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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>journ&#233;e Marie Ndiaye annonc&#233;e</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1930</link>
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		<dc:date>2009-11-02T03:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Schlomoff</dc:subject>
		<dc:subject>Leclair, Bertrand </dc:subject>
		<dc:subject>NDiaye, Marie </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pr&#233;c&#233;dons les hommages !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Schlomoff&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot358" rel="tag"&gt;Leclair, Bertrand &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot393" rel="tag"&gt;NDiaye, Marie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1930.jpg?1352732869' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Comment ne pas se joindre aux hommages qui devraient venir aujourd'hui en avalanche &#224; Marie NDiaye ?
&lt;p&gt;Ci-dessous, texte de Bertrand Leclair repris dans &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article266&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au tournant, interventions critiques&lt;/a&gt; sur publie.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture de Marie NDiaye ? Faites donc exister un supermarch&#233; comme &#231;a :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le supermarch&#233; que nous avait promis le maire et que nous attendions impatiemment, les boutiques ici &#233;tant rares et peu achaland&#233;es, vient d'ouvrir &#224; l'entr&#233;e du village, dans le quartier des lotissements qu'il domine de sa masse consid&#233;rable, haute et plate, qu'on peut distinguer, ainsi que les lettres gigantesques de son nom, de tr&#232;s loin dans la plaine, et qui d&#233;signe ainsi maintenant notre village aux voyageurs mieux et plus t&#244;t que ne le font la pauvre girouette de l'&#233;glise ou la grande croix de marbre &#233;rig&#233;e au centre du cimeti&#232;re. Le b&#226;timent n'est en d&#233;finitive, qu'une sorte de hangar aux dimensions colossales, aux parois ondul&#233;es badigeonn&#233;es de bleu, pr&#233;c&#233;d&#233; d'une vaste esplanade o&#249; sont gar&#233;s voitures et caddies. Mais, &#224; nous qui d&#233;bouchons de la grand-rue bord&#233;e de vieilles maisons basses et serr&#233;es, ce local para&#238;t si long, si vaste, si peu susceptible de pouvoir jamais &#234;tre contourn&#233; (un v&#233;ritable d&#233;couragement s'emparerait de nous &#224; l'id&#233;e de suivre &#224; pied ne serait-ce qu'un de ses murs) qu'il nous semble &#234;tre bien davantage qu'un entrep&#244;t disgracieux, et nous le voyons un peu comme un ch&#226;teau fantastique qui fait la fiert&#233;, nouvelle, de notre village, et constitue enfin pour d'&#233;ventuels visiteurs une raison de s'y attarder.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Goncourt c'est pas mon truc, et r&#233;ciproquement. Et curieux de voir d&#233;bouler devant leur jury des peintres avec qui j'ai vid&#233; plus d'une bouteille, les nomm&#233;s Toussaint et Mauvignier, et c'est d&#233;j&#224; une belle petite ironie de voir des fous de cette sorte reconnus dans le temple le plus guind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &#224; ce propos &lt;a href=&#034;http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/11/01/le-goncourt-sous-une-bonne-etoile/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Assouline&lt;/a&gt;, et &lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/11/01/une-femme-puissante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de Fuite&lt;/a&gt;. Plus rappel &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article495' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Lindon&lt;/a&gt; et cette page de remue.net pour &lt;a href=&#034;http://remue.net/cont/NDiaye.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien avec Jean-Baptiste Harang&lt;/a&gt;. On s'en voudrait de ne pas &#234;tre de la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie ci-dessus est de &lt;a href=&#034;http://schlomoff.hautetfort.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Schlomoff&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bertrand Leclair | faire claquer ses talons dans la nuit de l'inconnu&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une &#233;toile est n&#233;e &#187; : l'excellente critique qu'&#233;tait Michelle Bernstein, qui tenait alors le feuilleton litt&#233;raire de Lib&#233;ration, ne s'&#233;tait pas tromp&#233;e, lorsqu'elle annon&#231;a sans l&#233;siner sur les tambours et les trompettes la naissance d'un tout jeune &#233;crivain &#224; la parution du premier livre de Marie NDiaye, en 1985, &lt;i&gt;Quant au riche avenir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie NDiaye avait dix-sept ans, elle &#233;tait lyc&#233;enne dans la banlieue parisienne, les journalistes pourtant s'abstinrent d'en appeler au fant&#244;me de Minou Drouet. C'est que le texte lui-m&#234;me l'interdisait. L'&#233;criture avait la puret&#233; cristalline de la belle langue fran&#231;aise, puisant sa respiration aux chefs d'&#339;uvres du xvie si&#232;cle (Mme de S&#233;vign&#233;, Mme de Lafayette) pour installer un imaginaire que, d&#233;j&#224;, l'on pouvait deviner d'autant plus singulier qu'il en appelait &#224; la plus grande lucidit&#233;. Et ce n'&#233;tait qu'un d&#233;but. Seize ans plus tard, au printemps 2001, alors qu'elle n'avait encore que 33 ans mais d&#233;j&#224; sept livres derri&#232;re elle, un magazine litt&#233;raire d&#233;rogeait &#224; toutes ses r&#232;gles : dans la double page qui ouvre syst&#233;matiquement chacun de ses num&#233;ros sur &#171; l'avis des libraires &#187;, permettant &#224; cinq d'entre eux d'&#233;lire un livre diff&#233;rent et de le commenter, les cinq invit&#233;s avaient tous &#233;lu le m&#234;me, &lt;i&gt;Rosie Carpe&lt;/i&gt;, le dernier des romans de Marie NDiaye, situ&#233; en Guadeloupe, dans lequel elle creuse de fa&#231;on plus &#233;vidente que jamais la question de l'identit&#233;. Leurs commentaires &#233;taient tous fort diff&#233;rents, mais l'&#233;lan &#233;tait commun. Quatre mois encore et le jury du prix F&#233;mina devait sauver l'honneur des prix d'automne, particuli&#232;rement ridicules cette ann&#233;e l&#224;, en &#233;lisant &lt;i&gt;Rosie Carpe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parcours, entre temps, est impressionnant. Le second livre qu'elle a publi&#233;, le seul qui ne l'ait pas &#233;t&#233; chez Minuit mais chez P.O.L., qui est tout d'une traite en une seule phrase de cent pages, &lt;i&gt;Com&#233;die classique&lt;/i&gt;, aurait pu passer pour un exercice de style, mais il &#233;tait beaucoup plus que cela. D&#233;j&#224;, &#224; travers cette histoire de cousins qui se retrouvaient &#224; Paris pour s'y perdre, la phrase rythm&#233;e de l'&#233;crivain avan&#231;ant droit devant r&#233;sonnait comme des talons claquent avec t&#233;m&#233;rit&#233; sur le macadam dans la nuit obscure et terrifiante des grandes villes, tandis que s'imposaient des th&#233;matiques qui seraient d&#233;sormais les siennes, celles de l'incertitude identitaire et du flou familial. Contre toute attente &#8211; et l'on devrait peut-&#234;tre mieux dire : suffisamment forte pour r&#233;sister &#224; l'attente des lecteurs ordinaires &#8211;, elle allait ainsi s'enfoncer de livre en livre, &#224; partir de &lt;i&gt;La femme chang&#233;e en b&#251;che&lt;/i&gt; (1989), dans de nouveaux territoires tr&#232;s &#233;loign&#233;s des modes du moment, cultivant l'&#233;tranget&#233; dans une d&#233;marche qui visait &#224; atteindre un fantastique confondant de naturel : une forme de fantastique permettant de travailler au plus pr&#232;s des questions sociales qui enferment tant d'auteurs dans un r&#233;alisme ou un naturalisme &#233;triqu&#233;s. On peut d'ailleurs dire que toute la litt&#233;rature de Marie NDiaye est d'exp&#233;rience, au double sens du terme : elle n'a cess&#233; de livre en livre de pousser l'exp&#233;rimentation de techniques narratives singuli&#232;res, mais cette recherche de nouveaux modes narratifs ne l'a jamais coup&#233;e de l'exp&#233;rience concr&#232;te dont elle nourrit ses livres, aussi fantasmagoriques peuvent-ils parfois se r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on plus explicite &#224; chacun de ses derniers titres, elle travaille en toutes ses pages les questions de l'identit&#233; et de l'appartenance auxquelles le monde ne cesse de la renvoyer encore de nos jours, jusque dans l'espace de la critique litt&#233;raire capable dans ses pires moments de la comparer (et cela se voulait un &#233;loge&#8230;) aux fondateurs du blues &#8211; puisqu'elle a la peau noire. &#201;lev&#233;e par sa m&#232;re dans un environnement banal et une culture on ne peut plus fran&#231;aise, comme elle l'explique volontiers, elle n'a pas connu son p&#232;re avant de partir &#224; sa recherche au S&#233;n&#233;gal, une fois adulte. Que signifierait alors son rattachement &#224; une &#171; culture noire &#187; ? Pour la d&#233;fense des journalistes press&#233;s, il faut sans doute pr&#233;ciser que l'&#233;crivain, apr&#232;s avoir v&#233;cu les quelques ann&#233;es que d'ordinaire on consacre &#224; l'Universit&#233;, sur les routes d'Europe avec son compagnon lui aussi &#233;crivain, Jean-Yves Cendrey, vit aujourd'hui r&#233;solument &#224; l'&#233;cart des m&#233;dias et du milieu journalistico-litt&#233;raire, dans un petit village normand, o&#249; elle habite avec ses enfants et leur p&#232;re une charmante maison tout en escaliers. La parole rare, difficile, elle semble d'ailleurs &#233;viter les m&#233;dias non pas par conviction ou par attitude, mais parce qu'elle a r&#233;solument autre chose &#224; faire : &#233;crire, parvenir enfin &#224; sortir sur la page ce qu'il est partout interdit de dire. Cette force &#8211; car d'&#233;vidence c'en est une &#8211; repose sur une conviction qu'on pourrait penser banale, mais qui se r&#233;v&#232;le extr&#234;mement rare : ce qu'elle &#233;crit est plus important que tout ce qu'elle pourrait en dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Sorci&#232;re&lt;/i&gt;, ouvrage paru en 1996, qui travaillait sous couvert de dons surnaturels la question de la transmission entre une m&#232;re et ses filles arriv&#233;es &#224; l'adolescence, avait d&#233;j&#224; confirm&#233; que Marie NDiaye est l'un des &#233;crivains fran&#231;ais les plus &#233;tonnants et novateurs dans sa fa&#231;on de conter sans en avoir l'air, de toucher le nerf de l'&#233;poque sans en jamais parler. En chacun des ses romans, non sans myst&#232;re, elle sait comme personne mettre &#224; nu la barbarie intrins&#232;que &#224; la soci&#233;t&#233; de la communication, dans laquelle les &#171; handicaps &#187; sont devenus des &#171; diff&#233;rences &#187; &#8211; et autant dire que les diff&#233;rences sont devenues des handicaps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenant des rives du fantastique, elle se r&#233;v&#232;le capable d'aborder le terrain de la folie la plus ordinaire &#224; travers ses personnages de rien &#8211; ainsi de la Rosie Carpe qui donne son titre &#224; son dernier livre, Rosie Carpe qui &#171; elle-m&#234;me se d&#233;battait dans la confusion et l'&#233;ternelle tentation de l'h&#233;b&#233;tude face aux &#233;branlements de l'existence &#187;. Il faut lire les premi&#232;res pages de ce roman, la description de l'arriv&#233;e en Guadeloupe, lorsque Rosie Carpe se demande, l'attendant &#224; l'a&#233;roport, si elle saura seulement reconna&#238;tre son fr&#232;re Lazare sens&#233; venir la chercher, tandis que la honte peu &#224; peu l'envahit de comparer son enfant, le malingre Titi d&#233;guis&#233; de v&#234;tements hors de propos pour ce voyage dans les &#238;les, aux enfants sains, solides, concrets qui les entourent. Par petites touches, et gr&#226;ce &#224; la libert&#233; inou&#239;e que lui donne son affranchissement du r&#233;alisme, elle parvient ainsi, comme sans y toucher, &#224; faire surgir sur la page des sentiments litt&#233;ralement inadmissibles. De ceux que l'on ne peut pas dire &#8211; quand c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; une belle d&#233;finition de l'&#233;criture, que de parvenir &#224; dire ce qu'il est impossible d'exprimer, mais qui tenaille le moindre de nos mots. C'est aussi le principe m&#234;me de la fable. Dans le monde d&#233;senchant&#233; qui est le n&#244;tre, Marie NDiaye n'a renonc&#233; en rien &#224; ces puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela tient du plus grand myst&#232;re. Et cela pourrait presque effrayer, de ce qu'elle pourrait mettre au jour de notre univers d&#233;sincarn&#233;, &#224; poursuivre ainsi longtemps encore son chemin avec la m&#234;me obstination, et faire claquer ses talons dans la nuit de l'inconnu sans qu'on puisse seulement imaginer ce qu'elle va y croiser, en-del&#224; ou en-de&#231;&#224; de toutes les repr&#233;sentations communes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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