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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>annonces concernant la culture</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Tacheau, Olivier </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;et la cr&#233;ation d'un mus&#233;e de l'histoire de France vue par ses habitants m&#234;mes&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;2009 | Recherche d'un nouveau monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot326" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot539" rel="tag"&gt;Tacheau, Olivier &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1603.jpg?1479626643' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un mus&#233;e de l'histoire de France, voil&#224; l'annonce faite ce matin. Mais surtout cette id&#233;e tr&#232;s neuve, qui vaudra pour la suite des jours et des temps, mus&#233;e que chacun &#233;tait invit&#233; &#224; prolonger, et voil&#224; qui donnait toute une perspective &#224; la reconversion des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs ann&#233;es, on a voulu sauver. Anciennes usines, maisons o&#249; avait v&#233;cu telle personnalit&#233; locale ou nationale, &#233;crivain ou collectionneur (de tableaux, de voitures), vieux couvents rest&#233;s vides si longtemps, mais aussi ces grandes constructions faites autrefois pour la justice, pour l'arm&#233;e et son mat&#233;riel (on avait des fait des mus&#233;es du char, des mus&#233;es de la marine, des mus&#233;es du v&#234;tement militaire, de la vie de caserne au XX&#232;me si&#232;cle), tout &#233;tait devenu mus&#233;e : ce qui posait deux probl&#232;mes, celui du public, celui de l'entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'avait vu pour les th&#233;&#226;tres : quels cris, &#224; chaque fois qu'on avait dit que tel th&#233;&#226;tre, o&#249; malgr&#233; les subventions les salles restaient vides, ne justifiaient pas forc&#233;ment le maintien de l'&#233;quipement. Depuis si longtemps ils s'&#233;taient clos sur eux-m&#234;mes, se jouant leurs pi&#232;ces aux uns aux autres. On avait fini par garder des th&#233;&#226;tres vides, avec des reconstitutions en relief des pi&#232;ces jou&#233;es, des expositions dans les couloirs, le hall, les loges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les usines, on les convertissait en lieux dits culturels : cela se pr&#234;tait si bien &#224; la m&#234;me chose, performances, installations, projections, salles de r&#233;p&#233;tition en vue de cr&#233;ation future. Mais les usines fermaient plus vite qu'on ne pouvait multiplier ces transformations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'&#233;tait amplifi&#233;, on l'avait appel&#233; le &lt;i&gt;tertiaire de la culture&lt;/i&gt;, parce que maintenant c'&#233;taient principalement d'anciens b&#226;timents de service, de bureaux, qu'il fallait r&#233;employer. Pour chaque mutation administrative vers le num&#233;rique, combien de fen&#234;tres s'&#233;teignaient ? Et les nouveaux b&#226;timents de gestion, en bord des villes, avec parking, salles de musculation et de d&#233;tente, parkings am&#233;nag&#233;s, calme et lumi&#232;re, cha&#238;ne du froid pour la cantine, &#233;taient bien plus rationnels, encombraient moins la vieille surface de la terre. Construire &#233;tait essentiel, avait-on pr&#233;tendu longtemps : tout le monde y trouvait son compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors d&#233;molir, installer des parcs, des espaces verts ? On ne faisait plus que marcher au long des arbres, dans les vieux centre-villes. Installer des espaces commerciaux ? Ils fermaient eux aussi. Des mus&#233;es ? On en avait pour la fa&#239;ence, l'horlogerie, les bonbonni&#232;res, l'histoire naturelle. Pour &#233;duquer, mieux valait quand m&#234;me apprendre &#224; consid&#233;rer le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait eu cette id&#233;e : l'important, c'&#233;tait la trace. Ces journaux personnels sur Internet, ces pages avec votre photo et vos recettes de cuisine pendant la grande mode des r&#233;seaux sociaux, avaient induit cette belle id&#233;e : remettre &#224; la collectivit&#233; ce qui, de fait, lui appartenait. Et pas de ces &#233;crans qui ne conservaient rien, maintenant que m&#234;me les morts on les br&#251;lait (o&#249; les aurait-on mis, sinon : tout Michaux tenait dans une urne &#8211; je sais, je l'ai tenue). Non, une simple et belle vitrine, et quiconque &#233;tait citoyen de la ville pouvait solliciter la sienne : la place ne manquait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi y placer ? Mais ce que vous voulez : simplement, ce que vous voulez. On vous attribuait un espace non virtuel, occupez-le comme vous occupiez, au temps de la mode virtuelle, ces espaces qu'on disait personnels. Objets, si vous voulez. Textes ou musique, si vous voulez. Photographies choisies, ou un seul autoportrait : si vous voulez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On venait s'y promener le dimanche. Certaines vitrines &#233;taient tr&#232;s gaies, on restait amuseur pour l'&#233;ternit&#233;. On avait conscience d'avoir invent&#233; bien mieux que les anciens mus&#233;es, qu'on fermait maintenant comme on avait ferm&#233; les biblioth&#232;ques, les th&#233;&#226;tres : la vie de tous les jours, et bien mieux qu'un buste d'empereur romain, ce qui &#233;tait le symbole de vous-m&#234;me &#224; jamais. Les villes &#233;taient devenues &#8211; enfin &#8211; notre m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je vous redonne le code d'acc&#232;s de ma vitrine, entrer sur les bornes &#224; disposition public C224-A42B-F355G.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>11 juin 1955 : arch&#233;ologie familiale</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article115</link>
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		<dc:date>2012-06-11T13:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>Vend&#233;e &amp; grand Ouest</dc:subject>
		<dc:subject>autobiographies partielles</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;canique</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ment &#224; &lt;em&gt;M&#233;canique&lt;/em&gt;, et comment la t&#233;l&#233;vision naissante traitait d'une catastrophe film&#233;e en direct&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Vend&#233;e &amp; grand Ouest&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot254" rel="tag"&gt;M&#233;canique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton115.gif?1352732064' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;note du 11 juin 2012&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Remise en Une annuelle de ce billet m&#233;moire &#8211; histoire de v&#233;rifier aussi que les liens YouTube sont toujours valides.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;note du 7 juin 2011&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'INA propose un dossier images &lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/sport/auto-moto/dossier/2183/24-h-du-mans-les-courses-mythiques.20090331.fr.html#xtor=ES-1-%5blettreinfo_07-juin-2011%5d-20110607-%5bla-une_24h-du-mans%5d-413400@1-20110607140000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;24 heures du Mans&lt;/a&gt;, l'occasion de faire revenir comme chaque ann&#233;e cette page...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;note du 15 juin 2010&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Si vous avez d&#233;j&#224; lu ce texte l'an pass&#233; &#224; m&#234;me date, pas la peine d'y revenir. Il reviendra r&#233;guli&#232;rement. D'ailleurs, dans une insomnie r&#233;cente, j'avais cette intuition d'un site dont le contenu se serait stabilis&#233;, mais qui chaque jour reconfigurerait sa Une et sa navigation, identique &#224; lui-m&#234;me mais ne pr&#233;sentant jamais la m&#234;me figure. Il se trouve aussi que je termine mon ann&#233;e am&#233;ricaine, je relis autrement l'histoire des voitures &#8211; donc ce moment-l&#224; aussi. Et quelques corrections par ci par l&#224; bien s&#251;r, et surtout ces vid&#233;os : le ton du commentateur anglais de Path&#233;, le travail de remontage sans paroles de la deuxi&#232;me, le transfert dans le vocabulaire d'aujourd'hui via cette bande-annonce d'Arte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;note du 11 juin 2009&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Revenu de Rennes par l'autoroute beaucoup trop vite, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article722&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce soir&lt;/a&gt;, jamais arriver vraiment &#224; int&#233;grer l'id&#233;e qu'une voiture ne soit pas faite pour rouler &#224; moins que la vitesse max &#8211; m&#234;me sur cette route o&#249; un ami, Pignoux l'a&#238;n&#233;, revenant lui aussi d'un travail tard etc...&#8211;, donc un bon 160/170 puisque quasi pas de circulation sauf les camions, mais pas un hasard non plus que ce soit juste au passage de Le Mans : mais comment je pourrais faire, si c'est comme &#231;a qu'on m'a appris, de toujours ? Je remets &#224; date d'aujourd'hui ce texte mis en ligne il y a exactement 2 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re mise en ligne 11 juin 2007.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/0ww66Ic4edk&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/0ww66Ic4edk&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Mans, 11 juin 1955 | fragment d'arch&#233;ologie familiale&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quatre-vingt-six morts et lui, para&#238;t-il, cette jambe qu'il tenait dans ses bras, cette jambe d'un inconnu, ramass&#233;e et quoi en faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a cinquante ans jour pour jour, j'avais deux ans, ma m&#232;re attendait mon premier fr&#232;re. Mon p&#232;re y revenait quasiment chaque 24 heures du Mans : &#171; Vous auriez pu &#234;tre orphelins. &#187; On a fini par l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chapp&#233;e aux 24 heures du Mans c'&#233;tait pour les garagistes de province un rituel aussi oblig&#233; que le Salon de l'auto, et c'est une des variations abruptement accumul&#233;es dans &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/mecanique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;canique&lt;/a&gt;, ces pages r&#233;dig&#233;es en quelques semaines, un portrait de mon p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait cinquante-ans pile, disait le journal, moi j'&#233;tais entr&#233; &#224; la boulangerie, je ne lis jamais le journal local, et tout d'un coup, la photo et les mots, c'est sa voix qui revenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1955, sa jambe dans les bras et l'horreur et le feu autour de lui, il a 30 ans, ses 31 en septembre, et son p&#232;re en a 55 : l'&#226;ge auquel moi j'&#233;cris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s une disparition, le travail s'en prolonge, et pas seulement dans les r&#234;ves, ou sa propre transformation physique. Les sensations tactiles notamment perduraient. Apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, javais suspendu tout d&#233;placement, tous travaux en cours, et le matin venaient ces notes &#233;tranges, ou surgies comme d'un monde &#233;trange, en soi et qu'on ne reconna&#238;t pas. Cela avait dur&#233; 3 semaines avant, non de se pacifier, mais que le travail de deuil commence int&#233;rieurement de s'&#233;tablir, via les premiers r&#234;ves o&#249; lui, le mort, apparaissait et parlait, et puis qu'on ait &#224; trier les papiers, les photos, qu'on retrouve ces lettres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces semaines apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, ce que je voulais, c'est &lt;i&gt;accepter&lt;/i&gt;. Des images, des mots sont l&#224; : ils terrifient, tant pis. Je m'&#233;tais donn&#233; deux contraintes : ne rien rajouter des souvenirs embo&#238;t&#233;s, ce qui revenait par la dur&#233;e et le travail mais n'avait pas surgi dans ce premier instant du choc, et l'obligation d'&#233;crire pour tenir la traverse (l'ordinateur portable pos&#233; vers 4 h du matin dans l'insomnie sur la table de la cuisine et non sur celle du bureau, et ces 40 minutes de pure acceptation, ou voulues comme telles quand bien m&#234;me il ne s'agissait que d'un jouet, d'un r&#234;ve, d'une incertitude). Et deuxi&#232;me contrainte, ne rien changer, dans le travail de fixation et d'&#233;claircissement, de tenue de la phrase, &#224; l'ordre temporel dans lequel tout cela s'&#233;tait pr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc non pas un travail d'autobiographie, mais la posture du sculpteur, et tout du long j'ai pens&#233; &lt;i&gt;hommage&lt;/i&gt;, j'ai pens&#233; &lt;i&gt;tombeau&lt;/i&gt;, mon propre tombeau, un &lt;i&gt;masque fun&#233;raire&lt;/i&gt;, du bronze avec ses d&#233;coupures brutes. Fondre le masque de bronze, comme j'ai sous les yeux celui de Saint-John Perse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1717 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L470xH339/Le-Mans-55-e4c9a.jpg?1750494598' width='470' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Mans, 11 juin 1955, l'accident
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Donc, dans &lt;i&gt;M&#233;canique&lt;/i&gt;, le passage concernant le rituel des 24 heures du Mans, et la fois qu'avec mon fr&#232;re ils nous y avaient emmen&#233;s, comme volet n&#233;cessaire du rituel, le relais aux fils. Et que c'&#233;tait trop tard : les voitures rouges filaient trop vite, on s'int&#233;ressait de toute fa&#231;on &#224; autre chose et il ne nous y a plus remmen&#233; (moi tout du moins, mon fr&#232;re je ne sais pas, comme je ne sais pas la derni&#232;re fois qu'il y &#233;tait all&#233;). Extrait :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&#201;chapp&#233;e : ce qu'il disait des 24 heures du Mans comme d'une l&#233;gende, et qu'il y &#233;tait avec son p&#232;re peut-&#234;tre une premi&#232;re fois d&#232;s avant guerre (la course elle-m&#234;me avait pr&#233;cis&#233;ment son &#226;ge, rappelait-il, en comptant les &#233;ditions pour mesurer lui-m&#234;me ses tours de pistes du temps : son p&#232;re l'a-t-il emmen&#233; pour la victoire historique des Delahaye en 1935 ou des Bugatti en 1937 ? c'est d'un &#233;v&#233;nement comme cela que pourtant il parle), et qu'il y est encore avec son p&#232;re cette ann&#233;e de l'accident, le 11 juin 1955 : lui-m&#234;me perch&#233; sur les branches d'un arbre, tout pr&#232;s des gradins, &#224; regarder la course sous la pluie (ma m&#232;re enceinte de cinq mois de mon premier fr&#232;re) quand sous ses yeux la Mercedes de Levegh d&#233;colle et prend feu, explose sous ses yeux dans la foule des tribunes et qu'il se retrouve, en tant que pompier volontaire de Saint-Michel-en-L'Herm, parmi les secours qui s'improvisent : il y a quatre-vingt-deux morts, des centaines de bless&#233;s, pendant longtemps il ne retourne plus au Mans. Et qu'il y a vu untel ou untel, les champions, comme il nous voyait l&#224; : Phil Hill, Caroll Shelby, Maurice Trintignant, ou Fangio le l&#233;gendaire, en &#233;quipe avec Stirling Moss sur Mercedes cette ann&#233;e de l'accident, et qui en signe de deuil fait retirer les voitures de la course, ou ce Louis Rosnier qui remporta la victoire en conduisant lui-m&#234;me pendant vingt-trois heures et dix minutes, confiant alors la voiture &#224; son propre fils, succession encore, sch&#233;ma de succession toujours. Ce n'est pas avant qu'on soit arriv&#233; &#224; Civray que c'est notre tour, &#224; mon fr&#232;re et moi, d'accompagner le p&#232;re. On y va en fourgon, parce que c'est plus commode pour le couchage de fortune. On d&#233;couvre tout &#231;a selon des &#233;clats s&#233;par&#233;s, qui ne se rassemblent pas dans un sens global. [...] Finalement on n'est pas all&#233; si souvent, nous les gosses, aux 24 heures du Mans, peut-&#234;tre nous pr&#233;parait-il pour en partager plus, plus tard, selon ce qui &#233;tait sa mani&#232;re de les vivre et o&#249; il ne pouvait nous entra&#238;ner &#224; notre &#226;ge. Mais il n'y aurait pas de plus tard : la l&#233;gende &#233;tait pour lui et pas pour nous, il existait d&#233;sormais la t&#233;l&#233;vision qui suffisait, et des voitures on en voyait assez ou trop dans toute l'ann&#233;e pour que ceux-l&#224;, qui tournaient en rond dans leur vrombissement, soient nos h&#233;ros. J'avais une passion &#224; cet &#226;ge pour les r&#233;cits de navigateur solitaire, Kurun, Gerbault, et mon fr&#232;re plut&#244;t pour les motos : est-ce qu'il a ressenti &#231;a comme une premi&#232;re trahison, on y est all&#233; deux fois, aux 24 heures, apr&#232;s quoi il a d&#251; y refaire quelques &#233;quip&#233;es, mais sans nous. Dans le soir tomb&#233;, les taches de couleur maintenant derri&#232;re deux phares profil&#233;s se jettent toujours sous le pont en vrombissant, et nous, gr&#226;ce &#224; des laissez-passer de privil&#233;gi&#233;s, offerts par Antar, Shell Michelin ou les bougies Marchal &#224; leurs agents de province, voil&#224; qu'on franchit une &#224; une les barri&#232;res r&#233;serv&#233;es, on voit la course quelques minutes depuis les tribunes d'honneur sinon inaccessibles, et on vient s'accouder en propri&#233;taires (l&#233;gitim&#233;s par Antar, Shell, Michelin ou les bougies Marchal) &#224; la rambarde qui domine de tout pr&#232;s les &#233;curies. C'est l'aristocratie des m&#233;caniciens, la preuve de l'existence du monde : ils vous changent une roue et remplissent un r&#233;servoir en moins d'une minute, tandis qu'un coureur fatigu&#233; fait place &#224; son co&#233;quipier. Le bruit est assourdissant, durera toute la nuit, dure au matin quand on se r&#233;veille crisp&#233; et tout froid. Il faudra attendre jusqu'&#224; midi, en regardant les r&#233;sultats qui s'affichent, on est devenu indiff&#233;rent au spectacle monotone des voitures qui se jettent trop vite sous le pont, aux noms Porsche ou Ferrari m&#234;me, et on repartira avant l'arriv&#233;e pour &#233;chapper aux embouteillages d'apr&#232;s course (le vainqueur cette ann&#233;e-l&#224; est Bruce Mac Laren sur Ford MK II, et c'est parce que l'association nom du pilote et type de voiture est certaine que je peux retrouver l'ann&#233;e : 1966). Mais quand pass&#233; Arnage on plonge vers Le Mans, venant de Tours, et qu'on emprunte sur quelques kilom&#232;tres le circuit toujours l&#224;, qu'on aper&#231;oit les tribunes avec le pont en vo&#251;te, que sur les bords de la route o&#249; vous passez il y a encore les barri&#232;res de ciment blanc, c'est comme un &#233;cho de la l&#233;gende qui me parvient et sur lequel j'aurais du mal &#224; attirer l'attention de mes propres enfants. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinquante ans ce matin, alors &#224; la boulangerie je d&#233;couvre l'image arch&#233;type en Une de la &lt;i&gt;Nouvelle R&#233;publique du Centre-Ouest&lt;/i&gt;, et c'est une autre fa&#231;on du souvenir qui l&#232;ve brusquement et flotte. Parce que je me suis lev&#233; vers 5h et qu'&#224; 8h j'ai d&#233;j&#224; 3h d'ordi dans les pattes (pas forc&#233;ment grand-chose, je perds beaucoup de temps sur des textes de pas grand-chose, quitte &#224; ne changer qu'une ligne ici, repousser l&#224; une virgule, ou tomber une nouvelle page d'un bloc mais pas souvent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1716 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L440xH360/0-1-ce5e9.jpg?1750494598' width='440' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;cet homme pourrait avoir &#233;t&#233; mon grand-p&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les images de l'&#233;poque, on voit les spectateurs qui s'enfuient en courant. Eux, mon grand-p&#232;re et mon p&#232;re, &#224; contre-sens, ils se sont rapproch&#233;s. Ils n'&#233;taient pas loin (on &#233;tait mobiles, au Mans : on passait 2 heures aux Hunaudi&#232;res, on revenait au pont Dunlop, on faisait valoir l'invitation Michelin, une fois, pour venir jusqu'&#224; la tribune centrale). Ils auraient pu &#234;tre au lieu m&#234;me du choc. &#192; Saint-Michel en l'Herm ils sont pompiers volontaires, ils sont aussi garagistes, ils ne pensent m&#234;me pas &#224; ce qu'ils doivent faire ou pas faire, les autres s'enfuient, eux ils remontent la foule jusqu'&#224; l'accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quoi, dans le souvenir ? Je ne vois pas son visage. Je vois plut&#244;t sa fa&#231;on de parler de profil : nous ne nous parlions face &#224; face que dans l'affrontement. Je d&#233;couvre d'ailleurs que peut-&#234;tre je reproduis &#231;a aujourd'hui avec mes propres enfants, fa&#231;on de parler sans se regarder, et c'est peut-&#234;tre pour cela aussi que je ne parle vraiment bien &#224; quelqu'un que dans une voiture, quand le r&#233;el autour est &#224; distance et mobile. Je vois ses mains (d'ailleurs, j'ai les m&#234;mes). Quand on se parle, il continue le bricolage en cours. Son tour, son &#233;tabli, un machin &#233;lectrique &#224; refaire, et pour lequel il me convoquait parce que soi-disant c'&#233;tait ma sp&#233;cialit&#233;, alors qu'une fois qu'il avait d&#233;mont&#233; un appareil quelconque j'&#233;tais bien incapable moi non plus de comprendre ce qu'il y avait &#224; r&#233;tablir, rec&#226;bler, ressouder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est forc&#233;ment dans les derni&#232;res ann&#233;es. Il n'y a que dans les derni&#232;res ann&#233;es que vraiment nous parlions, ou plut&#244;t que j'osais demander. En partie, puisqu'il y a aussi ce qu'il m'est arriv&#233; de surprendre de lui-m&#234;me et que je n'aurais pas os&#233; ouvrir pour l'explication. Il y a eu aussi quelques choses graves de lui-m&#234;me, pour lesquelles il avait ainsi, l'&#226;ge venu, besoin de t&#233;moin ou en tout cas de pr&#233;sence tierce pour s'expliquer. Et cela ne figure pas dans &lt;i&gt;M&#233;canique&lt;/i&gt;, o&#249; j'ai travaill&#233; dans l'&#233;loge. Je suis d&#233;positaire de faits, un au moins, qu'il ne m'est m&#234;me pas autoris&#233; de l&#233;guer &#224; mes fr&#232;res, mais c'est peut-&#234;tre pareil pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc que souvent il parlait de cet accident aux 24 heures du Mans. Il y &#233;tait avec son p&#232;re : mod&#232;le qu'il avait tent&#233; peut-&#234;tre de prolonger avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/SRbQ-c0QswM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/SRbQ-c0QswM&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La voiture avait explos&#233; &#224; quelques dizaines de m&#232;tres d'o&#249; ils &#233;taient, parce qu'ils mettaient leur art &#224; venir voir la course sous les trous de nez, aux endroits de danger, de manoeuvrabilit&#233; extr&#234;me. En tant que pompiers volontaires de leur village de Vend&#233;e, ils avaient aussit&#244;t &#233;t&#233; admis, le p&#232;re et le fils, dans les secours. Ce n'&#233;taient pas leurs premiers morts. Dans les derniers temps, il me parlait souvent de ses morts. Les proches (son oncle), ou les anonymes (les suicid&#233;s des puits, les &#233;cras&#233;s voiture train, ou bien la guerre). Il m'avait ainsi racont&#233; la premi&#232;re fois qu'il &#233;tait descendu dans un puits remonter sur l'&#233;paule un macchab&#233;e. Bizarre que dans notre pays de marais, en dessous du niveau de la mer, le suicide en se balan&#231;ant dans le puits l'emportait largement sur la traditionnelle pendaison des campagnes. Moi aussi j'arrive &#224; l'&#226;ge qu'on parle des morts, et d'ailleurs &#8211; dans les r&#234;ves &#8211; avec lui parfois, avec lui souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en parlait en d&#233;sordre, de l'accident du Mans, mais il y revenait avec insistance. Ce d&#233;sordre des morts, le vacarme des bless&#233;s, le feu, l'huile et la fum&#233;e m&#233;lang&#233;s, la fuite des gens, les corps dispers&#233;s : cela, qui tiendrait plut&#244;t &#224; la guerre, n'avait aucun recoupement avec les images qu'il retenait de ces Allemands liquid&#233;s dans leur Traction, ou de cet aviateur am&#233;ricain tomb&#233; mort sous son parachute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il disait que la premi&#232;re chose qu'il avait vue et faite, dans cet accident au Mans, avait &#233;t&#233; de &lt;i&gt;ramasser une jambe&lt;/i&gt;. Qu'il se revoyait encore et encore, l&#224;, tenant une jambe et ne sachant qu'en faire. En g&#233;n&#233;ral, on arrivait &#224; la jambe, et le r&#233;cit s'interrompait. On revenait au bricolo en train.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;object width=&#034;640&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/lyImBm5QqMs&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowscriptaccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/lyImBm5QqMs&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;385&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin 1955, j'avais deux ans, ma m&#232;re attendait mon premier fr&#232;re. &#171; Vous auriez pu &#234;tre orphelins &#187; : c'&#233;tait trop t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que ce que je d&#233;couvre, en ce moment, c'est que la litt&#233;rature peut s'en tenir &#224; cette jambe, et la bizarrerie que &#231;a doit &#234;tre, de tenir dans ses mains une jambe s&#233;par&#233;e d'un corps, le corps d'un inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L480xH360/0-04660.jpg?1750494598' width='480' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le Mans, 1955 : Fangio ou Sterling Moss ?
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;document &lt;a href=&#034;http://chbastin.free.fr/dossiers/1955_accident/1955_accident.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Automobile Club de l'Ouest&lt;/a&gt; :
&lt;p&gt;Le Mans, vendredi 22 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'accident de 1955 &#187;, cinquante ans apr&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Bont&#233;, ancien reporter du quotidien Le Maine Libre, sort aujourd'hui &#171; 11 juin 1955 &#187;, un ouvrage consacr&#233; au terrible accident survenu sur le circuit des 24 Heures du Mans, il y a cinquante ans. Aucun livre n'avait &#233;t&#233; publi&#233; sur ce th&#232;me avant cette ann&#233;e. Tout n'avait pourtant pas &#233;t&#233; dit sur ce drame. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce qui s'est pass&#233; sur le circuit des 24 Heures, le 11 juin 1955 ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas tout, m&#234;me cinquante ans apr&#232;s. Cette ann&#233;e-l&#224;, la course &#233;tait exceptionnelle. Fangio, le champion du monde en titre, avait rat&#233; son d&#233;part et il a men&#233; une course d'enfer avec son challenger de l'&#233;poque, l'Anglais Hawthorn. Fangio conduisait une Mercedes, une voiture allemande. La fin de la guerre n'&#233;tait pas loin et je pense que l'Anglais voulait gagner &#224; tout prix. Question d'honneur. C'&#233;tait un duel de cingl&#233;s. Au cours des deux premi&#232;res heures, les deux pilotes ont battu dix records du tour, avec des pointes &#224; 280 km/h dans les lignes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment l'accident est-il survenu ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'est jou&#233; au moment o&#249; Mike Hawthorn a voulu se ravitailler. Les voitures de 1955 &#233;taient d'un type nouveau et c'&#233;tait le d&#233;but des ravitaillements. Un point clef de la course, que tout le monde attendait. Du coup, le public &#233;tait mass&#233; autour des stands, install&#233; sur des escabeaux pour mieux voir. Hawthorn a doubl&#233; un concurrent avant de se rabattre brusquement vers son stand, l'obligeant &#224; freiner puis &#224; d&#233;bo&#238;ter pour &#233;viter la collision. La Mercedes de Levegh, un co&#233;quipier de Fangio, arrivait derri&#232;re. Ils se sont touch&#233;s et la voiture de Levegh a d&#233;coll&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est cette voiture qui a atterri dans le public ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Le circuit de l'&#233;poque n'avait rien &#224; voir avec celui d'aujourd'hui. Il &#233;tait fait pour des voitures d'avant-guerre, beaucoup moins rapides que ces nouveaux mod&#232;les, et c'est une simple palissade en bois qui s&#233;parait les spectateurs de la piste. La voiture s'est &#233;lev&#233;e dans le ciel et a vraisemblablement explos&#233; en vol avant de s'&#233;craser au sol, ce qui a donn&#233; lieu a une deuxi&#232;me explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous pensez qu'il y a eu deux explosions ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, m&#234;me si ce n'est pas la th&#232;se officielle. Il faut dire qu'une esp&#232;ce de chape de plomb s'est abattue sur cette histoire. Certains &#233;l&#233;ments ne sont toujours pas accessibles, cinquante ans apr&#232;s. D'apr&#232;s les rapports des m&#233;decins et les t&#233;moignages auxquels j'ai eu acc&#232;s, un grand nombre de victimes d&#233;c&#233;d&#233;es n'avaient pas de blessures apparentes. On a dit qu'elles avaient &#233;t&#233; fauch&#233;es par la Mercedes, mais je pense qu'elles ont &#233;t&#233; tu&#233;es par l'onde de choc de la premi&#232;re explosion, quand la voiture s'est envol&#233;e. C'est ce qu'on appelle &#171; l'effet blast &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourquoi passer cet &#233;l&#233;ment sous silence ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile &#224; dire... Les gens &#233;taient persuad&#233;s qu'il y avait quelque chose de particulier dans l'essence, ce que la th&#232;se officielle a d&#233;menti. Ce qui est s&#251;r, c'est que le fait que ce soit une voiture allemande qui provoque l'accident a marqu&#233; les esprits. On &#233;tait &#224; la sortie de la guerre et on peut imaginer que le G&#233;n&#233;ral De Gaulle, qui faisait des efforts pour restaurer l'amiti&#233; franco-allemande, ne souhaitait pas qu'on rentre dans les d&#233;tails de l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Combien y a-t-il eu de victimes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas exactement non plus. Il y a eu plusieurs bilans contradictoires et des histoires incroyables au moment de la catastrophe. Le bilan officiel, donn&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur est de 82 morts, mais d'autres sources donnent 79 ou 80 morts et les listes des victimes ne portent pas toutes les m&#234;mes noms. Des femmes ont d'abord &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;es sous leur nom de jeune fille, puis sous leur nom d'&#233;pouse, et il y a m&#234;me des t&#233;moignages qui font &#233;tat de bless&#233;s d&#233;clar&#233;s morts alors qu'ils en ont r&#233;chapp&#233;. Certains corps ont &#233;t&#233; difficiles &#224; identifier. L'ironie de l'histoire, c'est que le dernier &#224; avoir &#233;t&#233; reconnu, c'est celui de Levegh, le pilote de la Mercedes !&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce que l'accident a chang&#233; dans l'histoire des courses automobiles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ! Les moteurs des cylindr&#233;s ont &#233;t&#233; revus &#224; la baisse, les r&#233;servoirs r&#233;duits, les pistes sont devenues plus larges, la protection du public a &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;e... Certains gouvernements, comme la Suisse, ont m&#234;me banni les courses automobiles de leur sol &#224; cause de l'accident, qui reste quand m&#234;me la deuxi&#232;me catastrophe routi&#232;re la plus tragique au monde. En France, apr&#232;s le drame, le gouvernement a cr&#233;&#233; une commission nationale de s&#233;curit&#233; des circuits, qui officie toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Est-ce qu'un accident pareil serait possible aujourd'hui ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pos&#233; la question au directeur de course actuel. Cette histoire reste une obsession pour l'Automobile-club de l'Ouest, mais il faut savoir que des travaux prodigieux ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s sur le circuit juste apr&#232;s le drame. Les stands ont &#233;t&#233; d&#233;truits et recul&#233;s de 15 m, ils ont creus&#233; &#224; 6 m de profondeur pour enterrer la piste et le trac&#233; a &#233;t&#233; r&#233;vis&#233;. C'&#233;tait gigantesque pour l'&#233;poque, mais c'est ce qui a permis au Mans d'&#234;tre &#224; la pointe de la s&#233;curit&#233;. C'est pour &#231;a que nous avons le plus grand circuit automobile permanent du monde. Pendant que les autres r&#233;duisaient leurs pistes, nous, on a gard&#233; les 13 km des origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Archives ACO&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>quoi faire de sa villa romaine ?</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2919</link>
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		<dc:date>2012-05-20T04:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Saclay, Palaiseau, les Ulis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#233;paisseur du temps et fouilles de sauvetage&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique90" rel="directory"&gt;observations &amp; questions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot674" rel="tag"&gt;Saclay, Palaiseau, les Ulis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2919.jpg?1352733917' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;
&lt;small&gt;&lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2885' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Retour index g&#233;n&#233;ral du web-roman&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'avais vu &#231;a r&#233;cemment lors de la rencontre avec les urbanistes : plusieurs points indiquaient des fouilles de sauvetage, vestiges n&#233;olithiques ici, et, en plus gros, la &lt;i&gt;villa romaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restait &#224; la retrouver. Le plateau de Saclay n'est pas grand, mais on le d&#233;couvre &#224; mesure dans sa complexit&#233; de routes, chemins, parcelles, qui se complexifient &#224; mesure qu'on approche de la fronti&#232;re g&#233;ographie qu'est la retomb&#233;e abrupte sur la vall&#233;e de Chevreuse et son hyper densit&#233; urbaine. C'est le m&#234;me sch&#233;ma qui va d'ailleurs servir de base aux projets en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc j'ai march&#233; et arpent&#233;. J'habite en p&#233;riph&#233;rie de grande ville de province avec la campagne tout aupr&#232;s mais suis viss&#233; &#224; mon ordi, donc mes &#233;chapp&#233;es vers la grande ville me permettent au moins de respirer le bon air des champs. A quoi on reconna&#238;t, quand elle ne figure pas sur vos plans, une villa romaine indiqu&#233;e par un cercle rouge sur un sch&#233;ma d'urbanisme aper&#231;u 3 semaines plus t&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle eut sa splendeur, ses caves, silos et toits entre le 2&#232;me et 3&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re, mais une partie de ses fondations date du 1er si&#232;cle. On l'a exhum&#233;e, entre 1994 et 1998, pour tracer ce chemin d'acc&#232;s qui longe Supelec. Cela veut dire que partout ailleurs, dans les champs, il y a ce vieux tissu de l'occupation humaine, en ce point prot&#233;g&#233; parce que surplombant la vall&#233;e, et &#224; proximit&#233; de la puissante Lut&#232;ce qui devait bien avoir 6000 &#224; 8000 habitants (je n'y connais rien, je sais qu'au temps de Rabelais c'&#233;tait dans les 14 000, merci, &#244; visiteurs, de pr&#233;ciser si vous savez !) &#8211; on a en France ce dispositif dit des &lt;i&gt;fouilles de sauvetage&lt;/i&gt;, qui ont entra&#238;n&#233; l'&#233;closion d'une nouvelle discipline, &lt;i&gt;l'arch&#233;ologie urbaine&lt;/i&gt; (en opposition &#224; ce qui serait, ici m&#234;me, l'arch&#233;ologie des champs ?). En g&#233;n&#233;ral, il faut aller assez vite. Dans les r&#233;gions &#224; forte densit&#233; arch&#233;ologique, N&#238;mes ou Marseille, c'est l'aubaine de l'ouvrier d&#233;couvreur, &#224; qui le patron du chantier remet illico une belle somme cash pour qu'on proc&#232;de au b&#233;tonnage ou recouvrement imm&#233;diat parce que marre. Reste ce qu'on a su en faire un peu partout, la gal&#232;re romaine expos&#233;e dans le Centre Bourse de Marseille ou m&#234;me le sous-sol de la &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1322&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;diath&#232;que Poitiers&lt;/a&gt;... C'est &#224; condition de pouvoir les sc&#233;nographier, ou de la majest&#233; dont parfois le vestige se dote. Ce n'est pas le cas ici, o&#249; la continuit&#233; serait plut&#244;t &#224; &#233;tablir avec les 4 fermes encore en service, et dont la forme carr&#233;e n'a pas tant vari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici &#231;a tombe bien, il y a encore de la place. Les vestiges des &#233;tudiants qui ont proc&#233;d&#233; &#224; la fouille, ce petit pont de planche, ou cette inscription &lt;i&gt;hypocauste&lt;/i&gt; (fourneau souterrain, me dit Littr&#233;) sont plus &#233;mouvantes, dans ces verts intenses d'une fin de printemps pluvieux, que l'alignement humble des vieilles pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'avais cependant retrouv&#233;e, sous l'immensit&#233; &#233;gale de la terre, ici, la villa romaine, l&#224; m&#234;me o&#249; doit tout prochainement, et d&#233;j&#224; sur les plans des urbanistes, s'&#233;tendre la nouvelle conqu&#234;te de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/orsay-saclay-villa-romaine-01.jpg?1337409834' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/orsay-saclay-villa-romaine-02.jpg?1337409842' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/orsay-saclay-villa-romaine-03-2.jpg?1337410145' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2860 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/orsay-saclay-villa-romaine-04.jpg?1337409856' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/orsay-saclay-villa-romaine-last.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/orsay-saclay-villa-romaine-last.jpg?1337409867' width='500' height='225' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Ethuin | Comment j'ai constitu&#233; ma biblioth&#232;que</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2766</link>
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		<dc:date>2012-01-05T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>fantastique</dc:subject>
		<dc:subject>biblioth&#232;ques</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Ethuin, Philippe (ArcheoSF)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pif Gadget, Fant&#244;mas, Ch&#233;ri-Bibi, Le chasseur fran&#231;ais et les autres, tous les autres...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;ceux de l'&#233;crire web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot641" rel="tag"&gt;Ethuin, Philippe (ArcheoSF)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2766.jpg?1352733760' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Tr&#232;s fier d'accueillir, pour ces &lt;i&gt;vases communicants&lt;/i&gt;, Philippe Ethuin.
&lt;p&gt;C'est un peu gr&#226;ce &#224; lui, ces derniers mois, que je remonte mes propres pistes de lecture oubli&#233;es, du c&#244;t&#233; litt&#233;rature populaire, science-fiction, anticipation qui ont toujours &#233;t&#233;, sous mon travail, peut-&#234;tre le plus profond ancrage qui nous relie au &lt;i&gt;r&#234;ve&lt;/i&gt; de litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe a ouvert tout un monde &#224; l'aventure publie.net en l'ouvrant aux archives de la science-fiction &#8211; le monde qu'on entrevoit quand on lit son blog ArcheoSF &#8211;, 6 textes d&#233;j&#224; et le voyage ne fait que commencer (dernier paru : &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/list/collection-3799-archeosf/page/1/date&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le formidable &#233;v&#233;nement&lt;/a&gt; de Maurice Leblanc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question &#233;tait donc, pour apprendre &#224; se conna&#238;tre aussi, de savoir (un peu ?) comment et pourquoi il en est venu &#224; prendre cette route... Et je lui r&#233;ponds chez lui, merci de l'accueil, par une sorte d'arch&#233;ologie de ma propre &lt;a href=&#034;http://archeosf.blogspot.com/2012/01/vases-communicants-archeosf-accueille.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture de Jules Verne&lt;/a&gt; qui me rapproche encore un peu plus de l'armoire aux livres du grand-p&#232;re maternel, qui sera le terme de mon &lt;i&gt;Autobiographie des objets&lt;/i&gt; en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sites de Philippe Ethuin (fondateur ou participant) :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://archeosf.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arch&#233;oSF&lt;/a&gt;, le blog consacr&#233; &#224; l'anticipation ancienne
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.actusf.com/spip/Retro-SF.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;troSF&lt;/a&gt;, chaque mois un texte essentiel de l'histoire de la SF fran&#231;aise sur ActuSF
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://bdfi.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BDFI&lt;/a&gt;, base de donn&#233;es francophone de l'imaginaire
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Peuples du Soleil&lt;/a&gt;, fictions mettant en sc&#232;ne des peuples pr&#233;colombiens
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A Propos de litt&#233;rature populaire&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur twitter &lt;a href=&#034;http://www.twitter.com/ferocias&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;@ferocias&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toujours bien s&#251;r la &lt;a href=&#034;http://rendezvousdesvases.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tour de contr&#244;le&lt;/a&gt; des &lt;i&gt;Vases&lt;/i&gt; de janvier... Le mois prochain j'accueille Beno&#238;t Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Philippe Ethuin | Comment j'ai constitu&#233; ma biblioth&#232;que&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Enfant j'ai lu &lt;strong&gt;Jules Verne&lt;/strong&gt; (bien &#233;videmment allais-je ajouter) mais surtout de nombreux classiques dans des &#233;ditions club reli&#233;es. &lt;strong&gt;Emile Zola&lt;/strong&gt; reste l'auteur de ces souvenirs de jeune adolescent lecteur. Pour des raisons difficiles &#224; expliquer en peu de mots, je lui dois sans doute mon attrait pour la science fiction et mon rejet de la Fantasy... J'ai largement pioch&#233; dans la biblioth&#232;que familiale mais ce n'&#233;tait pas ma biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'a toujours offert des livres. Des classiques en poche ou grand format. De la litt&#233;rature jeunesse illustr&#233;e ou non. Des bandes dessin&#233;es. Des romans d'aventures. Des ouvrages documentaires. De la science-fiction. Un peu de romans policiers. Une bible. Un abonnement renouvel&#233; &#224; &lt;i&gt;Pif Gadget&lt;/i&gt;. Des romans historiques. Je pense avoir tout conserv&#233; (&#224; peu de choses pr&#232;s) mais ce n'&#233;tait pas ma biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fr&#233;quentais assid&#251;ment l'annexe de la biblioth&#232;que municipale sise &#224; quelques pas de chez moi. &lt;strong&gt;J'y ai beaucoup lu dans un d&#233;cor orang&#233;.&lt;/strong&gt; Parmi les ouvrages relevant de l'imaginaire &lt;strong&gt;je me souviens&lt;/strong&gt; de l'histoire de deux &#238;les en conflit. La premi&#232;re choisissait la voie de la modernit&#233;, construisant &#224; tour de bras jusqu'&#224; l'&#233;croulement final, la seconde, plus sage, plus &#233;conome survivait et accueillait les rescap&#233;s de la premi&#232;re. &lt;strong&gt;Je me souviens&lt;/strong&gt; d'une histoire ressemblant &#224; celle d'Amnesty international. L'un des personnages de cette anticipation proche choisissait la voie de l'ill&#233;galit&#233; et montait des op&#233;rations militaires. J'y ai aussi d&#233;couvert &lt;strong&gt;George Orwell&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Aldous Huxley&lt;/strong&gt;. Je me souviens encore des angoisses suscit&#233;es par la couverture du roman &lt;i&gt;Le Peuple de la mer&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Michel Grimaud&lt;/strong&gt; (cette illustration d'Auclair s'est inscrite profond&#233;ment dans mon esprit et quand j'ai &#233;chang&#233; sur le sujet avec Jean-Louis Fraysse, l'un des Grimaud, il a trouv&#233; amusant que cette image soit si marquante alors que sa femme et lui n'aimaient gu&#232;re le c&#244;t&#233; BD r&#233;aliste d'Auclair). A port&#233;e de mains des milliers d'ouvrages dont la fr&#233;quentation a sans doute orient&#233;e mes futures lectures... mais ce n'&#233;tait pas ma biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les personnes &#226;g&#233;es de ma famille, je me plongeais dans de &lt;strong&gt;vieilles publications&lt;/strong&gt;. Des num&#233;ros du &lt;i&gt;Chasseur Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, de&lt;i&gt; L'Illustration&lt;/i&gt;. Mais aussi des journaux r&#233;cents (certains servaient &#224; allumer le feu) dans lesquels on trouvait des feuilletons (la presse r&#233;gionale continue souvent cette tradition). Il y eut aussi &lt;i&gt;Jours de France&lt;/i&gt;, publication du groupe Dassault, avionneur et propri&#233;taire de presse, o&#249; &#233;tait publi&#233; une adaptation en BD de Fant&#244;mas et de petites histoires pas forc&#233;ment pour les enfants. Une &lt;strong&gt;biblioth&#232;que imaginaire&lt;/strong&gt; &#233;tait en cours de cr&#233;ation mais ce n'&#233;tait pas ma biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens d'un grand choc. &lt;strong&gt;Fant&#244;mas, collection Bouquins, &#233;dition pr&#233;sent&#233;e par Francis Lacassin&lt;/strong&gt;, premi&#232;re &#233;dition. J'avais 16 ans (cherchez les r&#233;f&#233;rences et vous trouverez mon &#226;ge). &lt;strong&gt;Plong&#233;e&lt;/strong&gt; dans la litt&#233;rature populaire tendance roman d'aventures polici&#232;res. Ont suivi Rouletabille, Ars&#232;ne Lupin, Ch&#233;ri Bibi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les &#233;ditions originales aux couvertures illustr&#233;es par Gino Starace de Fant&#244;mas ont rejoint ma biblioth&#232;que ainsi que de nombreux autres volumes de la collection &lt;i&gt;Le Livre populaire&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Fayard. Une partie de ma biblioth&#232;que s'est ainsi constitu&#233;e par &lt;strong&gt;accumulation&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne dois pas oublier les &#233;tudes de R&#233;gis Messac, Jean-Luc Buard, Pierre Versins, les comp&#232;res Guy Costes et Joseph Altairac, Daniel Comp&#232;re, Jacques Van Herp, Marc Madouraud, Eric B. Henriet (et tant d'autres), l'association des amis du roman populaire et sa revue &lt;i&gt;Le Rocambole&lt;/i&gt;, le site BDFI et ses contributeurs, des fanzines comme &lt;i&gt;Le M&#233;t&#233;ore&lt;/i&gt;,... &lt;strong&gt;Des id&#233;es de lecture naissent &#224; chaque page&lt;/strong&gt;. On mesure l'&#233;tat des manques et on se dit que &#231;a ne peut raisonnablement &#234;tre sa biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette accumulation doit beaucoup aux &lt;strong&gt;brocantes&lt;/strong&gt;. Mes meilleurs compagnons sont une lampe de poche &#224; dynamo qui &#233;claire le chemin gr&#226;ce &#224; ses deux LED et un bon gros sac &#224; dos. Le dimanche matin, r&#233;guli&#232;rement je remplissais mon coffre d'une centaine d'ouvrages populaires avec une portion &#171; science fiction &#187; et &#171; aventures &#187; fournie mais aussi de petits romans sentimentaux, des fascicules, de vieilles bandes dessin&#233;es (souvent des r&#233;cits sous bande), de vieux journaux dans des reliures &#233;diteur ou amateur... Multiples plaisirs &lt;strong&gt;&#224; bon compte&lt;/strong&gt; : la d&#233;couverte dans une caisse, l'extraction du volume convoit&#233;, la n&#233;gociation de l'objet du d&#233;sir, le portage dans le sac, le t&#234;te-&#224;-t&#234;te &#224; la maison, le rangement sur les rayons ou la remise dans un carton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accumulation a &#233;t&#233; rapide. Puis est venu le temps de la recherche du compl&#233;ment. Le nombre de livres a grossi d&#233;mesur&#233;ment au point de m'&#233;chapper. Ma biblioth&#232;que se constituait &#224; mes d&#233;pens. Etait-ce encore la mienne ou &#233;tais-je d&#233;j&#224; &lt;strong&gt;sienne&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brocante s'est prolong&#233;e dans le monde d'Internet. &lt;strong&gt;Fouiller&lt;/strong&gt; sur les sites de vente de livres (ou d'autres choses), pouvoir &#233;changer informations, donn&#233;es bibliographiques, livres avec des amateurs, &#8230; Internet m'a permis de &lt;strong&gt;compl&#233;ter&lt;/strong&gt; des manques dans certaines collections, d'en d&#233;couvrir d'autres. Outil indispensable et addictif. Quelques pi&#232;ces importantes en sont issues. Il y a aussi l'apport de la lecture &lt;strong&gt;num&#233;rique&lt;/strong&gt;. Pour certains textes je ne mettrai jamais la somme r&#233;clam&#233;e (le plus souvent justifi&#233;e d'ailleurs par la raret&#233;) par les vendeurs d'ouvrages. Reste alors des passionn&#233;s, &#233;diteurs, associations ou particuliers pour offrir des versions num&#233;riques de ces livres inabordables. &lt;strong&gt;Une part du r&#234;ve&lt;/strong&gt; mais ce n'est pas ma biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma biblioth&#232;que id&#233;ale ? Je n'ai pas encore atteint mon id&#233;al. Je ne l'atteindrai jamais &#8211; c'est bien la seule certitude. Mais il y a le sentiment d'&#339;uvrer tel un &lt;strong&gt;arch&#233;ologue&lt;/strong&gt; et non un chercheur de tr&#233;sors. Je crois plus important la collecte des tessons que constituent ces petits fascicules, ces ouvrages broch&#233;s aux couvertures d&#233;fra&#238;chies, ces livres de peu de prix, cet &lt;strong&gt;empire cach&#233;&lt;/strong&gt; pour reprendre les mots de Francis Lacassin, m&#233;pris&#233;s par beaucoup dont on ram&#232;ne le dimanche matin des caisses enti&#232;res pleines de poussi&#232;res et de richesses textuelles insoup&#231;onn&#233;es. Pourtant c'est &#224; la fois un h&#233;ritage des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es et une source de plaisir de lecture. Les belles &#233;ditions ?. Les pr&#233;cieux cartonnages Hetzel comme les cartonnages &#171; au globe dor&#233; avec dos au phare &#187;, &#171; &#224; la sph&#232;re armillaire type 2, deuxi&#232;me plat aux palmettes &#187; ne sont pas des objets de d&#233;sir pour moi. Se les procurer n'est qu'une vile question d'argent, pas de recherches patientes. Bibliophilie sans doute. Je pr&#233;f&#232;re l'obscur, &#171; l'obscure clart&#233; &#187; du populaire. Le d&#233;frichement du domaine de l'oubli. C'est long. Minutieux. Fastidieux. Le domaine de l'anticipation ancienne est important. Cependant son exploration, si ce n'est compl&#232;te mais au moins plus qu'un survol n'est, pas impossible &#224; l'&#233;chelle d'une vie humaine car on est entre 3000 et 5000 textes relevant de la science fiction ancienne selon les annexions que l'on se permet ( roman pr&#233;historique ou pas ? Utopie ou non ?) et les bornes chronologiques que l'on dresse (1939 ? 1945 ? 1951 ? plus tard ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le plaisir de l'arch&#233;ologue qui reconstitue un monde &#224; partir de &lt;strong&gt;fragments mineurs&lt;/strong&gt;. Les beaux objets ne sont pas ceux du quotidien. Et l'on veut pr&#233;server les chefs-d'oeuvre certes mais le reste aussi m&#233;rite attention. &#171; Le chef-d'&#339;uvre est un livre dont tout le monde parle et que personne ne lit &#187; disait Hemingway. Les petits ouvrages que je collecte n'ont pas de pr&#233;tention litt&#233;raire mais ce &#171; petit patrimoine &#187; a &#233;t&#233; lu. On y trouve des &lt;strong&gt;marque-pages&lt;/strong&gt; sous forme d'une coupure de journal, d'une carte postale, d'un menu de communion, d'un morceau de papier, de carton ou de facture, d'un v&#233;g&#233;tal pour lequel le livre sert d'herbier. Il y a des &lt;strong&gt;inscriptions&lt;/strong&gt; amusantes (&#171; donn&#233; &#224; manger aux poules &#187;), dont la dimension performative n'est pas &#233;vidente (&#171; rendre &#224; Marcelle &#187;), courtes mais &#224; l'authenticit&#233; certaine (&#171; lu &#187;), des noms d'anciens propri&#233;taires, des dates de lecture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela sur les pages de garde des beaux cartonnages. Juste la &lt;strong&gt;s&#233;v&#233;rit&#233; d'un objet l&#233;gitime&lt;/strong&gt;. Ce n'est pas ma biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma biblioth&#232;que s'est constitu&#233;e. A mon corps d&#233;fendant parfois. Je me contente de compl&#233;ter, de combler les manques. &lt;strong&gt;Alimentation par une litt&#233;rature alimentaire&lt;/strong&gt;. &#171; Comble de la perversit&#233; intellectuelle ? Transformer une lecture de consommation en une lecture de d&#233;gustation. Ne pas oublier de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale que toute consommation peut &#234;tre source de d&#233;gustation &#187; (Jean-Claude Vareille).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma biblioth&#232;que me constitue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>la face vierge du monument aux Morts</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article725</link>
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		<dc:date>2011-11-06T04:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Vend&#233;e &amp; grand Ouest</dc:subject>
		<dc:subject>autobiographies partielles</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie, Afriques, Moyen Orient</dc:subject>
		<dc:subject>1953-1960</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Alg&#233;rie 1961&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot336" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie, Afriques, Moyen Orient&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton725.jpg?1352732238' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit &#224; l'initiative de &lt;a href=&#034;http://www.lesacharnes.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mohamed Rouabhi&lt;/a&gt;, pour une lecture, le samedi 20 octobre 2001, &#224; &#201;pernay de 61 textes d'auteurs contemporains ayant pour point de d&#233;part ou d'arriv&#233;e le 17 octobre 61. Il a &#233;t&#233; repris en janvier 2003 dans &lt;a href=&#034;http://www.1001nuits.com/livre/1001-nuits-173887-L-Algerie-des-deux-rives-1954-1962-Raymond-Bozier-hachette.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Alg&#233;rie des deux rives&lt;/a&gt;, coordination Raymond Bozier, aux &#233;ditions 1001 Nuits.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tu as huit ans, tu es enfant, bien s&#251;r enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre tu la sais &#8211; tu la sais par ton grand-p&#232;re, tu la sais par ton p&#232;re : le jeune instituteur balanc&#233; &#224; Verdun dans la mort et la boue, devenu l&#224;-bas brancardier, mais revenu, et le jeune garagiste filant au maquis et transbahutant des armes ou racontant la lib&#233;ration, la fois qu'il a vu de Gaulle et sa m&#233;daille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre c'est des paroles, d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre g&#233;n&#233;ration, et celles d'avant pareil : on ne le sait plus, mais c'&#233;tait la continuit&#233;, c'&#233;tait une face n&#233;gative et sans cesse pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Verdun il y a sur la place du village le poilu, et la c&#233;r&#233;monie qu'avec les gosses de l'&#233;cole, main dans la main, deux par deux, on y avait &#8211; le maire lisait les noms, longue litanie de noms, et puis litanie plus br&#232;ve, pour ce qui fut la guerre du p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la maison, des objets : un sabre, un tambour, un uniforme, un masque &#224; gaz, et cette &#233;pingle rouill&#233;e derri&#232;re l'insigne FFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'avait pas d'images : dans l'armoire du grand-p&#232;re, de Verdun, le journal L'Illustration, avec sa couverture dessin&#233;e, voil&#224; ce qu'il gardait &#8211; on avait photographi&#233;, mais apr&#232;s, et autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait photographi&#233; le chemin des Dames et Douaumont, mais bien plus tard, lorsqu'on y &#233;tait retourn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as huit ans, et peu d'images : en cherchant &#224; convoquer les images, viennent des noms &#8211; Petit-Clamart : la premi&#232;re irruption d'un poste de t&#233;l&#233;vision en noir et blanc &#224; hublot rond dans le village, tu l'associes encore &#224; De Gaulle, &#224; l'attentat, &#224; ces mots Petit-Clamart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a la famille B... &#8211; le village &#233;tait petit, et il y en eut certainement d'autres : toi tu te souviens du fils B... &#8211; parti &#224; la guerre, parti pour la guerre &#8211; les mots de ce qui est &#224; la fois en continuit&#233; pleine, comme pour le grand-p&#232;re et le p&#232;re, et en m&#234;me temps silence absurde : o&#249;, la guerre ? &#224; qui, la guerre ? plus loin que le village, il y avait la mer, autour du village, les champs, les voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est revenu, le fils B..., apr&#232;s son temps &#8211; j'ai &#233;t&#233; v&#233;rifier : sur la face vierge du monument aux morts, dans le village, on n'a pas rajout&#233; de noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'on regarde un peu partout les monuments aux morts, ils y sont les noms, un, deux par village : guerre il y a eu, et nous n'avions pas d'images, &#224; l'&#233;cole on n'en parlait pas &#8211; la logique h&#233;rit&#233;e suffisait &#224; justifier : parti pour la guerre, le fils B...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu dix-huit ans, puis vingt-huit &#8211; un jour j'&#233;tais &#224; Bombay, je travaillais depuis quatre mois dans un centre nucl&#233;aire, j'avais perdu depuis longtemps le fran&#231;ais, j'habitais sur place. Un soir, dans la chambre, j'ai entendu le mot MERDE, un &#233;norme MERDE franchement lanc&#233;, et forc&#233;ment je suis all&#233; frapper &#224; la porte. C'&#233;taient deux jeunes scientifiques alg&#233;riens : jeune, parce que je l'&#233;tais aussi, ou je l'&#233;tais encore, et on avait tous trois le m&#234;me &#226;ge. On avait huit ans, l'ann&#233;e 1961. L'un alors vivait en France, l'autre en Alg&#233;rie. C'est celui qui avait eu son enfance en France qui avait cri&#233;, sans cela on ne se serait peut-&#234;tre pas crois&#233;. Avec son ami, on a appris &#224; se conna&#238;tre, lentement, avec r&#233;serve. Cette ann&#233;e-l&#224;, son fr&#232;re &#233;tait expos&#233; sur la place du village. Le corps mutil&#233; de son fr&#232;re, et l'interdiction d'aller jusqu'au corps jet&#233; par terre, tu&#233; par balles et mutil&#233;, de son fr&#232;re a&#238;n&#233;. C'est lui aussi qui m'a parl&#233; du bombardement de S&#233;tif, le 8 mai 1945, et des 45 000 morts. Dans sa t&#234;te, &#224; lui, c'&#233;tait ce mot comme pouss&#233; d'un seul bloc : &#171; Les Fran&#231;ais. &#187; Tout un mois on a beaucoup parl&#233;. On avait eu, en 1961, nos huit ans ensemble, moi dans ces images absentes, le fils Talmont parti &#224; la guerre, lui dans ce seul souvenir, la terreur et le sang. Je porte depuis lors ce fr&#232;re a&#238;n&#233; de nous deux, mutil&#233; et expos&#233;, et &#224; la famille m&#234;me interdiction, les armes y veillaient, de lui rendre dernier devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si pour ceux-l&#224; on a &#233;lev&#233; monument, avec comme chez nous les noms. On a su tellement peu : avions-nous le droit d'&#234;tre enfant ? Les noms d'amis alg&#233;riens s'amassent et se m&#234;lent, Ch&#233;rif, Kader, Hamid, Hocine, Malek, Rachid et les autres, tant d'autres : il reste au milieu, le corps mutil&#233; du fr&#232;re dont jamais je n'aurai su le nom, ni qu'il puisse y avoir pardon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Norwich entre en guerre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;nouveau blog apr&#232;s Sebald&lt;/p&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, c'est une des &lt;a href=&#034;http://norwitch.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tentatives web&lt;/a&gt; les plus exigeantes et inventrices dans l'approche d'un &#233;crivain (W. G. Sebald). &#171; Norwich &#187; &#233;largit son domaine, gardant ce m&#234;me lien de l'&#233;criture et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau blog, Klaus Mann, Thomas Mann, Bertolt Brecht, Ernst J&#252;nger, Stephan Zweig, Virginia Woolf, Paul Claudel et Raymond Queneau le &lt;a href=&#034;http://danslaguerre.wordpress.com/2010/03/11/le-vendredi-1er-septembre-1939/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vendredi 1er seeptembre 1939&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On suit, bien s&#251;r...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pierre Coutelle | le mur du fond</title>
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		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Coutelle, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;vases communicants mars | trois incises sur les vitraux du P&#232;re-Lachaise&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;ceux de l'&#233;crire web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot474" rel="tag"&gt;Coutelle, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot475" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2066.jpg?1352732968' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ces rendez-vous dits &#171; vases communicants &#187;, le 1er vendredi de chaque mois, sont importants parce qu'ils nous conf&#232;rent une autre position que simple lecteur dans l'&#233;criture de l'autre. &#201;criture bien entendu comme nous la pratiquons : avancer dans ce terrain inconnu du web o&#249; tout est &#224; inventer.
&lt;p&gt;Le site de Pierre Coutelle, &lt;a href=&#034;http://www.commettre.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;commettre&lt;/a&gt; existe depuis bient&#244;t 2 ans. Une &#233;criture qui d'abord se fonde &#8211; exigence perecquienne formul&#233;e &#8211; sur le proche, l'ordinaire : tout pr&#232;s d'o&#249; il habite, Pierre Coutelle se saisit par l'&#233;criture de la &lt;a href=&#034;http://www.commettre.fr/spip.php?article113&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;zone commerciale g&#233;ante de Bagnolet&lt;/a&gt;, m&#233;tro Galli&#233;ni. Et sur cet &#233;lan une double &#233;volution du site : d'abord, une remarquable tentative de s'approprier la plateforme &lt;a href=&#034;http://www.spip.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;spip&lt;/a&gt; (la m&#234;me utilis&#233;e ici) pour produire une circulation, un &lt;i&gt;art de la lisibilit&#233;&lt;/i&gt; (expression &#169; Alain Pierrot) o&#249; textes longs et textes brefs &#233;changent &#224; &#233;galit&#233; avec textes et images, et le d&#233;fi &#8211; si vital pour nous tous &#8211; d'une arborescence qui permette le voyage dans le site comme un livre (&lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1743' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;). Et d'autre part, &#224; proximit&#233; g&#233;ographique imm&#233;diate, quand la marche porte dans la direction sym&#233;trique, celle du P&#232;re-Lachaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fr&#233;quentation continue qui devient progressivement inventaire, exploration, puis fiction &lt;a href=&#034;http://www.commettre.fr/spip.php?rubrique21&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des seuls vitraux&lt;/a&gt;, et ce qu'ils nous disent de la ville et de nous-m&#234;mes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fier de l'accueillir, et mon propre texte chez lui, &lt;a href=&#034;http://www.commettre.fr/spip.php?article116&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il est fini le temps des morts&lt;/a&gt; est aussi &#233;crit d'apr&#232;s ses images (et en le remerciant des images pr&#234;t&#233;es). Autres &lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/francois.bon#!/note.php?note_id=342807885853&amp;id=756154196&amp;ref=mf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vases communicants&lt;/a&gt; ici (groupe face book).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/commettre-1.jpg?1267742891' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Angkor du r&#233;el&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Y avait-il l&#224; un J&#233;sus &#224; Sacr&#233;-C&#339;ur saignant, un saint oubli&#233;, un mort &#224; t&#234;te tr&#232;s ronde ? Puisqu'il ne reste rien nous pouvons le r&#234;ver tenant en main un livre en verre, de ceux dont on nous conte l'histoire de la disparition prochaine et de son assomption dans le nuage. Ni le contre-jour qui pique l'oeil, ni l'&#233;paisse ferronnerie n'aident &#224; savoir ; les maigres branchages lointains que m&#234;me les corbeaux ne daignent, ne sont pas de ceux dont on ferait de la p&#226;te &#224; lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les morts frais de la veille, nous errons avec les chiens essouffl&#233;s et les poussettes bris&#233;es par les pav&#233;s parmi les vestiges d'un monde &#233;trangl&#233; de symboles, de verres polychromes, de cath&#233;drales gothiques de deux m&#232;tres de haut, dont on touche la fl&#232;che en tendant le bras ; un Angkor de gens comme nous, un r&#233;el en ruine que nous souhaitons pr&#233;f&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L387xH580/commettre_3-93af3.jpg?1751236420' width='387' height='580' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Odette-Emma&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Debout dans un corridor tapiss&#233; d'une s&#232;che moquette rouge &#224; motifs de langues et de lierres, est-ce l&#224; l'Odette du Brabant, qui lan&#231;a : &#171; non, pas du tout &#187; fort et clair devant l'autel de son mariage en 1123 et rentra chez elle se trancher le nez pour d&#233;figuration et r&#233;pudiation du monde avant de mourir de la l&#232;pre dans un couvent, comme il se doit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent, la gr&#234;le, les pierres qui volent sont venus lui faire un ventre de verre bris&#233; d'o&#249; pend la pointe d'une &#233;tole ; martyre sans matrice, le temps tord tout, m&#234;mes les pures, m&#234;mes les fleurs du d&#233;cor. Mais la cruaut&#233; ne suffit pas toujours &#224; nous justifier, et ne voit-on que la jeune Odette, en hommage &#224; la morte Emma, a conserv&#233; ses souliers de satin, dont la semelle s'&#233;tait jaunie &#224; la cire glissante du parquet comme le souvenir de joie d'une f&#234;te lointaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1587 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L387xH580/commettre_2-58aac.jpg?1751236420' width='387' height='580' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Golgotha, c&#244;te sauvage&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te est maintenant finie, le mince bris du manteau mauve fait un estuaire, une bouche d'eau ; ce qui s&#233;pare le verre et le plomb m&#232;ne &#224; une mer de lumi&#232;re grise, emp&#226;t&#233;e de dimanche apr&#232;s-midi. Le sol s'est d&#233;rob&#233; sous ses pieds, comme il doit arriver en de tels chagrins ; pourtant rien ne convient. La triste galette du soleil de Passion peint en couchant de carte postale, nous passons de tr&#232;s belles vacances sur la c&#244;te sauvage ; le fin demi-sourire de la m&#232;re qui pense au bain &#224; venir ; le panache exag&#233;r&#233; de cheveux qui repose sur son dos comme un animal mort. Du r&#233;el nous ne percevons que cela, une farce douloureuse au bord de la mer, une n&#233;cropole arbor&#233;e qui est la ville et son envers ; aucune description ne suffit si elle n'est r&#234;v&#233;e sur du verre sale et peint.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte &amp; images Pierre Coutelle, &lt;a href=&#034;http://www.commettre.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;commettre&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Thierry Hesse | &#034;une voix m'entra&#238;ne dans le Caucase&#034;</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1924</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1924</guid>
		<dc:date>2009-10-27T14:20:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Dussidour, Dominique </dc:subject>
		<dc:subject>Hesse, Thierry </dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;une lecture de Thierry Hesse par Dominique Dussidour : &#171; Comment parler d'Histoire en litt&#233;rature aujourd'hui ? &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Dussidour, Dominique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot318" rel="tag"&gt;Hesse, Thierry &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1924.jpg?1352732866' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1924.jpg?1352731976&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;remue.net et tiers livre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si je reprends sur Tiers Livre &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article3411&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article de remue.net&lt;/a&gt;, plut&#244;t que simplement y renvoyer ? Parce que remue.net&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour qui ne le saurait pas : &#224; l'origine c'est une question entendue dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, devenu projet collectif, a trouv&#233; sa maturit&#233; dans ce fonctionnement associatif, le comit&#233; de r&#233;daction d'une revue en ligne dont j'avais lanc&#233; l'embryon en 1998... dans ce projet, je garde ma place comme les autres membres du collectif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le nouveau d&#233;fi que le site, sa &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre d'information&lt;/a&gt; (une des plus anciennes du web litt&#233;raire aussi, et ses 1700 r&#233;cipiendaires), ses chroniques et dossiers, et la revue qui en est le centre n&#233;vralgique, r&#233;sonne dans la galaxie de nos aventures web personnelles, qui devaient disposer de cette autonomie pour s'accomplir, et c'est la raison du lancement, en 2005, de ce Tiers Livre... L'&#233;volution des outils de flux et syndication va nous permettre, progressivement, de rendre plus visibles ces liens n&#233;cessaires : tel est le visage du Net, multiple mais circulant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un des ph&#233;nom&#232;nes fascinants, c'est comment divergent les lectorats, et se r&#233;organisent sans cesse ces liens et associations. Ainsi &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique67&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dominique Dussidour&lt;/a&gt;, sur qui repose depuis 4 ans une part essentielle de &#171; remue &#187;, est aussi sur publie.net avec une r&#233;flexion sur l'histoire : &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article143&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une guerre&lt;/a&gt; qui a &#233;t&#233; notre premi&#232;re tentative, il y a un an d&#233;j&#224;, d'une publication num&#233;rique croisant la parution de son livre &lt;i&gt;Au risque de l'histoire&lt;/i&gt; chez Laurence Teper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela aussi, la fa&#231;on dont Internet d&#233;place le jeu critique. On &#233;crit sur ce qui nous fait &#233;crire. Il y a une quinzaine de mois, je me souviens d'une &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1056' class=&#034;spip_in&#034;&gt;soir&#233;e &#224; Metz&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On y trouvera le d&#233;veloppement propos&#233; par Thierry Hesse &#224; la revue Inculte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avec Thierry Hesse (et Jacques Four&#232;s, l'incontournable fr&#232;re et libraire), o&#249; Thierry m'exposait comment, ayant boucl&#233; son r&#233;cit, il s'accordait 1 an pour finaliser, m&#251;rir, reprendre. Pour moi qui suis dans une conception beaucoup plus &#224; brut du travail, &#231;'aurait &#233;t&#233; &#233;liminer mon propre risque.. Discussion aussi, avec Thierry, sur le statut m&#234;me du &lt;i&gt;roman&lt;/i&gt;, qu'il assume dans ce livre en le fondant dans l'histoire m&#234;me de la litt&#233;rature russe, pour aller le cogner aux contradictions du pr&#233;sent. Discussion entam&#233;e d&#232;s notre dialogue pour la revue L'Animal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien d'autant plus important dans mon parcours que pour la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, beau contexte aussi o&#249; le collectif de la revue devient l'&#233;cole de l'&#233;crivain, pour celui qui continue toujours, parall&#232;lement, d'enseigner la philosophie en lyc&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors reprise de l'article de Dominique Dussidour sur remue.net, pour manifester ce lien de croisement et d'interd&#233;pendance dans notre (micro-)galaxie du Net litt&#233;rature, pour l'importance de la d&#233;marche de Thierry Hesse, enfin pour la permanence de l'approche qu'en tient Dominique Dussidour, sur cette question de l'histoire, la lire sur &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique80&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reza Baraheny&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Guyotat&lt;/a&gt;, ou &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?rubrique141&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marguerite Duras&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi pour annoncer la...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;reprise des rencontres remue.net rue Montorgueuil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Thierry Hesse sera pr&#233;sent &#224; la premi&#232;re des rencontres 2009-2010 organis&#233;es par remue.net et la Sc&#232;ne du Balcon le vendredi 11 d&#233;cembre au Centre Cerise, 46 rue Montorgueil, Paris 2e.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot581' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dominique Viart&lt;/a&gt;, professeur &#224; Lille 3, auteur de nombreux ouvrages sur la litt&#233;rature contemporaine, s'entretiendra avec l'auteur de &lt;i&gt;D&#233;mon&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;mon, le troisi&#232;me roman de Thierry Hesse, vient de para&#238;tre aux &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2088' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Michel S&#233;onnet&lt;/a&gt; sur la fa&#231;on dont les &#339;uvres litt&#233;raires interrogent l'Histoire aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dominique Dussidour | &#171; Comment parler d'Histoire en litt&#233;rature aujourd'hui ? &#187;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce midi, j'ai recopi&#233; dans un cahier les diff&#233;rentes d&#233;finitions d'un article du dictionnaire : &lt;/i&gt;1. Ange d&#233;chu, r&#233;volt&#233; contre Dieu, et dans lequel repose l'esprit du mal. 2. Personne n&#233;faste, m&#233;chante. 3. &#202;tre surnaturel, inspirateur de la vie d'un homme, d'une collectivit&#233;. 4. Puissance, force spirituelle.&lt;i&gt; Merveilleux dictionnaire. Que le m&#234;me mot puisse recouvrir des sens aussi contradictoires m'&#233;tonne. Qu'y a-t-il de commun entre Satan, le prince des t&#233;n&#232;bres, et ce g&#233;nie ou cet esprit intime qui en novembre m'a incit&#233; &#224; partir pour Grozny ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne m'avait oblig&#233;, pas plus mon p&#232;re que Wolf. Il y a eu simplement cet &#233;lan, cette pouss&#233;e int&#233;rieure qui s'est manifest&#233;e non pas comme un &#233;clair tomb&#233; du ciel, mais comme un appel du pass&#233;. Ce n'est pas l'esprit du mal qui m'appelait, plut&#244;t ses victimes, les silhouettes de Franz et Elena &#8211; car &lt;i&gt;le pass&#233; n'est jamais mort&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Moi qui suis juif&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais troubl&#233; d'&#233;crire cette phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi qui suis juif seulement pour une moiti&#233; ou un quart, vague fant&#244;me de Juif, longtemps exclu de cette histoire et de cet h&#233;ritage parce que mon p&#232;re &#233;tait un homme bless&#233;, imp&#233;n&#233;trable et taciturne, et ma m&#232;re, vertueuse, excessive, catholique, j'ai un d&#233;mon. &lt;/i&gt;Un d&#233;mon juif.&lt;i&gt; D'o&#249; &#233;mane-t-il ? D'abord d'un amour impossible. L'amour qui existait entre l'homme et la femme qu'ont &#233;t&#233; mes parents.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Celui qui parle ainsi &#224; la premi&#232;re personne est soign&#233; &#224; l'h&#244;pital du Val-de-Gr&#226;ce, &#224; Paris, pour plusieurs balles re&#231;ues dans la jambe alors qu'il se trouvait &#224; Grozny. Il est grand reporter de presse mais ce n'est pas son m&#233;tier qui l'a conduit en Tch&#233;tch&#233;nie en d&#233;cembre 2001, ce n'est pas non plus pour d&#233;couvrir comment ses grands-parents Franz et Elena Rotko sont morts durant la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;J'&#233;tais venu pour accomplir une exp&#233;rience. Me trouver aupr&#232;s d'eux. Aupr&#232;s de moi aussi. Rejoindre les silhouettes fuyantes de mes r&#234;ves. J'&#233;tais venu pour les toucher, pour les sentir en moi. Mais pas seulement sentir, penser aussi. Penser : c'est une partie de ce qu'ils ont v&#233;cu, m&#234;me infime, m&#234;me lointaine. Et pour ce faire, je n'&#233;tais pas all&#233; &#224; Stavropol, sur la terre russe de leur naissance, mais &#224; Grozny, en Tch&#233;tch&#233;nie, &#224; l'endroit actuel des victimes, de ceux qui aujourd'hui, dans cette r&#233;gion du monde, se trouvent dans un &#233;tat de grande d&#233;tresse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Compos&#233; de r&#233;cits et de t&#233;moignages, d'interviews, d'&#233;vocations des po&#232;tes, romanciers et philosophes qui ont pos&#233; la question du mal, de la douleur, de l'intelligence r&#233;volt&#233;e, le roman de Thierry Hesse, en m&#234;lant invention et documents historiques, rappelle &#224; la m&#233;moire du lecteur l'existence de ceux qui ont &#233;t&#233; asservis, d&#233;port&#233;s, assassin&#233;s par les pouvoirs politiques, ceux dont les cris n'ont pas &#233;t&#233; entendus, dont les appels au secours se sont perdus dans l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la t&#226;che de Pierre Rotko, fils et petit-fils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit des semaines pass&#233;es &#224; Mitchourine, faubourg de Grozny, fait &#233;cho &#224; l'histoire familiale et &#224; l'histoire commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En racontant la vie de ses grands-parents Franz et Elena, puis de son p&#232;re Lev, enfant rescap&#233; de neuf ans en 1943, qui, dix ans plus tard, a &#233;migr&#233; en France et s'est tu sur son pass&#233; jusqu'&#224; la mort de sa femme qui a repr&#233;sent&#233; pour lui &#171; la catastrophe de trop &#187;, le narrateur retrace l'histoire de l'Europe au XXe si&#232;cle et fait en sorte que &#171; cette histoire [lui] appartienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quel est le travail de l'&#233;crivain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de faire le r&#233;cit, aujourd'hui, de ce qui d&#233;borde du pr&#233;sent et le rend incompr&#233;hensible, effrayant ou insupportable, de ce sans quoi le pr&#233;sent &lt;i&gt;ne passe pas&lt;/i&gt;. Conna&#238;tre le pass&#233; n'explique, ne justifie ou d&#233;justifie aucun pr&#233;sent mais met au jour des possibilit&#233;s inexploit&#233;es, &#233;cart&#233;es. C'est de cette fa&#231;on qu'il prend place dans le pr&#233;sent, en amenant &#224; chercher d'autres possibles ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l&#224;-bas dans le Caucase d'autres voix se font entendre, celles de Ahmad et Zarima Ma&#239;bek, de Merab, du docteur Nika&#239;ev et de Zeinap Hadji la femme-renard, dont l'histoire, contemporaine de la n&#244;tre, est toujours en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D D&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Cimeti&#232;re am&#233;ricain&lt;/i&gt; et &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1206' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Jura&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, les deux romans pr&#233;c&#233;dents de Thierry Hesse, ont paru chez &lt;a href=&#034;http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesdetours/Hesse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Champ Vallon&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Entretien de Thierry Hesse &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1852&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avec Sylvain Bourmeau pour Mediapart&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; L'&#233;garement est une condition du travail &#187;, entretien de Thierry Hesse sur le site &lt;a href=&#034;http://livres.fluctuat.net/thierry-hesse/interviews/6929-Entretien-avec-Thierry-Hesse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fluctuat&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt; &lt;script type=&#034;text/javascript&#034; src=&#034;http://www.bibliosurf.com/spip.php?page=widgetbis&amp;ean=9782879296562&#034;&gt; &lt;/script&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour qui ne le saurait pas : &#224; l'origine c'est une question entendue dans un colloque de litt&#233;rature contemporaine &#224; Philadelphie en 1999 : &lt;i&gt;la litt&#233;rature contemporaine remue-t-elle encore ?&lt;/i&gt; qui m'avait fait trouver ce nom pour le domaine Internet de l'aventure, et j'avais r&#233;serv&#233; le domaine publie.net du m&#234;me coup, sans savoir &#224; quoi me m&#232;nerait cette intuition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On y trouvera le &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1056' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;veloppement propos&#233;&lt;/a&gt; par Thierry Hesse &#224; la revue Inculte pour son num&#233;ro &lt;i&gt;Devenir du roman&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien d'autant plus important dans mon parcours que pour la premi&#232;re fois le lien des bios rock et de l'ensemble de mon travail est pris comme enjeu de fond :&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;&lt;div style=&#034;font-weight: bold;&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://calameo.com/read/000006041b30b352109ba&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon &amp; Thierry Hesse | entretien&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;padding-top: 8px;&#034;&gt;&lt;object classid=&#034;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&#034; width=&#034;240&#034; height=&#034;147&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://v.calameo.com/2.0/cmini.swf?bkcode=000006041b30b352109ba&amp;langid=fr&amp;clickTo=view&amp;clickTarget=_blank&amp;autoFlip=2&amp;showArrows=0&amp;page=1&#034;&gt;&lt;param name=&#034;scale&#034; value=&#034;noscale&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;loop&#034; value=&#034;false&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;salign&#034; value=&#034;t&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034; /&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034; /&gt;&lt;embed src=&#034;http://v.calameo.com/2.0/cmini.swf&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; scale=&#034;noscale&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034; loop=&#034;false&#034; salign=&#034;t&#034; wmode=&#034;transparent&#034; style=&#034;width:240px; height:147px&#034; flashvars=&#034;bkcode=000006041b30b352109ba&amp;langid=fr&amp;clickTo=view&amp;clickTarget=_blank&amp;autoFlip=2&amp;showArrows=0&amp;page=1&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; aussi la question du &lt;i&gt;roman&lt;/i&gt; centrale, merci renouvel&#233; &#224; Thierry.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;D&#233;mon&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me roman de Thierry Hesse, vient de para&#238;tre aux &lt;a href=&#034;http://www.editionsdelolivier.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions de l'Olivier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaza, sans fiction</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1616</link>
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		<dc:date>2009-01-17T18:41:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie, Afriques, Moyen Orient</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;t&#233;moignage de Naruna Kaplan de Macedo, le 16 janvier 2009&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;grognes &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot336" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie, Afriques, Moyen Orient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1616.jpg?1352732609' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Je reprends par copier-coller ce billet de &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/club/blog/naruna-kaplan-de-macedo/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naruna Kaplan de Macedo&lt;/a&gt;. FB. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Six jours apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, Nadav m'a lu un article publi&#233; dans le journal Maariv. Un tr&#232;s bel entretien d'un m&#233;decin gyn&#233;cologue Palestinien, Dr. Azzedine Abu Ayash. Il avait des mots tr&#232;s durs pour le Hamas, il parlait de paix mais aussi de ce qu'il voyait comme les r&#233;sultats d&#233;sastreux de l'attaque isra&#233;lienne sur la population de Gaza, sur comment cette attaque ne pourrait avoir aucun autre effet que celui d'attiser la haine de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me m&#233;decin travaille et fait ses recherches &#224; Tel Hashomer, un grand h&#244;pital &#224; environ un quart d'heure de Tel-Aviv... il rentrait &#224; Gaza le weekend o&#249; habite sa famille. Sa femme est morte il y a quatre mois de cela d'une leuc&#233;mie mais il avait huit enfants. Il est rest&#233; &#224; Gaza depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration, ne pouvait pas sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi, &#224; la radio, Dr. Abu Ayash &#233;tait interview&#233; alors que depuis sa fen&#234;tre il pouvait voir le canon d'un char point&#233; sur sa maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr Abu Ayash a d&#233;crit comment sa famille et celle de son fr&#232;re &#233;taient vis&#233;es par le char, en tout 25 personnes. D'une voix &#233;cras&#233;e de peur, il a d&#233;crit ce qu'il r&#233;ussisait &#224; voir &#224; travers la fen&#234;tre : un canon point&#233; sur lui ; alors que le reste de sa famille est cach&#233;e sous la table, les bruits de tirs autours et sa crainte de s'approcher de la fen&#234;tre avec un drapeau blanc de peur que le char lui tire dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la radio, les pr&#233;sentateurs de tous bords politique, paniqu&#233;s par la situation, ont r&#233;ussi d'entrer en contact avec l'arm&#233;e. Quelques minutes plus tard, le m&#233;decin a t&#233;l&#233;phon&#233; pour annoncer, soulag&#233;, que le char s'&#233;tait &#233;loign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emplacement de sa maison &#233;tait d&#233;sign&#233;e sur les plans militaires pour qu'elle soit &#233;vit&#233;e par les attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, il y a quelques heures de cela, alors qu'il &#233;tait en direct sur la dixi&#232;me cha&#238;ne, interview&#233; par Shlomi Eldar, un char a tir&#233; sur la maison o&#249; se trouvait les deux familles. Dix morts. Trois de ses filles. Son fr&#232;re. Son neveu. Un autre de ses fr&#232;res est gri&#232;vement bless&#233;. A cause de la pression de ses coll&#232;gues m&#233;decins Juifs et du pr&#233;sentateurs de la dixi&#232;me cha&#238;ne, les bless&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s par des h&#233;licopt&#232;res et ils sont hospitalis&#233; &#224; TelHashomer en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;decin, en pleurs : &#034;Il y a quatre mois j'ai perdu ma femme, je voulais sacrifier ma vie &#224; mes filles. L'une d'elles avait dix-huit ans, elle voulait &#233;tudier &#224; l'universit&#233;, la deuxi&#232;me voulait &#234;tre journaliste et la troisi&#232;me m&#233;decin. Elles &#233;taient trois filles qui aimaient aider les autres, c'&#233;tait des soldates de la paix.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a hurl&#233; le nom de ses filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Qu'est ce qu'on a fait ? J'esp&#232;re que ce sera la fin. Si cela satisfait Livni et Barak et vos leaders, j'esp&#232;re que mes enfants seront les derniers. Si Barak avait connu mes filles et leurs actions... cette histoire l'accompagnera toute sa vie, m&#234;me si je ne souhaite &#224; personne d'autre de ressentir ce que je ressens. J'ai parl&#233; avec tous mes amis aux m&#233;dias, j'ai annonc&#233; qu'on se trouve chez nous, &#224; la maison, qu'il n'y a aucune personne arm&#233;e chez nous, que mes filles et les enfants de mon fr&#232;re sont tous dans la chambre. J'ai demand&#233; qu'ils arr&#234;tent apr&#232;s le bombardement mais cela n'a pas aid&#233; et ils nous ont bombard&#233; de nouveau.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e a essay&#233; de dire qu'elle ne faisait que riposter &#224; des tirs. Un ministre du gouvernement a annonc&#233; qu'il exige une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41 Palestiniens sont morts depuis ce matin dont une m&#232;re et ses cinq enfants qui &#233;taient tu&#233;s dans une attaque a&#233;rienne sur le camp de r&#233;fugi&#233;s ElBurej. Ils avaient sept, huit, dix, onze et douze ans. Le p&#232;re est gri&#232;vement bless&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1170 morts Palestiniens depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration. C'est sans compter les corps perdus sous les d&#233;combres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Naruna Kaplan de Macedo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>2006.12.24 | Pen Bron, les tombes dans la dune</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article162</link>
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		<dc:date>2006-12-24T13:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Nantes, Rennes, Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>routes, voyages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous nous interrogeons tous sur la m&#233;moire d'Internet, capacit&#233; &#224; tout retrouver lorsqu'on pioche dans les moteurs, l'aiguille qui surgit de la botte de foin, et ce ph&#233;nom&#232;ne permanent d'enfouissement imm&#233;diat, en se recouvrant verticalement en permanence, et surtout ceux qui se contentent des blogs pr&#233;-format&#233;s selon la variation quotidienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut aussi r&#234;ver, comme d'autres ont pu composer leur Pl&#233;iade (voir les discussions sur celui de St John Perse comme recr&#233;ation biographique) &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot331" rel="tag"&gt;Nantes, Rennes, Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot335" rel="tag"&gt;m&#233;moire, histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot350" rel="tag"&gt;routes, voyages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton162.jpg?1352732086' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff162.jpg?1352731835&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Nous nous interrogeons tous sur la &lt;i&gt;m&#233;moire&lt;/i&gt; d'Internet, capacit&#233; &#224; tout retrouver lorsqu'on pioche dans les moteurs, l'aiguille qui surgit de la botte de foin, et ce ph&#233;nom&#232;ne permanent d'enfouissement imm&#233;diat, en se recouvrant verticalement en permanence, et surtout ceux qui se contentent des blogs pr&#233;-format&#233;s selon la variation quotidienne.
&lt;p&gt;On peut aussi r&#234;ver, comme d'autres ont pu composer leur Pl&#233;iade (voir les discussions sur celui de &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article415' class=&#034;spip_in&#034;&gt;St John Perse&lt;/a&gt; comme recr&#233;ation biographique) &#224; un site dont l'arborescence devienne ce visage qu'on chercherait sinon par le mot &lt;i&gt;oeuvre&lt;/i&gt; et ce qu'il tient d'unitaire, monobloc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occup&#233; depuis deux jours &#224; une refonte du site, fichiers ou secteurs qu'on efface sans remords (&lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2006/12/19/oublieuse-memoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autre d&#233;bat&lt;/a&gt;), je relis cet article d'abord mis en ligne en 2002, puis repris en php en 2005, d'un lieu que je connais pourtant depuis bien plus longtemps et que je continue de revisiter, comme chacun d 'entre nous a une liste d'endroits singuliers qui comptent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrange aussi d'y trouver r&#233;f&#233;rence aux traductions de Klee par Anne-Sophie Emptaz, maintenant que farrago n'est plus : on attendait, justement, les lettres concernant la p&#233;riode 14-18...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site donc avec principe d'articles reparaissants...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quelque interrogation sur le statut et le r&#244;le que peut tenir un tel journal sur un serveur. Les pages s'accumulent, on a un vague souvenir de ce qu'on y a ins&#233;r&#233;. On a du mal &#224; le retrouver. On utilise le moteur de recherche qui fouille l'ensemble du web pour essayer de relire ses propres carnets intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si c'est nouveau. Hier &#224; la librairie du rez-de-chauss&#233;e Beaubourg je feuilletais les lettres &#233;crites par Paul Klee en deux ans, 1903-1905, traduites chez farrago par Anne-Sophie Emptaz : &#233;norme. Et toutes les correspondances d'&#233;crivain. Cette recherche qu'on fait chacun plume en main, et qui pr&#233;pare au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc j'ai fini par retrouver cette page, et sur mon disque dur quelques photos : rien qu'un cimeti&#232;re face aux vagues, sous le vent, &#224; la Turballe, des tombes d'enfants align&#233;es, et cette bizarrerie des tombes align&#233;es perpendiculairement, hi&#233;rarchiquement, des religieuses qui les soignaient, et mouraient aussi. L'endroit est toujours un h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH419/turballe023-2ba69.jpg?1751253175' width='420' height='419' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que &#231;a a du sens, sur l'outil neuf qu'est Internet, de reprendre le chemin (le texte ci-dessous je l'ai mis sur Internet il y a plus de trois ans) et le consid&#233;rer d'un autre regard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, si ici c'est un journal personnel, je pensais &#224; ces tombes, comment elles doivent &#234;tre par le ciel gris d'aujourd'hui, et comme on peut user diff&#233;remment de ces photographies elles aussi archiv&#233;es dans un fond presque inatteignable de disque dur (je tombe dans mon r&#233;pertoire &#034;images&#034; sur un sous-dossier intitul&#233; sobrement &#034;mer&#034; que j'avais oubli&#233;, une revisite ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/wcam/ANC/photo36.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la page dat&#233;e du 12 mai 2002&lt;/a&gt;,&lt;br/&gt;et son post sciptum de 2003&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;vous serez nombreux &#224; reconna&#238;tre l'endroit, et qu'il reste secret pour les autres
&lt;p&gt;disons qu'il y a la mer d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre, puisqu'on est sur une &#233;troite langue de dunes creusant la mer, une &#233;tendue de marais salants des plus connus de France - et que le mot &#034;Presqu'&#238;le&#034;, tel qu'honor&#233; par Julien Gracq, vous soit un indice suppl&#233;mentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est un endroit &#233;trange&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/turballe024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/turballe024.jpg?1166890108' width='500' height='258' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;le premier &#224; m'en avoir parl&#233; (je me souviens, il me le d&#233;crivait au t&#233;l&#233;phone), c'est Didier Daeninckx - sur les indications qu'il m'avait donn&#233;es, je m'y suis rendu une premi&#232;re fois, il y a quelques ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;entre la mer et la mer, au bout d'un cordon de dunes perdu sous le ciel et le vent - c'est un cimeti&#232;re d'enfants, du premier tiers du si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les petites tombes blanches portent un nom et juste une date, et puis, au-dessous, l'&#226;ge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au bout de la langue de terre, l'ancien h&#244;pital (maintenant un &#233;tablissement de r&#233;&#233;ducation fonctionnelle), toutes fen&#234;tres tourn&#233;es vers le vent de mer, qui arase la pelouse et plie les arbres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ce qui est &#233;trange, c'est comment la disposition, sens de la longueur, sens de la largeur, respecte la hi&#233;rarchie et l'autorit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quand je peux, j'y retourne - on r&#233;fl&#233;chit, beaucoup - on a chacun comme cela quelques endroits secrets, ou privil&#233;gi&#233;s, ou qu'on se croit r&#233;serv&#233;s &#224; vous-m&#234;me quand il y a besoin de se r&#233;ancrer, de se densifier, de revenir aux &#233;l&#233;ments les plus &#233;l&#233;mentaires et les plus forts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;depuis 3 semaines j'&#233;tais enferm&#233;, et &#231;a va recommencer - le site d'ailleurs, ce n'est plus tellement moi qui m'en occupe : &#231;a marche d'autant mieux, on dirait ! alors d'un grand coup de voiture il y a eu rouler vers le ciel, la mer, les dunes, et forc&#233;ment une nouvelle fois pousser le petit portail de t&#244;le parmi les sables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on peut ensuite revenir &#224; l'ombre et &#224; la table&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB - (12 mai 2002)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;addendum (mai 2003) : dans &lt;i&gt;Le livre de la piti&#233; et de la mort&lt;/i&gt;, republi&#233; aux &#233;ditions Jean-Claude Pirot, je retrouve un texte de Pierre Loti o&#249; il &#233;voque sa visite &#224; ce m&#234;me h&#244;pital, fin du si&#232;cle dernier, lui aussi dans le respect et la fascination &#224; la fois pour la route qui y m&#232;ne, le cordon de dune &#233;mergeant de la mer, et les pierres de l'h&#244;pital dress&#233;es contre le vent, avec de beaux et denses portraits de ces petits malades - &#233;tranges rendez-vous de mots &#224; un si&#232;cle de distance, et comme ils vous semblent logiques pourtant...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/turballe029.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/turballe029.jpg?1166890113' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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