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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>92 | Civray, chez Biquette</title>
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		<dc:date>2022-01-12T07:39:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Ch&#226;tellerault (86)</dc:subject>
		<dc:subject>Civray (86)</dc:subject>
		<dc:subject>Ruffec</dc:subject>
		<dc:subject>2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Civray, Ruffec, 1969&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1095" rel="tag"&gt;Ch&#226;tellerault (86)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1096" rel="tag"&gt;Civray (86)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1097" rel="tag"&gt;Ruffec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1031" rel="tag"&gt;2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;92 | Civray, chez Biquette&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; vendre, Soleil Immobilier &#187; avec adresse et t&#233;l&#233;phone, il y a plusieurs de ces petits panneaux peints sur contreplaqu&#233;, rue du Faubourg-S&#233;n&#233;geaud &#224; Civray, sud de la Vienne, o&#249; je suis arriv&#233; en sixi&#232;me pour en repartir fin de la premi&#232;re &#8212; donc travers&#233;e au passage, dans l'ordre &#224; peu pr&#232;s chronologique, de l'arriv&#233;e des 45 tours des Beatles et des Rolling Stones dans la vitrine du magasin d'&#233;lectrom&#233;nager Chauveau, de la couleur dans l'int&#233;rieur des pages de &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; (leur premi&#232;re Une en couleur en 1963 pour l'assassinat &#224; Dallas de John Fitzgerald Kennedy), la mixit&#233; dans les classes &#224; l'ouverture du nouveau coll&#232;ge, mon premier &#233;lectrophone pour le BEPC, les grandes vacances de mai 68, au bout de cette rue du Faubourg-S&#233;n&#233;geaud, qui longeait par l'arri&#232;re l'&#233;cole primaire (ex coll&#232;ge de filles) et au niveau du cimeti&#232;re se prolonge par la d&#233;partementale 7 qui m&#232;ne &#224; Couh&#233;-V&#233;rac, je reconnais la maison des Rocher, un couple de profs (lui la gym, elle l'anglais), mais lui jamais il ne m'avait emb&#234;t&#233;, ayant vite compris que ni les sports collectifs ni le saut en hauteur ne me conviendraient jamais, m&#234;me pour lui faire plaisir, par contre j'aimais bien courir le mille m&#232;tres &#8212; je ne saurais plus &#8212; c'&#233;tait le deal dans cette paix non pas arm&#233;e mais passive faute d'&#234;tre conviviale), leur maison a les volets ferm&#233;s comme tr&#232;s longtemps, rue du Faubourg-S&#233;n&#233;geaud je reconnais facilement, derri&#232;re le panneau &#171; &#192; vendre, Soleil Immobilier &#187;, le bar-caf&#233;-restaurant que tenaient les parents d'Alex A., je ne crois pas qu'il n'y ait jamais eu de nom en fa&#231;ade et jamais je n'y serais entr&#233; si ce n'avait pas &#233;t&#233;, mais donc les ann&#233;es lyc&#233;e, le fait qu'Alex fasse partie de la bande, avec &#201;tienne Arlot comme grand r&#233;gulateur et juge de paix, si on redescend vers le centre par la rue Veuve-Allement-Guyonnet, au carrefour de l'avenue Jean-Jaur&#232;s Google Street View affiche le double panneau routier avec &#224; droite Confolens Charroux en haut (si on tourne sur la droite apr&#232;s la c&#244;te de l'avenue Henri-Roucher), Gen&#231;ay Poitiers en dessous (si on toune sur la gauche apr&#232;s le &#171; petit stade &#187; o&#249; nous emmenaient deux fois par semaine les Rocher), et &#224; gauche Saint-Pierre d'Excideuil Niort, la rue Pestureau toujours aussi &#233;troite redescend en pente raide vers l'&#233;glise et la place, mais l'entr&#233;e monumentale de l'h&#244;tel Henri IV, avec ses chambres &#224; l'&#233;tage et son restaurant au rez-de-chauss&#233;e semble avoir &#233;t&#233; converti il y a beau temps en maison d'habitation et plus rien qui &#233;voque son premier usage, un peu plus haut avenue Henri-Roucher le premier Intermarch&#233; (en gros, une coquille rectangulaire, mais d&#233;port&#233; plus tard sur la rocade et multipli&#233; par quatre) a &#233;t&#233; converti en motel et depuis des ann&#233;es je pense que ce serait bien que je m'organise pour y passer une nuit, qu'&#224; marcher la nuit dans Civray je reverrais peut-&#234;tre les fant&#244;mes &#8212; tiens, ce souvenir si bizarre, l&#224;-m&#234;me alors qu'un jour, nous vidions la maison, je traversais justement le parking du motel, j'aper&#231;ois ma m&#232;re en voiture qui remonte, je lui fais signe comme quoi je marche un peu et vais revenir, la voit freiner en catastrophe et monter sur la berne, je cours la retrouver inquiet, elle me dit que, me voyant, elle avait pens&#233; une hallucination de mon p&#232;re mort et maintenant je garde &#231;a en t&#234;te pour toujours &#8212; voire : &#234;tre pour de vrai devenu cette hallucination, la porter en soi et se la jouer pour soi-m&#234;me, se jouer donc les deux r&#244;les &#224; la fois des parents morts &#8212;, quelques mois plus t&#244;t mon p&#232;re mort elle venait de le croiser, l&#224; en face d'elle dans l'avenue et lui faisant un signe, bien s&#251;r ces choses-l&#224; troublent, troublent en profondeur, plus d'h&#244;tel Henri IV donc et sin on descend devant l'&#233;glise et les anciennes halles il y a toujours en bonne sant&#233; le caf&#233; du Commerce, ses tables de fer en terrasse, un auvent bleu et toutes les publicit&#233;s de la Fran&#231;aise des Jeux, la double carotte des bureaux de tabac et coll&#233;es aussi sur la vitrine toutes les affiches des prochains motocross, matches de box, son et lumi&#232;re quelque part et je n'arrive pas &#224; tout lire, autrefois le bar &#233;tait dans la partie droite et dans celle de gauche, porte toujours ouverte et si pas de client lui-m&#234;me sur le pas de la porte un coiffeur dont le seul &#233;tat-civil &#233;tait pour tout le monde Biquette, va chez Biquette, faudrait faire un tour chez Biquette &#8212; nous les gamins ma m&#232;re nous emmenait plut&#244;t chez Barret &#224; l'oppos&#233;, &#231;a craignait moins la promiscuit&#233; du bistrot et cette odeur &#224; l'&#233;poque si reconnaissable m&#234;lant cigarettes, bi&#232;res et ap&#233;ritifs, dans la vitrine de Barret par contre ses sempiternels accord&#233;on et la myst&#233;rieuse et f&#233;tiche guitare &#233;lectrique tout aussi inamovible (un copain de Chandernagor, Paill&#233; mais je ne me souviens plus de son pr&#233;nom, en avait une de guitare &#233;lectrique et Mickey Arlot, qui faisait les bals dans tout le canton) avant les questions rituelles &#224; propos des oreilles et de la nuque d&#233;gag&#233;es ou d&#233;grad&#233;es, le caf&#233; du Commerce donc toujours l&#224; et son grand concurrent face &#224; l'&#233;glise, le Caf&#233; de la Paix qui ne faisait pas tabac mais chaque mardi (march&#233; les premier et troisi&#232;me mardi du mois, foire les deuxi&#232;me et quatri&#232;me) b&#233;n&#233;ficiait de l'afflux, &#224; quinze kilom&#232;tres environ, de ces foules d&#233;ambulant lentement et dans le m&#234;me sens autour de la vieille place, &#224; vitesses diff&#233;rentes cependant, accomplissant la fonction de r&#233;gulation sociale de ces foires et march&#233;s dans la petite ville (elle a perdu tant d'habitants), les affaires se faisaient caf&#233; de la Paix, il m'est arriv&#233; d'y accompagner mon p&#232;re, peut-&#234;tre qu'ado disposant de trois sous d'argent de poche nous-m&#234;mes la bande d'&#201;tienne Arlot on y venait pour un Cacolac ou une menthe &#224; l'eau et quelle bizarrerie du destin que ce soit toujours le m&#234;me &#201;tienne, r&#233;guli&#232;rement, qui depuis les &#233;tages du caf&#233; de la Paix ferm&#233; (mais la famille qui le tenait y habitant toujours) fasse parfois voler sur le village en d&#233;sh&#233;rence un drone &#224; r&#233;veiller nos souvenirs, ou une photo panoramique de nuit pour que nous les r&#234;vions ensemble, la fermeture s'est faite entre 2013 et 2015, dans ces ann&#233;es-l&#224;, donc pour moi de 1965 &#224; 1969 il y avait certainement encore de ces minuscules bistrots en activit&#233;, vers le Puy-Carr&#233;, le Champ de foire ou le moulin Roche &#224; l'entr&#233;e de la route de Ruffec mais bien s&#251;r &#233;teints l'un apr&#232;s l'autre et plus aucun souvenir personnel que je puisse y relier, sinon, donnant sur l'&#238;le de la Charente, le prosp&#232;re h&#244;tel du Commerce qui servait plut&#244;t aux mariages et affaires, le repas annuel du garage aussi ou m&#234;me, sur le tard, quelques &#233;v&#233;nements de famille, la fa&#231;ade n'a jamais &#233;t&#233; repeinte, elle mentionne toujours en blanc sur le fond ocre beige H&#244;tel du Commerce, le mort restaurant au-dessus de la porte rouge sombre et quel dommage que l'algorithme Google en ait flout&#233; le menu, la rue est si &#233;troite que je serais arriv&#233; &#224; le lire : c'est ce qui me reste de la fonction, du r&#244;le, de la disposition, de l'inventaire des bars, bistrots et restos &#224; Civray dans la Vienne pour les ann&#233;es que j'y ai pass&#233;es, de la sixi&#232;me &#224; la fin de ma premi&#232;re.&lt;/p&gt;
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