#été2024 #04/40 | habiter avec Sereine Berlottier

le cycle été 2024 de Tiers Livre



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#04 | habiter avec Sereine Berlottier


On l’a bien des fois expérimenté lors de nos cycles d’été : la moisson de projets qui vont en émerger, parfois jusqu’à la publication d’un livre, le relais vers l’écriture personnelle, tiennent à comment on prend le temps de relier les propositions les unes aux autres, comment on permet à l’écriture de retraverser encore et encore de mêmes cercles, plutôt qu’une succession d’exercices à l’horizontale.

Et nous sommes encore dans l’écho de ce prologue avec Peter Handke, une intimité des sens qui se confronte à la réalité du monde dans le double mouvement de se l’approprier et de se construire soi-même.

Puis, avec les infinitifs de Thierry Beinstingel, l’appropriation d’un lieu à nous-mêmes extérieur, en tout cas bien autrement que la chambre explorée avec Chantal Akerman.

Pour rester dans ces harmoniques, l’exemple d’une autre démarche largement ensemencée par Perec (on retrouvera dans le bref livre de Sereine Berlottier Espèces d’espaces, mais aussi Penser/Classer, Un homme qui dort et W comme on y trouve Michaux et Kafka. Non pour parler de Perec, Michaux et Kafka, mais comme si d’avancer sur une intuition — donc le verbe habiter — appelait littéralement à rouvrir des livres, et qu’à mesure de la lecture on lisait comme par transparence un livre parallèle, écrit en nous par avance mais qu’on ne découvre que par celui-ci.

Ceci, j’en parle en fin de vidéo. Maintenant, le livre. Publié aux Inaperçus, conçu comme co-écriture avec les peintures de Jérémy Liron, pour faire connaissance avec Sereine Berlottier voir son site, il s’agit, pour le texte principal, d’un ensemble de 144 fragments sur le seul verbe habiter.

L’idée de maison dans les contes, les maisons d’enfance, les piaules étudiantes, ou celle de l’année aux US, ou les cabanes, et les greniers, ou les maisons mobiles, ou simplement l’intérieur de soi, 144 variations qui sont chacune une traversée unique et précise d’une composante de soi-même, comme des questions symboliques associées à ces déclinaisons. L’étymologie en fait partie, et bien sûr les échos de lecture, de Virginia Woolf à Jean-Christophe Bailly, ou les maisons vidées, ou les maisons qui ne sont plus les nôtres, et même les maisons rêvées.

Essai ou rhétorique ? Certainement pas. C’est cela, justement, l’art du fragment. De sa coupe et son tranchant. D’attraper 144 fois la fragile sensation par la phrase qui la désigne dans sa lacunarité même, dans sa difficulté même à la saisir.

Le fragment ? D’abord à penser comme une poétique. 144 fois un point de départ à distance, pointant depuis autant d’origines séparées, dispersées, en mode constellation, vers le même présent qui justement est notre relation au monde.

Cet exercice aussi parce que tenté une fois à la fac de lettres Chambéry, et que j’avais été si troublé par là où ça nous avait emmenés, quelques-uns des textes sont justement toujours ici dans le blog.

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 22 juin 2024
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