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cours

J’ai voulu commencer la suite de ces cours par Rimbaud, en ce qu’il représente une fracture considérable, et que le mouvement dessiné par les quatre temps de son œuvre ancre notre idée du moderne. J’ai insisté sur le parcours d’apprentissage, et la négation progressive des contraintes de rime ou de rythme dans l’œuvre en alexandrin, l’inscription de soi-même comme expérience dans Saison, et on a exploré quelques volets des Illuminations, en particulier les suites récurrentes. D’autre part, état des thèses et recherches en cours sur notre idée de Rimbaud (Borer, Butor), et comment l’œuvre a cheminé vers nous pour s’imposer aujourd’hui dans cette lecture.

En amont de Rimbaud, mais toujours pour s’ancrer dans cette idée du moderne, Baudelaire. Deux heures sur l’itinéraire biographique, le passage par Edgar Poe. Deux heures sur l’évolution des Fleurs du Mal comme œuvre-vie, et les deux versants qui font socle, les textes esthétiques, en particulier Le Peintre de la vie moderne, et les poèmes en prose du Spleen de Paris, avec le paradoxe des deux textes non publiés, le projet de préface et Onéirocritie, comme limite. Brève incursion dans le PassagenWerk de Walter Benjamin en parallèle.

Je voudrais continuer de mettre en avant cette quête de l’invention en littérature, comment elle exige à la fois un en-avant volontaire de l’auteur, une mise en question délibérée des formes établies, et à la fois s’impose comme telle à rebours de l’auteur, contre lui ou après lui. Contrairement à ce que je vous ai annoncé, au lieu de partir immédiatement du côté de chez Proust, je voudrais solidifier cette thématique, l’installer comme horizon en examinant concrètement deux œuvres d’importance, dont une qui nous est complètement contemporaine : ce mardi 14, Koltès, mardi 21, Artaud.

Pour Koltès, reprise du concept de temps tel qu’évoqué pour Rimbaud et Baudelaire, pour Artaud, reprise d’un concept d’expérience. On devrait être d’autant plus fort pour revenir à Proust, qui en tout est charnière.

atelier

Merci à l’équipe de la bibliothèque de nous accueillir dans un lieu qui se prête aussi bien à la concentration et l’écriture.

Ces trois premières séances, j’ai tourné autour de l’idée de réel : image mentale de scène réelle, à différentes positions mémorielles, d’après Journal de Kafka ; image cadrée du réel, travail sur récurrences de fenêtres (vais mettre en ligne incessamment extraits, et le même exercice traité avec apprentis de Pantin) ; travail sur image photographique d’après Claude Simon. Pour les prochaines séances, ce sera plus côté voix, profération, intensité, ce mardi 14 à partir Henri Michaux, les séances suivantes d’après ce qu’on aura évoqué en cours à partir Koltès et Artaud.

UV

L’obtention de l’UV est liée à la remise d’un mémoire dactylographié de 8 à 15 pages, avec pour souhait que ce travaille puisse dialoguer avec votre travail artistique. Ce mémoire peut constituer soit en une analyse, lecture annotée et commentée, d’un des livres cités ici, ou de tel autre ouvrage que vous me proposeriez (accord préalable) ; soit une réflexion sur la langue tel que vous avez à l’utiliser dans votre travail artistique, du point de vue syntaxes, formes, pratique, mise en relation aux thèmes littéraires évoqués dans le cours.

Dans l’un ou l’autre cas, plutôt qu’une méthodologie (pour ma part, je n’en use pas), je préfère solliciter une approche personnelle, journal d’une lecture approfondie, annotée et commentée, qui puisse entrer en résonance avec votre travail personnel.

Les notions de forme narrative, rapport de la littérature aux concepts d’espace, réel, représentation, image, sont suffisamment évoqués dans chaque cours et chaque auteur pour que vous puissiez les dégager, si possible, de l’œuvre, de l’auteur ou du thème que vous aurez choisi pour ce mémoire.

Nota : un enjeu qui nous particulièrement crucial à l’ENSBA, où de nombreux étudiants ont choisi dès le secondaire que leur implication principale serait côté arts, c’est de rendre possible à chacun un usage raisonné de la lecture et de la littérature, et les principaux repères formels ou critiques pour cheminer seul dans les formes d’aujourd’hui. C’est pour cela que j’ai mis l’accent, dans les livres proposés, sur des œuvres contemporaines (Tarkos, Novarina, Collobert) : les questions liées à la difficulté d’aborder une œuvre et le chemin personnel vers l’écriture peuvent fournir aussi matière à mémoire, en aucun cas ne permettre d’en contourner l’enjeu proprement littéraire.

Merci de m’éviter textes qui seraient seulement présentation ou analyse de votre travail artistique, y compris cinéma ou BD. Suis disponible pour définir cela avec chacun d’entre vous, oralement après le cours ou par mail.

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 13 février 2006
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