campagne électorale, 5/15

il suffit de lever la main


On procédait à des vérifications, mais cela avait aussi valeur symbolique.

Chacun se présentait avec ses 500 parrainages. Dès que les 500 parrainages étaient rassemblés, on venait sous les fenêtres du bâtiment officiel, et là ils vous comptaient. Puis on tournait le dos, et ils vous recomptaient, mais pas le dos : les vérifications étaient sérieuses.

Un parti auquel il manquait quelques dizaines de candidats avait tenté de se présenter au comptage des parrainages avec des personnes rémunérées pour en tenir le rôle.

Alors il y avait l’appel du nom, et chacun levait la main. On devait lever la main franchement, nettement, avec enthousiasme était encore mieux, dans le cas – et dans le cas seulement – où vous pensiez que votre candidat avait chance de l’emporter.

Le parti à qui il manquait quelques dizaines de parrainages avait protesté : parce que certains de ceux qu’il avait rameutés, une fois devant le bâtiment officiel, n’avaient plus osé lever la main.

Et puis, le compte établi, on leur lançait des récompenses, de petits oeillets tricolores, sur une épingle, à se mettre sur le revers de la veste. Alors à nouveau il fallait lever la main dans l’enthousiasme, pour autant qu’on ait envie de vaincre, et qui levait la main le plus haut avait le plus de chance de gagner le petit oeillet tricolore sur épingle pour décorer sa veste.

 

photographie © Reuters, Bayonne, 01/03/2012 – utilisé sans permission, c’est pour la cause


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1ère mise en ligne et dernière modification le 3 mars 2012
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