Conversations avec Keith Richards | 14, de l’espoir

Bondy, Seine Saint-Denis, deux jours avant le Trabendo.



Conversations avec Keith Richards
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IT’S ALL JUST SHOWBIZ. MY WHOLE LIFE IS SHOWBIZ. KR.

 

Keith Richards : « Tu me forces à parler de ce que je n’ai connu que de très loin, comme si toi je te demandais un accord de sol, ou même de mi mineur : c’est difficile, un accord de mi mineur. »

Keith Richards : « Le rock’n roll n’est ni espoir ni désespoir, il est la façon dont nous sommes perdus sans l’un ni l’autre. »

Keith Richards : « L’espoir n’est pas une catégorie pertinente pour qui est seulement traversé du monde. »

Keith Richards : « Ce Walter Benjamin que tu me rebats les oreilles avec, on pourrait se faire un resto avec lui un de ces quatre » ?

Keith Richards : « Chanter pour qu’à tout moment ceux qui viennent entendre un bout d’espoir voient devant eux leurs mains vides. »

Keith Richards : « On ne contraint pas l’autre au désespoir, on lui apprend à savoir marcher sans béquilles. Le présent suffit. »

Keith Richards : « Sache les matériaux du monde : ciment, pierre, terre, bitume, verre — alors tu te passeras d’y chercher l’espoir. »

Keith Richards : « Le ciment, le bitume et le verre ne sont pas le contraire de l’espoir, ils sont la prise matérielle pour s’en passer. »

Keith Richards : « L’espoir, c’est ce qu’il aurait fallu pour que tu finisses la nuit autrement, mais ça ne s’est pas passé comme ça, voilà. »

Keith Richards : « Le désespoir est ce que tu écrases dans ton poing quand tu chantes. »

Keith Richards : « L’espoir est ce que tu sculptes de ton poing quand tu chantes. »

Keith Richards : « L’espoir c’est la ligne de la ville à l’horizon, ou ses lumières, n’importe quelle ville, mais avant que tu y entres. »

Keith Richards : « L’espoir dans une ville c’est quand tu es assis dans une salle publique, géométrique, vide, avec une musique fade. »

Keith Richards : « Les musiques fades ont été inventées pour ceux qui voulaient se tenir à égale distance de l’espoir et du désespoir. »

Keith Richards : « Note qu’il m’arrive désormais de parler de la joie. »

Keith Richards : « Longtemps j’ai confondu la joie et... tu sais, là, quand on se bidonne ? »

Keith Richards : « La différence entre joie et espoir, c’est que la joie se suffit d’être, en son instant, cet instant. »

Keith Richards : « Est-ce qu’un chien a de l’espoir ? Pourtant il a de la joie, puisque sa queue remue. »

Keith Richards : « L’espoir est ce que tu écrases dans ton poing quand tu chantes. Alors tu le chantes (mais comment le savoir, du moins toi ?). »

Keith Richards : « Jumping Jack Flash est une chanson d’espoir. D’ailleurs, quoi qu’en dise Bill Wyman, elle est de moi. »

Keith Richards : « Écris Jumping Jack Flash et ta vie déjà est assez remplie. Tu restes juste pour qu’ils le sachent. »

Keith Richards : « Le désespoir est ce que tu écrases dans ton poing quand tu chantes. »

Keith Richards : « Johnny Hallyday n’a jamais chanté de chanson fade. Les autres Français oui, c’est à ça que je les reconnais. »

Keith Richards : « Note : qui a besoin d’espoir roule avec des essuie-glaces, il n’a qu’une vue partielle de notre nuit. »

Keith Richards : « Note : qui cherche à s’endormir sur l’espoir n’aura que des rêves ternes, et non sauvages. »

Keith Richards : « Quand t’es heureux, tu ne chantes plus. Mais le désespoir t’arrache le souffle au-dedans. Reste quoi ? »

Keith Richards : « Note : chaque soir, se concentrer une minute sur l’idée même de l’espoir — ça n’a jamais tué personne. »

Keith Richards : « Le désespoir est comme le trottoir où tu marches : un pied, puis l’autre pied, puis encore, et toujours le trottoir. »

Keith Richards : « J’ai connu le désespoir : et crois-moi, je n’ai jamais utilisé le verbe connaître dans un sens tiède. »

Keith Richards : « Note : savoir chacun à quoi ressemble l’image exacte du désespoir, couloir, dalle, matière, heure ? »

Keith Richards : « Note : fais de ton désespoir une miniature, la maquette du lieu entrevu, et regarde-là de toute ta taille. »

Note : « L’espoir c’est comme une belle voiture, ça ne vaudra jamais la bagnole dont tu rêvais avant de pouvoir t’en payer une. Compris ? »

Keith Richards : « Note : si l’espoir te semble un bâtiment bien trop grand, concentre-toi sur ton pas, celui-ci, puis le suivant. »

Keith Richards : « Marcher sans recourir à l’espoir, c’est penser ses semelles cinq centimètres au-dessus du sol, essaye. »

Keith Richards : « Tenter de marcher au-dessus du sol, et le monde entier défile ou bascule, voilà, de trop croire à l’espoir. »

Keith Richards : « Qui voudra de ton livre avec nos conversations si elles n’enseignent rien pour l’espoir : j’ai été nul, là. »

Keith Richards : « Note : nu dans le désespoir, habillé dans l’espoir. Vieux proverbe. Utile ou pas, c’est autre chose. »

Keith Richards : « L’espoir, pour moi : une silhouette au loin marche en silence, et soudain tu te reconnais. »

Keith Richards : « L’espoir, pour moi : une silhouette au loin s’éloigne dans la ville, elle a échappé à ce qui t’enferme. Tu y retournes. »

Keith Richards : « Seule l’indifférence à l’espoir t’ouvre le chemin du rock’n roll, cette danse.  »

Keith Richards : « De quoi on n’a pas parlé, là ? »

 

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1ère mise en ligne et dernière modification le 22 février 2013
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