment absorb&#233; du plastique ? Oui dans un &#233;clat de rire. Un rire surprenant. &#201;nigmatique. Elle riait ou elle criait ? Pourquoi y a-t-il une enqu&#234;te ? Vous l'avez vu ? 29kg retrouv&#233; dans son abdomen. C'est &#233;trange. C'est forc&#233;ment un suicide. Il faut bien vouloir mourir pour avaler 29 kilos de plastique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : essai fictionnel tr&#232;s flou et fou et si les noms, pr&#233;noms &#233;taient des pseudonymes de la langue vivante comme divers personnages ? Les noms sont donc des contractions de mots choisis pour chaque langue que je suis venue renommer par la suite. &lt;/div&gt;&lt;h2&gt;5. fa&#231;ons de&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4920&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre, sur le c&#244;t&#233; du long canap&#233; gris taupe. Le visage d&#233;gag&#233; d'une natte disparaissant &#224; l'arri&#232;re du cr&#226;ne. La t&#234;te vaguement inclin&#233;e. Un pull au col largement ouvert. Le dos arrondi, les jambes crois&#233;es, les mains serr&#233;es qu'elle frotte l'une contre l'autre &#233;nergiquement et repose sur ses cuisses. Le regard oscillant dans l'air. Cherchant. Fuyant ? Puis se gratte l'aile du nez &#224; gauche &#224; l'aide de sa main droite. Machinalement. Sa griffe droite sur son poignet retombant. Poignet enserr&#233;. Avant-bras gauche roulant dans griffe. &#201;loignement ouverture croisement paumes retour ensembles l'une sur l'autre. Regarde droit devant. Rapace.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre, cadr&#233;e par 2 lignes de fuite qui la jette quelque part au dehors dans l'&#233;paisseur des voix des passants. Un fourmillement de baigneurs, de tentes et de parasols, des p&#234;cheurs au haveneau et des promeneurs sous leur parapluie. Se faufiler sur le fil. Elle va. Contemple observe. Explore. Inspecte. D&#233;cortique cette toile. Au premier plan, une plage fauve peinte &#224; mar&#233;e haute, ou bien peut-&#234;tre est-ce &#224; mar&#233;e basse ? Le vent se l&#232;ve. Les harmattans caresse les auvents. Et voil&#224; qu'elle foule ce sable, s'&#233;gr&#232;ne dans ces m&#233;andres. Elle saute &#224; pieds joints parmi les couleurs vives d&#233;limit&#233;es arbitrairement. De l&#224;, elle chemine jusqu'aux pulpes d&#233;coratives minutieusement dessin&#233;s d'un juste trait et converse sous les voiles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre. Ne regrette rien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre. Elle choisit toujours avec grande pr&#233;cision sa place dans le restaurant. Seule, elle aime regarder les gens, leur inventer des vies, ce qu'ils font avant, ce qu'ils font apr&#232;s cet instant pr&#233;cis o&#249; elle les aper&#231;oit dans le cadre. Leur marche, leur fa&#231;on de. La vitesse. Leur rythme. Sur sa chaise, elle les imite. L'engagement de parties ou de l'ensemble du corps ou pas. Elle inhale leurs traits de visage, respire le tanin grain de peau, s'abreuve de leurs petits gestes. Avale diversit&#233; des &#234;tres et des comportements. Aspire humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre et boit un verre de vin d'une traite. Une journ&#233;e pleine &#224; br&#251;ler. Sensations dans sa chair. Feu qui lui d&#233;vore les veines. Cette nuit, elle a vol&#233; plan&#233; au-dessus de la montagne remontant les vall&#233;es jusqu'aux &#233;tendues enneig&#233;es. Elle arrive &#224; hauteur d'un appartement de station de sport d'hiver. Elle enjambe le balcon et traverse les bu&#233;es les vitres attir&#233;e par la chaleur amicale l'odeur des patates chaudes du fromage aigre des discussions enlev&#233;es et rires de ses ami(e)s. Toujours ce moteur tournoyant dehors. Autour de la tour. Soudain, quelque chose a pris feu dans l'air et chute le long du b&#226;timent. Elle se dirige &#224; la cuisine pour aller chercher de l'eau. Le feu a surgi par le robinet. L'eau s'est enflamm&#233;e. Le feu. Elle a mis le feu. Le feu s'est propag&#233;. La flamme dans ses yeux. Feu. Le feu attis&#233; dans ses veines. Le feu. Elle br&#251;le encore&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre et &#233;coute. Cet artiste est tr&#232;s en vue. On le voit partout. Il est BANKABLE comme on dit. C'est pas Monsieur tout le monde qui vaut son pesant d'or. Il para&#238;t que cette oeuvre a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; achet&#233;e pr&#232;s d'un million d'euros. C'est immoral. Ce n'est pas tant l'effet, et/ou l'objet, mais c'est aussi un processus de cr&#233;ation. Y'a de la technique et surtout beaucoup BEAUCOUP de g&#233;nie. Moi je trouve &#231;a troublant. On a presque envie de toucher. Il faut quand m&#234;me que l'oeuvre soit esth&#233;tique, sinon... Le r&#244;le d'un artiste c'est aussi de donner des images &#224; des choses qui n'en ont pas. De l&#224; &#224; dire que c'est beau ou que c'est de l'art y'a un gouffre. L'artiste est plus connu pour ses frasques, son image sulfureuse. Son nom, c'est sa marque de fabrique. L'art, c'est subversif. Ce qui est subversif c'est de l'Art. Forc&#233;ment. Le crit&#232;re pour moi c'est l'&#233;motion que &#231;a me procure. Y'a quelque chose qui se passe au 2nd degr&#233;, hein ? Il y a souvent divers niveaux de compr&#233;hension. Une interrogation, un questionnement. Au 3&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre et sort un DVD intitul&#233; &#8220;Ramasser un objet lourd&#8221; qu'elle vient d'acheter vantant les bons gestes pour pr&#233;server le dos. Elle lit. Trois &#233;tapes n&#233;cessaires. Premi&#232;rement : faire un pas en avant. Positionnez-vous &#224; 50cm de l'objet. Fa&#238;tes un grand pas vers l'avant et placez votre pied &#224; 10cm de l'objet. Relevez le talon de la jambe arri&#232;re et r&#233;partissez le poids de votre corps sur les deux jambes. Veillez &#224; respecter l'&#233;cart des deux jambes d'au moins la largeur du bassin pour assurer un meilleur &#233;quilibre. Deuxi&#232;mement : fl&#233;chir les jambes. Venez chercher l'objet en pliant les jambes et en prenant appui avec votre main sur la jambe situ&#233;e &#224; l'avant. Ne penchez pas le dos en avant et maintenez-le droit &#224; la verticale pour le pr&#233;server de toute tension. Pour cel&#224; contractez vos abdominaux et serrez les fessiers &#224; la descente. Troisi&#232;mement : remonter l'objet. Ramassez l'objet avec la main libre et puis relevez-vous en prenant appui avec votre main sur la jambe avant. Afin de prot&#233;ger votre dos et &#233;viter les chutes en ramassant un objet l&#233;ger, pensez toujours &#224; faire un pas en avant, avant de fl&#233;chir les jambes. A vous de jouer ! Elle imagine une vingtaine d'hommes et de femmes seniors regroup&#233;s autour d'elle partant &#224; la recherche des objets les plus lourds qu'ils trouvent sous la main dans un supermarch&#233; et mettant en sc&#232;ne la mani&#232;re dont ils pourraient les soulever &#224; tour de r&#244;le devant elle. Et c'est la course &#224; celle ou celui qui trouvera l'objet le plus lourd. Des packs d'eau. Des appareils m&#233;nagers. Des caisses de maintenance. Remplies. Des chariots. R&#234;ve qu'une supermamie lui divulgue son secret : continuer &#224; arroser toutes les fleurs de son jardin, l'arrosoir d'une main, tout en levant les poids de l'autre. Elle se l&#232;ve et la suit. Et merde. Une pluie torrentielle.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre. Le temps rythme ses jours ses jours flair&#233;s ses jours individuels ses jours de rien ses jours de flemme ses jours d'ennui ses jours de passe. Ecrire. Pourquoi pas. Une nouvelle ? Une passe &#233;pic&#233;e. Un peu de nouveau au roman ? Du piment &#224; consommer. Elle s'y essaie. Une tentative. Un essai potable jusqu'&#224; ce que. Il lui pousse une boursouflure comme promontoire &#224; ce qui vient. Jusqu'&#224; ce que. Fungique. Le temps chique ses jours.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre. Elle imagine sa rentr&#233;e. L'odyss&#233;e 2020. Direct le grand feu. Une vraie r&#233;volution. Le mini kif. Une suspension toute l'ann&#233;e. Souriez. Le bonheur vous va si bien. Va y'avoir du sport. En illimit&#233;. M&#234;me apr&#232;s minuit. Pour une collaboration in&#233;dite. Craquez. Nous baissons les prix pour votre sant&#233;. La vraie vie. Nous aimons nous participons. Savourez l'instant. Nous sommes l'entraide le partage l'envie. Au signal t&#233;l&#233;chargez l'appli. Remboursez vos courses. Place aux nouveaut&#233;s. Attentifs ensemble. A ce qui change. Laissez-vous griser. Le bon plan du jour. FIN de la PLAGE PUBLICITAIRE.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle s'assoit face &#224; la fen&#234;tre. Attaque in fact us en fait un fait Fa in us Fract i-fract diffract&#233; impact&#233; act&#233; En fa un phare une force tue sans fard Une farce &#233;parse Effar&#233; Rictus en sus en plaque inf&#226;me infini Tracs en flaque Seins arqu&#233;s parqu&#233;s Et patatatrac Arc infra us&#233; Crack. Et craque .&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : petit jeu de r&#233;p&#233;tition en cherchant des variations, &#171; Un jour sans fin &#187; de Harold Ramis, &#171; Je voudrais pas crever &#187; Boris Vian. &lt;/div&gt;&lt;h2&gt;3. d&#233;part&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4918&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;version longue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bl&#234;me, il s'est r&#233;veill&#233; en sursaut. Il allume une cigarette qu'il consume au lit. Il attrape l'enveloppe, jette un coup d'&#339;il aux photographies. Tant de pri&#232;res reposent au creux de ses bras. Aujourd'hui arrive trop vite. Envie de toucher sa peau, ses fra&#238;ches cicatrices dans le dos. Aujourd'hui signifie &#234;tre seul. Entre l'obscurit&#233; et l'aube, il meurt encore un peu plus. Un murmure tourne lentement en un cri sourd, t&#233;nu. Dans chaque apn&#233;e. Dans chaque respiration qu'il prend. Certains jours n'ont pas de d&#233;but et certains jours n'ont pas de fin. Certaines routes sont droites et &#233;troites. Et certaines routes ne plient. Au-dessus de l'autel, il s'agenouille. Si vous entendiez les mots qu'il d&#233;rive int&#233;rieurement. Juste un rem&#232;de temporaire. Dans ses veines coule un autre monde. Tout ce qui reste est en cours d'ex&#233;cution. On ne peut faire demi-tour. Il marche dans la lumi&#232;re. Juste un moment de silence. Il en a besoin. Il lui suffit de fermer les yeux pour que le monde disparaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224; le matin &#233;tend ses ailes alors que la lune pend dans le ciel. &#231;a le rend nerveux. Il est le premier &#224; y &#234;tre arriv&#233;. Toujours le dernier &#224; repartir. Le dernier &#224; faire son deuil. Le monde prend sa racl&#233;e quotidienne. Alors lui, il essaie de garder les choses en ordre. Tant que possible. Si difficile &#224; faire. Une nouvelle rencontre bon march&#233;. Encore perdu la t&#234;te. Des bras qui vous tiennent pr&#232;s sont les bras qui vous retiennent. Sa th&#233;rapie lui co&#251;te cher. Maintenant, il est in&#233;vitablement pris entre deux feux. Ce qu'il ne peut pas laisser derri&#232;re lui et ce qu'il ne trouvera peut-&#234;tre plus. Il touche ses l&#232;vres du doigt. Son d&#233;sir sombre br&#251;le encore. Tant d'ann&#233;es silencieuses. La grande ville d&#233;vore. Les r&#232;gles tacites de la solitude blessent sans laisser de trace. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pouss&#233; hors du lit par la sonnerie du t&#233;l&#233;phone, il ne r&#233;pond pas et s'active. R&#233;veil en cavale. Un nouveau jour, une nouvelle chance de bien faire les choses. Si facile &#224; dire. Une vie r&#234;v&#233;e roule sur son visage. Il fouille dans la cuisine, se pr&#233;pare un caf&#233; serr&#233;. Inquiet, il parle au mur. Tout ce qu'il ne peut pas dire est tout ce qu'il a besoin d'entendre. Il se dit qu'il sont tomb&#233;s en gr&#226;ce, qu'ils ont manqu&#233; de destin en quelque sorte, qu'il peut fuir la maison mais pas sa douleur. Il reste assis seul &#224; manger et se dit que, finalement, il y a toujours quelqu'un d'autre &#224; bl&#226;mer. Oui, il a d&#233;j&#224; tout entendu. Ne pas sous-estimer la complexit&#233; d'une vie simple. Et puis, ne pas penser, arr&#234;ter de penser, ne pas parler d'homicides pendant les moments inopportuns, il d&#233;jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il descend deux &#233;tages, appuie sur l'interrupteur, pousse une porte, deux portes, ouvre la grille. Un autre jour sans toi, mon ami. Il balaie l'horizon du regard, identifie les guetteurs devant la cit&#233; et autres cam&#233;s venant chercher leurs doses. Il prend la 1&#232;re &#224; droite, marche 36 m&#232;tres le long du square, contourne puis reste debout une dizaine de minutes. Si difficile &#224; faire. Si facile &#224; dire. Il reprend son chemin. Monte dans le 83, puis le 27. Temps d'attente, 9minutes exactement, pendant lequel il fume une cigarette, deux cigarettes, l'une apr&#232;s l'autre, sans reprendre son souffle. Il regarde sa montre quatorze fois. Savoir combien de temps dure le trajet. En &#234;tre s&#251;r. Et puis v&#233;rifier. A la seconde pr&#232;s. Faire dispara&#238;tre mes lendemains d'angoisses. S'&#233;loigner. Se trouver pr&#232;s de la porte quand elle ouvrira, respirer l'air du dehors, plus frais. Vite. Et puis il continue tout droit, s'engouffre dans le souterrain, descend tous les niveaux et monte dans une trame. La main sur son colt. C'est fait. Tout est en ordre. 47 secondes. Les stations d&#233;filent. Il presse le pas dans la m&#234;me direction et atteint la plateforme. C'est l'appel. Il hal&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;version courte&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il descend deux &#233;tages, appuie sur l'interrupteur, pousse une porte, deux portes, ouvre la grille. Un autre jour sans toi, mon ami. Il balaie l'horizon du regard, identifie les guetteurs devant la cit&#233; et autres cam&#233;s venant chercher leurs doses. Il prend la 1&#232;re &#224; droite, marche 36 m&#232;tres le long du square, contourne puis reste debout une dizaine de minutes. Si difficile &#224; faire. Si facile &#224; dire. Il reprend son chemin. Monte dans le 83, puis le 27. Temps d'attente, 9minutes exactement, pendant lequel il fume une cigarette, deux cigarettes, l'une apr&#232;s l'autre, sans reprendre son souffle. Il regarde sa montre quatorze fois. Savoir combien de temps dure le trajet. En &#234;tre s&#251;r. Et puis v&#233;rifier. A la seconde pr&#232;s. Faire dispara&#238;tre mes lendemains d'angoisses. S'&#233;loigner. Se trouver pr&#232;s de la porte quand elle ouvrira, respirer l'air du dehors, plus frais. Vite. Et puis il continue tout droit, s'engouffre dans le souterrain, descend tous les niveaux et monte dans une trame. La main sur son colt. C'est fait. Tout est en ordre. 47 secondes. Les stations d&#233;filent. Il presse le pas dans la m&#234;me direction et atteint la plateforme. C'est l'appel. Il hal&#232;te&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
PS : Quitter la ville, D&#233;but, D&#233;part, Narrateur objectif, ne pas rentrer dans l'histoire, mode de relation aux autres, reprendre le m&#234;me texte, le traiter comme un roman et comme une nouvelle, comment vous vous y &#234;tes pris, &#224; quoi &#231;a vous fait penser (livres, films).
&lt;p&gt;Version longue &#8212; structure roman qui ouvre, qui installe # version courte &#8212; nouvelle avec &#233;conomie de ton, temps, distance aux personnages&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;criture de la version courte puis longue ou j'ai rajout&#233; le contexte&lt;br class='autobr' /&gt;
Musique : Blues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;4. fugue&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;fugue#1&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le creux de sa main gauche retenue en d&#244;me, l'auriculaire &#233;tal&#233; comme pour b&#233;n&#233;ficier de la chaleur d&#233;gag&#233;e par son trop vieil ordinateur, les doigts l&#233;g&#232;rement appos&#233;s sur le clavier, elle touche souligne chaque lettre, joue, tapote, pianote sans consistance, glissant, maintenant son intention, revenant en arri&#232;re, effa&#231;ant un mot, des &#233;nonc&#233;s par moiti&#233; ou entiers. Elle se demande quoi &#233;crire devant ce mur ocre qui lui fait face. A-t-elle quelque chose &#224; dire et faut-il avoir quelque chose &#224; dire pour prendre la parole d'ailleurs ? Ne peut-on pas prendre la parole, commencer &#224; &#233;mettre du son tel un enfant qui ne sait rien, articuler quelques lettres informes &#233;laborant des mots puis des phrases pour voir si cela a quelque sens sans pour autant &#234;tre la proie de jugements ext&#233;rieurs ? Ou peut-on en rire ensemble ? Si l'on veut donner du sens &#224; ce que l'on dit, ne passe-t-on pas &#224; c&#244;t&#233; du vrai sens ? Faut-il obligatoirement, d'ailleurs le verbe falloir d&#233;note d'un certain ordre, d'une certaine r&#232;gle &#224; suivre, d'une normalit&#233; dont elle aimerait s'affranchir, alors &#233;noncer un sujet int&#233;ressant, narrer une histoire captivante, elle inspire devant cette &#233;tendue &#224; la recherche de ces mots qui ne viennent pas. Aucune mati&#232;re ne se soumet &#224; son entendement. Elle fait silence et attend, observe, prend le temps de son agr&#233;able continuum entre absences et futilit&#233;s. Qu'il est doux d'&#234;tre inconsistant. Partir de rien, du rien, de cette chaleur peut-&#234;tre, de ce bruit infernal. Ce n'est pas bien d&#233;termin&#233;. Rien n'est encore s&#251;r. Et puis son regard longe la pierre, topaze, par un autre point de vue. Peut-&#234;tre p&#233;n&#232;tre-t-elle cet espace, gren&#233; par endroit, &#233;clatant, lisse, chair &#233;paisse qui reflue sur ses contours &#224; elle, l&#224;, assise, cambr&#233;e, comme au plus pr&#232;s de son intention d'&#233;crire, la vibration sous ce talon de main maladroite, immobile, une attention vagabonde au dehors au dedans. Est-ce qu'elle se trouve &#224; l'int&#233;rieur de cet espace ? Est-ce que l'espace est au dedans d'elle ? Elle s'interroge. A quelle distance doit-on se trouver pour &#234;tre toucher ? Est-ce que la pierre peut &#234;tre en elle ? Est-ce que la chrysolite peut s'ins&#233;rer en elle, plonger dans ses yeux ? Est-ce qu'elle est en elle, d&#233;j&#224; ? Et si oui, comment habiter en min&#233;ral ? Comment y cultiver le confort, la joie, le plaisir, tant de sensations, de sentiments qu'elle a du mal &#224; conserver, qui sont en partance ? En marge, ses yeux soulignent un Calathea magnifiquement &#233;rig&#233; devant ce foss&#233; safran&#233;. Elle pense subitement &#224; sa toute r&#233;cente passion pour les plantes, fleurs, vivaces ou annuelles, les arbustes, les arbres, dont elle absorbe, avec vivacit&#233; et un certain engouement, les noms latins. L'esp&#232;ce zebrina est une plante tr&#232;s voluptueuse. Elle pr&#233;sente une multitude de tiges desservant ces grandes feuilles &#224; revers pourpres. Les nervures pr&#233;sentent un vert plus clair &#224; fines rayures blanches ou roses ce qui lui conf&#232;re une belle prestance sur ce fond jaune orang&#233;. Cette paroi qu'elle regarde depuis qu'elle est assise &#224; sa table comme tous les jours depuis que les hautes instances du gouvernement ont d&#233;cid&#233; de lutter contre la propagation du coronavirus en demandant &#224; la population de rester chez elle. Ce geste r&#233;p&#233;titif s'est install&#233; comme une ritournelle et ne l'a plus quitt&#233;. Elle n'a jamais v&#233;cu &#231;a. Cette privation de libert&#233;s. De la crainte pour ses proches qu'elle voyait tr&#232;s souvent. Et puis, voir le monde &#224; travers des &#233;crans, &#224; la t&#233;l&#233;vision, sur tablette, sur son t&#233;l&#233;phone, ou sur l'ordinateur. Voir le monde &#224; travers l'&#339;il m&#233;diatique n'a jamais &#233;t&#233; plus pr&#233;sent. Autant d'images pixelis&#233;es, d'impressions sur son cerveau. Que sont devenus nos liens dans la distance ? Il lui semble que tous se distendent comme des tissus trop l&#226;ches. Le contact de la peau, de mains affectueuses lui manque terriblement. Alors de temps &#224; autre, elle imagine que quelqu'un l'a prend dans ses bras, l'enlace et l'&#233;treint tendrement. Regardant l'ensoleillement traverser la vitre entrouverte, elle se demande pourquoi elle se retrouve encore devant cet &#233;cran. Quel choix &#233;trange, automatique, elle qui r&#234;ve de vivre en pleine nature et d'oublier la modernit&#233;, pour un temps. Une grande fragilit&#233; s'est install&#233;e. Elle s'isole, elle perd ses mots, son langage et n'ose plus parler, elle perd sa langue, elle restreint ses d&#233;placements. Sa cheville gonfl&#233;e lui rappelle son inertie tous les deux jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;fugue#2&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Paume en d&#244;me, l'auriculaire &#233;tal&#233; sur la chaleur d&#233;gag&#233;e par son trop vieil ordinateur, les doigts appos&#233;s sur le clavier, elle touche chaque lettre, glissant, appuyant son intention, revenant en arri&#232;re, effa&#231;ant une partie, une phrase ou des paragraphes entiers. Se demande quoi &#233;crire devant ce mur ocre qui lui fait face. A-t-elle quelque chose &#224; dire ? Comment prendre la parole ? Commencer &#224; &#233;mettre du son. Articuler quelques lettres, des mots puis des phrases. Voir si cela prend son sens. Si l'on donne du sens &#224; ce que l'on dit, ne passe-t-on pas &#224; c&#244;t&#233; ? Elle aimerait s'affranchir du verbe falloir. Elle inspire devant cette &#233;tendue de mots qui ne viennent pas. Aucune mati&#232;re. Elle fait silence et attend. Prend le temps. Continuum. Qu'il est doux d'&#234;tre inconsistant. Partir de rien, de cette chaleur, du bruit, d'autre chose. Non, ce n&#8216;est pas d&#233;termin&#233;. Rien n'est encore s&#251;r. Longer le mur du regard. Topaze. Par un autre point de vue, p&#233;n&#233;trer cet espace. Peau &#233;paisse qui reflue sur ses contours &#224; elle. Comme au plus pr&#232;s de son intention d'&#233;crire. La vibration sous la main maladroite, immobile, une attention vagabonde au dehors au dedans. Est-elle &#224; l'int&#233;rieur de cet espace ou est-ce l'inverse, l'espace &#224; l'int&#233;rieur d'elle m&#234;me ? Elle s'interroge. A quelle distance se situer pour &#234;tre touch&#233;e ? Est-ce que la pierre est entr&#233;e en elle ? Est-ce que la chrysolite peut s'ins&#233;rer en elle, plonger dans ses yeux ? Est-ce qu'elle est en elle, d&#233;j&#224; ? Et si oui, comment habiter en pierre et continuer &#224; cultiver des sensations, des sentiments qui sont en partance ? En marge, un Calathea dress&#233; devant ce foss&#233; safran&#233;. Elle pense subitement &#224; sa toute r&#233;cente passion pour les plantes. Des vivaces aux annuelles, des arbustes aux arbres. Chaque nom latin r&#233;pertori&#233; et appris. Voluptueuse zebrina. Une multitude de tiges. De grandes feuilles &#224; revers pourpres. Des nervures au vert plus clair &#224; fines rayures blanches ou roses. Une belle prestance sur ce fond jaune orang&#233;. Cette paroi qu'elle regarde tous les jours depuis le confinement. Ritournelle. Hauts. Bas. Oscille. Et puis, voir le monde &#224; travers des &#233;crans. A travers l'&#339;il m&#233;diatique. Il n'a jamais &#233;t&#233; aussi pr&#233;sent. Impressions sur le cerveau. Quid de nos liens ? Distendus. Trop l&#226;ches. Le contact de la peau, des mains affectueuses qui manque terriblement. Alors, de temps &#224; autre, quelqu'un l'a prend dans ses bras, l'enlace et l'&#233;treint tendrement. En imagination. Pourquoi se retrouver encore et encore devant cet &#233;cran. Quel choix &#233;trange, automatique. Une grande fragilit&#233; s'installe. Elle s'isole, perd ses mots, son langage et n'ose plus parler, elle perd sa langue et restreint ses d&#233;placements. Inertie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Codicille : lieu, Figure seule, contexte et &#171; non-action &#187; : 1 page tonalit&#233; douce, longues phrases, soutenues, rajouter, att&#233;nuer mots &#224; consonnes trop fortes // 1 page tonalit&#233; dure, question de rythme, phrases courtes, aller &#224; l'essentiel, ton direct, enlever &#8211;- Histoire de grain, de peau.
&lt;p&gt;Musique : Bach, Goldberg / Livre : &lt;i&gt;La marque sur le mur&lt;/i&gt;, Virginia Woolf / Expo : Les Nabis, le d&#233;cor&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;1. omniscience&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4916&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une lumineuse perspective b&#233;tonnante, elle se tient en filature, aux aguets. Tourne, pivote, retourne sur elle-m&#234;me, regarde, droite gauche droite. Girouette dans ce temps alourdi. Cogn&#233; par le soleil. L'expectative de la minute ind&#233;finie. Ether. Elle tr&#233;pigne. Elle sait. A chaque fois c'est la m&#234;me chose. Toujours en retard quand elle est press&#233;e. Toujours en stagnance quand elle doit &#234;tre en mouvement. Elle n'y arrivera jamais &#224; temps. Tout en parcourant la rue de ces pens&#233;es, ses yeux se posent sur l'&#233;change entre deux hommes, l&#224;-bas. De l'autre c&#244;t&#233;. Il n'arrive pas &#224; savoir pourquoi il les fixe. Il ne les conna&#238;t pas. Un certain go&#251;t pour l'&#226;cret&#233; du myst&#232;re. A demi r&#233;pr&#233;hensible. De dos, leurs corps hal&#233;s et docilement vo&#251;t&#233;s sous le vent, balaient l'espace entre eux. Un chatoiement. Dystonie &#233;trange comme une ponctuation d'une longue conversation alcoolis&#233;e. Une danse. Avec tous ses enchantements. Ses r&#233;clusions incompr&#233;hensibles. Le murmure d&#233;licat de la rumeur qui s'offre aux passants. Et comme elle pourrait clinker de scandale, elle vient de l'autre rive. Au lointain, sonne le cor d'une &#233;clatante irruption dans l'espace urbain. De hors de, entre puis traverse. Pas en ligne droite. Franchit avec pr&#233;caution la chauss&#233;e. Avec pr&#233;caution mais sans assurance semble-t-il. La travers&#233;e fut longue. Et lente. Contrainte. A se demander comment. Quel pied ? Quelle direction ? Ou mettre le pied ? Comment se propulser ? Trop de choix. Puis, d&#233;cision prise, avance. Un pas, deux pas. Deux pas de c&#244;t&#233;. Avance de nouveau. Lentement. L'air boucan&#233;. Les cheveux hagards. Grisaille. Laine distendue et velours &#233;pais aux teintes pass&#233;es. Une sorte de cama&#239;eu violet marronn&#233; surplomb&#233; d'une f&#233;tuque grise. Une verticalit&#233;,un port qui se d&#233;place &#233;tonnamment vite maintenant. Elle se plante devant un homme et puis change de trajectoire. Subitement. Elle secoue la t&#234;te, parle &#224; voix haute, va s'asseoir, et puis non elle toise la femme qui poireaute et repart d'o&#249; elle vient sous le regard ben&#234;t de cet homme au pantalon en lin blanc. Et lui, il a cru qu'elle voulait une cigarette. L'habitude sans doute. A peine lui demande-t-il ce qu'elle veut, qu'elle a d&#233;j&#224; pris le large. Il s'&#233;tonne. Un petit sourire appara&#238;t et tournaille. Il recule g&#234;n&#233; quand elle repasse devant lui. Exactement dans le m&#234;me sillon que l'aller. Elle glisse et dispara&#238;t. L'oubli&#233;e fascinante. On ne sait comment. D'ailleurs, la grue s'est retourn&#233;e pour la suivre du regard, qu'elle repartait d&#233;j&#224;. Sa voix se perdant dans son sillage, elle n'a pas pu la rattraper. Ah, de toutes fa&#231;ons, voil&#224; le 62. Elle sort son masque de sa poche et l'ajuste sur son nez.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Codicille : &#233;crire suite &#224; la vid&#233;o #ATELIERS | ROMANCIER OMNISCIENT, SAIT TOUT VOIT TOUT, instinctivement en &#233;coutant la musique, pas simple, pas s&#251;re d'avoir compris l'omniscience, partie d'une sc&#232;ne v&#233;cue en essayant de me rappeler tous les d&#233;tails, en inventant une partie. Relire, r&#233;&#233;crire. Revisiter la vid&#233;o une 2&#232; fois. Ok je crois que j'ai compris ce que signifie faire sentir l'omniscience. Diff&#233;rence entre d&#233;crire ce que je vois et se mettre &#224; la place de, d&#233;crire les pens&#233;es de chaque personnage. R&#233;&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon je suis pas s&#251;re que ce soit tout &#224; fait &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rajouter notes pour moi : directions, ou se place l'auteur (haut, bas, c&#244;t&#233;, dessous- divers &#233;tages), mati&#232;re de corps, mouvement, voix int&#233;rieur des personnages, continuit&#233;, fatiguer le texte, peser dessus, fatiguer la longueur, hors-champ, sens (son, odorat, vue, toucher, go&#251;t) etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi &#231;a vous fait penser (livres, films) : Peter Handke, &lt;i&gt;L'Heure o&#249; nous ne savions rien l'un de l'autre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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