#été2024 #08 | Franz Kafka, fictions en chambre

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#08 | Franz Kafka, fictions en chambre


Dans sa pratique d’écriture quotidienne, Kafka procède par variations et séries : le chasseur Gracchus, une route en sortie de village, les Peaux-Rouges ou Don Quichotte. Et pas de rupture d’intensité entre ces micro-récits qui s’arrêteront au bout de quelques lignes ou quelques pages, et la même figure — donc ici une chambre (qui ressemble tellement à la sienne propre), un canapé et une table à écrire, une porte d’entrée et une fenêtre sur rue — engendre des formats plus grands, comme La métamorphose ou même Le procès.

Figure récurrente, obsessive : j’en avais autrefois dénombré quatorze. Dans le petit document joint j’en ai sélectionné cinq.

J’y insiste : la fiction naît d’une nécessité, d’une intuition non choisie, d’une image non soluble. Et cela ne se produit pas sur commande (même si cela définit, l’invention en tant que telle, un continent en soi).

Donc, nous, on va ruser. On va s’y attaquer par le milieu. La fiction que vous allez nous faire miroiter jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus, vous seul la connaissez, ou voudrez nous le faire croire. Ce qu’il y a avant, ou en amont de votre fragment publié, vous seul en avez le secret, et rien qui nous permette de le partager. Ce qu’il y a après, ou en aval de votre fragment publié, vous seul en avez le secret, et rien qui nous permette de le partager.

Il nous reste donc un petit morceau de fiction sans bord. Et s’il n’y a rien dans votre secret, nous ça ne nous regarde pas. On s’imaginera de toute façon la fiction, justement à ce qui lui manque.

Et pour ce milieu sans bords, alors ?

Dans les cinq micro-récits que je vous propose dans le document joint, je vous propose de lire le premier (plus, en exergue, ce tout homme porte une chambre en lui). Dans la chambre qui est celle des habitudes, un bruit. Une porte qu’on n’avait jamais remarquée : mais comment est-ce possible ? Et voici qu’elle s’ouvre.

Rien d’autre. La chambre, elle peut venir de la mémoire, via l’enfance, ou les trimbales, ou les villes, ou les situations éphémères. Mais, dans cette chambre, une porte de communication intérieure. Une chambre illégitimement occupée, qui n’est sait quelque histoire...

Et si on la poussait ?

Vous laissez passer combien d’années entre deux relectures du Golem de Meyrink ? Vous vous souvenez qu’elle y est, la porte de communication intérieure ?

Attention : à mesure de ce cycle, on va souvent approcher et traverser cette frontière. Il n’y a rien d’obligé : si une proposition ne vous convient pas, rattrapez-vous sur les autres.

Mais elle va convenir : justement parce qu’on n’en produit qu’un tout petit rouage. Ce rouage sans bords, sans avant ni après, sans amont ni aval.

Ces portes existent dans les rêves, aussi, et dans les rêves on peut apprendre à les pousser.

Et les quatorze variations de fictions en chambre de Kafka, dont je vous en propose cinq ? Juste pour que votre fragment résonne sur autant de possibles, même si aujourd’hui on s’en tient à ça et seulement ça : une chambre, une porte, et voilà que la porte s’ouvre.

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 26 juin 2024
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