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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#233;crire avec... Paul Valet | les &#171; Je dis non &#187;</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3820</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3820</guid>
		<dc:date>2013-11-23T19:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>ateliers d'&#233;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Valet, Paul </dc:subject>
		<dc:subject>Apollinaire, Guillaume </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;comment un incipit qu'on r&#233;p&#232;te graphiquement peut pousser l'&#233;criture &#224; se r&#233;v&#233;ler dans le monde&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique130" rel="directory"&gt;&#224; l'origine | Tous les mots sont adultes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot210" rel="tag"&gt;Valet, Paul &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot274" rel="tag"&gt;Apollinaire, Guillaume &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3820.jpg?1388172175' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;small&gt;&lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3547' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tous les mots sont adultes, sommaire complet&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Sur Paul Valet, lire pr&#233;sentation et quelques extraits suppl&#233;mentaires &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article971' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici sur Tiers Livre&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Figure dont la pr&#233;sentation est elle-m&#234;me un d&#233;fi &#224; &#233;crire, parce qu'elle dit le saut en avant qu'est la prise d'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, sur un th&#232;me &#224; forte charge politique, elle dit l'importance de prendre &#233;cart en amont de la rh&#233;torique, de se confier &#224; la libert&#233; et la gratuit&#233; des images, et de leur donner valeur concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exercice qui se pr&#234;te tr&#232;s bien aussi &#224; l'&#233;criture collective sur ordinateurs connect&#233;s, via dispositif Etherpad ou Framapad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse la variante &lt;a href=&#034;#mts&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Moi tout seul&lt;/a&gt; qui figurait dans l'&#233;dition originale de &lt;i&gt;Tous les mots sont adultes&lt;/i&gt;, m&#234;me s'il y a bien longtemps que je ne l'ai pas utilis&#233;e. Grand souvenir n&#233;anmoins d'un groupe d'enfants en soutien scolaire accueillis par les &#233;ducateurs de Bagnolet, et avec lesquels nous avions organis&#233; quelques s&#233;ances d'&#233;criture &#224; la m&#233;diath&#232;que. Ce petit bout de huit ans qui s'&#233;tait absorb&#233; dans son &#233;cran, et dans les 40 minutes o&#249; nous aidions ses camarades avait &#233;crit, un mot par page, de fa&#231;on r&#233;p&#233;titive, le simple mot &lt;i&gt;MOI&lt;/i&gt; mais en augmentant chaque fois la taille de la police jusqu'&#224; en produire un qui occupe tout l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Paul Valet | Et je dis NON&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#201;mouvant destin celui de cet &#233;migr&#233; russe, n&#233; Georges Schwartz &#224; Moscou en 105, vouant sa vie &#224; la m&#233;decine dans un quartier populaire, et choisissant ce pseudonyme de Paul Valet pour n'en pas trouver de plus humble ou de plus anonyme. Dans l'&#233;norme secousse du surr&#233;alisme il trouve un chemin qui lui est propre, d'une grande diversit&#233; formelle, mais gardant cette lisi&#232;re d'un fantastique ou d'un onirisme des images h&#233;rit&#233;e des surr&#233;alistes. Un chemin solitaire, mais qu'il porte jusqu'&#224; sa mort en 1987 dans un &#233;cho subversif et critique &#224; l'&#233;gard des transformations du monde. Rien que par ses titres, &lt;i&gt;La parole qui me porte&lt;/i&gt;, ou ses &lt;i&gt;Paroles d'assaut,&lt;/i&gt; Pas question on entrouvre avec lui que l'&#233;criture ait une intention, que cette intention on la retourne sur le monde, mais que le travail s'en fasse &#224; rebours, comme construction, d&#233;multiplication, intensification de la pure subjectivit&#233;, complexe, &#233;toil&#233;e, l&#224; o&#249; cette intention heurte au monde sans qu'en rien transformer soit possible. C'est le dialogue de fond que Valet renvoie &#224; Paul &#201;luard dans &lt;i&gt;Sans museli&#232;re&lt;/i&gt; (1949), et la bascule qui nous int&#233;resse : on ne heurte pas le po&#232;me au monde pour en faire un message, mais en se confrontant &#224; la plaie vive, avec les beaut&#233;s et le d&#233;lire des mots, c'est soi-m&#234;me qu'on agrandit, qu'on complexifie. Il s'agit donc &#224; nouveau de progresser dans le texte non pas lin&#233;airement, en faisant qu'une phrase fasse suite &#224; celle qui pr&#233;c&#232;de, mais en revenant soi &#224; la fissure qu'on veut dire, celle qui traverse le monde, la ville, la plan&#232;te, la relation &#224; l'autre, partout o&#249; la g&#233;n&#233;rosit&#233; s'irrite, o&#249; m&#234;me le don ne suffit pas, ne r&#233;pare pas. Et chaque fois qu'on revient ainsi au lieu de la friction, c'est une nouvelle association subjective qu'on va tisser, extraire ou d&#233;couvrir de soi-m&#234;me, laquelle va en regrouper autour d'elle un bouquet, un encha&#238;nement bref, mais on pourra toujours revenir &#224; la situation initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un texte qui produit ce d&#233;clenchement d'&#233;criture justement parce qu'il n'est pas raisonnable (plut&#244;t dans l'h&#233;ritage du &#171; Silence au raisonneur &#187; de Rimbaud, que le tr&#232;s grave y c&#244;toie sans coupe le presque futile ou le carr&#233;ment fou, que l'attaque s&#233;rieuse encha&#238;ne avec la provocation la plus gratuite, juste alors en privil&#233;giant l'accumulation, l'analogie, l'assonance. Et pourtant loin des rimes tellement r&#233;guli&#232;res du rap, qui se revendique de la m&#234;me fonction, de la m&#234;me catharsis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, dans ce qui fait qu'un texte est d&#233;clencheur, tout tenait &#224; ce que le titre que donne Paul Valet &#224; ce po&#232;me est Et je dis non plut&#244;t que seulement Je dis non ? A noter aussi la contrainte d'&#233;crire en bloc, quitte &#224; utiliser les majuscules pour rythmer visuellement l'int&#233;rieur du bloc :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Je dis NON aux miasmes et marasmes et &#224; tout ce qui rampe et glisse et se d&#233;compose. Je dis NON aux paroles en beurre avec tous les honneurs, prix des prix, m&#233;dailles, promotions, nomenclatures, carri&#232;res diverses et de sable. Je dis NON aux nargues et venargues et subardes &#224; l'air conditionn&#233;. Je dis NON aux cabotons pieds de biche, archivoltes, croupions et portails, jarretelles et jarreti&#232;res et collants int&#233;graux. Et je dis NON au gros, au d&#233;tail, aux tarifs, aux clients, au d&#233;bit, au cr&#233;dit, aux factures et l'escompte. Je dis NON aux affaires fructueuses, au lugubre, &#224; la lie. Pas d'argent, pas de sang. Je dis NON &#224; tout ce qui se d&#233;robe clandestinement &#224; la folie naturelle. Je dis NON &#224; la suite, &#224; l'axonge et la panne et la glu et le lard et l'anus et les &#233;coulements-excr&#233;ments et les boucheries des animaux innocents. Je dis NON &#224; la basse-cour, &#224; la Haute Cour, les bombyx, les bombements.
&lt;p&gt; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis NON aux strat&#233;gies amoureuses, aux ogives nucl&#233;aires, aux missiles et fus&#233;es mortuaires. Je dis NON aux duplicatas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis NON &#224; l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture ou l'ordure ? Je suis contre. Je dis NON aux manies c&#233;r&#233;brales, aux visages d&#233;tourn&#233;s, aux rivi&#232;res dess&#233;ch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis NON aux &#233;corcheurs, procureurs, professeurs, ordinateurs, aux mus&#233;es et aux r&#226;teliers. Il y a OUI pour le NON. Il y a po&#233;sie et po&#233;sie. Il y a eau min&#233;rale et eau min&#233;rale. Il y a c&#233;r&#233;monies. Il y a tout le fourbi. Il y a le roussi. Il y a la folie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Po&#232;te maudit par le monde, je marche sur cette terre, sur ma terre, humili&#233;e, estropi&#233;e, condamn&#233;e, et mes jambes tremblent d'effroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Valet, &#171; Soleil d'insoumission &#187;, &#233;ditions Jean-Michel Place, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et quelques r&#233;ponses venues du lyc&#233;e professionnel Fernand-L&#233;ger d'Argenteuil, classe 1&#232;re productique :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
JE DIS NON&lt;br/&gt;
aux contr&#244;les muscl&#233;s que je vis presque tous les jours en descendant de chez moi
&lt;p&gt;JE DIS NON&lt;br/&gt;
aux disputes avec mes potes pour des conneries&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JE DIS NON&lt;br/&gt;
aux mendiants que je vois tous les dimanches au march&#233; d'Argenteuil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JE DIS NON&lt;br/&gt;
&#224; la vie que je suis en train de vivre et qui ne me pla&#238;t pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JE DIS NON&lt;br/&gt;
aux gens qui sont dans leurs voitures et qui ferment leurs portes en nous voyant passer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JE DIS NON&lt;br/&gt;
&#224; la mis&#232;re que je vois en Alg&#233;rie quand je vais l&#224;-bas en vacances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JE DIS NON&lt;br/&gt;
quand je vois des reportages sur les jeunes de banlieue o&#249; nous passons pour des voyous&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;mts&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;Variation : &#171; Moi tout seul &#187;&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me diff&#233;rencie d'une collectivit&#233; de six milliards d'hommes et me rend parmi eux unique. Pousser cela tout au bout, quand ce serait aller jusqu'&#224; l'usage d'une brosse &#224; dents bleue usag&#233;e. Po&#232;te est pour nous celui qui rompt l'accoutumance (Saint-John Perse), elles sont donc quoi, ces habitudes qui nous font ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencer chaque phrase par moi tout seul c'est d&#233;j&#224; affirmer la part de langage &#224; nous r&#233;serv&#233;e, on est d&#233;j&#224; install&#233; dans la phrase quand il s'agit de la continuer, et trouver ce qui la d&#233;termine. On fonctionne par listes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des plus beaux exercices tout terrain, permettant chaque fois des textes d'une extraordinaire densit&#233;. &lt;i&gt;Cort&#232;ge&lt;/i&gt; d'Apollinaire n'ob&#233;it pas &#224; ce strict principe, mais il en d&#233;signe bien l'enjeu, et j'en expose souvent l'id&#233;e au d&#233;but de cet exercice.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Et moi aussi de pr&#232;s je suis sombre et terne&lt;br/&gt;
Une brume qui vient d'obscurcir les lanternes&lt;br/&gt;
Une main qui tout &#224; coup se pose devant les yeux&lt;br/&gt;
Une vo&#251;te entre vous et toutes les lumi&#232;res&lt;br/&gt;
Et je m'&#233;loignerai m'illuminant au milieu d'ombres&lt;br/&gt;
Et d'alignements d'yeux des astres bien-aim&#233;s
&lt;p&gt;Un jour&lt;br/&gt;
Un jour je m'attendais moi-m&#234;me&lt;br/&gt;
Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes&lt;br/&gt;
Pour que je sache enfin celui-l&#224; que je suis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui survenaient et n'&#233;taient pas moi-m&#234;me&lt;br/&gt;
Amenaient un &#224; un les morceaux de moi-m&#234;me&lt;br/&gt;
On me b&#226;tit peu &#224; peu comme on &#233;l&#232;ve une tour&lt;br/&gt;
Les peuples s'entassaient et je parus moi-m&#234;me&lt;br/&gt;
Qu'ont form&#233; tous les corps et les choses humaines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Apollinaire, &lt;i&gt;Alcools&lt;/i&gt;, Mercure de France, 1913.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici deux exemples (deux &#233;l&#232;ves de seconde &#224; Clichy-sous-Bois, une &#233;l&#232;ve de CAP &#224; Paris, et on remarquera dans le premier la lente remont&#233;e de la premi&#232;re personne m&#234;me &#224; travers le filtre de la relative), parmi des dizaines, de ce qu'induit cette r&#233;p&#233;tition du &lt;i&gt;Moi tout seul&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Moi toute seule&lt;br/&gt;
Je fais le travail d'une m&#232;re de famille
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui a une famille o&#249; il n'y a que des malheurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui s'est r&#233;veill&#233;e un jour et qui a appris la mort d'un proche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui a aussi deux meilleures amies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui va avoir beaucoup de boulot pendant les vacances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui a regrett&#233; d'avoir agi ainsi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui d&#233;teste les sciences physiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui a envie de repartir d'o&#249; je viens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui en a marre de tout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui a toujours les cheveux attach&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Qui suis dans une classe de seconde g&#233;niale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi toute seule&lt;br/&gt;
Je suis seule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, th&#233;&#226;tre de la Colline, avec une classe de seconde g&#233;n&#233;rale du lyc&#233;e Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Moi-m&#234;me dans ma chambre seule avec le papier peint rose et les palmiers&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me avec mon jean bleu ma chemise &#224; carreaux et mon pull bleu&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me avec mes parents dans l'album photo&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me avec le visage sous un bonnet en hiver dans la neige&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me les yeux ouverts, les yeux ferm&#233;s, les yeux ouverts, les yeux ferm&#233;s enfin je dors&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me noire comme de l'&#233;b&#232;ne&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me avec mon manteau noir mes chaussures noires&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me sur mon fauteuil marron devant la t&#233;l&#233;&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me parlant des Kabyles, des Alg&#233;riens, des Ha&#239;tiens, des Pakistanais&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me &#224; l'h&#244;pital en radiologie&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me &#224; la cantine avec une bouffe vraiment d&#233;gueulasse&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me ayant l'eau &#224; la bouche&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me devant un drame&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me devant ma m&#232;re&lt;br/&gt;
Moi-m&#234;me devant un spectacle extr&#234;mement horrible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, th&#233;&#226;tre de la Colline, avec une classe de seconde g&#233;n&#233;rale du lyc&#233;e Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime fumer des Marlboro &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'en ai marre de la vie &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; je suis d&#233;prim&#233;e &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime faire la f&#234;te &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; je d&#233;teste les flics &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas l'histoire &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas les hypocrites &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas entendre gueuler &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime la bonne ambiance &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime &#233;couter de la musique &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien &#233;crire &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien lire &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien t&#233;l&#233;phoner &#224; mes amies &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien m'exprimer &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien dire ce que je pense &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien la franchise &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime les bonbons &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime aller en bo&#238;te avec mes amies &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime aller au cin&#233;ma &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime aller au pub &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas les bouffons &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien les soir&#233;es o&#249; on s'&#233;clate &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime les films d'horreur &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; je dois supporter l'humeur de ma s&#339;ur &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas aller au m&#233;decin &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas les gens qui crachent par terre &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien de temps en temps le silence &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien de temps en temps me retrouver seule &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime bien les gens qui comprennent les choses et qui parlent s&#233;rieusement &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; quand je veux quelque chose je l'obtiens &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas les gens qui croient tout conna&#238;tre sur la vie &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'&#233;coute tout ce que les gens me disent et je retiens les bonnes choses &lt;i&gt;Moi toute seule&lt;/i&gt; j'aime pas les gens qui se vantent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, th&#233;&#226;tre de la Colline, avec une classe de CAP m&#233;nage et hygi&#232;ne des locaux du lyc&#233;e professionnel Edmond-Rostand, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>crains qu'un jour un train</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1778</link>
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		<dc:date>2009-05-17T07:45:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>audio &amp; video</dc:subject>
		<dc:subject>Roubaud, Jacques </dc:subject>
		<dc:subject>Apollinaire, Guillaume </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;d'Apollinaire, de la phonologie et des trains Corail&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;audio &amp; video&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Roubaud, Jacques &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot274" rel="tag"&gt;Apollinaire, Guillaume &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1778.jpg?1352732745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a ce vers d'Appolinaire, avec ce jeu sur les monosyllabes (belle digression &#224; son propos de Jacques Roubaud, autrefois, dans sa &lt;i&gt;Vieillesse d'Alexandre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Roubaud, La Vieillesse d'Alexandre, notamment chapitre 6 : &#171; 7. Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), et ce report de la chute :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Crains qu'un jour un train ne t'&#233;meuve&lt;br&gt;
Plus&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi j'y pensais ce mardi apr&#232;s-midi, une heure d'enregistrement &#224; France-Inter en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, le RER qui me ram&#232;ne &#224; St Michel est quasi vide, et la tour Eiffel semble lentement danser comme d'un Paris &#224; touristes, et se dire que je ne retraverserai probablement plus &#224; cet endroit avant le d&#233;part d'ao&#251;t. Alors on la regarde, la tour Eiffel (moins &lt;i&gt;Sous le pont Mirabeau coule la Seine&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;Tandis que sous / Le pont de nos bras passe / Des &#233;ternels regards l'onde si lasse&lt;/i&gt;...) :&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Puis le m&#234;me RER mais dans la tranch&#233;e couverte et cette succession des soupirails ouverts : c'est nous lisant nos pages web sans s'arr&#234;ter sur aucune ?&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Enfin, le soir apr&#232;s rencontre &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article688&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Millefeuilles&lt;/a&gt; les Bergounioux Mac&#233;, le Corail de 22h53. On partage le compartiment avec Gabriel Bergounioux jusqu'&#224; Orl&#233;ans, je d&#233;couvre des choses qui m'interloquent sur la phonologie. Et puis le train compl&#232;tement vide, le wagon entier pour moi seul jusqu'&#224; Saint-Pierre des Corps. Ces vieux compartiments des trains de nuit, on les trouve comme terreau fantastique dans bien des livres (voir Claude Simon, &lt;i&gt;L'Acacia&lt;/i&gt;). J'aurai pris ce 22h53 combien de fois, en 12 ans, et ce train est d&#233;j&#224; quasi une survivance, l&#224; aussi aborder la liste mentale des &lt;i&gt;derni&#232;re fois que&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Et se souvenir d'Apollinaire, o&#249; se rejoignaient d&#233;j&#224; la phonologie et les trains :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;i&gt;Mais ent&#234;tons-nous &#224; parler&lt;br&gt; Remuons la langue&lt;br&gt; Lan&#231;ons des postillons&lt;br&gt; On veut de nouveaux sons de nouveaux sons de nouveaux sons&lt;br&gt; On veut des consonnes sans voyelles&lt;br&gt; Des consonnes qui p&#232;tent sourdement&lt;br&gt; Imitez le son de la toupie&lt;br&gt; Laissez p&#233;tiller un son nasal et continu&lt;br&gt; Faites claquer votre langue&lt;br&gt; Servez-vous du bruit sourd de celui qui mange sans civilit&#233;&lt;br&gt; Le raclement aspir&#233; du crachement ferait aussi une belle consonne&lt;/i&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et c'est dans ce contexte que surgit cette coupe &#233;tonnante, scandaleuse du &lt;i&gt;Crains qu'un jour un train ne t'&#233;meuve / Plus&lt;/i&gt;, dans ce po&#232;me &lt;a href=&#034;http://www.toutelapoesie.com/poemes/apollinaire/la_victoire.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Victoire&lt;/a&gt;, juste avant de dire :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#212; bouches l'homme est &#224; la recherche d'un nouveau langage&lt;br&gt; Auquel le grammairien d'aucune langue n'aura rien &#224; dire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et ces vieilles langues sont tellement pr&#232;s de mourir&lt;br&gt; Que c'est vraiment par habitude et manque d'audace&lt;br&gt; Qu'on les fait encore servir &#224; la po&#233;sie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il m'arrive de le ha&#239;r, ce po&#232;me d'Apollinaire, con&#231;u comme provocation, en m&#234;me temps que s'en r&#233;p&#233;ter obsessivement des fragments entiers, jusqu'&#224; ce &lt;i&gt;Regarde&lt;/i&gt; &#224; la fin :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;La parole est soudaine et c'est un Dieu qui tremble&lt;br&gt; Avance et soutiens-moi je regrette les mains&lt;br&gt; De ceux qui les tendaient et m'adoraient ensemble&lt;br&gt; Quelle oasis de bras m'accueillera demain&lt;br&gt; Connais-tu cette joie de voir des choses neuves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#212; voix je parle le langage de la mer&lt;br&gt; Et dans le port la nuit des derni&#232;res tavernes&lt;br&gt; Moi qui suis plus t&#234;tu que non l'hydre de Lerne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La rue o&#249; nagent mes deux mains&lt;br&gt; Aux doigts subtils fouillant la ville&lt;br&gt; S'en va mais qui sait si demain&lt;br&gt; La rue devenait immobile&lt;br&gt; Qui sait o&#249; serait mon chemin&lt;br&gt; Songe que les chemins de fer&lt;br&gt; Seront d&#233;mod&#233;s et abandonn&#233;s dans peu de temps&lt;br&gt; Regarde&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et nos outils d&#233;j&#224;, ici, lui donnent raison, n'&#233;tant plus ceux de la po&#233;sie : les images me suffisent et je suis muet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Roubaud, &lt;i&gt;La Vieillesse d'Alexandre&lt;/i&gt;, notamment chapitre 6 : &lt;br&gt;&#171; 7. Le vers libre tel qu'il est d&#233;fini ici, s'il n'est pas oralement constitu&#233; seulement, n'atteint jamais au stade o&#249; la vision est irr&#233;ductible &#224; la diction ; il n'est pas une unit&#233; purement &#233;crite. Il existe pour oeil-oreille (m&#234;me si l'oeil parfois est mental et si l'oreille &#233;coute dans le silence). &#187;&lt;br&gt;
Et page 131, &#224; propos de l'octosyllabe &lt;i&gt;Crains qu'un train...&lt;/i&gt; :&lt;br&gt;
&#171; Tout le vers libre commun, de l'opposition affich&#233;e aux concordances qui se cachent, renvoie au vers traditionnel. Jusqu'au choix majoritaire de la disposition typographique destin&#233;e &#224; la distinction du non-vers, emprunt&#233;e telle quelle &#224; la notation ancienne, avec majuscules initiales et d&#233;placement vers la droite des d&#233;buts de lignes qui ne sont pas des d&#233;buts de vers. Si je l'ai nomm&#233; &lt;i&gt;classique&lt;/i&gt;, c'est que la nature de son accord conflictuel avec l'alexandrin le rapproche non de la p&#233;riode derni&#232;re de supr&#233;matie de celui-ci (1850-1880), mais au contraire de celle o&#249; la soumission des fronti&#232;res syntaxiques aux fronti&#232;res m&#233;triques est la plus stricte, celle des grands auteurs fran&#231;ais : Boileau, Corneille, Racine, Moli&#232;re, La Fontaine, Malherbe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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