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	<title>DIRE, la revue de Tiers Livre</title>
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		<title>le roman de C&#233;cile Camatte</title>
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		<dc:date>2020-10-24T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Camatte</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;cycle &#233;t&#233; 2020 | outils du roman&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;&#233;t&#233; 2019 | outils du roman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Musicienne, j'&#233;cris et photographie &#224; mes heures trouv&#233;es.
&lt;p&gt;Un &lt;a href=&#034;https://cecilecamatte.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog depuis 2013 : Carnets d'imaginaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;18. Bruit blanc &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle a compris. En l'espace d'un &#233;clair, d'un minuscule moment. L'explosion de quelque chose, comme un bruit blanc peut-&#234;tre est apparu, s'est fait jour en elle. Il lui a fallu beaucoup de sang-froid et de d&#233;tachement pour ne pas laisser para&#238;tre ce qu'elle a compris &#224; ce moment, dans ses bras. Son intime d&#233;couverte. Il n'y a rien de plus banal et de plus destructeur que d'&#234;tre tromp&#233; par quelqu'un en qui l'on a confiance. Elle fait &#224; ce moment-l&#224;, au moment de l'impact, de l'explosion douce, l'exp&#233;rience d'une certaine destruction au sein m&#234;me de son couple. Au moment d'une &#233;treinte. Mais combien sont tromp&#233;s par un ami, voire un parent. C'est peut-&#234;tre car il &#233;tait bizarrement g&#234;n&#233; par l'abandon naturel qu'elle a eu vers lui, qu'elle a compris, senti. Au sein de leurs ann&#233;es de complicit&#233; amoureuse s'est introduit subtilement mais concr&#232;tement comme un corps &#233;tranger. Il est fin et l&#233;ger, semblable &#224; un cheveu. Le cheveu qu'elle n'a pas trouv&#233; sur sa hanche pourtant. Et qu'elle ne cherchera pas sur ses v&#234;tements, de toute fa&#231;on. A quoi bon : elle a compris, elle sait d&#233;sormais. Cela suffit. Maintenant quoi faire ? C'est surtout cela. C'est surtout cela qui compte. C'est surtout cela l'important. Elle. Elle doit penser &#224; elle. Se prot&#233;ger. Faire des analyses de sang, aussi, pour v&#233;rifier. La trahison et la l&#233;g&#232;ret&#233; de son compagnon aura-t-elle &#233;t&#233; jusqu'&#224; mettre sa vie en danger ? Comment se d&#233;fendre de l'agression du mensonge. Des actes. Que faire du pacte de confiance du couple f&#234;l&#233;. Elle se dit que c'est peut-&#234;tre une occasion pour elle de revenir sur ses propres d&#233;sirs, sur sa route personnelle. Pense &#224; cette formation qu'elle h&#233;site &#224; entreprendre depuis d&#233;j&#224; un bon moment. Parce que cela compliquerait la vie de couple, parce qu'ils se verraient moins. Peut-&#234;tre est-ce maintenant en fait le bon moment pour penser &#224; elle. Et seulement &#224; elle. Pour cesser de le rassurer par sa pr&#233;sence immuable. Pr&#233;sence qui, visiblement, n'est pas appr&#233;ci&#233;e ni reconnue &#224; sa juste valeur. Cesser d'&#234;tre un meuble confortable. Faire face &#224; cette indiff&#233;rence. Sans doute est-ce un bon d&#233;but pour un ailleurs, pour une reconstruction. Partir du travail. Et gr&#226;ce &#224; cet embranchement de chemin entrevu, ainsi, introduire une distance auquel s'adjoint une forme de silence. Ce silence dont elle a besoin au plus profond d'elle-m&#234;me afin de pouvoir entendre si la f&#234;lure induit par le couple peut se r&#233;parer. Si le d&#233;g&#226;t n'est pas trop fort. Elle se demande s'il lui est si n&#233;cessaire. Que lui apporte-t-il vraiment, au fond ? Par cette trahison, elle entrevoit soudain trop de certitudes, et puis son &#233;go&#239;sme. Son manque de tendresse, voire son l&#233;ger m&#233;pris envers cette si essentielle n&#233;cessit&#233; et qualit&#233; du lien. Constate qu'il ne lui prend plus la main en public depuis effectivement un bon moment d&#233;j&#224;. Peut-&#234;tre sont-ils arriv&#233;s au bout de leur route commune. Mais elle le pensait plus courageux. Plus &#224; m&#234;me de parler, discourir, expliquer, au lieu de s'&#233;garer l&#226;chement ailleurs et de cultiver le mensonge. Elle songe qu'en plus il est capable de penser qu'il la prot&#232;ge ainsi, qu'il se conduit en protecteur h&#233;ro&#239;que en ne disant rien. Mais il est simplement en train de sauvegarder une belle et propre image de lui. Peu d'&#234;tres ont le courage de se tenir droit. Il est peut-&#234;tre simplement pour elle le temps de le quitter, se dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class = &#8220;mini&#8221;&gt;
Un exercice peu &#233;vident, je n'ai pas &#233;t&#233; convaincue par ce que j'en ai fait. J'ai mis du temps &#224; trouver ce que j'allais explorer de &#171; vrai &#187;, sans virer &#224; l'intime. Suis partie du personnage secondaire de la compagne de l'amant. Il y a un quelque chose d'un peu diff&#233;rent lors de l'&#233;criture. Apr&#232;s... des questions... &#231;a questionne, c'est bien. J'aurai plaisir &#224; refaire cet exercice.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;17. Pas, ne pas. Ou comment se prendre les pieds dans le pas... &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pas ais&#233; &#224; d&#233;finir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un roman d'amour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas plus que d'un d&#233;samour. Non. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un roman sur l'adult&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un roman qui cherche des r&#233;ponses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un roman qui prend partie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un roman sur le deuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un roman tr&#232;s long.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas trop de questions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas rigolo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas tragique non plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas r&#234;veur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas lancinant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas si facile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas si facile &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;div class = &#8220;mini&#8221;&gt;
Je ne me suis pas sentie tr&#232;s inspir&#233;e par cette proposition. Peut-&#234;tre aurais-je d&#251; y passer plus de temps, en le sens la laisser m&#251;rir plusieurs jours. Mais j'ai choisi de ne pas le faire, l'atelier allant vers sa fin, et ayant tout mon propre temps pour le refaire pour moi.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;16. QCM avec limitation n&#233;cessaire en vue d'une relation potentielle. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. Commencer le roman par la sc&#232;ne avec le personnage du facteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Roman qui se construit en sayn&#232;tes de tailles diverses ? (Cf &#171; le moindre des mondes &#187; de Sj&#242;n)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ne pas d&#233;voiler les causes de la mort d'Hortense dans le roman. Elle est un personnage complexe de par son histoire, ses choix et ces deux hommes pr&#233;sents dans sa vie qui sont fr&#232;res. Cela suffit en soi. Conna&#238;tre les causes de sa mort affaiblirait le personnage comme le r&#233;cit. Ouverture &#224; l'imaginaire pour les lecteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. D&#233;veloppement &#224; r&#233;aliser : le personnage secondaire du d&#233;m&#233;nageur, celui qui mange le jambon beurre. Un basique, vraiment pas important pour le roman en tant que personnage. Mais en d&#233;centrant l'attention du lecteur du trio des personnages principaux, il peut nous permettre d'y replonger un peu plus tard avec encore plus de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Quel lieu est d&#233;m&#233;nag&#233; ? Quand ? Pourquoi ? Lien avec le d&#233;c&#232;s ? Ou plut&#244;t avec l'arriv&#233;e en France d'Hortense ? Ou arriv&#233;e dans l'enfance dans le voisinage des Frampin ? Que nous apprend ou apporte ce d&#233;m&#233;nagement dans l'histoire du trio ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. L'enterrement d'Hortense doit-il exister dans le roman. Si oui, pr&#233;sences ou pas de personnes de sa famille du Portugal. Jusqu'&#224; quel point a-t-elle rompu avec eux ou eux avec elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ne surtout pas &#233;crire sur ce qui a cr&#233;e le rapprochement et fait &#233;clater le d&#233;sir entre Hortense et son beau-fr&#232;re. Ce n'est pas important. Cette situation d'adult&#232;re est un fait, un lien connu par le lecteur, et inconnu pour l'un du trio. La situation raconte d&#233;j&#224; en elle-m&#234;me les failles existantes au sein de ce trio, failles ouvrant naturellement &#224; cette liaison. Cela suffit. Et c'est cela qui est int&#233;ressant. Et d&#233;rangeant. (?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. &#201;voquer un week-end des amants surtout sans sombrer dans le roman d'amour. Se rappeler de ne pas &#234;tre en empathie, pas non plus en jugement. L'adult&#232;re est &#233;voqu&#233; en ce qu'il pose question, r&#233;v&#232;le, certainement pas pour y trouver une r&#233;ponse ou une justification. Lieu de rencontre de ce week-end : diff&#233;rent des Puces du d&#233;part, oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Retravailler la sc&#232;ne des Puces (qui ouvre le roman ?) : on n'y reviendra pas. Mais au fur et &#224; mesure du roman ce lieu doit se dessiner comme ayant &#233;t&#233; celui d'un moment partag&#233; extr&#234;mement heureux, intense. Raison pour laquelle l'amant y retourne malgr&#233; lui. Peut-&#234;tre celui o&#249; l'adult&#232;re est n&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Le mari. Pr&#233;sent plus franchement ou en filigrane ? Un peu p&#226;li, effac&#233; dans le trio comme dans le livre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Trouver un m&#233;tier qui utilise la langue des signes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Hortense : femme au foyer ? Mi-temps ou un peu plus ? B&#233;n&#233;vole ? Quel m&#233;tier ? De toute fa&#231;on pas &#224; temps plein. Note de la note : important pour moi de le savoir, pas forc&#233;ment &#224; faire conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Roman sur un temps, sur un ou des moments donn&#233;s. Autour d'un &#233;v&#233;nement (le d&#233;c&#232;s) ? Roman de l'obscur au sein de ces 3 vies touch&#233;es par ce d&#233;c&#232;s. Ne pas r&#233;soudre les situations relationnelles entre les personnes ? L'&#233;criture en tant que telle doit-elle amplifier ce choix, ce biais, cet angle ? Ou est-ce simplement la construction m&#233;ticuleuse qui le permettra ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Que d'ambitions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Faut-il faire parler encore ou m&#234;me plusieurs fois la morte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. &#201;voquer la relation entre les deux fr&#232;res pour laisser entrevoir la faille relationnelle qui permet que le fr&#232;re ( A&#238;n&#233; ? Cadet ?) s'autorise &#224; devenir l'amant de sa belle-s&#339;ur. &#192; quel &#226;ge appara&#238;t la faille ? Vacances scolaires ? Intra familial ? Autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Faut-il &#233;voquer la compagne de l'amant ? Quel int&#233;r&#234;t ? Personnage secondaire de toute fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Tu veux vraiment encore te poser des questions ? Y'en a d&#233;j&#224; beaucoup, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Trouver une coh&#233;rence, des glissements, une construction pour arriver &#224; des passages d'&#233;criture un peu plus cr&#233;atif ? Ou les r&#233;server &#224; d'autres travaux ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#8220;mini&#8221; &#187;&gt;
J'ai &#233;t&#233; captiv&#233;e imm&#233;diatement par ce travail &#224; r&#233;aliser. Cette proposition est arriv&#233;e tr&#232;s naturellement pour moi, pile au bon moment. En effet, les questions de l'omniscience, des non-dits, des pourquoi choisir plut&#244;t cela ou cela m'ont fortement habit&#233; et agit&#233; dans cet atelier, au fur et &#224; mesure que je travaillais &#224; essayer de composer un puzzle coh&#233;rent de toutes ces propositions... tout en gardant des espaces vides pour mieux le construire et/ou le r&#233;am&#233;nager. Poser les interrogations qui me travaillent m'a fait du bien. C'est une m&#233;thodologie que je vais retenir et employer de nouveau. Je l'ai fait tr&#232;s honn&#234;tement, avec cette fa&#231;on de me parler &#224; moi-m&#234;me qui existe vraiment quand je liste quelque peu pour avancer dans mon travail, ou que je me pr&#233;pare un emploi du temps pr&#233;cis pour faire face &#224; un travail (ou une p&#233;riode de travail) intense.
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;15. Claude Thural.&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il aime bien ce moment de la tourn&#233;e, le matin. Ce n'est pas parce qu'il aime particuli&#232;rement le matin. Ce n'est pas non plus parce qu'il aime particuli&#232;rement son m&#233;tier. Il aime bien cela car en g&#233;n&#233;ral il aime bien les choses. Comme les coquillettes au jambon. &#192; cinquante ans il aime toujours bien &#231;a. C'est m&#234;me pas la peine d'acheter un bon beurre en motte : le beurre Carrefour ou Casino c'est bien. Et puis on trouve un jambon tr&#232;s correct &#224; Lidl. Quelquefois, il sourit &#224; une femme. Mais &#231;a lui ferait bizarre si elle lui r&#233;pondait, ou si elle lui proposait de boire un caf&#233; ensemble apr&#232;s avoir parl&#233; de la m&#233;t&#233;o. C'est quand m&#234;me &#224; l'homme de proposer ces choses-l&#224;. Le dimanche, il aime bien regarder Drucker. Avec sa maman. Quelquefois ils vont marcher, toujours dans le m&#234;me parc. C'est bien les habitudes. Il aime bien &#231;a. Quand par hasard quelqu'un est assis sur &#171; leur &#187; banc, &#231;a il n'aime pas trop. Ce n'est pas suffisant pour vraiment le contrarier, mais c'est quand m&#234;me dommage car il aime bien quand ils font une pause assise sur celui-ci, et pas sur un autre. Celui-l&#224; c'est le bon, le plus confortable, le plus habituel. Maman aussi elle l'aime bien. Et il aime bien que sa maman aille bien. Quand il n'aime pas les choses, il ne les aime pas trop. Par exemple il n'aime pas trop les nems. Pas non plus le riz cantonnais. Il ne sait pas que la f&#232;ve tonka existe. Les nourritures simples &#231;a lui va. C'est pour &#231;a qu'il aime bien les coquillettes au jambon. Le dimanche, l'&#233;t&#233;, quand il va voir maman, elle lui pr&#233;pare des tomates farcies. Avec la farce du boucher. L'automne c'est une quiche lorraine. Avec de la salade. En sachet, parce que c'est bien pratique. Souvent il repart avec une moiti&#233; de la quiche. Il aime bien. &#199;a lui fait moins de cuisine &#224; faire. Et moins de courses aussi. Le soir il regarde quand m&#234;me les promotions re&#231;ues dans sa bo&#238;te aux lettres, pour faire les courses le jeudi. C'est le jour o&#249; les points fid&#233;lit&#233;s sont doubl&#233;s. Dans ses placards quelquefois, il y a beaucoup d'huile, ou de brioches Pitch au chocolat. C'est bien les promotions pour &#231;a : on ach&#232;te plus pour moins, et apr&#232;s c'est dans les placards et on r&#233;fl&#233;chit pas trop pour faire ses repas. &#199;a il aime bien. Il d&#233;marre sa tourn&#233;e comme toujours en mettant le chronom&#232;tre de son smartphone. Part du d&#233;p&#244;t. S'arr&#234;te au feu rouge. Il aime pas bien quand il commence par le feu rouge car &#231;a lui fait baisser son score. Repart. Arrive &#224; la maison de Monsieur Bonot. On est mardi. C'est le jour de T&#233;l&#233;rama. Hop, dans la bo&#238;te. Repart vers le pavillon de la famille Bailly. Et un &#171; J'aime lire &#187; et quelques factures. Et un signe de la main &#224; la maman Ribaud, de l'autre c&#244;t&#233; de la rue. Elle prom&#232;ne son chien, comme chaque matin. Il arrive au carrefour, personne. &#199;a c'est bien : il va pouvoir rattraper quelques secondes. Il arrive ensuite &#224; l'immeuble un peu cossu, o&#249; aujourd'hui il y a peu &#224; distribuer. Il se dit que &#231;a aussi &#231;a va l'aider &#224; gagner du temps sur le feu rouge du d&#233;but du trajet qui lui a fait perdre du temps. Beaucoup de courriers encore pour Monsieur Frampin. C'est &#224; cause de son veuvage r&#233;cent. Il esp&#232;re ne pas le croiser. Il a l'air si triste. Et &#231;a serait pas bien de ne pas &#233;changer quelques mots avec lui. Mais le croiser un jour o&#249; il a eu le feu rouge au d&#233;but de la tourn&#233;e, ce ne serait pas bien pour son timing final. Il aime bien cette habitude. Celle de noter le temps qu'il met &#224; faire son travail. Il a un carnet pour cela. Un carnet avec des lignes. Il note la date, les minutes et les secondes qu'il a mis pour faire sa tourn&#233;e en entier. Quelquefois m&#234;me la m&#233;t&#233;o qu'il fait. &#199;a peut jouer sur le temps de sa tourn&#233;e. C'est pour lui, il n'en fait absolument rien. Mais il aime bien.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
J'ai un peu h&#233;sit&#233; avec un autre personnage, un d&#233;m&#233;nageur pr&#233;sent dans ma proposition 9, celui qui mangeait un mauvais pain bagnat. Mais vers l'heure du courrier, ce matin d'&#233;criture, le facteur m'est soudain apparu comme un personnage int&#233;ressant, banal par sa fonction, un peu inutile &#224; mon r&#233;cit mais passant forc&#233;ment naturellement &#224; c&#244;t&#233; de mes protagonistes principaux, de mon trio de t&#234;te : Hortense et ses fr&#232;res. C'est &#233;trange pour moi les gens qui aiment bien, ou n'aiment pas trop. Personnellement cela me rend perplexe, je ne sais trop quoi faire de cela. Pour moi il y a des vides, n&#233;cessairement en eux. Cela cr&#233;e chez moi une absence d'empathie, car trop &#233;loign&#233; de mon fonctionnement personnel. Alors j'ai ouvert la porte, et j'ai suivi le fil naturel de ce personnage. J'ai fait attention &#224; ne pas le caricaturer. Une personne simple, sans besoin d'aventure, un peu &#233;troit mais pas trop, je l'aime presque bien...
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;14. Rien n'est tout blanc, ni tout noir...&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3575&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est tout blanc, ni tout noir. Je le sais. Et pourtant que faire de ces nuances, de ces gris, qu'ils soient lumineux, soutenus, vaillants, discrets ou bl&#234;mes. Ma vie aura &#233;t&#233; une certaine tentative pour comprendre et admettre ces nuances. Un essai en vue de les apprivoiser, de les supporter. Que dire, que raconter. Peut-&#234;tre cela. En moi, il y a eu ce que m'ont offert, ce que j'ai partag&#233; intimement, profond&#233;ment, tendrement, passionn&#233;ment, avec ces deux hommes. Le secret et l'officiel. Reli&#233;s par le m&#234;me sang. Dans cette histoire, ou plut&#244;t au travers de ces deux histoires, rien n'&#233;tait &#224; d&#233;savouer, &#224; renier, &#224; casser. J'ai tant re&#231;u d'eux. Mourir sans que tout ne soit r&#233;v&#233;l&#233; ou ab&#238;m&#233; est un soulagement. Sans doute finalement la meilleure fa&#231;on de terminer ces amours. J'ai pu ainsi recevoir jusqu'au bout, et c'&#233;tait m&#233;rit&#233;. Je n'ai pas &#233;t&#233; aim&#233;e pour ce que je suis par mes parents. Je n'ai pas &#233;t&#233; une bien-aim&#233;e. Et puis il y a eu lui. Et puis encore lui. Eux quoi. J'ai re&#231;u beaucoup, beaucoup d'amour. Et &#233;go&#239;stement, je l'ai pris. Car j'en avais besoin. Je ne sais trop comment cela va se passer pour eux, maintenant. Surtout pour le cach&#233;, le fr&#232;re, l'amant secret. Je me demande seulement actuellement comment il va supporter le manque en plus que de devoir vivre avec ce poids, cette honte. Avec la trahison. Car s'en est une. &#202;tre l'amant de la femme de son fr&#232;re ne peut &#234;tre que v&#233;cu, constat&#233; socialement et fraternellement principalement comme &#233;tant une trahison. Et quelle trahison. Quel impact notre liaison va-t-elle avoir sur son lien fraternel, sur son couple officiel, dans le temps, la dur&#233;e... mes amours, mes tant aim&#233;s, je vous aimais mal, mais je vous aimais si sinc&#232;rement. Toi, mon mari, je ne suis pas inqui&#232;te pour toi. Tu es un homme formidable, et tu ne sais rien. Je te souhaite surtout de pouvoir recommencer ta vie, plus tard. Avec une femme diff&#233;rente, plus simple que moi, moins bless&#233;e, et donc moins blessante. Apr&#232;s, je ne sais pas. Que dire... Il est certainement illusoire d'envisager un couple sur une longue dur&#233;e dans une fid&#233;lit&#233; absolue. Et il y a des fid&#233;lit&#233;s qui sont avant tout un reniement de soi. Alors que choisir. Que faire. Je crois que l'infid&#233;lit&#233; est aussi une mani&#232;re de se rencontrer, de se perdre ou de se trouver. Ce fut mon cas. Le d&#233;sir pour mon mari &#233;tait calme : je savais depuis longtemps qu'il m'offrait une s&#233;curit&#233; affective trop s&#233;curitaire, ennuyeuse. Un truc de bon p&#232;re. Bon. Fatalement, le d&#233;sir entre nous &#233;mettait des signaux faibles. Trop faibles &#224; mon go&#251;t, bien entendu. C'est &#233;vident que le jour o&#249; le d&#233;sir, le vrai, a &#233;merg&#233;, &#233;clat&#233; avec son fr&#232;re, ce d&#233;sir violent et irr&#233;pressible &#233;tait irr&#233;sistible. Et l'interdit de la fraternit&#233; a piment&#233; la chose pour moi. Je ne suis pas une femme bien. Je le savais. L&#224; je n'ai plus pu me le cacher. Je suis issue de la fange d'un couple immature, mauvais, riche de ses mensonges et de ses manipulations. J'en suis teint&#233;e malgr&#233; moi. Un temps, j'ai song&#233; &#224; m'en laver. Mais parler &#224; un tiers pour mieux me comprendre ne m'int&#233;ressait pas. Et puis il me semblait que ma deuxi&#232;me identit&#233; me suffisait pour &#234;tre une autre fleur. En fait non. Je l'ai compris trop tard. Dans le creux du corps de mon magnifique amant. Mais qui &#233;tait &#233;galement mon beau-fr&#232;re. Rien n'est enti&#232;rement mal, ni enti&#232;rement bien. Mais l&#224; quand m&#234;me, c'&#233;tait se compliquer clairement la vie et la t&#234;te. Je pense &#224; eux, un peu triste, un peu soulag&#233;e aussi. J'aime leurs blancs, leurs noirs, leurs gris si diff&#233;rents et si propres &#224; chacun. Je voudrais essuyer leurs larmes, et adoucir ce choc de ma perte. Je voudrais leur dire qu'ils perdent surtout une source ind&#233;niable de probl&#232;mes. Je me fais du souci pour mon amant. Notre liaison &#233;tait un entre-deux &#224; impasse, un gris perle pour ceux qui n'aiment pas les nuances et qui se trouvent pourtant par la force de la fi&#232;vre des corps &#224; devoir apprendre &#224; nuancer. Se ha&#239;r au sein de l'extase. &#192; moins que ce ne fut d&#233;couvrir sa propre haine de soi au sein de la tendresse et de la fougue de nos &#233;treintes. &#192; d&#233;faut de me r&#233;jouir de celle-ci, ma mort simplifie bien des choses...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
J'ai su tr&#232;s vite et naturellement que la morte qui s'exprimerait serait Hortense, Hortense dont on sait d&#232;s ma premi&#232;re proposition qu'elle est d&#233;c&#233;d&#233;e. J'ai beaucoup aim&#233; les contraintes propos&#233;es. Elles m'ont fait de nouveau r&#233;fl&#233;chir sur le &#171; non-&#233;crit &#187;, si je puis dire. Il y a ce que mon personnage ou moi savons, mais doit-on tout dire ? Pourquoi ? Que cacher ? Quels myst&#232;res, secrets se racontent malgr&#233; moi, ou pas ? Ce questionnement sur une omniscience, sur les non-dits et ce qu'ils peuvent entra&#238;ner pour moi au long terme dans l'&#233;criture comme peut-&#234;tre pour le lecteur, m'a ouvert fortement &#224; une dimension &#224; laquelle je ne m'int&#233;ressais pas, de fa&#231;on consciente et d&#233;termin&#233;e en tout cas. Ainsi, depuis le d&#233;but, je sais qu'Hortense est myst&#233;rieuse dans sa liaison avec son beau-fr&#232;re et que je n'ai toujours pas envie d'expliciter les causes de son d&#233;c&#232;s. J'ai relu mes propositions, pas &#233;vident de prendre du recul sur ce qui est d&#233;j&#224; &#233;crit, d'en trouver des points communs. Certaines sont tr&#232;s &#171; r&#233;cits &#187;, d'autres d'&#233;critures beaucoup plus cr&#233;atives : c'est tr&#232;s contrast&#233;. Pour ma part, je n'y vois pas de points communs. O&#249; est &#171; ma signature &#187; au sein de ces diversit&#233;s ? En musique je sais que je suis contrast&#233;e, bigarr&#233;e : est ce que c'est &#233;galement ma signature en &#233;criture ?&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;12. Expire inspire...&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4934&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Expire inspire &#339;il ouvert sur le noir pour mieux percevoir expire suavit&#233; de l'air inspire cloison nasale enivr&#233;e expire omnipr&#233;sence discr&#232;te et puissance de son parfum de son odeur narines grandes ouvertes inspire nez aux aguets expire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspire bras abandonn&#233;s rel&#226;ch&#233;s expire cheveux emm&#234;l&#233;s inspire corps immobile corps en vallons expire temporalit&#233; suspendue inspire corps en vall&#233;e corps en &#233;veil expire corps gisant pourtant repus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspire dos d&#233;tendu expire coudes pos&#233;s cuisses alanguies inspire avoir trois pieds expire avoir deux mains &#224; dix doigts inspire puis surprise souffle dans la nuque qui change imperceptiblement temps qui se suspend corps qui se retourne et le regard qui s'ouvre&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Assez vite est n&#233;e l'id&#233;e de la situation. Assez vite j'ai but&#233; sur le choix du corps &#224; faire parler puisque je savais qu'ils &#233;taient deux. Et sur le je, ou sur le il, ou bien le elle. Suis partie d'abord comme pour &#233;crire un po&#232;me. &#201;bauche. Le lendemain transformation en paragraphes. Je ne voulais pas &#233;crire un long texte, je le savais. J'avais envie de tenter un moment de temps suspendu, intense et bref, au creux d'une belle nuit.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;11. Poing ferm&#233;&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4931&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; ... Poing ferm&#233;, le pouce faisant comme des petits lancers de billes : &#224; bient&#244;t... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; silence&#8212; &#171; Poing sur le c&#339;ur puis qui s'enroule sur lui-m&#234;me : je suis d&#233;sol&#233;. &#187; &#8212;silence&#8212; &#171; Frotter la pulpe des doigts sur la paume de l'autre, main bien &#224; plat : je m'excuse. &#187; &#8212; pause &#8212; &#171; Doigts en bec de canard devant la bouche, puis qui s'en &#233;cartent : Bon. Puis, paumes vers soi, mains en B. &#187; &#8212; silence&#8212; &#171; Mais si, tu te rappelle comment faire le B... La main est droite et les doigts sont bien serr&#233;s... &#187; &#8212; pause &#8212; &#171; Voil&#224;, parfait. Bien. Et maintenant tu mets tes mains &#224; la verticale, et tu dessine la nuit qui tombe, en fait, avec celles-ci. Voil&#224;. Allez, refait l'enchainement du bon et de la nuit qui tombe. &#187; &#8212;silence&#8212; &#171; Bravo : tu sais d&#233;sormais signer bonne nuit. Allez, r&#234;ver maintenant. &#187; &#8212; sourire&#8212; &#8212;silence&#8212; &#171; Main en R : index et majeur crois&#233;s, pouce et autres doigts dans la paume. Dessine maintenant avec cette main des petites boucles depuis le c&#244;t&#233; de ta t&#234;te. Ce sont les r&#234;ves qui s'&#233;chappent, les boucles. &#187; &#8212;silence&#8212; &#171; Joliiii... si si c'est bien ce que je viens de te dire avec ma main : bec ouvert de ma main qui a caress&#233; mon visage. &#199;a veut dire joli. &#187; &#8212;sourire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle avait &#233;t&#233; fascin&#233;e lorsqu'ils s'&#233;taient rencontr&#233;s, chez leurs voisins, en apprenant qu'il &#233;tudiait pour savoir &#171; signer &#187; de fa&#231;on professionnelle. Elle trouvait &#233;tonnante cette vocation. &#171; Tu parles avec les mains alors ? &#187; Il avait ri : &#171; En aucun cas comme les italiens, bien s&#251;r. Mais oui j'apprends cette langue et je ne me consid&#232;re pas encore comme bilingue, loin de l&#224;. Signer n'est pas si &#233;vident... &#187; Un travail o&#249; on peut utiliser ses mains pour parler, elle n'en revenait pas. &#171; Alors tes mains expriment, tes doigts relatent, tes poings racontent. Cette danse des mains est si belle... Tout un r&#233;cit qui &#233;pouse l'air... &#187; &#171; Certes, mais pas uniquement. En fait, c'est tout mon corps qui parle quand je signe. Mon visage et ses expressions sont &#233;galement n&#233;cessaires. Et puis je peux utiliser le contact avec mon torse parfois, aussi, pour mieux me faire comprendre. &#187; &#171; Mais comment as-tu eu envie de parler cette langue ? Il y a des sourds dans ta famille ? &#187; &#171; Non. Tu vas te moquer. Enfant, il y avait une &#233;mission de t&#233;l&#233; pour nous qui s'appelait &#171; Mes mains ont la parole &#187;. Une histoire &#233;tait racont&#233;e, et une personne la traduisait en langage des signes. Cela me fascinait. J'observais goul&#251;ment ce ballet des deux mains. Ces expressions, ces &#233;lans, ce corps si vivant. Je n'&#233;coutait qu'eux, c'&#233;tait comme si le son disparaissait soudain. Je trouvais cela magnifique, magique, et tr&#232;s, tr&#232;s &#233;mouvant. J'ai eu alors envie d'apprendre, c'est tout. J'aime les mains. Je trouve qu'elles ont encore plus de vie lorsqu'elles savent parler. &#187; Hortense aimait &#224; acqu&#233;rir quelques mots ou expressions en signant, parfois, et c'&#233;tait ainsi qu'avaient d&#233;but&#233; leurs jeux amoureux. Le mot &lt;i&gt; s'il te pla&#238;t &lt;/i&gt; avait cr&#233;&#233; du trouble, il s'en souvenait bien. &#171; La main est en B, plate, les doigts bien serr&#233;s. Puis elle va glisser le long de ton visage &#187;. Et sa main &#224; lui avait trembl&#233; quand il le lui avait montr&#233;, glissant le long de son visage &#224; elle. Main signante &#244; combien caressante. Elle lui avait alors dit qu'il avait des mains d'oiseaux. Et c'est ainsi qu'il &#233;tait tomb&#233; amoureux d'Hortense.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
J'ai pens&#233; au d&#233;part partir sur une main bless&#233;e. Ma m&#232;re vient justement la semaine derni&#232;re d'avoir un accident de main : en prenant des nouvelles, je pouvais avoir mati&#232;re &#224; m'inspirer. Mais non, au dernier moment, c'est ce souvenir de &#171; Mes mains ont la parole &#187; qui l'a emport&#233;.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;9. Eux&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La table manque de chaises. C'est souvent le cas avec ces tables de marbre, fa&#231;on bistrot. Elles ont &#233;t&#233; bien &#224; la mode et c'est vrai qu'elles sont jolies, qu'elles ont une certaine allure. Mais apr&#232;s, il faut bien les utiliser, se poser autour, y manger. Alors quoi. Alors, on fait comment ? Je m'ennuie, voil&#224; que je baille maintenant. &#192; moins que ce ne soit le temps. Oui, &#231;a doit &#234;tre les pressions. Peut-&#234;tre qu'un orage s'annonce, j'y suis sensible. Ou alors je baille car j'ai faim ... o&#249; ai-je mis mon briquet... Quand m&#234;me, cette table manque de chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Ce jambon beurre n'est pas bon. J'aurais d&#251; prendre le jambon cru mais il est souvent bien trop sal&#233;. &lt;i&gt; m&#226;chouille m&#226;chouille &lt;/i&gt; J'esp&#232;re que le flan du dessert sera gourmand, lui. Allez, j'ouvre le coca, j'ai soif. &#8212; pose le sandwich commenc&#233; sur le marbre &#8212; Ouf, pas de d&#233;bordements. C'est que je l'avais secou&#233; pourtant... &lt;i&gt; boit goul&#251;ment &#224; la bouteille &lt;/i&gt; Et quand &#231;a d&#233;borde, &#231;a poisse, en plus, ensuite, sur la table. &lt;i&gt; repose la bouteille&lt;/i&gt; J'aime l'allure douce du marbre. &#8212; caresse la pierre &#8212; Le t&#233;l&#233;phone sonne, je ne r&#233;ponds pas. Je veux manger tranquille. &lt;i&gt; m&#226;chouille &lt;/i&gt; Le pain bagnat n'avait pas meilleure allure, en plus c'&#233;tait clairement un sandwich rond avec du thon, pas un v&#233;ritable pain bagnat. &lt;i&gt; m&#226;chouille m&#226;chouille &lt;/i&gt; Trop de beurre, vraiment, et &#233;tal&#233; grossi&#232;rement. J'ai horreur de cela. Et &#231;a ne rend pas le jambon moins sec. Ce choix &#233;tait vraiment une erreur. Je m'arr&#234;te l&#224;, et passe au flan. &lt;i&gt; entame la part du flan p&#226;tissier &lt;/i&gt; Il est foutu ce plantoir, vraiment trop rouill&#233;, trop piqu&#233;. Tiens, il y a une mouche morte, dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rythmique improvis&#233;e &lt;i&gt;tiptip top tap tap &lt;/i&gt; et songeuse &lt;i&gt; tap tap taptap tap&lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8212; silence &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'index h&#233;site puis se redresse semble renifler l'air puis cela repart &lt;i&gt; taptap tap tip tap &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Pouce &lt;i&gt; taptop tap &lt;/i&gt; Petit doigt tapote aussi &lt;i&gt; tip tip &lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8212; silence &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;marbre frais sous une fesse &lt;i&gt; tiptip tap &lt;/i&gt; frais aussi sous la demi-jambe &lt;i&gt; taptap top tip &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; air doux sur la joue &lt;i&gt; tip top tap &lt;/i&gt; l'oeil cligne &lt;i&gt; tip toptop tap tap &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; le sourire est vague &lt;i&gt; taptap taptap top &lt;/i&gt; pens&#233;es &#233;parses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; silence &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;puis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; je crois qu'il va pleuvoir &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Me suis battue avec cette proposition... je ne voyais pas du tout l'angle par lequel y entrer. Apr&#232;s une r&#233;flexion de plusieurs jours inutile (?) et des notes prises sur les personnages, j'ai l&#226;ch&#233; la 9 et suis partie sur la 10. N&#233;cessaire. Au retour de celle-ci, quelques jours plus tard, c'&#233;tait toujours compliqu&#233;. J'ai relu mes notes, et d&#233;cid&#233; d'y aller direct. &#199;a a &#233;t&#233; laborieux, mais j'ai pu tirer un fil. Et puis &#231;a a avanc&#233;. Finalement j'ai gard&#233; un de mes personnages, un d&#233;m&#233;nageur. Pas facile cette 9. Mais comme toujours, je constate que c'est ce que j'aime : quand &#231;a tiraille, que &#231;a m'agace, que &#231;a &#171; grince de la plume &#187;. &#199;a devient un d&#233;fi : je dois trouver une porte d'entr&#233;e... et quand j'y suis arriv&#233;e, je suis contente. Me suis confront&#233;e &#224; une difficult&#233; et me suis pas d&#233;gonfl&#233;e.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;8. Ici&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4924&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;int&#233;rieurs cuisine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La table est vide, hormis ce bougeoir, au centre, d'un bleu p&#226;le, mais pas p&#226;lichon. Le bois est comme &#224; vif dans certaines zones ; quelques veines perlent et affleurent ci et l&#224;. Il y a m&#234;me comme un fleuve vers le coin gauche qui semble ensuite se perdre et dispara&#238;tre en descendant le long du pied, le pied qui est proche du mur. On y voit &#233;galement deux chaises qui semblent avoir &#233;t&#233; chin&#233;es en brocantes, d&#233;pareill&#233;es. L'une est de style bistrot, l'autre a un tressage de paille surann&#233; et quelque peu usag&#233;. Elles se pavanent de part et d'autre de la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des petits carreaux roses et blancs d&#233;corent, non la table, mais la fen&#234;tre proche de celle-ci. Le Vichy tendre est charnu, joufflu, de par la r&#233;union des fronces des rideaux d'un unique c&#244;t&#233;. Cela permet &#224; la lumi&#232;re d'inonder la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une &#233;tag&#232;re, faite d'un beau bois de r&#233;cup&#233;ration. Elle se d&#233;tache bien sur ce mur. On ne sait trop par quel hasard une fente dans la peinture murale, un peu comme un graphique, r&#233;pond fort joliment &#224; la ligne bien droite et nette de l'&#233;tag&#232;re. Le travail du temps se raconte ici avec le bois, avec cette fente. Avec ces livres un peu us&#233;s, d&#233;fra&#238;chis, qui parlent d'une cuisine go&#251;teuse d'un autre temps ainsi que des rem&#232;des et des tisanes de grands-m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vieux calendrier, gris, sale, oubli&#233;. Qui fait tant partie de ce lieu qu'il en reste actuel. On n'en conna&#238;t m&#234;me plus l'ann&#233;e. La photo de type carte postale, d&#233;fra&#238;chie et p&#226;lie, imprim&#233;e sur le carton. Les lignes d&#233;sormais vaines de dates et de saints semblent inscrits dans le mur, tout comme les quelques &#233;cailles de peinture. Un peu plus loin, un visage se d&#233;couvre. La bouche est &#233;bahie ; rond de m&#233;tal dans le vieil &#233;vier en c&#233;ramique. Lui r&#233;pondent l'appendice nasal busqu&#233; et l'&#233;trange paire des yeux fig&#233;s des vannes du robinet.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;ext&#233;rieurs, terrasse et jardin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La terrasse a du charme malgr&#233; &#8212; ou gr&#226;ce &#224; &#8212; ses grandes dalles jointes avec maladresse. Le sol n'est pas tout &#224; fait droit. Mais il n'est pas vraiment bomb&#233; cependant. On pourrait &#233;crire nombres d'histoires sur ces discr&#232;tes collines et menus creux. Sur les quelques buissons de petite mousse. On y croise aussi quelques mauvaises herbes. Et des petites violettes, car, oui, le printemps est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une passiflore fra&#238;chement plant&#233;e s'&#233;tire timidement sur des croisillons de bois, un peu gris&#233;, qui habillent un vieux mur. &#192; son pied s'activent des fourmis. Une route &#224; double circulation investit ainsi la terre fra&#238;che, puis traverse une feuille quelque peu ab&#238;m&#233;e. Les lignes des nervures et leurs carrefours s'opposent aux trajets suivis par les fourmis. Elles vont et viennent, partant d'on ne sait o&#249; pour aller encore ailleurs. Famili&#232;res et myst&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un c&#226;ble noir traverse le jardin. Il d&#233;bute d'un poteau de ciment, tronc grossier et inerte. Le c&#226;ble longe ensuite un cypr&#232;s. Celui-ci n'est pas encore tr&#232;s grand. Pr&#232;s de sa base, il y a quelques tiges sans feuillages. Il n'est pas uniform&#233;ment vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qu'une goutte tombe sur la table en marbre. Minuscule mare &#233;gar&#233;e, venue d'on ne sait quel nuage car le ciel est bleu. La goutte a ignor&#233; les pots de fleurs de diff&#233;rentes tailles, entass&#233;s, pos&#233;s sur le marbre. Elle a &#233;vit&#233; aussi le plantoir un peu rouill&#233; juste &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Sources d'inspirations photographiques, pour moi, pour cette 8, c'&#233;tait &#233;vident. Folon, Pierre Bergounioux (&lt;i&gt;En route&lt;/i&gt;), Laurent Pinsard, &#201;ric Forey. Et une exposition (vue l'ann&#233;e derni&#232;re je crois bien) a &#233;merg&#233; &#233;galement en &#233;crivant du fond de ma m&#233;moire. Je me rends compte juste avant de l'envoyer, que, bien qu'ayant pens&#233; chaque paragraphe en me focalisant sur un micro-espace, les &#171; lots de quatre &#187; forment &#224; chaque fois un tout. J'aime bien que cela soit arriv&#233; par m&#233;garde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;7. Recto Verso&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4923&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il but un caf&#233;, d&#233;sormais veuf. Le premier expresso, seul, au sein de leur cuisine. Au fond du marc de caf&#233;, il lit sa voix. Quand il l&#232;ve les yeux, il voit cette jolie horloge qu'elle a su choisir avec le bon go&#251;t qui la caract&#233;rise. Pardon, qui la caract&#233;risait. &lt;i&gt;Je dois m'habituer &#224; penser &#224; elle au pass&#233;, d&#233;sormais. &lt;/i&gt;. Quand il ferme les yeux, malgr&#233; lui il respire son odeur. Il a tellement peur de l'oublier. Mais il sait qu'il lui reste un flacon &#224; peine entam&#233; de son parfum dans leur chambre. Il l'a d&#233;j&#224; ouvert deux fois pour nourrir ses narines et son souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il but un caf&#233;. Il se dit qu'il n'est personne. Il y a un mot qui qualifie le fait d'avoir perdu sa femme quand on est son &#233;poux, mais lui n'a droit &#224; rien. Aucun h&#233;ritage de leur amour. Sauf encore le silence. Il est pass&#233; du silence de leur liaison au silence de la perte. Aucune &#233;volution. Et pas d'oubli possible pourtant. Il est simplement officiellement le beau-fr&#232;re de la morte. Il a droit, oui, &#224; ce chagrin-l&#224;. Aux manifestations de ce chagrin-l&#224;. Il a le droit de soutenir avec affection son grand fr&#232;re. Il n'est que celui qui l'a trahi. Il n'est qu'un minable qui a trahi sa compagne. Et lui-m&#234;me, au fond. Et il n'y a pas de place pour son chagrin, son amertume, sa honte, sa haine de lui-m&#234;me. Quand il sent le caf&#233;, il lui trouve un mauvais go&#251;t. Caf&#233; bouillu, caf&#233; foutu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il partit dans le salon. Comme un nouveau voyage au sein de ses souvenirs. Voil&#224; qu'il tourne la t&#234;te. Il est attir&#233; par ce cadre. Il contemple cette belle photo, prise par son fr&#232;re, il y a d&#233;j&#224; une bonne dizaine d'ann&#233;es. Il l'adore. Sur celle-ci, avec Hortense, ils rient et s'embrassent. Ils sont amoureux comme au premier jour. Ils sont heureux. Ils viennent d'acheter leur maison. Celle o&#249; il se trouve aujourd'hui, seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il partit dans le salon. Tentative de fuite de sa honte. &#201;viter &#224; tout prix un nouveau voyage au sein de ses souvenirs. Il prend un journal pour &#233;viter toute conversation avec sa compagne. Celle-ci sait parfaitement qu'il d&#233;teste depuis toujours &#234;tre d&#233;rang&#233; quand il lit. Il n'a pas de honte &#224; &#234;tre d&#233;testable : ce qu'il commet depuis plusieurs mois le ronge et quelquefois cela perce. Il n'est pas possible de se racheter. Il est devenu un salaud. Alors l'&#234;tre un peu plus est presque un soulagement. Il croise les jambes et remarque qu'il porte les chaussettes qu'elle lui a offert. Ce matin, les porter ont soulag&#233; son chagrin qui ne peut vraiment s'exprimer. Et l&#224; elles le narguent. Se moquent. Et le mettent plus que mal &#224; l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il alluma leur cha&#238;ne, et la voix de M&#237;sia jaillit. D&#233;sesp&#233;r&#233;e, quasi brutale. &lt;i&gt;N&#227;o quero cantar amores, Amores s&#227;o passos perdidos.&#8212;je ne veux pas chanter les amours, les amours sont des pas perdus&#8212;&lt;/i&gt; Il pense &#224; sa femme, myst&#233;rieuse. Se dit que finalement il ne l'a peut-&#234;tre pas vraiment connu. Ou plut&#244;t n'a connu qu'Hortense. Et encore. Il pense qu'il n'est jamais all&#233; au Portugal. Qu'il ne conna&#238;t pas les rares membres de sa famille qui se sont d&#233;plac&#233;s depuis Lisbonne pour ses fun&#233;railles. Il se demande s'il va oser aller voyager dans son pays d'origine un jour. Elle le lui a toujours interdit. Lui a simplement permis d'&#233;couter du fado. Et &#224; petite dose. C'est elle qui a choisi ce disque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle alluma la radio. Bien entendu, cela l'aga&#231;a. Ne rien dire. Supporter le bruit pour garder la distance, et camoufler l'absence, le manque. Supporter que le son remplisse les blancs qui existent dans ce lieu, entre eux. &#201;viter de se demander si elle sait, si elle a compris. Esp&#233;rer sauver la face. Esp&#233;rer rester droit. D&#233;sirer absolument que la vie reprenne son cours normal, puisqu'il n'est pas le Veuf. Puisqu'il n'est que le T&#233;n&#233;breux. N'a pas le droit d'&#234;tre l'Inconsol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revint dans la cuisine. Il lava sa tasse. Ne s'essuya pas les mains. Maintenant il regarde par la fen&#234;tre. Comme il y a plus de vingt ans quand il guettait Hortense, elle qui n'&#233;tait pas encore sa femme, mais qui, chaque &#233;t&#233;, venait chez ses cousins fran&#231;ais. Les Frampin, leurs voisins. Se rappelle sa premi&#232;re rencontre avec elle. Ses beaux yeux marrons. Son fran&#231;ais sans accent qui l'impressionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revint dans la cuisine. Il lava sa tasse. Ne s'essuya pas les mains. Et il cassa la tasse. Enfin il peut jurer, exprimer sa col&#232;re. Se sentir nul et furieux simplement pour une tasse lui fait du bien. Comme de saigner un peu du bout du doigt. C'est l'annulaire, &#224; gauche. Je suis bless&#233;. Moi, le T&#233;n&#233;breux. Sans droit sur elle. Puis-je &#234;tre un &#171; nulliveuf &#187; du c&#339;ur. Je suis sans comp&#233;tences, sans condition de fond, ou de forme pour &#234;tre un veuf r&#233;el, valide et reconnu. Et pourtant cela me ronge : je me sens &#234;tre devenu un invalide affectif depuis qu'elle est morte. Que va &#234;tre demain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;J'ai tir&#233; le fil de mon histoire depuis ce caf&#233; : Nerval est apparu spontan&#233;ment. Le fado, aussi. Ainsi que la n&#233;cessit&#233; de d&#233;couvrir chacun des fr&#232;res avec ce pass&#233; simple. Exercice difficile, qui m'a mis en instabilit&#233;. Mais j'ai ador&#233;. (Je reconnais aimer la difficult&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;6. Aujourd'hui, Hortense&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4922&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai rien voulu garder de mes parents. M&#234;me pas, surtout pas leur nom. Ce ne fut que justice : apr&#232;s tout, ils ne se souciaient pas de nous. Il n'y avait qu'eux. Aussi, j'ai d&#233;cid&#233; que leur maltraitance invisible m'avait donn&#233; le droit de les rendre eux-m&#234;mes invisibles. &#338;il pour &#339;il. Ce ne fut que justice. Je suis d'abord devenue une &#233;pouse. En portant le nom de Fran&#231;ois, en m'appropriant son nom de famille, je me suis transform&#233;e. Me voil&#224;, d&#233;finitivement, fran&#231;aise. Et ai d&#233;couvert alors que je pouvais aller plus loin, effacer ma filiation, m&#234;me. Couper ces racines que je m&#233;prise et que je hais. Devenir uniquement moi. Dent pour dent. J'ai donc quitt&#233; Yara Bruna Santos Sousa. Et je suis alors devenue avec fiert&#233; : Hortense Frampin, &#233;pouse David. J'ai juste un peu gard&#233; de ma grand-m&#232;re, que j'aimais bien. Je le pouvais : elle s'&#233;tait &#233;gar&#233;e par amour &#224; Lisbonne, et voici que je faisais d&#233;sormais comme un voyage de retour en France, deux g&#233;n&#233;rations plus tard. Ai donc pu prendre son nom de famille. Elle s'appelait Jacqueline Frampin. C'est gr&#226;ce &#224; elle apr&#232;s tout que j'ai pass&#233; tant de temps en France, pu parler un fran&#231;ais sans accent. Tant de vacances... au point de finir, m&#234;me, par y faire une rencontre amoureuse d&#233;cisive. Puis d'y vivre avec celui qui est devenu ensuite mon &#233;poux. Au Portugal, on porte le nom de famille de ses deux parents. En ce qui me concerne, je n'aimais aucun de ces deux noms. Ne d&#233;sirait pas m'y reconna&#238;tre. Ne voulais pas plus choisir de n'en garder qu'un : &#231;'aurait &#233;t&#233; choisir entre la peste ou le chol&#233;ra en ce qui me concerne. Que dire de vivre avec les deux... Deux croix diff&#233;rentes... ou une unique, &#233;pouvantablement lourde. Aucune d&#233;cision ne me satisfaisait. J'ai donc choisi avec plaisir de couper tout lien nominatif avec eux. Choisir de devenir une &#233;pouse a &#233;t&#233; l'&#233;tape n&#233;cessaire. &#202;tre une David avant de pouvoir &#234;tre moi : Hortense Frampin. Gr&#226;ce &#224; la loi, je pouvais m&#234;me choisir mon pr&#233;nom... alors j'ai choisi de venir du jardin. Que j'aime l'&#233;tymologie de ce nom, Hortense. &#171; Qui vient du jardin &#187;. Comme moi. Une mauvaise graine d'o&#249; jaill&#238;t une fleur. Je ne viens pas de mon p&#232;re ni de ma m&#232;re, je viens d'un jardin. De la terre nourrici&#232;re. Et quand mon heure sera venue, j'esp&#232;re surtout y retourner. Que mes cendres nourrissent la terre, voil&#224; qui me plaira. Je viendrai alors pour toujours du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Proposition passionnante, qui m'a amen&#233; &#224; beaucoup r&#233;fl&#233;chir : pourquoi jusqu'alors un seul pr&#233;nom &#233;merge dans mes textes. Et pourquoi ce d&#233;sir de ne pas du tout vouloir nommer (ou pas encore ) celui qui a ouvert le cycle. Et pourquoi cette situation est fr&#233;quente dans mes &#233;crits.&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;5. quelquefois, lui&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4922&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il pose sa main sur la clenche, remarque que le m&#233;tal est froid sous sa main. La forme de celle-ci s'imprime dans sa paume, il est triste. Il ne veut pas entrer dans la chambre mortuaire. Il s'oblige &#224; calmer sa respiration, en comptant lentement, avant de baisser la poign&#233;e et de pousser la porte. Pour aller dire un dernier au revoir &#224; Hortense.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il pose sa valise sur le lit. Puis l'ouvre. Elle est neuve, fringante. Parfaite pour y d&#233;poser un maillot de bain, une jolie chemise, un pantalon pour sortir, un bermudas et un teeshirt banal-mais-pas-trop pour ce week-end en amoureux. Deux paires de chaussettes dont celle qu'elle lui a offerte avec malice. Avec le pr&#233;nom de leur chat. Son after-shave, pour lui plaire. Des cale&#231;ons, mais pas ceux que sa femme lui a cousu et offert. Ce serait quand m&#234;me malvenu.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il attend son caf&#233;. Seul. Sur une aire d'autoroute, dans un drive minable. Il a bien s&#251;r trop chaud, et sa voiture ronronne un peu trop fort. Il observe le jeune homme en train de pr&#233;parer les commandes. Apr&#232;s ce sac, ce sera lui. Il d&#233;pose une petite frite, un petit hamburger. Enfin, donne le sachet avec sa boisson au conducteur de la voiture bleu m&#233;tallis&#233; juste avant lui. Il passe alors la premi&#232;re, soulag&#233; de pourvoir avancer, enfin, vers ce mauvais caf&#233; d&#233;j&#224; pay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;pose sur la vitre une page, la cale bien pr&#233;cis&#233;ment sur le c&#244;t&#233;. Recherche puis appuie sur l'ic&#244;ne qui va mettre la machine en mode recto-verso. Appuie sur le bouton de mise en m&#233;moire. Ferme alors la gueule de la photocopieuse. La lumi&#232;re se d&#233;place, on dirait une sorte de recherche, une battue lumineuse souterraine myst&#233;rieuse. Il r&#234;ve &#224; une for&#234;t cach&#233;e sous le capot. Une fois cette &#233;tape finie, il r&#233;ouvre la machine, tourne sa feuille, la recale bien sur le c&#244;t&#233;. Recommence les m&#234;mes &#233;tapes. Puis, quand la boucle est boucl&#233;e, il appuie sur le bouton &#171; Marche &#187;, et son document est alors r&#233;gurgit&#233; par le monstre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il passe sa main sur son cr&#226;ne, surpris par la rondeur et la douceur de sa propre peau, par son absence, d&#233;sormais, de cheveux. Il est satisfait de sa d&#233;cision : cela lui ressemble tellement plus que cette lente transformation, in&#233;luctable, in&#233;vitable. Il se sourit dans la glace et remercie le coiffeur.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il tourne le bouton de la lampe halog&#232;ne jusqu'au petit &#171; clic &#187;. Il aime bien ce son. On peut le percevoir que l'on tourne aussi bien pour l'allumer que pour l'&#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il se frotte l'oeil droit, puis baille. Malgr&#233; lui n'&#233;coute plus la radio. Comme tous les matins, il trouve ce feu trop long, et les gens trop &#233;nerv&#233;s. Ou comme lui, trop endormis. C'est bien entendu plein de cars scolaires et d'enfants &#8212; ou d'adolescents &#8212; qui arrivent de partout, et traversent avec aplomb et insouciance quand le feu passe au vert. C'est le matin et il r&#234;ve d&#233;j&#224; d'un nouveau caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il sort son portable de sa poche et relit le texto qu'Hortense lui a envoy&#233;. Il sait qu'il devra l'effacer avant de rentrer chez lui. Mais l&#224; il est toujours au travail, alors il le relit souvent. Il est excit&#233; et heureux de ce qu'elle lui a &#233;crit. Il a h&#226;te de la revoir et surtout &#233;vite, omet de penser que c'est la femme de son fr&#232;re. Et qu'il a lui-m&#234;me une compagne. L&#224;, il pense juste &#224; ses fesses, et &#224; ses si jolies dents. Et relit encore le texto.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il est assis &#224; &#171; La belle &#233;poque &#187;. Hortense lui avait donn&#233; rendez-vous l&#224;. Il pense &#224; sa remarque &#171; on trouve des caf&#233;s &#171; La belle &#233;poque &#187; partout, dans de nombreuses villes. Moi &#231;a me rappelle toujours la premi&#232;re fois que je t'ai vu. &#187; Il se dit qu'il devrait moins penser &#224; elle. Il s'inqui&#232;te de penser &#224; comment les choses doivent se terminer. Car cette histoire devra se finir et se terminera mal, c'est certain. Mais rien qu'en y pensant il a mal au ventre. Et aussit&#244;t qu'il songe &#224; ses jambes, il soupire. Il l&#232;ve alors le bras pour h&#233;ler le gar&#231;on, et voici qu'elle arrive au m&#234;me moment. Alors il lui sourit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il met une assiette, puis une autre sur la table, comme elle le lui a demand&#233;. De temps en temps, il participe aux t&#226;ches quotidiennes de la vie &#224; deux. Il regarde de dos sa compagne, elle est encore bien jolie. Son corps a plut&#244;t r&#233;sist&#233; au temps, et ses fesses sont encore app&#233;tissantes. C'est son petit truc &#224; lui... on ne se refait pas... il songe &#224; d'autres fesses et puis &#224; ces si jolies dents, puis se reprend. Se rappelle qu'il est chez lui, et il continue &#224; mettre la table.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
J'ai choisi 10 occurrences pour un m&#234;me personnage. Tr&#232;s vite le premier, en relation directe avec ma proposition 1, s'est impos&#233;. Apr&#232;s, j'ai laiss&#233; faire et j'ai commenc&#233; &#224; d&#233;voiler ce que je savais d&#233;j&#224; de &#171; lui &#187;. Je pense avoir respect&#233; la consigne, j'ai bien aim&#233; en tout cas ce qu'elle a fait na&#238;tre. Je ne sais trop si c'est r&#233;ussi.
&lt;/div&gt;
&lt;h2&gt;4. Take the &#171; A &#187; train&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je reconnais tous les pays les yeux ferm&#233;s &#224; leur odeur&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je reconnais tous les trains au bruit qu'ils font &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Blaise Cendrars&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;train doux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seule, elle sourit aux lignes ; ces lignes qui filent, d&#233;filent, s'effilochent. Elle ne sait trop quand elles commencent ni se terminent. Quelquefois un arbre transpara&#238;t puis se dissipe. Ou une maison. Ou on ne sait trop quoi. &#171; La grande vitesse est empreinte d'un quasi silence, se dit-elle, on est bien loin des orchestrations qui emplissaient les trains de mon enfance. &#187; Quelques chuintements, parfois. Son nez semble remarquer comme avec tendresse que l'odeur du neuf est toujours pr&#233;sente dans un TGV. Juste trois notes doucement &#233;gren&#233;es. Les annonces d'usage elles-m&#234;mes sont sucr&#233;es, ouat&#233;es, comme en apesanteur. Quant aux voix qui les &#233;noncent, elles rythment avec douceur et comme avec confiance ces longs trajets rapides. Ici le temps est ailleurs. En suspension. Fascin&#233;e par cet effacement des paysages et du sens du temps, elle s'isole malgr&#233; elle en noyant son regard au travers des vitres. M&#234;me si ce n'est pas forc&#233;ment exact, en arri&#232;re-plan, il ne lui semble entendre que des chuchotements et des petits rires. Rien de d&#233;sagr&#233;able ou d'aga&#231;ant. Les longs fil&#233;s de couleurs la fascinent et lui font oublier les sonneries idiotes et les parents qui grondent. Elle assiste &#224; une &#339;uvre unique, une peinture de paysage, toujours renouvel&#233;e, instantan&#233;e. Comme un mandala, l'oeuvre a peine cr&#233;&#233; est d&#233;j&#224; d&#233;truite. L'impermanence de ce temps qui passe, dans ce lieu de passage si stable bien qu'&#233;tant en &#233;tat de d&#233;placement la fait divaguer. Son esprit cr&#233;e, imagine, d&#233;rive, puis l&#226;che, sourit. Comme des bulles en elle errent et dansent. Elle ne sait trop &#224; quoi elle pense, si m&#234;me elle pense. Elle se perd dans ces cr&#233;ations perp&#233;tuelles, au travers de ces errances &#233;ph&#233;m&#232;res de la grande vitesse du train. Nulle part, et pourtant ici. Paisible, tranquille, le regard se nourrit de ces imaginaires d'o&#249; &#233;mergera bient&#244;t un soleil couchant, et puis enfin la mer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;train dur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Takataka ta. Train. &#199;a pue. &#199;a grince. Takataka ta. Col&#232;re invisible, ici. Reflet. M&#226;choire ferm&#233;e. Regard dur. Takataka ta. Face &#224; la vitre. Elle. Visage ferm&#233;. Takataka ta. Les pens&#233;es heurt&#233;es en dedans d'elle. Bouscul&#233;e dans le virage de la voie. Takataka ta. Le train tient pas la route. Comme lui. Fureur. Takataka ta. Dessins d&#233;biles. Sur la vitre. Sur comment ouvrir cette fen&#234;tre. Ou la casser. Takataka takataka ta. Crash ferait la vitre cass&#233;e par le marteau. Crash. Crache. &#199;a ferait tant de bien. Takataka ta. Tunnel. Train qui crie. Hurle. Qui grince. Noir. Bruits diff&#233;rents. Grincements insupportables d'aigu. Si&#232;ge qui bouge. Trop. Agacement. Tunnel. Trop long. Col&#232;re qui gronde. En elle. Col&#232;re noire. Takataka ta. Lumi&#232;re qui agresse. L&#232;vres pinc&#233;es. Laideur de son visage dans la vitre. Takataka ta. Blocage au plexus. Bloc de rage. Mauvais gars. Mauvais pas. Briques de mots durs. Elle le hait. Takataka ta. Z&#233;brure des mots. Houle dans son cr&#226;ne. Phrases hach&#233;es. B&#226;cl&#233;es. Rat&#233;es. La col&#232;re brouille les mots. Noie les phrases. Temp&#234;te les verbes. Suspension chaotique du train. Chaos sous cr&#226;ne. Col&#232;re de crier le mot fin. Venin. Pus. Abc&#232;s. Assez. Craquer. Taka. &#171; T'as qu'&#224; partir &#187;. Se tire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le ton doux, je l'ai su tout de suite en &#233;coutant la vid&#233;o, serait directement issu d'un de mes plaisir de chanteuse. J'adore allonger et faire chanter certaines consonnes, chercher &#224; les faire r&#233;sonner (l&#233;g&#232;rement plus que n&#233;cessaire peut-&#234;tre) pour que le legato existe m&#234;me au travers d'elles. C'est pour moi comme une sorte de po&#233;sie suppl&#233;mentaire cette surimpression de jeux sonores sur le texte, avec les mots. Verlaine. Ariettes oubli&#233;es. &#171; Cela gazouille et susurre, cela ressemble au bruit doux que l'herbe agit&#233;e expire &#187; &#171; Les roses &#233;taient toutes rouges &#187;. Monet, et autres impressionnistes. Mais il y a &#233;galement les jeux vocaux de nos musiques contemporaines. Les chuchotements de la Sequenza pour voix de Berio. Ou du Maurice Ohana.
&lt;p&gt;Le ton dur a &#233;t&#233; imm&#233;diatement, je ne sais pourquoi, &#171; quatre doubles noire &#187;. Takataka ta. Rythme qui va de l'avant. R&#233;p&#233;titions, forc&#233;ment, qui engendrent une mise en en tension voire cr&#233;ent de la violence. Stravinsky. Puis tilt, premier mouvement du concerto pour violon de Khatchaturian. Lui c'est &#171; deux doubles croches deux croches &#187;. Le r&#233;&#233;couter, &#231;a m'a aid&#233; &#224; durcir le texte, &#224; mieux faire haleter les mots. Je ne sais si au final c'est r&#233;ussi, mais j'ai eu un grand plaisir &#224; l'&#233;crire. J'adore quand l'&#233;criture se relie si intimement &#224; la musique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;3. l'instant d&#233;cisif&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4918&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;amplitude roman&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut un matin qui resta pour Hortense un des plus grand moment de sa vie. Ou peut-&#234;tre &#233;tait-ce un soir, en fait. Mais ce fut de toute fa&#231;on un moment crucial pour elle. La d&#233;cision de quitter la ville fut imm&#233;diate, imp&#233;rieuse, d&#233;finitive. Sans retour. Elle a sembl&#233; &#233;clore subitement. Mais en fait bien s&#251;r, cela faisait des semaines que cela travaillait dans les sous-sols de son esprit. Elle n'en pouvait plus. Encore aujourd'hui elle peut revivre presqu'avec joie ce moment qui s'est imprim&#233; comme un moment clef de son existence. Elle se revoit allong&#233;e, au fond de son lit. Il y a ce volet ferm&#233;, en face d'elle. Un peu de lumi&#232;re semble cependant transpercer le bois de celui-ci. Cette lumi&#232;re semble si bien lui exprimer que c'est dehors, ailleurs qu'il existe la libert&#233;, le bonheur. Chaque jour ce lieu qu'elle aime est v&#233;cu comme une prison. Le poids des ruptures, du chagrin, des erreurs. Le poids de la famille qui l'emp&#234;che vraiment de prendre son envol, de devenir simplement &#171; elle &#187;. Hortense a senti soudain en regardant le volet que si elle ne partait pas maintenant elle ne partirait jamais. Qu'elle allait mourir int&#233;rieurement, prise dans les sables mouvants d'un entourage indiff&#233;rent, qui ne la comprend pas et ne d&#233;sire surtout pas la comprendre. Elle constate qu'ils cherchent avant tout &#224; la maintenir dans ce qui les rassure eux, dans ce qui leur convient &#224; eux. &#171; Ma diff&#233;rence n'est pas admise. Amis comme famille, quand je m'exprime, tous renient ou d&#233;nigrent mes avis, mes conseils et mes souffrances. &#187; Hortense &#233;touffe qu'on lui renvoie toujours qu'elle a tort, que le bonheur c'est l'in&#233;vitable maison-famille-avec-enfants-et-chien. Elle se sent anesth&#233;si&#233;e d&#233;sormais et ne supporte plus qu'on nie ses &#233;lans, voire qu'on les lui casse en lui mettant des b&#226;tons dans les roues afin de mieux lui d&#233;montrer qu'elle se trompe. Dans son sang, Hortense ressent parfaitement l'effet de ces poisons &#233;motionnels qui lentement la tue. &#192; moins qu'elle ne soit qu'une grenouille qu'on &#233;bouillante tr&#232;s tr&#232;s lentement, tranquillement. Elle n'aime pas non plus devenir d&#233;fiante envers son entourage, voire tr&#232;s l&#233;g&#232;rement parano&#239;aque. Cette ville qu'elle a tent&#233; d'aimer car on la lui vendait comme une sorte de paradis, pour elle n'est pas un bon lieu de vie. C'est avant tout le r&#234;ve et le d&#233;sir d'un autre et elle se d&#233;truit &#224; essayer de s'y conformer. &#171; Je ne suis pas lui. Je est vraiment un autre. &#187; Quitter la ville s'impose, c'est &#233;vident. C'est ailleurs qu'existe sa terre promise. Un exil pour certains, une renaissance et enfin vivre, pour elle. Selon ses d&#233;sirs et convictions. Enfin ne plus &#234;tre comme l'autre. Hortense sait qu'elle regrettera ce lieu, ce jardin, cette chambre. Peut-&#234;tre m&#234;me et surtout ce volet. Elle a de la tendresse pour cette jolie fente dans le bois. Pour les carreaux frais sous ses pieds le matin. Pour le po&#234;le doux l'hiver. Pour le vent qui fait chanter la maison. Mais quitter cette ville c'est quitter les soins palliatifs : c'est simplement aller vers la vie. Hortense n'a pas peur de l'inconnu, contrairement aux autres membres de sa famille. Prendre cette d&#233;cision malgr&#233; les soucis engendr&#233;s est le premier pas vers un avenir enfin heureux, elle en a la certitude. C'est comme si Hortense avait d&#233;finitivement &#244;t&#233; une vieille paire de lunettes de vue inadapt&#233;e. Un soulagement physique imm&#233;diat se fait jour. Elle marche plus tranquillement d&#233;sormais, soulag&#233;e. Elle s'est d&#233;tendue physiquement et se rend compte qu'elle devient plus adulte. Qu'elle arr&#234;te de mettre des v&#234;tements psychiques qui ne lui conviennent pas. Qu'enfin sa vie peut repartir, rena&#238;tre. Que d&#233;sormais il va enfin &#234;tre question de ses erreurs &#224; elle et non plus de vivre un bonheur qui n'est pas le sien, o&#249; elle ne reconna&#238;t pas la vivacit&#233; de ses rires. O&#249; il n'y a pas de place pour sa spontan&#233;it&#233; et ses &#233;lans. Quitter la ville lui permit d'y retourner des ann&#233;es plus tard en retrouvant ce qu'elle y avait appr&#233;ci&#233;, elle. Et de savoir qu'elle avait eu raison.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;amplitude nouvelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est du fond de son lit, en regardant son volet et les &#233;clats de lumi&#232;res qui s'en &#233;chappaient, qu'Hortense d&#233;cida de quitter la ville o&#249; elle vivait. Ce fut imm&#233;diat et d&#233;finitif. Une des meilleures d&#233;cisions de sa vie. Un moment v&#233;ritablement crucial, se disait-elle souvent quand elle y pensait, des jours, des mois, des ann&#233;es plus tard. &#171; J'ai &#244;t&#233; ces lunettes pour regarder la vie. Les lunettes que me faisait porter mon entourage. Et je constate que la vie est plus belle, plus color&#233;e et plus riche depuis que je ne les porte plus. &#187; Elle inspire avec passion, expire avec libert&#233;. Et marche avec plaisir, d&#233;sormais d'un pas souple. Son corps est soulag&#233; et son esprit est enfin libre. Quitter la ville a &#233;t&#233; une d&#233;cision n&#233;cessaire et chaque retour le lui a confirm&#233; : la ville &#233;tant d&#233;sormais devenue pacifique &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je suis partie d'une situation personnelle, d'un moment important un jour o&#249; j'ai d&#233;cid&#233; de quitter une ville. Mais c'&#233;tait peu et je n'avais pas envie d'entrer dans une auto fiction ou une &#233;criture autobiographique. J'ai appris &#224; quitter cela lors des derniers ateliers et je l'appr&#233;cie. J'ai quand m&#234;me commenc&#233; &#224; &#233;crire avec &#171; Elle &#187;. C'est &#224; force de me balader dans les textes des autres qu'un m&#251;rissement s'est produit. Finalement &#171; Elle &#187; est devenue Hortense, et je suis enfin partie dans l'imaginaire, en d&#233;cidant &#233;galement d&#233;sormais d'essayer de construire une coh&#233;rence sur la longueur avec toutes ces propositions. Un d&#233;fi excitant que de cr&#233;er des liens syst&#233;matiques avec les pr&#233;c&#233;dentes propositions... J'avais aim&#233; cela avec l'Atelier sur la ville.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;2. la belle famille&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4917&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s rapidement, il a compris comment les choses allaient tourner. Mal, bien s&#251;r. Lui, toujours si certain de ses incertitudes. Elle, si indiff&#233;rente aux autres. Bien s&#251;r que les choses ne tourneraient pas bien. Souvent il a pens&#233; aux enfants, &#224; l'inconfort pour eux de vivre entre ces rigidit&#233;s cassantes. Quoique, cassantes n'&#233;tait peut-&#234;tre pas le bon qualificatif. M&#233;prisantes lui semblait plus judicieux. Castratrices, certainement, aussi. Finalement l'incertain et l'indiff&#233;rence &#224; l'autre ont b&#226;ti des fosses communes constitu&#233;es de demandes de prises en charges invers&#233;es in&#233;vitables. Que d'actions d&#233;l&#233;gu&#233;es, &#233;vit&#233;es par les adultes. Pauvres petits. Ou plut&#244;t, comme cela a d&#251; &#234;tre difficile, petits, pour ces enfants. Elle, suffisamment maline pour faire croire socialement qu'elle s'occupait bien de tous, qu'elle &#233;tait une bonne &#233;pouse et une bonne m&#232;re de famille. Dans la r&#233;alit&#233;, combien de rejets de l'autre, de raisonnements justifiants pourquoi elle ne pouvait pas faire autrement que de laisser l'autre dans sa difficult&#233;. En &#233;vitant soigneusement de les regarder, hein : sans regard sur eux bien s&#251;r les autres ne se noient pas... Combien de mensonges pour &#233;viter qu'elle ne soit trop rep&#233;r&#233;e dans son &#233;go&#239;sme et sa m&#233;chancet&#233;. Heureusement elle n'avait pas vraiment d'argent : elle aurait &#233;t&#233; franchement vicieuse sinon. Souvent, c'est ce qu'il s'&#233;tait dit. En face, l'autre, un autre. L'&#233;l&#233;ment masculin. Si peu s&#251;r de lui qu'elle a pu le dresser ais&#233;ment &#224; l'&#234;tre encore un peu plus, lui brouillant ainsi ses rares d&#233;ductions, ses vagues tentatives de se mettre en action. Le mettant encore plus dans le flou : le fabriquant ainsi &#224; &#234;tre son parfait fantoche &#233;poux. Pauvres enfants. Combien ils ont d&#251; &#234;tre seuls, et comme cela a d&#251; &#234;tre difficile de se construire droit. Dans ce contexte, rien ne pouvait bien se passer une fois les enfants devenus adultes. Depuis si longtemps elle se sentait tellement au-dessus des autres, les roulant dans la farine quotidiennement. Elle se m&#233;fiait moins, voire pas. Ce fut l&#224; son erreur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&#199;a a marin&#233; longtemps, vraiment. Plusieurs id&#233;es qui ne m'inspiraient pas, au point que je finissais par me dire que j'allais renoncer. Sauf que ce n'est pas vraiment mon caract&#232;re. Finalement, je me suis dit que j'allais commencer par travailler une autre proposition. Et l&#224;, soudain, il &#233;merge ce couple, si malsain que je me suis bien amus&#233;e &#224; le d&#233;crire. Une &#233;vidence... qui entra&#238;nera fatalement une sombre histoire... que j'ignore totalement mais dont je pourrais tout &#224; fait &#233;crire une suite d&#233;sormais ! Et voil&#224;, l'&#233;criture et son plaisir d'&#233;crire est arriv&#233;, fluide...&lt;/div&gt;&lt;h2&gt;1. hier, Hortense&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4916&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de d&#233;part&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il se demande encore et comment il a fait pour arriver l&#224;. &#192; cet endroit. &#192; ce moment. Son regard se prom&#232;ne sur les visages des personnes qui entrent, sortent, vagabondent, et sur le d&#233;cor qui l'entoure. Il y a des tableaux, des fauteuils, des objets. Certains &#233;tranges, d'autres simplement d'&#233;poques et d'usages divers. Il est perdu dans le vague, puis sursaute. Et maintenant son &#339;il perplexe se dirige vers son bras. Oui, il y a bien son &#233;ternel pardessus sans lequel un voyage en train serait impossible. Il s'abaisse encore et constate la pr&#233;sence de sa valise noire, avec l'&#233;tiquette o&#249; figurent ses nom, pr&#233;nom, et autres renseignements obligatoires. Elle est bien l&#224;, pos&#233;e &#224; ses pieds. Il est bien v&#234;tu de son jean, et de chaussures pratiques mais cependant assez &#233;l&#233;gantes pour voyager. &#171; J'&#233;tais donc bien encore &#224; Dijon hier. J'ai bien pass&#233; quelques jours avec mon fr&#232;re. Apr&#232;s. Apr&#232;s l'enterrement d'Hortense. &#187; Il est totalement immobile depuis un bon moment et cela commence &#224; en agacer certains. Une femme le bouscule, lui passe devant sans m&#234;me un regard. Elle fonce puis s'arr&#234;te, hypnotis&#233;e par une statuette. Une danseuse mi-elfe, mi-indon&#233;sienne, de nacre et de bois. &#171; Il lui manque une main, certes. Mais je vais peut-&#234;tre pouvoir n&#233;gocier le prix du coup. Elle irait tellement bien sur la commode ramen&#233;e d'Indochine par mon grand-oncle. Ou bien dans le salon. De toute fa&#231;on j'ai un coup de c&#339;ur. Mais o&#249; est le vendeur ? Et cet homme-l&#224; qui bloque tout... je suis s&#251;r qu'il emp&#234;che le vendeur de me voir. Que c'est p&#233;nible ! Mais enfin on ne vient pas aux Puces si c'est pour ne rien regarder et rester planter l&#224;, au milieu d'une all&#233;e, en int&#233;rieur ! Quel malotru, imb&#233;cile de surcro&#238;t ! &#187; Soudain une voix r&#233;sonne : &#171; Vous &#234;tes int&#233;ress&#233;e Madame ? &#187; Et voil&#224; qu'il observe maintenant cette femme qui &#233;change avec celui qui est certainement le propri&#233;taire de cet espace d'antiquit&#233;, et d'un fourre-tout improbable. Il regarde, c'est &#224; la fois flou et pr&#233;cis. Il observe mais repense aux moments qu'il vient de traverser. Il comprend la situation de vente et se sent &#233;galement totalement d&#233;tach&#233; de celle-ci. D&#233;tach&#233; et loin de ce lieu o&#249; il est, pourtant. Seul existe en ce moment le pourquoi et le comment, le chemin qui l'a conduit ici. Derri&#232;re lui, soudain, une effluve. Un parfum lui fait tourner la t&#234;te. Il se met alors en marche, tr&#232;s vite, et suit cette femme. La silhouette est fine, de dos elle lui semble tr&#232;s belle. C'est le parfum d'Hortense, bien s&#251;r. Il sourit, acc&#233;l&#232;re tend la main et ouvre la bouche pour la h&#233;ler. Car bien entendu, c'est elle qu'il suit. Mais quand il le r&#233;alise, il s'arr&#234;te d'un coup. Bousculade. &#171; Mais enfin, monsieur, vous &#234;tes juste devant la porte d'entr&#233;e. Pourquoi vous arr&#234;ter !! Et ne restez pas l&#224; enfin ! Vous bloquez tout le monde ! &#187; Le jeune homme le d&#233;passe, furieux, et continue &#224; grommeler et r&#226;ler pendant qu'il se pousse un peu plus loin en s'excusant vaguement. &#171; Vraiment il y a des abrutis &#187; dit le jeune homme en rejoignant ses amis. Lui, il pense &#224; Hortense. &#192; son parfum. &#192; son allure, &#224; ses jambes, &#224; son rire. &#192; l'&#233;clat de ses jolies dents.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Au d&#233;part il y a l'id&#233;e de la gare, comme lieu. Puis un &#233;change avec un ami, autour d'un caf&#233;. Je lui parle de l'atelier d'&#233;criture, et puis du sujet, et de mon id&#233;e qui commencent &#224; me travailler un peu. &#171; Et pourquoi pas les quais du Rh&#244;ne, il y a des Puces... &#187; Pens&#233;es alors vers un joyeux dimanche matin, &#224; Lyon, avec des amis, aux Puces du Canal. Pens&#233;es vers la Porte d'Aix, &#224; Marseille. Rappel de l'atelier sur la ville. Les Puces sont adopt&#233;es. Apr&#232;s... ce sera s'y mettre un premier dimanche. Plaisir de sentir monter le besoin d'&#233;crire. Plaisir d'y c&#233;der. Plaisir de commencer en ayant une certaine id&#233;e du pourquoi &#171; le h&#233;ros &#187; est arriv&#233; l&#224;. Malice de savoir que cela ne sera pas racont&#233;. Ouvertures des possibles. Une semaine passe. Un autre dimanche pour fatiguer le texte, et enfin savoir avec certitude que l'atelier va pouvoir commencer.
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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