<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?id_mot=1065&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>29 | m&#233;tro Cadet avec Dominique Grandmont</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5090</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5090</guid>
		<dc:date>2022-01-13T07:46:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Grandmont, Dominique</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>1981</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Paris, 1981, Dominique Grandmont&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1113" rel="tag"&gt;Grandmont, Dominique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot326" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1065" rel="tag"&gt;1981&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;29 | m&#233;tro Cadet avec Dominique Grandmont&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Si les pics et traverses sont li&#233;s &#224; des &#233;v&#233;nements biographiques, la publication du premier livre en est une certainement : pour les deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes je revois cette grande brasserie &#224; l'intersection de la rue Rochechouart et de la rue Lafayette &#8212; moi j'habite rue Rochechouart apr&#232;s avoir habit&#233; rue de Tr&#233;vise et les quelques mois en piaule partag&#233;e au sixi&#232;me rue Lafayette presque cinq ans dans le m&#234;me mouchoir de poche du IXe arrondissement, il y a la station de m&#233;tro avec encore son bandeau suspendu &#171; m&#233;tropolitain &#187; sur la 7 et un minuscule kiosque &#224; journaux, maintenant la brasserie c'est un McDo' mais si on commence &#224; le signaler on n'a pas fini, &#224; l'&#233;poque un int&#233;rieur clair, des banquettes que je revois plut&#244;t marron et pas rouge et souvent les d&#233;buts d'apr&#232;s-midi j'y prends un caf&#233; avec Dominique Grandmont qui est le premier &#233;crivain avec qui j'ai vraiment rapport, j'avais d&#251; fissurer la carapace quelques mois plus t&#244;t pour l'aborder (il habite lui aussi rue Rochechouart, et moi, apr&#232;s d&#233;missionn&#233; de Sciaky Vitry, je passe mon temps dans bouquinistes, librairies, la biblioth&#232;que municipale au-dessus de la piscine rue Rochechouart (Grandmont, lui, y va pour les douches, son minuscule appart n'en disposant pas), et puis les lectures organis&#233;es &#224; Beaubourg, au Mus&#233;e d'art moderne ou &#224; Action po&#233;tique, mes matins sur la petite et bruyante machine &#224; &#233;crire &#233;lectrique Corona mais la machine est en route : Dominique &#233;crit un livre qui s'intitulera Ici bas, on fait tr&#232;s progressivement et lentement connaissance, dans la brasserie il m'en lit les nouvelles pages et je lui en suis reconnaissant, c'est voir un texte de l'int&#233;rieur et une rupture en soi-m&#234;me prodigieuse, elles sont r&#233;dig&#233;es &#224; la main dans un sous-main de cuir qu'il balade avec lui partout, pour je ne sais quelle occasion il me demande si je peux dactylographier un extrait et on en prendra l'habitude, il y aura moins souvent la brasserie mais lui directement l&#224; dans ma piaule de l'autre c&#244;t&#233; de ma table et puis on va marcher, est-ce que ce sera jamais r&#233;ciproque certainement pas, il trouve certainement tr&#232;s bien qu'un clampin de ma sorte s'escrime &#224; &#233;crire et ait cette r&#233;v&#233;rence pour la po&#233;sie, il me parle de Yannis Ritsos, de Vladimir Holan et beaucoup d'Aragon, quand mon manuscrit sera termin&#233; certainement pas question qu'il fasse l'interm&#233;diaire pour &lt;i&gt;Digraphe&lt;/i&gt; dont il assiste aux r&#233;unions et o&#249; sera publi&#233; son livre, je parcours donc &#224; toute allure un rouage qui me manquait dans l'apprentissage et il m'en voudra toujours, comme si je lui avais vol&#233; un morceau de chair vive, ou alors une sorte de malentendu de d&#233;part, que &lt;i&gt;Sortie d'usine&lt;/i&gt; paraisse chez Minuit, ensuite une sorte de reproche et d'aigreur comme si, lest&#233; d'articles de presse comme je l'&#233;tais, il aurait d&#251; &#234;tre sur la selle de la moto &#231;a n'a pas &#233;t&#233; facile &#224; constater ce changement puis cet &#233;loignement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>31 | les Oiseaux square d'Anvers</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5063</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5063</guid>
		<dc:date>2022-01-10T12:23:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Breton, Andr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1981</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Paris, Andr&#233; Breton, 1981&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot502" rel="tag"&gt;Breton, Andr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1065" rel="tag"&gt;1981&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot326" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;31 | les Oiseaux square d'Anvers&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;De cette p&#233;riode le caf&#233; des Oiseaux, square d'Anvers, et l&#224; je n'aurais pas invit&#233; Dominique Grandmont ni personne &#8212; les surr&#233;alistes gravitant autour de l'appartement d'Andr&#233; Breton rue Fontaine, un des lieux les plus fr&#233;quents de rendez-vous restait bien s&#251;r le Cyrano, boulevard Clichy en face du Moulin Rouge, et dans cette p&#233;riode o&#249; j'habitais rue de Tr&#233;vise ou rue Rochechouart il m'arrivait d'aller m'y asseoir, sauf que c'&#233;tait le Paris des touristes, de la crasse de Pigalle et le Cyrano, aval&#233; par une enseigne anglaise quand il ressemblait plus &#224; ce rade de la rue des Martyrs qu'un film populaire a rendu suffisamment c&#233;l&#232;bre (quoique d&#233;sormais oubli&#233; ou en voie de) pour que le d&#233;cor en soit pr&#233;serv&#233; comme de la verroterie de luxe, m&#234;me si maintenant on ne se souvient du film qu'une fois dans le bistrot, qui en fait son enseigne, inversion de la notion de d&#233;cor ou sc&#233;nographie &#8212; mais m&#234;me du temps encore du Cyrano (les d&#233;buts d'apr&#232;s-midi il restait presque vide, j'amenais un bouquin, mais les ondes ne portaient pas &#224; y &#233;crire, contrairement &#224; cette sorte de self service de l'autre c&#244;t&#233; du boulevard apr&#232;s la place Clichy, d&#233;serte l'apr&#232;s-midi avec sa vitrine du premier &#233;tage en surplomb du boulevard, et l'indiff&#233;rence de toute la ville autour), square d'Anvers un peu plus haut sur le boulevard et donc &#224; quelques dizaines de m&#232;tres de ma piaule Rochechouart c'&#233;tait &#224; la fois d&#233;sert et &#224; la fois ce mobilier qui semblait ne pas avoir chang&#233; depuis des d&#233;cennies, et m&#234;me si on pouvait imaginer que le mobilier des ann&#233;es 20 avait &#233;t&#233; refait &#224; neuf dans les ann&#233;es 50, les trente ans qui m'en s&#233;paraient faisaient qu'en y entrant on poussait directement la porte des surr&#233;alistes : je revois des sortes de paravents translucides s&#233;parant la salle en plusieurs box ou espaces, debout on voyait tout mais en s'affalant sur la moleskine il n'y avait plus que votre table et les quatre places que vous mobilisiez pour vous seul, votre tasse de caf&#233; et le cahier &#8212; je revois aussi les lustres surcharg&#233;s, les enseignes pour ap&#233;ritifs grav&#233;es &#224; m&#234;me les miroirs, puis le loufiat maigre et maladroit qui s'en fichait que vous restiez l'apr&#232;s-midi pourvu qu'on ne l'emb&#234;te pas, un signe de loin pour renouveler le caf&#233; suffisait, il y avait souvent deux ou trois habitu&#233;s dont je reconnaissais le visage et &#231;a devait &#234;tre r&#233;ciproque, un gars vo&#251;t&#233; &#224; scoliose, peut-&#234;tre m&#234;me plus jeune qui moi qui pourtant n'avait pas encore la trentaine, qui gribouillait au stylo-plume (moi aussi, et d'ailleurs mon Shaefer lourd &#224; corps de m&#233;tal achet&#233; dans une minuscule boutique renfonc&#233;e avenue Trudaine o&#249; il ne devait pas s'en vendre tous les jours, cela aussi contribuant &#224; cette sorte de sentiment hors du monde qu'&#233;tait, alors partag&#233;e, alors commune, l'activit&#233; d'&#233;crire), donc lui accumulant des pages et des pages sans relever le menton, &#224; l'eau min&#233;rale, tandis que je passais des dix minutes le nez en l'air, &#224; respirer l'ambiance comme le loufiat respirant le boulevard, le gros patron &#224; moustache lui inventant r&#233;guli&#232;rement des t&#226;ches uniquement parce que &#231;a ne lui plaisait pas de payer un gars &#224; rien faire, je revois aussi des habitu&#233;s qui tout au fond, pr&#232;s de la porte des chiottes mais &#231;a ne les d&#233;rangeait pas, aimant cette ombre et cet &#233;cart, posaient pendant deux heures des cartes sur un tapis (on les leur fournissait), presque sans parler mais avec une sourde r&#233;gularit&#233; m&#233;canique comme si se tramait ici des d&#233;cisions emportant toute l'Europe et moi j'avais encore ces Clairefontaine 240 pages grand format, &#233;pais, &#224; reliure double spirale se d&#233;formant comme un ressort, provenance la silencieuse pap&#232;terie &#224; l'entresol de l'avenue Trudaine aussi, pr&#233;f&#233;rant cette taille comme si chaque page alors devenait un pays, une fragmentation, des fl&#232;ches et des traits pour relier, en quatre ans il dut y en avoir cinq ou six remplis jusqu'au bout puis je passerais &#224; cette suite num&#233;rot&#233;e cousus et non plus la spirale, dont je commencerais la num&#233;rotation, qui irait jusqu'au 20 ou par l&#224; (j'en ai gard&#233; quelques-uns), en int&#233;grant la suite des grands formats br&#251;l&#233;s l'hiver 1983-1984, les textes accumul&#233;s alors se r&#233;sumant &#224; distance &#224; leur qu&#234;te, ou leur sensation, un des rares bistrots o&#249; on ne vous emb&#234;tait pas d'une musique de fond, la sensation que tout &#233;tait &#224; distance mais que d'autres que vous, d&#232;s les ann&#233;es surr&#233;alistes et peut-&#234;tre &#224; cause de ce seul nom du bistrot, caf&#233; des Oiseaux dans la d&#233;coupure sombre du boulevard et les n&#233;ons plus loin de Pigalle, la f&#234;te foraine d'un autre &#226;ge de saltimbanques qui s'y installait en novembre, ou cette d&#233;coupure comme min&#233;rale avec ses arbres morts et la sempiternelle silhouette des lyc&#233;es de la R&#233;publique qu'&#233;tait le square d'Anvers, le fouillis des rues qui l'irriguaient (ou auraient pu) c&#244;t&#233; Paris centre, la fronti&#232;re au nord qu'&#233;tait le bord de l'enclave Montmartre comme si tout ici regardait vers l'arri&#232;re, oui une p&#233;riode de presque deux ans o&#249; si souvent tu venais d'asseoir avec ton cahier et le caf&#233; trop vite refroidi, une sensation qu'hors l'&#233;criture le monde aurait &#233;t&#233; inamovible, combien dans les ann&#233;es voire les d&#233;cennies &#224; suivre tu te rach&#232;terais de cahiers en croyant l'illusion encore possible &#224; ranimer, et jamais tu n'as pu te r&#233;soudre, quand tu passes dans le coin, &#224; ne pas rentrer pour un caf&#233; aux Oiseaux, c'est bien d&#233;cati, on n'y trouve plus rien de surr&#233;aliste m&#234;me pas la m&#233;moire que la litt&#233;rature aurait eu un jour dans la ville importance symbolique, il y a un fond de radio genre RFM ou Nostalgie, un loufiat toujours aussi perdu comme si &#231;a leur montait au moral pour les cinq ou dix ans qu'ils passent l&#224; avant qu'on les remplace, &#231;a me fiche le bourdon chaque fois mais est-ce que ce n'est pas simplement pour n'avoir su te retrouver ni m&#234;me t'apercevoir &#224; distance, avec tes tifs en d&#233;sordre et noircissant ton cahier grand format de ta marquetterie de r&#234;ves et de phrases bizarres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
