roman-photo | défense de tri (sélectif)

résidence Paris en Toutes Lettres, immersion d’une semaine à la Défense


C’est curieux de parcourir les sous-sols, parkings, tunnels – et la façon disproportionnée dont tous ces parallélépipèdes en creux s’en vont sous chaque tour. Livraisons et évacuations, travaux.Curieux aussi ces interstices discrets, à la surface, par quoi on passe d’un monde à l’autre – mais il faut le code pour taper sur clavier de métal, ou la carte à passer devant le détecteur magnétique. Les sans-abri connaissent les contournements, les accès par l’arrière ou sur les côtés – j’en ai repéré plusieurs moi aussi – il paraît que c’est par vagues, et par nations aussi, dans le monde souterrain qui semble, de part et d’autre du parvis horizontal, le symétrique exact des tours. Dans ces interstices entre les deux mondes, où chaque mètre carré vide est grillagé, il suffit de la jonction des lumières pour qu’une végétation tenace – qui aurait déjà peu à voir avec le monde végétal, tente elle aussi sa chance. Comme, sous le ciel de la ville, une ville sans ciel, qui ouvre sous chaque tour par de vastes rectangles sur le port souterrain aux fumées de diesels, aux lourds passages de bus et de camions. À la jonction, des bennes pour les déblais et le métal, des bennes pour les déchets. Mais pas de tri sélectif pour le papier. Est-ce une mesure d’incitation à la bascule numérique ? Cent cinquante mille personnes ici chacune avec fenêtre et bureau ne traiteraient pas d’un minimum de papier via photocopieuses, imprimantes, courrier postal inutile, documents internes à recycler ou détruire ? Non, à la Défense, pas de tri sélectif du papier mais c’est pour une raison plus simple : ça a été construit avant qu’on sache faire.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 5 mai 2011
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