#été2024 #03/40 | Tarkos, le parpaing revisité

le cycle été 2024 de Tiers Livre



 sommaire général et présentation du cycle été 2024 (plus inscriptions) ;

 la page unique Patreon avec récap des consignes écrites et téléchargements fiches d’appui (ou via lettre mail dédiée pour les participant·e·s non abonné·e·s) ;

 l’ensemble des participant·e·s à ce cycle reçoit directement par lettre mail dédiée les nouvelles propositions, le journal de bord, et les fiches d’appui ;

 problème d’accès WordPress ou réception lettre mail : nous écrire !

 

#03 | Tarkos, le parpaing revisité


C’est une des premières intuitions de départ de ce cycle, en profondeur : revisiter des propositions d’écriture dont, à les découvrir, on percevait bien quels obscurs labyrinthes ou quelles trappes on avait encore à y démêler.

On était dans le cycle Pousser la langue, c’était exactement il y a cinq ans, le 20 juin 2019, et j’avais intitulé cette proposition : Tarkos, un parpaing de phrases. Et c’est plus de 160 de ces « parpaings de phrase » qu’avait accueilli l’espace de publication, allez en relire quelques-uns, c’est fascinant. Au point que nous les avions rassemblés en un livre numérique, version PDF que je joins dans l’espace document.

Mais c’était dans un contexte précis : celui de décrire. Encore mieux, décrire un effet de présence ordinaire du quotidien, s’en référer à un objet à la fois métaphore, de la construction, du bâtir, de l’assemblage des villes, mais quand même un agrégat, moulé lourd et rugueux. Plusieurs d’entre nous à en reparler souvent, de cette séance.

Et si on rebattait les cartes ? À Marseille, en 1994, Tarkos assiste à la performance de deux poètes amis, dont Philippe Castellin, qui proposera chez POL en 2014 L’Enregistré, la somme de ces traces archives audio et vidéo laissées par Tarkos (mort en 2004, et n’hésitez jamais passer pour un petit salut cimetière du Montparnasse). Pour cette performance, sur scène, 50 parpaings ordinaires, mais sur chacun est écrit un mot. Il demande l’autorisation d’en emporter un, et choisit celui sur lequel est écrit POÈME.

Il ’apporte avec lui à Beaubourg, quelques mois plus tard, lors d’un hommage à la revue Java, et le texte que vous lirez dans le dossier des fiches d’appui en est la transcription, 6’, je joins aussi la version mp3.

Ce que je vous propose aujourd’hui : non pas « décrire » l’objet que vous choisirez, au plus quotidien, au plus ordinaire, panier à salade ou sac de supermarché, chose ramassée et conservée, paire de lunettes, bout de bois, mais un objet qui pour vous reste à distance de cet usage si ordinaire, ou commun, et serait pour vous comme l’Odradek de Kafka, cette bobine de fil sur laquelle on bute toujours dans la maison, mais toujours introuvable quand on en a besoin.

Comment écrire ? Eh bien voyez comme Tarkos avance. Comme il répète. Comme parfois même il bégaye. Ou temporise. Comment il décrit effectivement la brique lourde, creuse et grise, mais parle surtout de son corps, de le prendre dans ses bras et le serrer dans ses bras, ce parpaing, de le soulever ça c’est facile, mais le soulever par les yeux, vous sauriez ?

Repérez les occurrences du mot parpaing, remplacez par votre propre objet : ça vous oblige à remanier quoi, pour conserver la même suite précise de figures, d’avancement du texte ?

En tout cas, dans la mine inouïe qu’est l’oeuvre de Tarkos, un texte scintillant, susceptible de bien des propositions d’écriture différentes, et c’est pour cela, depuis bien longtemps, que je souhaitais y revenir.

Se souvenir que, pour cette performance à Beaubourg, Tarkos, qui a apporté avec lui de Marseille son parpaing marqué poème, commence par le jeter sur la table, avant d’en parler sans jamais cesser pendant six minutes chrono.

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
diffusion sous licence Creative Commons CC-BY-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 juin 2024
merci aux 269 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page