#été2024 #13 | Claude Simon encore, tout un monde en 4000 signes

le cycle été 2024 de Tiers Livre



 sommaire général et présentation du cycle été 2024 (plus inscriptions) ;

 la page unique Patreon avec récap des consignes écrites et téléchargements fiches d’appui (ou via lettre mail dédiée pour les participant·e·s non abonné·e·s) ;

 l’ensemble des participant·e·s à ce cycle reçoit directement par lettre mail dédiée les nouvelles propositions, le journal de bord, et les fiches d’appui ;

 problème d’accès WordPress ou réception lettre mail : nous écrire !

 

#13 | Claude Simon encore, tout un monde en 4000 signes


Alors d’abord j’avoue : cette vidéo est menteuse.

Quand j’annonce ma consigne (pas trop d’inquiétude, vidéo plus courte que les précédentes !), je regarde dans mon Jardin des Plantes ouvert les deux pages et demie du texte qui va nous servir d’appui, et je dis : 4 000 signes...

Or, à peine la vidéo enregistrée et en voie d’export, recopiant le même passage pour préparer ma fiche d’appui, sur Word menu outils puis menu statistiques, sélection du texte et voilà : 3 983 signes !

Alors à vous de rectifier le titre : la commande que je vous fais, elle est de 3 983 signes, et non pas de 4 000.

Mais je réitère et insiste : c’est bien du format que je vous fais commande. Je sais, vous allez protester. Il en faudrait 39 830, de signes, ou bien 398 300, pour épuiser un fragment complet de monde, ce que je dis « tout un monde ».

Ou bien, si vous comptez en mots, 745 suffisent et non 750.

Maintenant, le thème. Voici un livre qui s’intitule Le jardin des plantes. On a été préparé à ça avec le livre précédent L’Acacia, huit ans plus tôt (le temps qu’il faut pour faire un livre. Dans L’Acacia, c’est seulement dans les trois dernières pages qu’on découvre l’arbre.

Dans Le jardin des plantes, c’est page 350, sur les 380 que compte le livre, qu’apparaît le lieu-monde qui donne son titre au livre.

Claude Simon, ces huit ans qui séparent les deux livres, passe les étés près de Perpignan, dans la maison de Salses, et les hiver à Paris, place Monge. Il écrit l’après-midi. Sa promenade (il sera plus tard forcé d’y renoncer), c’est précisément le Jardin des Plantes.

Donc, probablement régulièrement vu depuis un point fixe, ou bien une promenade rituel, au trajet précis. La scène est reconstituée depuis la table à écrire (la même depuis La route des Flandres), sur le tapis tunisien découpé puis recousu qui lui aussi fait partie du rituel.

Dans ces 3 983 signes ou 745 mots, il y a quoi ? Forcément des archétypes, coupes qui s’embrassent, d’autres personnes pour qui c’est l’heure du sandwich. Personnel, gardiens et jardiniers. Enfants et jeux d’enfants. Mais aussi, parce que le Jardin des Plantes, des statues, et elles ont des noms (Linné, Buffon etc). Des animaux, on se souvient bien (voir les frères Gondourt) comment lors de la Commune de Paris on les a a découpés et donnés à manger à la population affamée. Il reste encore des ours (je ne crois pas qu’ils y soient encore, mais lisez Julio Cortázar et ses Axolotls, pour l’ambiance. Et puis les verrières du musée d’histoire naturelle, avec en transparence les squelettes géants de dinosaures. Puis encore, dans le tracé même du jardin, le nom des allées.

En 4 000 signes (non, 3 983), on va tenter d’épuiser (le mot est bien sûr de Perec, et on n’a jamais travaillé ensemble sur Lieux, ça va venir !) la complexité et la simultanéité d’un lieu pourtant ordinaire et banal, sinon qu’il est le lieu de l’avant écriture.

Et surtout qu’il est comme la preuve du livre, puisque réel ainsi est son titre, et qu’avant de clore cette symphonie à échelle-monde qu’est ce livre (l’avant-dernier), on a besoin absolu de cette séquence comme en vue fractale.

Alors ce lieu, pour vous, ce sera quoi ? On a travaillé dans la #11 sur l’idée d’un retour, entre soir et nuit. On a travaillé dans la ##12 sur l’idée de trois fragments-villes. Quiconque a écrit une de ces trois villes en 3 983 signes est dispensé de la #13.

Un wagon de métro, une cour de lycée, un hall de gare, une fête foraine, une terrasse sur la place, la galerie marchande du supermarché ?

Bien sûr, votre propre piste n’est pas dans cette liste.

Mais sur la calculette de votre traitement de texte, les 3 983 signes on peut les mesurer facilement.

Une consigne basée sur la longueur .

Oui. Absolument oui. Et tranquillement.

Et sûr que l’exercice d’apparence simple va se constituer en bifurcation supplémentaire pour la totalité d’entre nous !

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
diffusion sous licence Creative Commons CC-BY-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 juillet 2024
merci aux 185 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page