Ode à Jimi Hendrix | opaque et décisive année Nashville

construction d’un livre Jimi Hendrix via chantier web à ciel ouvert


 

Première composition (line-up) des King Casuals à Nashville à l’automne 1962 : Harry Bachelor (chant), Billy Cox (bass), Jimi Hendrix (guitare), Buford Majors (saxophone), Leonard Moses (guitare), Harold Nesbit (batterie).

Réflexion : « À Nashville, j’ai vraiment appris. » Toute une année, à Nashville. Il précise : « Le moindre type dehors sur un trottoir savait se servir d’une guitare. »
Mars 1963 : joue pour George « Gorgeous » Orwell, mais jouera aussi pour Jackie Wilson, Sam Cooke, Slim Harpo, Tommy Tucker, The Supremes, The Valentino (avec Bobby Womack) et d’autres. On suppose qu’une part du répertoire était commune. Arrive à New York en janvier 1964, trouvera depuis New York les engagements suivants, Isley Brothers (tournées de mai à novembre) et Little Richard (de janvier à juillet 1965, avec des interruptions – joue aussi avec Ike & Tina Turner, King Curtis). Effectue dans l’année Nashville deux voyages à Vancouver : comme de préférer Vancouver, mais que le travail est à Nashville.
Quand il est invité à une audition, ou qu’un type lui demande de lui montrer ça ou ça : « Tu as une corde mi ? » Ou bien (attesté pour la première audition des Isley Brothers) : « Le billet de train, et un jeu de cordes. »

Surnom, un temps : Bat. Sous prétexte qu’au lieu d’aller se balader en ville, dans les tournées (les trois ans qui précèdent l’Angleterre), il reste dans la chambre rideaux fermés.

Attesté de BB King, dans la tournée où ils se croisent : « On faisait comme tous les musiciens : – Ce truc-là, tu fais comment… Ou bien : – Et ça, comment tu y arrives ? » Dans le témoignage de BB King, c’est à égalité. Pourtant, tous ceux qui croisent Hendrix à l’époque : « Il joutait tous ces trucs à la BB King…. »

Période des premiers groupes : « Ce qui lui manquait, c’était l’orientation. » Ou bien : « Il y avait tous ces sons qui sortaient… » Témoignage de Curtis Knight : « Ça te vient d’où, tous ces sons ? – Je peux pas le savoir, mec, j’en sais rien, rien du tout… »

The Chitlin Circuit : tournées de ville en ville, mais uniquement les salles de spectacles pour les Noirs. On est déjà dans les années 60, mais dans l’Alabama c’est un bassiste blanc qui va chercher la bouffe pour tout le monde dans le routier, et la rapporte au bus resté sur le parking. C’est pourtant ainsi que Hendrix, à vingt-trois ans, voisinera Solomon Burke ou BB King. Du succès de Hendrix, vu par Angie Burdon : « Avant lui, je n’aurais jamais imaginé faire l’amour avec un Noir. Avec lui ça devenait possible, et c’était comme ça pour nous toutes : cela changeait complètement la vision du monde. »

La plus ancienne prise filmée de Jimi Hendrix : Shotgun, 1965. Les deux types en chemise blanche et pantalon collant qui se trémoussent devant, bien parallèles. Le batteur au coup régulier sur la caisse claire, piano bastringue, et les deux saxophonistes, le bassiste et le guitariste rythmique plus le gaucher qui dansent aussi à l’unisson, bien encostumés, et la responsabilité de rester invisible. À la fin du morceau, les zozos sautent à cloche-pied. Il l’a mérité, le succès solo de Jimmy James, Hendrix.

Les trois frères des Isley Brothers : la coiffure relevée haut sur le front, les postures accordées au micro. Et, derrière, la guitare, comme on la reconnaît bien : on dirait qu’elle s’amuse, à ces petits trucs de variété. C’est déjà le son, le sien : mais ils ne s’en apercevaient pas, tous ceux-là, à le laisser comme ça dans son coin derrière ? « So move over…  »

Concerts Little Richard : lui seul à l’avant-scène, profil public, debout face piano à queue (ce qui lui permet aussi de s’asseoir au sommet pour jouer du clavier avec les pieds). Musiciens en blanc sur la scène : ce n’est pas la guitare qui a le meilleur rôle, mais les quatre saxophonistes (la puissance que ça offre). Tutti Frutti. En 1965, les Rolling Stones arivés, il faut bien suivre le mouvement : on recrute guitare, mais le patron grince. Spectacle des doigts de Little Richard sur le clavier : plastique du jeu de doigts, nul doute que ça aussi il en a pris graine, le gaucher timide –- Good Golly Miss Molly, les instants de voix seule sur le roulé batterie, comment on réécouterait indifférent. Vieilles émissions télé de Little Richard : noirs sur la scène, noire la vedette qui clowne, blanc le public, obligatoirement, homogènement blanc. Jouer avec Little Richard, c’était échapper au Chitlin Circuit, les tournées noires pour Noirs.

Parmi les groupes de bas d’affiche, période Maurice James et tournées Little Richard : The Detergents, The Hallabaloos, The Exciters.

Juin 1966 : la date précise du premier concert de Jimmy James and the Blue Flames (probablement au Night Owl Café, 118 West, 3ème rue) impossible à retrouver. Line-up : Jimmy James, guitare, chant, Randy California, basse, Randy Texas, batterie. C’est Hendrix qui a surnommé Californie et Texas, pour les distinguer, ses deux Randy.

 

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1ère mise en ligne et dernière modification le 22 septembre 2012
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