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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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		<title>99 |	la sc&#232;ne est &#224; Buthrot (Racine en Albanie)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Saranda (Albanie)</dc:subject>
		<dc:subject>Butrint (Albanie)</dc:subject>
		<dc:subject>Degliame, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Kadar&#233;, Isma&#239;l</dc:subject>
		<dc:subject>2007</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Albanie, Saranda, Butrint, 2004, Claude Degliame, Isma&#239;l Kadar&#233;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1140" rel="tag"&gt;Saranda (Albanie)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1141" rel="tag"&gt;Butrint (Albanie)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1142" rel="tag"&gt;Degliame, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1143" rel="tag"&gt;Kadar&#233;, Isma&#239;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1118" rel="tag"&gt;2007&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;99 |	la sc&#232;ne est &#224; Buthrot (Racine en Albanie)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que des souvenirs comme &#231;a chacun n'en a pas alors quel int&#233;r&#234;t de les d&#233;plier ta vie aurait pu se faire autrement, d'autres routes, d'autres villes, d'autres &#233;t&#233;s et pourtant ce midi-l&#224; tu t'en souviens mais tu t'en souviens comme d'une couleur jaune d'un vague fond de musique &#224; teneur folklorique, qu'on devait &#234;tre une quarantaine dans la salle toutes vitres et portes ouvertes, de la v&#233;g&#233;tation au-del&#224; mais ce que tu avais pu disposer dans ton assiette alors l&#224; plus aucun souvenir donc ce jour et ce lieu n'auraient pas droit de cit&#233; dans ce projet pourtant tu le revois &#224; plus de quinze ans de distance aussi net, les situations o&#249; bien forc&#233; de se ravaler soi-m&#234;me au rang de touriste, dans un circuit organis&#233; de tourisme et &#231;a &#224; la journ&#233;e, bateau, bus et repas compris, on aurait comment pourtant pu acc&#233;der &#224; Butrint dans l'incipit de l'&lt;i&gt;Andromaque&lt;/i&gt; de Racine il y a cette phrase qui toujours fait passer d'un monde &#224; l'autre (quel autre : un monde int&#233;rieur, un monde qui n'appartient qu'aux livres, un monde qui n'appartient qu'&#224; Racine, encore qu'une fois mais une seule fois dans toute ma vie j'ai pu voir Racine au th&#233;&#226;tre mais est-ce que c'&#233;tait &#231;a, cette fille seule dans ce que je me souviens &#234;tre un grand entresol de b&#233;ton avec des piliers dont elle jouait, redonnant tout Ph&#232;dre en monologue, Claude D&#233;gliame probablement 1980 et toujours tu te souviens du nom et du moment, et que par les soupirails (j'insiste : ni lucarnes ni pluriel en -aux) qui &#233;clairaient du dehors le soir &#233;tait lentement venu passant de l'incendie &#233;ph&#233;m&#232;re des rouges &#224; la presque obscurit&#233; tout &#224; la fin) : la sc&#232;ne est &#224; Buthrot, partis donc de Corfou, port de Corfou au matin, le bateau sur la nappe bleue immobile, la c&#244;te qui s'&#233;loigne tandis qu'une autre grandit lentement plus loin, l'arriv&#233;e au port de Saranda cette impression de couleurs embo&#238;t&#233;es juxtapos&#233;es superpos&#233;es ces villes en amphith&#233;&#226;tre pos&#233;es droit et de loin comme &#224; la verticale sur la M&#233;diterran&#233;e immobile, le bus nous emmenait directement et c'&#233;tait quand m&#234;me pas loin d'une heure, des virages, une route &#233;troite, ces maisons comme en Gr&#232;ce commenc&#233;es mais jamais finies, les aper&#231;us vertigineux de la mer au-dessous, l'impression que jamais ce bus qui penchait &#224; chaque virage, grondant et fumant, fabrication sovi&#233;tique certainement, ne pourrait croiser les camions surcharg&#233;s d&#233;boulant d'en face et finalement on y &#233;tait &#224; Butrint, on descendait &#233;bloui sur ce parking, une rivi&#232;re large et immobile, un bac de passeur qu'on ne prendrait pas, sur une photo que j'ai prise &#224; cet endroit sur l'autre rive ou plut&#244;t une &#238;le du vieil estuaire une Mobylette dress&#233;e comme une statue et &#224; c&#244;t&#233; une silhouette &#224; contrejour : un type immobile p&#234;che &#224; la ligne, pr&#232;s du passeur une cahute qui vend des boissons mais on rentre dans le monde des ruines, on d&#233;ambule chez Andromaque m&#234;me, on s'assoit sur les gradins du vieux th&#233;&#226;tre, par endroits des zones non fouill&#233;es vous laissent emprunter des bribes d'escaliers, des replis de ruelle et ce ne sont plus des ruines mais le temps m&#234;me qu'on arpente, en d'autres endroits une fortification droit dress&#233;e face &#224; la rivi&#232;re brune ou presque noir sous la violence du ciel, presque &#233;tale, contemple les montagnes d'en face, la Gr&#232;ce d'o&#249; plus rien ne menace &#8211; j'ai fait des photos bien s&#251;r mais toutes surexpos&#233;es, ce serait aujourd'hui je ne m'y prendrais plus de cette fa&#231;on mais c'est comme &#231;a &#8211;-, je gambergeais &#224; un film qui serait jouer &lt;i&gt;Andromaque&lt;/i&gt; l&#224; in situ dans les ruines, les vieux escaliers mit&#233;s et les fortifications fi&#232;res, le film serait la pi&#232;ce et le making-of je crois m&#234;me en avoir fait un billet de blog et &#224; l'&#233;poque on aurait pu y croire &#224; un projet pareil sinon que personne ne se souvenait de Butr&#244;t qui maintenant s'appelait Butrint, deux heures de noyade &#224; force de temps, d'architectures et de lumi&#232;re, ou cette impression de n'en pas avoir vu la moiti&#233; c'&#233;tait d&#233;j&#224; rejoindre le bus, s'empaffer &#224; moiti&#233; puisque autant valait sommeiller que se refaire des frayeurs et c'est l&#224; qu'&#224; Saranda, de retour &#224; Saranda on nous avait men&#233; dans cette salle de restaurant r&#233;serv&#233;e aux passagers du bus, le voyage d'une journ&#233;e Corfou-Albanie c'&#233;tait repas compris, ou m&#234;me tout compris, de toute fa&#231;on on n'aurait pas pu changer de monnaie (quelques gamins qui nous apostropheraient dans les rues de la vieille ville un peu plus tard : Euros, euros ?), c'&#233;tait un visa provisoire mais &#231;a aussi pour l'Albanie une bonne affaire et depuis le bus on avait bien vu le cap, entre Saranda et Butrint, o&#249; le Club Med' voulait &#233;tablir une de ses enclaves &#224; f&#234;tes et vacances pas pour nous non merci, une fragilit&#233; des temps, une bascule des temps et pas possible rien regretter bien s&#251;r de ce qui finissait : on avait eu deux heures &#224; d&#233;ambuler dans les rues vides parce que le hasard nous avait men&#233;s l&#224; un dimanche puis bateau retour, longeant un moment la c&#244;te Butrint devin&#233;e, Butrint aper&#231;ue, Buthrot adieu, Saranda la verticale d&#233;pliant d'un seul coup toute l'histoire de l'Albanie et les semaines et mois suivants c'est tout Kadar&#233; qu'on relirait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs dans Tiers Livre : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article135&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andromaque &#224; Butrint, journal images&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article942' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la sc&#232;ne est &#224; Buthrot (id&#233;e pour un film)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>70 | Corfou, &#233;t&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Arvo P&#228;rt</dc:subject>
		<dc:subject>Vray, Jean-Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>2007</dc:subject>
		<dc:subject>Corfou (Gr&#232;ce)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Gr&#232;ce, Corfou, 2004, Arvo P&#228;rt, Jean-Bernard Vray&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1136" rel="tag"&gt;Arvo P&#228;rt&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1118" rel="tag"&gt;2007&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;70 | Corfou, &#233;t&#233;&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'&#234;tre venu souvent est la condition pour qu'on se le rem&#233;more avec pr&#233;cision, ind&#233;pendamment de la distance temporelle : je ne suis all&#233; qu'une fois sur l'&#238;le de Corfou, je crois qu'on y est rest&#233; trois semaines, et par l'ami de Saint-&#201;tienne, qui depuis deux d&#233;cennies y rafistolait une cabane de montage, on avait pu trouver un logement deux pi&#232;ces plus bout de cuisine en bord de plage, le vieux patron ne s'en occupait plus beaucoup, et tout au nord de l'&#238;le les touristes allemands ou scandinaves pr&#233;f&#233;raient ces camps retranch&#233;s avec piscine et bo&#238;te de nuit non merci, plut&#244;t les Slov&#232;nes qui se risquaient dans le tourisme maintenant &#224; eux permis, et l'apr&#232;s-midi, dans cette heure creuse, les enfants fourbus de mer pr&#233;f&#233;rant l'ombre, rejoindre le village avec ce caf&#233; d&#233;sert lui aussi face &#224; la mer immobile mais sit&#244;t &#224; l'int&#233;rieur plus rien qu'un demi-jour, de longues tables mais j'y &#233;tais r&#233;guli&#232;rement le seul client, ici ils avaient la wifi et dans la r&#233;sidence non (&#224; l'&#233;poque, ce n'&#233;tait pas si commun, et de toute fa&#231;on &#224; peine besoin de cette veille pr&#233;texte), c'&#233;tait moins pour se connecter que cette heure devant un caf&#233; glac&#233; &#8212; et le go&#251;t de ces caf&#233;s glac&#233;s dans la salle semi-obscure tandis que le jour dehors &#233;tait de plomb &#8212; le ronronnement des ventilateurs ou des frigos mais rien de g&#234;nant, pas de musique mais le patron (pas le m&#234;me que celui de l'h&#244;tel, mais la m&#234;me g&#233;n&#233;ration ou la m&#234;me cat&#233;gorie de ceux qui s'en fichent un peu de s'adapter aux plaisirs du jour, laissent un peu filer tant que &#231;a reste dans cet &#233;quilibre de ce qu'ils avaient construit dix ou vingt ans plus t&#244;t), d&#233;crire plus n'aurait pas de vrai sens : ce sont des lieux o&#249; on reconna&#238;t tout d'avance parce que tout &#224; sa fonction et tout est comme mille fois on l'a vu ailleurs, sinon une photo du Pantocrator on y montera, sinon une statuette religieuse d&#233;cor&#233;e et sa guirlande deNo&#235;l allum&#233;e pour faire comme si mais dans un monast&#232;re des montagnes, un soir, on serait merveilleusement accueilli et nourri, avant le pr&#234;tre orthodoxe nous ram&#232;ne &#224; notre voiture en contrebas dans un 4x4 puissant et rutilant, cahotant en souplesse sur le chemin de terre, avec du Arvo P&#228;rt dans son lecteur de CD et tout surpris de d&#233;couvrir qu'un an durant &#224; Berlin on avait &#233;t&#233; les voisins imm&#233;diats du musicien, au retour je lui en avais envoy&#233; d'autres disques : tout cela, ombres et lumi&#232;res, routes de montagnes avec l'odeur si douce et pr&#233;gnante des oliviers en m&#251;rissement, ou se d&#233;coupant sur le ciel les ossatures de b&#233;ton de maisons jamais finies pour je ne sais quelle astuce fiscale, ou bien, entrant dans ce monast&#232;re perdu au bout des chemins rocailleux des montages ce moine qui nous convierait &#224; rester et partager leur d&#238;ner, et puis le vent sal&#233; de la mer par les baies ouvertes du petit logement de ciment et carrelage, tout cela reli&#233; &#224; ce qui serait la description pr&#233;cise de la salle demi-sombre o&#249;, dans l'heure creuse du d&#233;but d'apr&#232;s-midi, tu viens sous pr&#233;texte de te connecter et puis, absorbant lentement le caf&#233; glac&#233;, sur l'ordinateur portable ouvert (je crois, ces premiers petits Mac blancs) juste laisser venir des notes en souplesse et d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>44 | grand pont de Groeningen &#224; Amsterdam</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5094</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Amsterdam</dc:subject>
		<dc:subject>2007</dc:subject>
		<dc:subject>Van Orschoot, Wouter</dc:subject>
		<dc:subject>Ernaux, Annie</dc:subject>
		<dc:subject>Toussaint, Jean-Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Rouaud, Jean </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Hollande, Amsterdam, Groningen, 2007, Wouter van Orschoot, Mant van Montfrans, Annie Ernaux, Jean Rouaud, Jean-Philippe Toussaint&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1117" rel="tag"&gt;Amsterdam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1118" rel="tag"&gt;2007&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1119" rel="tag"&gt;Van Orschoot, Wouter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot919" rel="tag"&gt;Ernaux, Annie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot408" rel="tag"&gt;Toussaint, Jean-Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot480" rel="tag"&gt;Rouaud, Jean &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;44 | grand pont de Groeningen &#224; Amsterdam&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et que &#231;a n'avait rien &#224; voir avec cette autre ambiance sous embl&#232;me du Japon et une d&#233;coration probablement identique, le vague souvenir aussi d'une tonalit&#233; &#224; pans rouges tranchant sur jaune, je suis avec Wouter mon &#233;diteur n&#233;erlandais, on a rendez-vous cette fin d'apr&#232;s-midi mais t&#244;t parce qu'ensuite on doit rejoindre en voiture La Haye (je crois) pour une lecture ou rencontre dont je ne me souviens de rien que des fen&#234;tres illumin&#233;es sans rideau, mais tellement rien &#224; cacher dans ce qui est offert &#224; voir, au retour vers Amsterdam : il m'a donn&#233; rendez-vous dans un bistrot japonais qui &#224; cette heure-l&#224; est enti&#232;rement d&#233;pourvu de clients mais o&#249; circule, comme un train &#224; bande dans une aci&#233;rie, ou plut&#244;t comme ces circuits de train miniature dont les catalogues de jouets, ou les vitrines des grands magasins, essayaient de nous fasciner enfant (on le recevait &#224; No&#235;l, mais on en reconstituait juste deux demi-cercles avec deux rails droits pour les s&#233;parer et une minuscule gare stylis&#233;e au milieu), le train &#224; bande ou le tapis roulant miniature faisait passer devant notre nez des sushis que fabriquait un gars l&#224;-bas au demeurant serviable et souriant, c'est la premi&#232;re fois que je voyais &#231;a, nous deux avec Wouter dans la salle vide et ce rail &#224; promener les sushis je crois qu'on avait droit &#224; six chacun mais jamais au Japon je ne choisissais des sushis pour le menu, c'&#233;tait certainement pour cette &#233;quip&#233;e &#224; la Haye puisque le lendemain on partirait beaucoup plus t&#244;t dans l'apr&#232;s-midi, souvenir de ce long viaduc &#224; ras des eaux vertes et grises qui nous convoyait &#224; Groeningen, rien n'est loin en Hollande, c'&#233;tait une rencontre dans un amphith&#233;&#226;tre de fac o&#249; on se pr&#233;sentait avec notre traducteur ou traductrice (pour moi Manet van Montfrans, qui travaillait surtout sur Perec et on est longtemps rest&#233; en relation) puis ensuite pour le repas cette r&#233;miniscence d'un sous-sol avec deux banquettes &#224; la perpendiculaire, murs de peluche sombre et l'obligation de se serrer, &#224; c&#244;t&#233; de moi Wouter et en face je revois les Toussaint Jean-Philippe et Madeleine avec qui on avait pas mal &#233;chang&#233; (sa librairie, les enfants, l'art contemporain) : le nombre de personnes comme &#231;a pour qui l'estime vient enti&#232;re mais que tu n'aurais vues que dans ces contextes arbitraires et &#224; des intervalles si distants, un peu plus loin &#224; ma gauche je revois Annie Ernaux et peut-&#234;tre il y a aussi Christian Prigent mais c'est avec les Toussaint qu'on avait le plus parl&#233;, puis la maison de Wouter avec les stocks de livres au rez-de-chauss&#233;e, les bureaux au premier et son tout petit appartement en duplex au deuxi&#232;me troisi&#232;me, ce piano &#224; queue dont on ne comprenait pas comment il avait pu monter l&#224; sauf &#224; construire la maison apr&#232;s l'avoir install&#233; et sa passion pour Scarlatti qu'il jouait presque exclusivement, la vue sur canal et le fait que sa maison avait servi d'abri &#224; la Gestapo pendant la guerre, que les traductions de Dosto&#239;evski &#233;dit&#233;es par son p&#232;re servaient encore de socle &#224; la maison Van Orschoot bien plus que les traductions de Bergounioux, Echenoz ou moi-m&#234;me mais aujourd'hui dans ce pays qui parle anglais bien mieux qu'en Angleterre il faudrait &#234;tre traduit aux USA pour que &#231;a ait une chance de leur parvenir par ricochet, depuis combien d'ann&#233;es je n'ai plus de nouvelles de Wouter &#8212; Annie Ernaux tr&#232;s avenante et directe, une autre fois, pour un autre livre quelques ann&#233;es plus t&#244;t Wouter nous avait offert via un de ses copains mariniers une balade dans le port de marchandises et c'est Jean Rouaud que je revois &#224; l'&#233;trave avec un bonnet de laine mais l&#224; pas de bistrot &#8212; de toute fa&#231;on tout &#231;a bien avant que tu trimbales dans ton sac un appareil photo et m&#234;me avant que tu gardes trace des minces archives mail mais cette impression soudain de pass&#233; irr&#233;ductiblement r&#233;volu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs sur Tiers Livre : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article141&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c'&#233;tait passer sur la mer&lt;/a&gt; (journal images)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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