soutien aux facs

ça réfléchit, ça s’organise, ça agit : on soutient


Les facs et les les IUFM sont malades, gravement malades : on le sait, et pas d’hier. Mais la réponse de Sarkozy : privilèges pour l’élite (les écoles de commerce financées par les Chambres de métier vont bien, merci, et on retrouve leurs diplômés dans tous nos petits rouages de la culture, festivals, radios, édition), et la casse pour ce qu’ils considèrent comme un grand déversoir d’après bac.

Les IUFM ont ouvert très brièvement leur porte aux écrivains au début de la « mission Lang », en 2000, on ne va pas pleurer la fin de ces usines pour standardisation à flux tendu. Seulement, ce sont elles les dépositaires aussi du meilleur, ce qui, dans ce métier, tient à la reconduction populaire, à l’implication symbolique et morale, qu’on peut mesurer dès qu’on intervient dans le moindre collège de la plus petite ville, et qui suppose formation d’enseignants avec ouverture et dialogue du côté de notre monde artistique – cela aussi, ça a été fichu en l’air, discrètement, en quelques années : plus d’enseignants délégués dans les rectorats, budgets divisés par quatre.

Pour la recherche, n’en parlons pas : ils ne savent pas ce que veut dire le mot. Ces temps-ci, souvenirs de comment mon mécanicien de père, début des années 60, chambrait immanquablement la plus jeune de mes tantes au repas familial annuel : – On te paye à chercher et t’as toujours pas trouvé, ça servira à quoi vos machins ? Il s’agissait du premier rayon laser installé à Orsay, mais, depuis ses cardans et carburateurs de 2CV, ça ne lui était pas perceptible.

Lundi, face au Panthéon, mais ici à Tours simultanément, et sans doute dans d’autres facs, on lira intégralement La Princesse de Clèves. Ailleurs, à Marseille, c’est Rêvons l’université. A Poitiers, ce sont des enseignants faisant amphi libre durant le blocus (comme Stéphane Bikialo sur le sens et la sensure ce mardi), ou des opérations freezing. Et il doit y avoir l’équivalent ailleurs.

Pour ce qui est de la littérature en ces temps de cynisme et mépris, rien à ajouter au texte de Pierre Bergounioux mis en ligne hier, on est évidemment au même endroit. Voir aussi ce qu’en dit Pierre Jourde.

Alors plein soutien évidemment. Et, pour suivre, le blog universités en lutte, considérable travail d’Olivier Ertzscheid qui a mis ses autres blogs en grève, grand respect.

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 12 février 2009
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