#été2024 #12 | Claude Simon, 14 fois la ville

le cycle été 2024 de Tiers Livre



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#12 | Claude Simon, 14 fois la ville


Rouvrons le Jardin des Plantes : depuis son Nobel, Claude Simon est invité pour des conférences dans le monde entier. Le livre va déployer, comme sur un planisphère ou une grande carte étalée à l’horizontale, des noms de villes ou de trajets, et chacun sera l’occasion d’une page précise dans le livre, série ou séquence indépendante des autres, avec souvent fonctionnement récurrent (l’invitation à New York).

Cette structuration du livre comme à échelle du monde l’autorise à un déploiement cette fois temporel : les expériences sexuelles de l’enfance, le sport au collège (la course de relais ratée), la guerre d’Espagne et ses bordels, la déroute sur la Meuse en 1940, la maladie qui le cloue après guerre. Et le présent : un homme âgé, voyageant progressivement de moins en moins, écrivant l’après-midi mais descendant un moment chaque jour au Jardin des Plantes tout proche de son domicile, on y reviendra dans la proposition suivante.

Ces fragments avec villes : Chicago, Tokyo, Moscou, Athènes, Le Caire et Jérusalem, Göteborg et Madras ou Calcutta, Anchorage ou Las Vegas, sont comme une apparition sans précédent dans la littérature : les nuits d’avion et les levers de ciel, l’approche de l’avion sur une ville, une voiture qui les traverse la nuit, l’enfoncement piéton dans la foule ou bien seulement ce qu’on voit de la fenêtre de l’hôtel, chaque fois le dispositif sera différent et neuf.

J’ai rassemblé dans le document à télécharger quatorze de ces paragraphes qui sont, plutôt que des villes, comme des fragments sphériques d’un monde tout entier. C’est leur présence qui autorise les fragments d’écriture temporelle à s’installer dans une logique universelle et non simplement autobiographique.

Alors, non pas quatorze, restons sur trois, mais la demande pressante de définir pour chacun trois de ces objets-monde liés à une ville, un séjour, une traversée, une langue. Trois, parce que s’en tenir à un seul ne nous protègerait pas de la tentation descriptive, voire touristique (on peut détourner cela aussi d’ailleurs, comme le faux Baedeker d’Istanbul qu’avait proposé en son temps Alain Nadaud).

Trois fois une arrivée, une traversée. Dans la proposition #11, il s’agissait d’un retour : l’élastique qui ramène à la maison de famille, même si on est là pour la vider, et vendre les vignes. Ici, une contrainte qu’on retrouvera dans notre cycle : comment parler du monde tel qu’il est devenu ? Georges Perec, dans Espèces d’espaces et même dans Lieux avait contourné le problème : on ne franchissait jamais le « périph » pourtant juste achevé. Là c’est l’avion qui rend la ville visible, ou plutôt descriptible.

Choisissez vos trois villes. Des villes loin. Pas là où on vit au quotidien. À distance spatiale ou distance temporelle. Mais c’est parce qu’on devra bien respecter qu’il y en a trois, que les trois paragraphes-villes s’éloigneront les uns des autres. Que l’écriture devra bien accepter les géométries, les vitesses, les écrasantes disproportions.

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 1er juillet 2024
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