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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Marmontel | &#233;l&#233;ments de litt&#233;rature</title>
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		<dc:date>2008-12-22T21:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>_ tiers livre, grandes pages</dc:creator>


		<dc:subject>Marmontel</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;il suffit d'ouvrir le livre au hasard...&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je relis chaque soir, en ce moment, quelques pages des &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments de litt&#233;rature&lt;/i&gt; de Marmontel que j'ouvre au hasard, et si souvent avec le m&#234;me bonheur. Je recopierais volontiers (mais c'est le plaisir de ce genre de livre : &#224; condition que je le retrouve, le passage lu hier soir sur les concordances de temps...). En attendant, je remets en Une cette page sur la notion de &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a publi&#233; beaucoup, mais rassembl&#233; &#224; la fin de sa vie les articles et textes concernant la litt&#233;rature. En particulier la trentaine d'articles, r&#233;&#233;crits pour ce livre, qu'il avait con&#231;u pour l'Encyclop&#233;die de d'Alembert et Diderot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/actualites/article11046.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;&#233;dit&#233;&lt;/a&gt; d&#233;but 2005, c'est un plaisir. Il n'y a pas d'article &lt;i&gt;roman&lt;/i&gt;, mais la po&#233;sie, la trag&#233;die, le style, la d&#233;clamation sont scrut&#233;s... Ci-dessous un fragment de l'article &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marmontel est d&#233;c&#233;d&#233; le 31 d&#233;cembre 1799. Voir &lt;a href=&#034;http://pagesperso-orange.fr/marmontel/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce site&lt;/a&gt;, ou page &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Marmontel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt; bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marmontel | &#201;l&#233;ments de litt&#233;rature&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si chacun &#233;crivait ce qu'il a vu, ce qu'il a fait, ce qui lui est arriv&#233; de curieux, et dont le souvenir m&#233;rite d'&#234;tre conserv&#233;, il n'est personne qui ne p&#251;t laisser quelques lignes int&#233;ressantes. Mais combien peu de gens ont droit de faire un livre de leurs &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que si nous voulions croire en notre vanit&#233;, les choses m&#234;mes les plus communes ne nous parussent m&#233;morables d&#232;s qu'elles nous seraient personnelles ; mais c'est la premi&#232;re illusion dont il faut savoir se pr&#233;server en &#233;crivant ou en parlant de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que des traits de caract&#232;re piquants et rares, des situations, des aventures d'une singularit&#233; marqu&#233;e ou d'une moralit&#233; frappante, qui puissent m&#233;riter la peine qu'on se donne de raconter s&#233;rieusement ce qu'on a fait ou ce qu'on a &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des plus mis&#233;rables travers et des plus indignes man&#232;ges de l'amour-propre, c'est d'affecter, en parlant de soi, une sinc&#233;rit&#233; cynique et de mettre une sorte d'ostentation et d'honneur &#224; r&#233;v&#233;ler sa propre honte, soit pour faire dire qu'on a os&#233; ce que nul autre n'avait os&#233; encore, soit pour accr&#233;diter, par quelques aveux humiliants, les &#233;loges qu'on se r&#233;serve, et par lesquels on se d&#233;dommage ; soit pour s'autoriser &#224; dire impudemment d'autrui encore plus de mal que de soi-m&#234;me. Observez attentivement celui qui emploie cet artifice ; vous verrez que dans ses principes il attache peu d'importance &#224; ces fautes dont il s'accuse ; qu'il les fait d&#233;river d'un fonds de caract&#232;re dont il se glorifie ; qu'il les attribue &#224; des qualit&#233;s dont il se pique et dont il s'applaudit ; qu'en les avouant, il les environne de circonstances qui les colorent ; qu'il les rejette sur un &#226;ge ou sur quelque situation qui sollicit&#233; l'indulgence ; qu'il se garde bien de confesser de m&#234;me des torts plus graves, ou des vices plus odieux ; qu'en feignant de s'arracher le voile, il ne fait que le soulever adroitement et par un coin ; qu'apr&#232;s avoir exerc&#233; sur lui-m&#234;me une v&#233;rit&#233; hypocrite, il en prend le droit de ne rien m&#233;nager, de r&#233;v&#233;ler, de publier les confidences les plus intimes, de trahir les secrets les plus inviolables de l'amour et de l'amiti&#233;, de percer m&#234;me ses bienfaiteurs des traits de la satire et de la calomnie ; et que le r&#233;sultat de ses aveux sera qu'il est encore ce qu'il y a de meilleur au monde. Il n'y a point de succ&#232;s plus assur&#233; que celui d'un pareil ouvrager ; mais il ne laissera pas d'&#234;tre une tache ineffa&#231;able pour son auteur et il faut esp&#233;rer que ce moyen d'amuser la malice humaine ne sera jamais employ&#233; deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re le monde politique et moral comme un spectacle, on y distingue deux parties, ce qui se passe sur la sc&#232;ne et ce qui se passe derri&#232;re la toile ; les &#233;v&#233;nements et leurs causes visibles ; les premiers mobiles et leurs ressorts cach&#233;s. Ces deux objets de la curiosit&#233; et de l'attention de l'observateur ne sont pas si absolument distincts dans le partage, entre celui qui &#233;crit l'histoire de son temps et celui qui &#233;crit ses &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt;, que ce qui est propre &#224; l'un soit &#233;tranger &#224; l'autre : celui-ci, quoique plus occup&#233; des &#233;pisodes que de l'action et des d&#233;tails que de l'ensemble, ne laisse pas de lier ses r&#233;cits aux grands &#233;v&#233;nements par tous les points qui l'int&#233;ressent ; l'autre, en suivant le cours des fortunes publiques, ne n&#233;glige pas d'observer la m&#233;canique int&#233;rieure du jeu des passions humaines dans les mouvements qu'il d&#233;crit ; ainsi l'histoire g&#233;n&#233;rale et les &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; particuliers se communiquent et s'entrem&#234;lent toutes les fois que l'int&#233;r&#234;t public et l'int&#233;r&#234;t priv&#233; ont des rapports communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette partie, l'histoire g&#233;n&#233;rale ne peut jamais qu'imparfaitement suppl&#233;er aux &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; particuliers ; et c'est surtout par les d&#233;tails dont elle serait surcharg&#233;e que les exemples et les le&#231;ons d'un art si compliqu&#233; peuvent avoir toute leur &#233;tendue et toute leur utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai, comme je l'ai dit en parlant de l'histoire, qu'elle n'a point de style qui lui soit exclusivement propre, et si son langage varie comme les sujets qu'elle traite, &#224; plus forte raison le style des &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; particuliers et personnels n'aura-t-il point de ton ni de couleur invariable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;gard des &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; o&#249;, sans attention pour ces convenances de m&#339;urs, l'auteur n'aura voulu ob&#233;ir qu'&#224; son propre g&#233;nie, le ton, le style, la couleur, tout doit s'y ressentir et de son caract&#232;re, et de la situation o&#249; &#233;taient son esprit et son &#226;me. De l&#224; une vari&#233;t&#233; infinie dans ce genre d'&#233;crits, lorsqu'ils sont naturels ; et ils le sont presque toujours, par une raison bien sensible : on y parle de soi et c'est dans l'amour-propre que le naturel se d&#233;c&#232;le, lors m&#234;me qu'il veut se cacher. Rien donc ne sera plus facile que de d&#233;m&#234;ler dans des &lt;i&gt;m&#233;moires&lt;/i&gt; quel esprit les aura dict&#233;s, quel motif les aura fait &#233;crire et quel sentiment, quelle passion aura domin&#233; dans l'&#233;crivain. Si c'est la vanit&#233;, il attachera de l'importance aux int&#233;r&#234;ts les plus futiles d&#232;s qu'ils lui seront personnels ; si c'est l'orgueil, il rabaissera tout ce qui peut lui faire ombrage et r&#233;servera ses &#233;loges pour la m&#233;diocrit&#233; dont il n'a rien &#224; craindre ou pour un m&#233;rite qui n'entre avec le sien dans aucune rivalit&#233; ; si c'est l'envie, toute esp&#232;ce de gloire, de succ&#232;s, de prosp&#233;rit&#233; lui sera importune ; il ne souffrira point que de belles actions soient sans tache ; il cherchera, ou dans le fond de l'&#226;me, ou dans l'int&#233;rieur de la vie priv&#233;e d'un homme illustre, des faiblesses &#224; r&#233;v&#233;ler ; et dans tout ce qu'il y a de plus g&#233;n&#233;reux et de plus magnanime, il &#233;piera quelque motif secret de personnalit&#233; et d'int&#233;r&#234;t qui le ravale ; il voudrait ternir le soleil. Si c'est la haine ou la vengeance, on le verra tant&#244;t flatter et parer sa victime avant de l'immoler, vanter quelque faible m&#233;rite, quelque talent sans importance, quelques formes superficielles et puis, sous ces dehors, montrer les qualit&#233;s les plus avilissantes, les vices les plus odieux ; tant&#244;t, plus violent et moins perfide, insulter, outrager la cendre de son ennemi, et secouer toute pudeur pour d&#233;mentir les faits, la renomm&#233;e et l'opinion de tout un si&#232;cle. Avec la m&#234;me facilit&#233; on reconna&#238;tra l'homme qui aura port&#233; &#224; la cour un g&#233;nie &#233;troit et une &#226;me servile : on le reconna&#238;tra, dis-je, &#224; son attention pour les menus d&#233;tails de l'&#233;tiquette et de l'intrigue ; on reconna&#238;tra l'homme chagrin que la cour aura rebut&#233; &#224; la sombre misanthropie qui lui fera d&#233;primer ou bl&#226;mer tout ce qu'on aura fait sans lui, et n'attribuer les malheurs des temps qu'aux artisans de son propre malheur et aux causes de sa disgr&#226;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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