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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Mahigan Lepage | dans les villes nombres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>routes, voyages</dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>
		<dc:subject>coup de projo</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le voyage et l'&#233;criture en marche simultan&#233;e&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;sur la ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot350" rel="tag"&gt;routes, voyages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot769" rel="tag"&gt;coup de projo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3566.jpg?1370411233' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#212; l'&#233;trange Mahigan : b&#233;n&#233;ficiant autrefois d'une bourse d'&#233;tude &#224; Paris, le th&#233;sard qu&#233;b&#233;cois en profitait pour s'&#233;chapper vers le N&#233;pal. Le choc de l'Asie, puis du Maroc, semble avoir &#233;t&#233; plus fort que la vieille Europe pour celui qui avait d&#233;j&#224; fui &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502857/vers-l-ouest&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers l'Ouest&lt;/a&gt; (beau r&#233;cit d'auto-stop &#224; travers le Manitoba de Gabrielle Roy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais vu Mahigan lors de nos rendez-vous r&#233;guliers &#224; Montr&#233;al sans qu'il parle encore de voyages, comme partir dans un &#233;levage de chevaux quelque part en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an dernier, il a voulu aller au bout de son r&#234;ve : partir devant lui &#224; travers l'Asie. On a eu (nous ses amis) quelque petit sourire en le voyant soudain s'ancrer &#224; Chiang Ma&#239;, et pas seulement pour collaborer avec Gwen Catal&#224;. Il &#233;tait question alors qu'il parte enseigner le fran&#231;ais dans le milieu de la Chine, loin des capitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis la pulsion du voyage a soudain repris le dessus. Mais ce n'est plus l'Asie qu'il voyage (emploi transitif volontaire). Je l'avais &#233;voqu&#233; l'an dernier lors de ma rencontre avec le volcanologue &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2873' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Jacques-Marie Bardintzeff&lt;/a&gt;, qui conna&#238;t le monde entier mais aucune ville : les cartes pour chacun sont compl&#233;mentaires, se superposent. Mahigan cette fois n'explore que les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, en d&#233;cidant que le blog ne soit pas un compte rendu de voyage (il en a commenc&#233; plusieurs, s'est chaque fois lass&#233;), mais oublie le voyage pour &#233;crire les villes, l&#224; o&#249; personne (en tout cas dans les repr&#233;sentants du monde occidental, si l'on excepte &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1746' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#233;gine Robin&lt;/a&gt;), la confrontation de l'&#233;criture et de la ville repasse au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahigan les nomme &lt;i&gt;les villes nombres&lt;/i&gt;. On n'en a jamais fini avec Walter Benjamin : nous construisons la rupture th&#233;orique avec l'initiateur de l'&#233;criture de la ville, Walter Benjamin qui partait de Balzac, Baudelaire et du surr&#233;alisme. L&#224; o&#249; Benjamin s'ancrait dans la rupture initi&#233;e par Baudelaire en traduisant &lt;i&gt;L'Homme des foules&lt;/i&gt; d'Edgar Poe, Mahigan reprend le chantier l&#224; o&#249; la foule cesse, parce qu'elle ne se constitue pas comme telle, n'est plus que son propre nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sympt&#244;me de ce qui se cr&#233;e de neuf, reprise aussi du graphisme de son site (&#233;crire sous spip c'est &#233;crire la fragile grille d'affichage en m&#234;me temps qu'on invente les contenus qu'on y place), et voil&#224; cette s&#233;rie &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca/spip.php?rubrique72&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les villes nombres&lt;/a&gt;. L'importance aussi de la page sommaire (&lt;a href=&#034;http://mahigan.ca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le dernier des Mahigan&lt;/a&gt;) o&#249; la rubrique en cours appara&#238;t en continu sur la droite, sans peser sur l'architecture m&#234;me du blog principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les titres eux-m&#234;mes, &lt;i&gt;Sont d'immenses maquettes de villes artifices, Se d&#233;tachent des petites Am&#233;riques, Accostent de vieux cargos g&#233;ans, Les trottoirs ne servent pas qu'&#224; y marcher, Les corps se massent aux goulots d'&#233;tranglement, Renferment des villes anciennes, Il n'y a plus de centre nulle part, Viennent des hommes pour le sexe, Il n'est pas facile d'entrer&lt;/i&gt; d&#233;finissent les enjeux th&#233;oriques d'une renverse qui s'annonce comme essentielle, d'un point de vue de la g&#233;ographie comme du point de vue des modes d'assemblage du r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tenait &#224; le dire et le signaler. Ci-dessous, un extrait de ce r&#233;cit majeur qui s'amorce, et na&#238;t par l'&#233;criture web : &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca/spip.php?article345&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des cit&#233;s lin&#233;aires poussent sous les autoroutes&lt;/a&gt;, on s'y reportera pour les photographies. Je souhaitais justement mettre en avant l'&#233;criture hors de son premier contexte de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mahigan Lepage | Des cit&#233;s lin&#233;aires poussent sous les autoroutes&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aux abords des villes nombres, des cit&#233;s lin&#233;aires poussent sous les autoroutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute parcelle de territoire non revendiqu&#233;e ou non priv&#233;e, le nombre l'investit. Il a horreur du vide. C'est un combat pour l'espace, une bataille de fronti&#232;res. Dans cette guerre, le nombre n'a pas pour lui la structure ni ses lois, mais il a l'avantage d'une extr&#234;me plasticit&#233;. Il peut se mouler &#224; tous les espaces, contourner tous les obstacles, se hisser en hauteur, se faire tout petit ou invisible, ou encore s'allonger comme un serpent, selon l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les villes ou aux abords, les autoroutes se d&#233;tachent souvent du sol, pour enjamber les routes, les chemins, les canaux, les rivi&#232;res et les constructions. Elles d&#233;gagent alors au-dessous, entre les piliers, un espace habitable d'un &#233;tage de haut environ. Dans nos villes aussi, les sans-abris utilisent ces structures, pour s'abriter du soleil et de la pluie. Mais ici, en pays nombre, on ne fait pas que camper ou squatter : on construit. &#192; l'ombre de l'autoroute, des maisons ont champignonn&#233;. Tant et tant que s'est form&#233; une sorte de ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cit&#233; radicalement lin&#233;aire, improbable, qui s'&#233;tend sur des kilom&#232;tres. On conna&#238;t une forme de ville lin&#233;aire, dans nos pays aussi. En Am&#233;rique-du-Nord surtout (dans la r&#233;gion o&#249; j'ai grandi, m&#234;me), des tas de villes et de villages sont b&#226;tis le long des routes. Du coup, il n'y a pas vraiment de centre, pas de &#171; place &#187; comme il y en a dans plusieurs villes d'Europe. Reste que ces villes-routes se d&#233;ploient minimalement en largeur. Elles se composent d'au moins deux rang&#233;es de maisons, et souvent de quelques rues transversales. Il y a aussi des &#171; effets de centre &#187; : un endroit sur la ligne plus densifi&#233;, o&#249; se ramassent par exemple &#233;glise, &#233;cole, bureau de poste, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sous une autoroute, tr&#232;s peu de possibilit&#233; d'&#233;largissement ou de densification. On ne peut d&#233;passer de beaucoup la largeur de l'autoroute, les autres terrains limitrophes &#233;tant soit occup&#233;s soit priv&#233;s, sans doute. Il faut se faire tout mince. Une seule rang&#233;e de maisons, la plupart du temps. Avec, pour seule &#171; rue &#187;, le sentier qu'on arrive &#224; d&#233;gager en bordure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cit&#233;s invalident la notion d'agglom&#233;ration. On ne se masse pas ici, on s'&#233;tend. Et pourtant c'est une sorte de ville. On voit l&#224; des micro-structures, un filet de basket, un jardin. C'est une ville, toute en longueur. Imaginez, dans une cit&#233; lin&#233;aire de seulement une centaine de maisons, par exemple, on peut avoir &#224; parcourir des kilom&#232;tres pour aller visiter son &#171; voisin &#187;. C'est un autre rapport &#224; l'espace, qu'on n'a pas encore appris &#224; approcher (il faudrait que disent les gens qui vivent l&#224;). Qu'est-ce qu'habiter une ville sans v&#233;ritable &#171; rue &#187; ? Et puisque deux des trois dimensions sont tr&#232;s limit&#233;es (profondeur et hauteur), est-ce qu'il y a transfert des facult&#233;s mentale vers l'unidimensionnel ? Est-ce qu'on devient un expert de la ligne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas savoir ce que c'est, habiter une telle cit&#233; lin&#233;aire. Le ciel tout en b&#233;ton arm&#233;, l'ombre constante. Et surtout le bruit, le bruit toujours des v&#233;hicules roulant sur nos t&#234;tes. L'&#233;norme tremblement chaque fois que passe un poids lourds ou un bus, et il en passe beaucoup. Tout autour, des champs, des routes, ou des structures, villes, centres, manufactures, etc. Est-ce que certains travaillent dans des structures hors de la cit&#233;, ou est-ce qu'on ne pratique ici que des m&#233;tiers du micro : jardinage, ramassage, r&#233;cup&#233;ration, bricolage, revente ? Je ne sais pas, on ne sait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont rien que des visions capt&#233;es &#224; travers la vitre du bus qui me ramenait &#224; l'a&#233;roport. Aujourd'hui, j'ai quitt&#233; Manille. J'ai pris un avion, j'ai transit&#233; par un a&#233;roport quelconque, j'ai saut&#233; dans un autre avion. J'ai atterri &#224; Jakarta. J'avais chang&#233; de pays, mais rien n'avait chang&#233;. Je voyageais encore dans la ville nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route de l'a&#233;roport &#224; l'h&#244;tel, j'ai vu des maisons b&#226;ties sous une autoroute.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4071 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L450xH338/autoroute1-e7a07.jpg?1751217327' width='450' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L450xH337/autoroute2-2-3cb35.jpg?1751217327' width='450' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L450xH337/autoroute3-4e04b.jpg?1751217327' width='450' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L450xH337/autoroute4-2-6cb99.jpg?1751217327' width='450' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L450xH337/autoroute5-a02ed.jpg?1751217327' width='450' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>dimanche 3 blogs | 15</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>Suel, Lucien </dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le monde se lit via le web, et Paris par ses cuisines&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique156" rel="directory"&gt;du c&#244;t&#233; des blogs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;web : veilleurs &amp; bousculeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Suel, Lucien &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3526.jpg?1368219190' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une s&#233;lection de trois blogs pour la semaine. Et comme j'ai saut&#233; la semaine derni&#232;re, l&#224; &#231;a viendra samedi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mahigan Lepage a quitt&#233; Montr&#233;al il y a un peu plus d'un an pour vivre en Asie, son &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca/spip.php?article325&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;projet d'&#233;criture&lt;/a&gt; sur les villes qu'il d&#233;couvre se pr&#233;cise. Apr&#232;s plusieurs tentatives de blogs carnets de voyage s&#233;par&#233;s de son site principal, il revient &#224; celui-ci. Avantage de spip (et encore plus avec la tr&#232;s simple actualisation 3.0.8) on le mod&#232;le &#224; sa guise, apparence des articles, interlignes et largeur des colonnes, et typographie en g&#233;n&#233;ral. Nous lisons avec plus d'exigence, et d'autre part nos navigateurs et tablettes interpr&#232;tent diff&#233;remment les pages propos&#233;es, vital pour un auteur de blog d'&#234;tre attentif &#224; cette part graphique &#8211; un site sans &#233;volution graphique est un site mort. Lisez ce point de vue aussi sa reprise de &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mahigan.ca&lt;/a&gt;. Et c'est une fichue &#233;criture qui ne cesse d'&#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://academie23.blogspot.com/2013/05/dazur-et-dacier-lecture-au-porte-voix.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'azur et d'acier, lecture au porte-voix&lt;/a&gt;, c'est le titre d'un magnifique texte de Lucien Suel, et qui annonce &#233;videmment la fa&#231;on dont se donne son &#233;criture. Le &lt;a href=&#034;http://academie23.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Silo&lt;/a&gt; de Lucien est un site de r&#233;f&#233;rence depuis bien des ann&#233;es mais il ne cesse de proposer des s&#233;ries qui sont chaque fois une nouvelle intersection &#233;criture et web, ainsi ce gigantesque hommage qu'il tresse &#224; Christophe Tarkos avec 34&#232;me envoi de son &lt;a href=&#034;http://academie23.blogspot.com/search/label/Tarkos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le train de Tarkos&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nouvelle pr&#233;sentation pour &lt;a href=&#034;http://www.scriptopolis.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;scriptopolis.fr&lt;/a&gt;, et m&#234;me la possibilit&#233; de lire les textes en anglais. R&#233;flexion tous azimuts sur la ville, non seulement le suivre, mais remonter les archives... Il y a m&#234;me une cat&#233;gorie &lt;a href=&#034;http://www.scriptopolis.fr/category/vases-communicants/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vases communicants&lt;/a&gt;. Ma pr&#233;f&#233;r&#233;e, celle qui s'appelle &lt;a href=&#034;http://www.scriptopolis.fr/category/instruments/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;instruments&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'&#233;loigner de la litt&#233;rature pour le coda en 3 + 1 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vous sugg&#232;re visite &#224; &lt;a href=&#034;http://www.supermiam.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;supermiam.com&lt;/a&gt;. Cuisine et tout &#231;a, bon moi je suis un peu limit&#233; &#8211; mais fouillez... un, vous trouverez des balades dans Paris qui sont le quotidien des vrais parigots et comment ils fafouillent dans leur quartier.. Mais l'enqu&#234;te est men&#233;e par des gens qui savent ce que c'est que la librairie et l'&#233;dition. Alors les gens rencontr&#233;s et photographi&#233;s, les recettes &#233;cout&#233;es et tent&#233;es, vous verrez que &#231;a nous y ram&#232;ne tr&#232;s tr&#232;s vite... On peut aussi les suivre sur &lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/pages/Supermiam/473744762662286?fref=ts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Facebook&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mahigan Lepage | Birmanie, sans image</title>
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		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>
		<dc:subject>Catal&#224;, Gwen </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;nouvelles de Mahigan Lepage, via son &#034;blog de voyage&#034;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;quelques contemporains&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot663" rel="tag"&gt;Catal&#224;, Gwen &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3034.jpg?1352733995' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Pendant qu'on r&#233;vise sa &lt;i&gt;Science des Lichens&lt;/i&gt; pour la version imprim&#233;e, l'auteur de &lt;i&gt;Vers l'ouest&lt;/i&gt; s'en est parti... &#224; l'est.
&lt;p&gt;Il a quitt&#233; Montr&#233;al d&#233;but juin, vendu ou donn&#233; ses livres et ses meubles, a tout mis dans un sac. Pour entretenir son blog depuis appareils ou lieux les plus sommaires, il a mis en repos son blog &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca/spip.php?article268&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le dernier des Mahigan&lt;/a&gt; et ouvert &lt;a href=&#034;http://mahiganl.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un loup en Asie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'&#224; l'instant je viens de lire ce billet, &#233;crit depuis la Birmanie. Suivez-le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image ci-dessus, birmane aussi, est vol&#233;e &#224; l'iPhone de Gwen Catal&#225;. D'ailleurs il para&#238;t que les 2 vont se voir (sans Ma&#239;setti ni ma pomme, zut) cette fin de semaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mahigan Lepage | Birmanie, journal de voyage (extrait)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#212; Birmanie qu'es-tu, je suis venu ici, et je sais quand j'en repartirai, pour &#231;a que je peux t'&#233;crire d&#233;j&#224;, tu imposes un terme, on ne peut rester ici plus que 28 jours quand m&#234;me on voudrait, voudrait-on, deux semaines sont ici une ann&#233;e, d'une ville &#224; l'autre et d'un village &#224; l'autre le temps dense, qui se noue dans l'estomac d&#233;rang&#233;, dans les tripes les intestins, et le sang hier soir piqu&#233; dans le sommeil sur tout le dos et le bras et la jambe, constater au matin les fentes larges aux abords du climatiseur, premi&#232;re fois en Asie que perdais vraiment patience contre quelqu'un, sont si patients eux-m&#234;mes tr&#232;s patients trop patients m&#234;me avec les choses, viens j'ai dit j'ai quelque chose &#224; te montrer, I want to show you something, ces fentes aux bords du climatiseur qu'est-ce que c'est que &#231;a what's this, est-ce que je vais payer pour &#231;a do I pay for this, on apprend vite &#224; mettre tous les verbes au pr&#233;sent sinon on n'est pas compris, il n'y a rien comme les questions quand on veut brasser, what's this do I pay this for this &#231;a laisse l'autre avec toute la violente &#233;vidence de la r&#233;ponse muette, do I pay for this dit en montrant mes piq&#251;res, mes dizaines de dizaines de piq&#251;res, c'est dangereux it's dangeroux la malaria bon sang la malaria, maintenant on attend on a peur il est trop tard on ne peut rien faire, Birmanie ton monde de choses qui fonctionnent tout juste, Birmanie ton monde &#224; l'arrach&#233;, as-tu remarqu&#233; qu'on voyait peu ici de vieillards, on ne vit pas vieux en toi Birmanie, par comment on conduit sur les routes on comprend que la vie compte moins, et en m&#234;me temps c'est organique tes circulations, s'il y a de l'espace on y va bien s&#251;r c'est comme &#231;a que font l'air le sang dans les corps non, Birmanie un corps qui fonctionne &#224; tout-juste, Birmanie un monde sans marge de manoeuvre, Birmanie tes moteurs rapi&#233;c&#233;s tes routes &#224; peine, Birmanie tes gargotes ton &#233;conomie de friture, tes taxis tout vieux tes taxis c'est &#231;a qu'on remarque en arrivant tes taxis tout vieux tes taxis et les autres tes pick-up les bennes toutes pleines et des corps accroch&#233;s en grappes, Birmanie tes routes tes rues ta poussi&#232;res la ville, les gougounes dans les flaques d'eau, et les jupes aux hommes nou&#233;es les longyi et les maquillages blancs sur les joues des femmes, Birmanie on t'imaginait pil&#233; de plus de militaires, on ne les voit pas ou peu &#224; quoi bon si personne n'a rien au besoin ils arrivent avec camion et moto et fusil &#231;a suffit, mais ton appauvrissement retombant pourtant de ces bottes invisibles y penses-tu souvent, la pauvret&#233; un mot la pauvret&#233; sais pas la pauvret&#233; un art de produire &#224; tout-juste, Birmanie tes temples tes pagodes mais qu'est-ce que je suis venu faire &#224; Bagan je m'&#233;tais dit pourtant que plus jamais j'irais quelque part pour voir, ils appellent &#231;a le tourisme de vision aujourd'hui et c'est laid comme le mot c'est mesquin, le v&#233;lo qu'ils m'ont lou&#233; &#224; l'autre guest house, parce que le premier guest house j'en suis parti sans payer, &#224; l'autre guest house ils m'ont lou&#233; un v&#233;lo le si&#232;ge &#233;tait si bas j'avais les genoux dans le guidon, et de p&#233;daler comme &#231;a sur la route entre les villes, Nyaug U et Old Bagan et New Bagan, et sur les petits chemins de terre derri&#232;re dans la plaine centrale, parmi les centaines les milliers de pagodes, mais justement y en avait trop on ne sait plus o&#249; aller et les roues du v&#233;lo s'enfoncent dans le sable, alors je suis entr&#233; dans une petite pagode au hasard, une toute petite pagode arbitrairement, o&#249; m'attendait un &#233;ni&#232;me Bouddha naturellement, et l&#224; j'ai m&#233;dit&#233; sur c'est quoi cette histoire de pagode et de lieux de culte, et &#224; toutes les maisons qu'on aurait pu construire avec ces briques m&#234;me si je sais bien que, et puis j'avais plus d'eau plus de force je suis rentr&#233; Birmanie, Birmanie tes trajets longs de bus de train, tes horaires impossibles d&#233;part &#224; 4h am ou arriv&#233;e &#224; 2h du matin, Birmanie l'&#233;tonnement de tes visages, ici on ne s'est pas encore lass&#233; des &#233;trangers voyez comme ils nous regardent, m&#234;me &#224; Rangoon d&#233;j&#224; tu croyais la grande ville mais non, on te salue on te sourit on est curieux et d&#233;sint&#233;ress&#233; souvent, je croyais que c'&#233;tait devenu impossible voyager comme &#231;a mais non pas tout &#224; fait, Birmanie tu as &#233;t&#233; seule si longtemps si longtemps seule et maintenant les digues se fendent et croulent, il vient du Canada du Canada tu sais il vient du Canada, ou bien ces hommes &#224; Mandalay dans le caf&#233; o&#249; j'allais d&#233;jeuner, un qui vient &#224; ma table me parler me questionner s'en retourne, puis revient et parle encore et moi je lui dis que j'ai un probl&#232;me oubli&#233; mes chaussures &#224; Hsipaw village loin voudrais que l'h&#244;te me les envoie mais la ligne de t&#233;l&#233;phone est coup&#233;e, et lui d'aller voir son ami il a un cellulaire, et de m'inviter &#224; leur table, et d'essayer d'appeler mais non &#231;a ne marche pas Birmanie tes communications, pas grave on parle on parle et eux me questionnent sans rel&#226;che, moi aussi je voudrais savoir comment ils vivent ils pensent ils se repr&#233;sentent mais non leur curiosit&#233; &#224; eux est plus forte ils gagnent, es-tu mari&#233; non &#224; quel &#226;ge on se marie au Canada pas d'&#226;ge pas d'obligation de se marier non plus, on peut avoir des amies des girlfriends je lui dis ah bon do you fucking il me demande, choqu&#233; par ce mot mais aussit&#244;t je comprends il ne sait pas que c'est vulgaire fucking il dit &#231;a comme on dirait faire l'amour ou have sex, alors essayer de lui expliquer comment &#231;a se passe avec les femmes, en lui disant bien que quand m&#234;me il faut &#234;tre gentil il faut s&#233;duire, et lui me demande combien &#231;a co&#251;te, et moi je lui dis qu'il n'est pas question de payer, et lui me dit combien &#231;a co&#251;te ici en Birmanie 30 dollars toute une nuit, c'est plus cher chez nous je lui dis mais je ne parlais pas de payer, combien &#231;a co&#251;te combien &#231;a co&#251;te ils veulent toujours savoir combien &#231;a co&#251;te chez nous, ils s'&#233;merveillent de combien c'est cher, tes chaussures oubli&#233;es combien, une nuit avec une femme combien, un th&#233; combien, un d&#233;jeuner combien, et moi j'essaie de leur dire comme je peux combien combien combien, et apr&#232;s ils me demandent ma religion, j'en ai pas que je r&#233;ponds, Chr&#233;tien, non, Musulman, non, Bouddhiste, non, on dirait que ma r&#233;ponse ne se concoit pas vraiment, l'autre celui qui ne parle pas anglais veut savoir quelle image religieuse j'ai chez moi, son ami traduit, j'en ai pas, ils ne comprennent pas vraiment, ils discutent ensemble pour essayer de comprendre, ils rient un peu, tes parents leur religion, pas de religion, tu n'as jamais pri&#233; de ta vie alors, non je n'ai jamais pri&#233; de ma vie, pas au sens o&#249; vous l'entendez, je finis par leur parler d'Einstein, pas pour opposer la science &#224; la religion, mais parce qu'il &#233;tait panth&#233;iste, et je trouve &#231;a pas mal int&#233;ressant cette id&#233;e que tout est dieu, parce qu'Einstein il a cherch&#233; le r&#233;glage de l'univers mais n'a jamais pr&#233;tendu que &#231;a voulait dire que tout est mati&#232;re, les r&#232;gles, l'arbitraire, voil&#224; dieu pour Einstein, le type qui parlait anglais connaissait Einstein, il avait lu le livre d'Einstein, voil&#224; ce qu'il me disait, et c'&#233;tait dr&#244;le de l'entendre parler birman &#224; son ami en ponctuant ses phrases du nom Einstein, alors il s'est mis &#224; comparer Einstein au Coran, ils &#233;taient musulmans, les mecs, selon lui dans le Coran il y avait tout l'univers alors que dans Einstein il n'y avait qu'une petite parcelle de savoir, il m'a parl&#233; du mythe de l'origine du lait dans le Coran, comment Allah a fait la pluie et la pluie a engress&#233; l'herbe et l'herbe a engraiss&#233; la vache et la vache a donn&#233; du lait, donc le th&#233; au lait qu'on buvait en ce moment, l'origine s'en trouvait dict&#233;e dans le Coran, moi j'ai essay&#233; d'argumenter un peu, j'ai parl&#233; de l'histoire de l'univers en expansion, de comment m&#234;me c'est l'expansion qui fait le temps, et que selon une th&#233;orie quand l'univers va se reployer possible que le temps s'inverse, &#231;a l'a fait rire, mais il est revenu &#224; la charge avec le Coran, cela non plus je ne croyais plus qu'on pouvait le vivre, l'affrontement de la religion et de la science et en m&#234;me temps le choc de l'Orient et de l'Occident, voyager en tes espaces Birmanie c'&#233;tait voyager dans le temps, et plus tard ce jour-l&#224; tomber sur des jeunes qui jouaient au aki, c'&#233;tait pas tout &#224; fait un aki une poche de sable c'&#233;tait plut&#244;t une balle tress&#233;e en osier, mais c'&#233;tait pareil le jeu la frapper avec les pieds la passer la maintenir en l'air, ils jouaient au coin d'une rue de Mandalay je me suis joins &#224; eux, s'il y a un sport un seul dans lequel je suis un peu dou&#233; c'est le aki, et l&#224; cette fois pas de parole pas de discussion que le jeu des corps d'un &#224; l'autre, les jeunes de toute fa&#231;on ne parlaient pas anglais mais juste ce jeu &#231;a valait tous les mots du monde, ils &#233;taient &#233;tonn&#233;s que je sache jou&#233; on a eu bien du plaisir du partage &#224; se l'&#233;changer la balle, et tout autour le petit monde de quartier s'&#233;tonnait aussi de voir un &#233;tranger jouer &#224; &#231;a et venait saluer, et quand il a fait trop noir pour jouer on m'a offert de l'eau pour me laver les mains et aussi une de ces chiques de b&#233;thel la konya qui leur fait les dents tout rouges tout pourries, et je suis parti avec cette chique qui me chauffait la joue crachant comme eux sur le sol des fil&#233;es de salive roug&#226;tre, et puis le lendemain matin j'ai pris le bus pour Bagan je ne sais pas pourquoi j'ai pris ce bus pour Bagan, c'est beau Bagan mais toutes ces piq&#251;res de moustiques la malaria peut-&#234;tre et puis je ne savais plus o&#249; donner de la t&#234;te dans ces champs de pagodes, demain je vais &#224; Inle Lake mes compagnons de trek m'ont &#233;crit ils ont mes chaussures rendez-vous &#224; Inle Lake, quelques jours encore Birmanie &#224; rouler par tes routes et tes chemins et &#224; tr&#233;bucher sur tes arrangements tout-juste, Birmanie de violence survivant jusqu'&#224; ton nom qui a &#233;t&#233; ruin&#233; &#224; perte, et tes capitales et tes rep&#232;res et tes symboles ruin&#233;s aussi, d'o&#249; venu Birmanie ce sourire &#224; l'extr&#233;mit&#233; de la d&#233;brouille, un corps expos&#233; Birmanie tu es aux rues et aux bruits des moteurs &#224; la poussi&#232;re aux moustiques &#224; la chaleur au pas-de-moyen Birmanie en toi le temps se contracte et s'inverse comme un big crunch Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#169; Mahigan Lepage&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Mahigan Lepage | Une chambre &#224; Poitiers</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>Poitiers, Civray, Charente</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Canada, Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;@vasescommunicants avec le dernier des Mahigan&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot252" rel="tag"&gt;Poitiers, Civray, Charente&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot339" rel="tag"&gt;Canada, Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2961.jpg?1352733942' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Souvenir de la 1&#232;re rencontre avec Mahigan Lepage, son tout premier s&#233;jour &#224; Paris, la langue rocailleuse de l'&lt;i&gt;outaouais&lt;/i&gt; (mais je ne connaissais pas le mot), mais qu'est-ce qu'il &#233;tait venu faire &#224; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article744' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saint-&#201;tienne&lt;/a&gt; (tiens, du coup, souvenir que c'est l&#224; qu'avoir crois&#233; aussi &#8211; et plus depuis &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/list/auteur-19817-guillaume-vissac/page/1/date&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guillaume Vissac&lt;/a&gt;...) l&#224; myst&#232;re encore inexpliqu&#233;, c'&#233;tait donc en 2006, puis ces types-l&#224; &#233;videmment on le sait tout de suite que cette fa&#231;on de parler c'est quelqu'un qui &#233;crit, m&#234;me si les &#233;crits on en prendra connaissance au moins 2 ans apr&#232;s, pass&#233; quelques autres rencontres, comme &#231;a, sans appuyer. Et Mahigan voyage, de Paris il fiche le camp au N&#233;pal, repart au Qu&#233;bec ou au Mexique, puis retour Paris, de l&#224; au N&#233;pal, ce qui explique qu'il soit d&#232;s le d&#233;part dans publie.net n'est-ce pas, et quand je prends mon caf&#233; le jeudi matin au 2nd Cup du coin de Ste Catherine en face l'UqaM &#224; Montr&#233;al normal qu'il soit-l&#224; n'est-ce pas encore. Apr&#232;s, fait ce qu'il veut o&#249; il veut comme il veut mais jamais cess&#233; de le lire via son site et autres textes, dont &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502857/vers-l-ouest&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers l'ouest&lt;/a&gt;. Et c'est la premi&#232;re fois qu'on &lt;i&gt;vase communique&lt;/i&gt; ensemble, plus on est proche mieux on doit garder les distances, mais il a trouv&#233; la sienne &#8211; d'ailleurs il vient d'acheter un billet d'avion Montr&#233;al-Asie aller-simple. Ceci &#233;tant dit, j'accueille son Poitiers, il accueille mon Kamouraska et c'est en fr&#232;re.
&lt;p&gt;Pour &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kamouraska rien Kamouraska pas&lt;/a&gt; (peut-&#234;tre avec virgule, sais plus si ce matin dans le TGV en ai mis une ou pas, ce soir fin de lecture &#224; Marseille/Marelle un peu nase), n'aurais pas &#233;crit ce texte sans la page d'Arnaud Ma&#239;setti sur Rimouski : &lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article883&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;O&#249; est tu ?&lt;/a&gt; et c'est tr&#232;s bien qu'Arnaud soit l&#224; en tiers. Sacr&#233; Arnaud qui &#233;crit des fictions de 160 pages en un seul paragraphe et pas moyen de faire passer &#231;a sur la Kobo Fnac qui a d&#233;cid&#233; que les gens normaux n'&#233;crivaient pas de paragraphe de 160 pages...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r &lt;a href=&#034;http://rendezvousdesvases.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au rendez-vous des vases&lt;/a&gt; de Brigitte C&#233;l&#233;rier pour la totale des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mahigan Lepage | Une chambre &#224; Poitiers&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Et je revenais dans ma chambre de Poitiers, ma petite chambre de Poitiers, qui sentait le moisi, qui &#233;tait &#224; l'&#233;cart de la ville ville, Poitiers, en-dehors des murs, il y avait un boulevard, et puis une petite rue, et une autre petite rue, c'&#233;tait l&#224;. Avant de venir &#224; Poitiers j'avais r&#234;v&#233; sur cette rue, cette maison, j'avais m&#234;me regard&#233; sur Google Map pour voir comment c'&#233;tait, cette rue, cette maison, et puis j'&#233;tais arriv&#233; et ce n'&#233;tait que &#231;a. C'est toujours comme &#231;a, c'est toujours que &#231;a, rien de plus que &#231;a. Une rue. Une fa&#231;ade. Une maison. C'&#233;tait la France, alors la maison elle avait cette grisaille, cette humidit&#233; aussi dans le cr&#233;pi de la fa&#231;ade. C'&#233;tait une maison de partout. C'&#233;tait ici, c'&#233;tait Poitiers. Au rez-de-chauss&#233;e il y avait un garage et puis le cabinet de m&#233;decin du propri&#233;taire, qui &#233;tait le p&#232;re d'un des colocs. Parce que j'avais plein de colocs, dans cette maison. On &#233;tait six &#233;tudiants, dans cette maison. On vivait &#224; l'&#233;tage, c'&#233;tait assez grand mais on &#233;tait quand m&#234;me six, m&#234;me qu'un des six il vivait dans le grenier, pour monter &#224; son lit il devait passer par la chambre d'un autre. Moi j'avais ma propre petite chambre, o&#249; je revenais, la fen&#234;tre donnait sur la cour et sur les toits d'ardoise, les m&#234;mes toits que partout, genre orang&#233; ou ocre, et puis les goutti&#232;res et puis les chats. Sur le plancher de ma chambre il y avait du tapis, du tapis vert, laid, et qui devait retenir l'humidit&#233;, parce que &#231;a sentait le moisi dans ma chambre de Poitiers. Et sur les murs il y avait de la tapisseries, une tapisserie bleue, pas belle, et qui devait elle aussi &#234;tre toute mang&#233;e de moisissures. L'impression que j'ai quand je pense &#224; la France, &#224; la Belgique aussi un peu, c'est que c'est humide, sur les fa&#231;ades, &#224; l'int&#233;rieur, dans les cours, dans les rues, sur les toits, c'est humide, la France. Alors moi je m'&#233;tais retrouv&#233; l&#224;, dans ma petite chambre &#224; tapis vert et tapisserie bleue, pas beaux, dans ma chambre humide qui sentait le moisi, donnait sur une cour pas entretenue, et sur des toits parcourus de goutti&#232;res et de chats. Et mon lit il &#233;tait petit et pas confortable, le matelas &#233;tait d&#233;fonc&#233; il y avait des ressorts qui me repiquaient dans le dos. Et alors je me demandais Mais qu'est-ce que je fous ici ?, on se demande toujours ce qu'on fout ici, quand on vient d'arriver ailleurs. Mais tout &#231;a c'&#233;tait pas si important, l'humidit&#233;, la moisissure, la laideur, c'&#233;tait pas vraiment important, mais pour moi &#231;a devenait important et je m'en rappelle parce que j'allais pas bien. Les colocs ils &#233;tait tr&#232;s sympas, il y avait trois Fran&#231;ais et un Suisse allemand et puis une Chilienne, ils &#233;taient tous tr&#232;s sympas m&#234;me si la plupart ils avaient une vie tr&#232;s diff&#233;rente de moi, ils &#233;taient bien sympas et on mangeait ensemble souvent le soir, et on faisait la f&#234;te en groupe aussi des fois. Ils &#233;taient bien sympas et on se faisait la bise, m&#234;me entre gars on se faisait la bise, il y en m&#234;me un, des colocs, un Fran&#231;ais, le fils du proprio, quand il se levait le matin il faisait la bise &#224; tout le monde, tu &#233;tais en train de d&#233;jeuner et le gars il venait te coller un bise sur la joue, fallait vraiment que tu sois en France pour vivre &#231;a. Ils &#233;taient sympas, les colocs, mais ils avaient d'autres vies et d'autres envies que moi, la Chilienne c'&#233;tait une casani&#232;re les soirs elle restait regarder la t&#233;l&#233; elle &#233;tait contente, le Suisse c'&#233;tait un Erasmus il sortait toujours avec d'autres &#233;tudiants &#233;trangers, et les Fran&#231;ais c'&#233;taient des Poitevins ils venaient d'ici ou de tr&#232;s proche alors ils avaient leurs cercles d'amis et leurs copines et le reste. Et puis ils faisaient la f&#234;te, ils &#233;taient plus jeunes, &#233;tudiants en m&#233;decine et science et autre, et ils faisaient la f&#234;te comme on fait la f&#234;te quand on a vingt ou vingt-deux ans &#224; Poitiers, une fois ils avaient organis&#233; un party &#224; la maison ils avaient tout tapiss&#233; le plancher de carton c'&#233;tait comme &#231;a. Alors que moi j'avais vingt-six ans c'est pas si vieux mais je commen&#231;ais un doc, je n'&#233;tais pas vraiment l&#224; pour faire la f&#234;te surtout que j'allais pas bien. J'essayais de trouver mon sujet de doc mais je trouvais pas mon sujet de doc. &#199;a faisait des mois, un an que je cherchais mon sujet de doc sans trouver mon sujet de doc. J'aurais voulu trouver un sujet qui prolonge mon m&#233;moire de ma&#238;trise, &#231;a avait bien r&#233;ussi, mon m&#233;moire de ma&#238;trise, tellement bien r&#233;ussi que j'avais gagn&#233; des prix, pour mon m&#233;moire de ma&#238;trise, j'avais m&#234;me re&#231;u une m&#233;daille de la repr&#233;sentante de la Reine au Canada, je suis pas fier de le dire maintenant mais dans le moment j'en &#233;tais tout fi&#233;rot. J'avais compris ce qu'il fallait faire, pour recevoir des bons mots et des bonnes notes et des honneurs. J'avais compris qu'il fallait imiter les profs, pour recueillir l'adh&#233;sion des profs. Alors je m'&#233;tais mis &#224; faire comme eux, je citais autant que je pouvais et je multipliais les notes de bas de page et les r&#233;f&#233;rences et je faisais l'intelligent je faisais le beau. Et &#231;a m'avait bien r&#233;ussi, de faire l'intelligent parce que j'avais ramass&#233; tous les honneurs. Et maintenant je ne demandais pas mieux que de continuer dans la m&#234;me voie pour encore recevoir des bourses et des honneurs mais je n'&#233;tais plus capable de continuer dans la m&#234;me voie. J'essayais pourtant, j'essayais et plus j'essayais moins j'&#233;tais capable de continuer. Quelque chose en moi &#233;tait sur le point de se briser, je ne pouvais plus continuer comme &#231;a, continuer &#224; faire le beau pour les bourses et pour l'honneur. &#192; chaque semaine, &#224; chaque jour j'inventais un nouveau projet de th&#232;se, plus ou moins en prolongement de mon m&#233;moire, mais chaque fois &#231;a s'effondrait, c'&#233;tait tout carr&#233; et abstrait, c'&#233;tait comme si je voulais monter une construction avant m&#234;me de savoir ce que j'allais mettre dedans. Je passais des jours entiers &#224; penser &#224; mon projet de th&#232;se, je marchais et je pensais &#224; mon projet de th&#232;se, et le soir dans ma chambre moisie je pensais &#224; mon projet de th&#232;se. J'avais ma blonde qui vivait &#224; Paris, c'&#233;tait une Qu&#233;b&#233;coise, j'allais la voir un week-end sur deux ou sur trois, j'&#233;tais pas f&#226;ch&#233; de quitter Poitiers, &#224; Paris on &#233;tait un petit groupe de copains qu&#233;b&#233;cois et on allait dans les restos et dans les bars et dans les concerts et on s'amusait bien. Mais derri&#232;re la t&#234;te j'avais toujours ce noeud, mon projet de th&#232;se, et d&#232;s que j'&#233;tais seul j'essayais de le d&#233;nouer, mais &#224; force d'essayer de le d&#233;nouer en fait je le resserrais, ce noeud, c'&#233;tait parce que je pensais justement, parce que je pensais trop que je me bloquais. Et je retournais dans ma chambre de Poitiers, ma petite chambre &#224; tapis vert et tapisserie bleue, et je recommen&#231;ais &#224; penser, et je resserrais encore plus le noeud. Et le jour j'allais &#224; la fac, fallait prendre le bus de la grande place c'&#233;tait loin de l'autre c&#244;t&#233; de Poitiers des b&#226;timents tout plats tout &#233;cras&#233;s, je suivais deux cours &#224; la fac, c'&#233;tait des cours de master et je ne m'&#233;tais pas fait d'amis dans ces cours, il y avait une distance entre les autres et moi, peut-&#234;tre parce que j'allais pas bien, mais aussi &#224; cause de l'&#226;ge et du doc, je crois, m&#234;me que des fois les autres &#233;tudiants me vouvoyaient, parce que j'osais lever la main et parler, c'&#233;tait mal barr&#233;. Je finirais quand m&#234;me par rencontrer des types dans mon genre mais &#231;a serait long. Il y avait cette fille qui vivait avec son copain de l'autre c&#244;t&#233; de la ville, une fois elle m'avait invit&#233; &#224; venir chez elle regarder La soupe aux choux en buvant du vin et du pastis chaque fois que les personnages ils buvaient du vin et du pastis, apr&#232;s une demi-heure elle &#233;tait partie se coucher et j'avais continu&#233; avec son copain. Et puis il y avait ce couple qui vivait &#224; l'int&#233;rieur des murs, pr&#232;s de la grande place, ils m'ont invit&#233; &#224; venir boire de l'eau de vie qu'ils fabriquaient eux-m&#234;me, ils habitaient un appart encombr&#233; et vivant, le gars il avait une barbe il l'a encore que je sache. Sinon j'&#233;tais plus souvent seul. Parfois le soir je sortais de ma chambre, pour essayer de fuir la d&#233;prime, et je marchais jusqu'&#224; la ville, la ville ville, &#224; l'int&#233;rieur des murs, ce n'&#233;tait pas loin, une dizaine de minutes &#224; pied. Je marchais dans les rues &#233;troites aux fa&#231;ades grises, aux portes ferm&#233;es. J'arrivais &#224; la grande place, avec son &#233;ternelle mairie fleurie, et puis je descendais sur les petites avenues commer&#231;antes, partout en France il y a ces quartiers commer&#231;ants pr&#232;s des grandes places, et puis apr&#232;s j'arrivais &#224; une autre place, l&#224; o&#249; il y avait la vieille &#233;glise moyen&#226;geuse de Poitiers, avec ses clochers en pignons de pin. Il n'y avait rien &#224; faire &#224; Poitiers. Peut-&#234;tre, si j'avais &#233;t&#233; bien, j'aurais trouv&#233; &#224; faire, je serais all&#233; au cin&#233;, il y en avait un ou deux, ou je serais entr&#233; seul dans un bar, j'aurais rencontr&#233; du monde. Mais je n'allais pas bien, et je retournais dans ma chambre, ma petite chambre humide, en dehors des murs de la ville. Et parfois le soir j'&#233;coutais Serge Bouchard me raconter des histoires, par Internet, c'&#233;taient des histoires d'Am&#233;rique, d'Indiens et de Canadiens fran&#231;ais, d'aventuri&#232;res et d'explorateurs. Et sa voix grave me rassurait, son parler du pays me calmait, je l'&#233;coutais avant de m'endormir, l'&#233;mission &#231;a s'appelait De remarquables oubli&#233;s. Et le lendemain je me r&#233;veillais et je reprenais l'&#233;cheveau, j'essayais une centi&#232;me fois d'&#233;chafauder un projet de th&#232;se qui se tienne, mais ce n'&#233;tait que th&#233;orique, que c&#233;r&#233;bral, il n'y avait pas de chair, alors tr&#232;s vite &#231;a cassait, et je recommen&#231;ais. Je ne suis pas tr&#232;s bon pour demander de l'aide, mais cette fois j'&#233;tais tr&#232;s d&#233;sesp&#233;r&#233; alors j'avais &#233;crit &#224; mon directeur qu&#233;b&#233;cois, j'avais deux directeurs, un qu&#233;b&#233;cois et un fran&#231;ais, j'avais donc &#233;crit &#224; mon directeur qu&#233;b&#233;cois pour lui dire mon d&#233;sarroi, et il m'avait juste r&#233;pondu &#171; Courage ! &#187; alors j'&#233;tais retourn&#233; en moi, j'&#233;tais rentr&#233; dans ma chambre int&#233;rieur, ma chambre qui sentait le renferm&#233;. Et j'avais continu&#233; &#224; &#233;chafauder des projets de th&#232;se tous plus compliqu&#233;s et plus vides les uns que les autres. Et ma blonde &#233;tait venue me visiter une fois ou deux, je lui disais ce que je vivais mais elle n'y pouvait rien, bien s&#251;r qu'elle n'y pouvait rien, personne n'y pouvait rien, pas m&#234;me moi. Et puis enfin &#224; un moment j'ai d&#233;cid&#233; de tout l&#226;cher. Finies les th&#233;ories et les plans et les &#233;chafaudages, j'allais juste lire et relire des livres et on verra bien. Alors j'allais &#224; la librairie dans la ville, sur une des avenues commer&#231;antes aux rues pav&#233;es, j'allais &#224; la librairie et j'achetais des livres. Et je retournais dans ma petite chambre et je lisais, je lisais, sans rien attendre, sans rien chercher d'avance, je lisais et c'&#233;tait tout. Et je me disais Trouve des livres que tu aimes, et pour le reste tant pis. Et j'ai lu, j'ai lu. Seulement de la litt&#233;rature contemporaine, l&#224;-dessus je n'avais pas l&#226;ch&#233; le morceau, parce que les auteurs des autres &#233;poques &#233;taient tous glos&#233;s, et que moi je voulais de la fra&#238;cheur, du neuf, pas des livres ensevelis sous d'autres livres. Alors j'ai lu, lu, et relu des auteurs contemporains. Jusqu'&#224; ce que je d&#233;cide de lire un peu plus celui-l&#224; que les autres. Je l'avais d&#233;j&#224; lu un peu, mais juste un peu, juste les romans de chez Minuit, les vieux livres. Maintenant je lisais les r&#233;cits de chez Verdier, plus r&#233;cents. Et les titres &#224; eux seuls m'appelaient, qui parlaient de machines, de m&#233;canique. Pourquoi &#231;a m'appelait, c'est pas le temps encore de le dire, mais &#231;a m'appelait, &#231;a rejoignait un noyau en moi. Et puis ces livres ne parlaient pas de, de machines, de m&#233;canique. Ils &#233;taient machines, &#233;taient m&#233;canique. On pouvait donc faire &#231;a avec la langue, aujourd'hui. C'&#233;tait un auteur contemporain et bien vivant mais malgr&#233; &#231;a il &#233;tait glos&#233;, pas &#233;norm&#233;ment glos&#233; encore mais glos&#233; quand m&#234;me. Et je connaissais un peu la glose autour de cet auteur contemporain, mais quand je lisais les livres je trouvais que ce n'&#233;tait pas &#231;a. Et dans les entrevue que je lisais l'auteur il s'en d&#233;fendait bien, que ce soit &#231;a. Et sa parole &#233;tait libre et elle parlait de l'int&#233;rieur de la litt&#233;rature et pas de l'ext&#233;rieur. Et c'est alors que j'ai d&#233;cid&#233; de faire ma th&#232;se sur ses livres, et de ne pas en parler &#224; partir de la glose que je connaissais mais restait &#224; l'ext&#233;rieur et qui ne collait pas. J'&#233;tais dans ma petite chambre quand j'ai d&#233;cid&#233; &#231;a, je m'en souviens. Je me souviens surtout des couleurs. Du tapis vert. De la tapisserie bleue. Et des livres jaune or de chez Verdier. &#192; partir de ce moment j'avais bascul&#233;, et c'&#233;tait irr&#233;versible. J'avais bascul&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la litt&#233;rature, si je peux dire, et de l&#224; je ne ressortirais pas. Et m&#234;me si &#231;a me vaudrait des incompr&#233;hensions et m&#234;me des rebuffades et puis d'&#234;tre boud&#233; par la repr&#233;sentante de la Reine au Canada, il n'y avait plus de retour en arri&#232;re possible, j'&#233;tais de l'autre c&#244;t&#233;. Et dans cette bascule il y avait d&#233;j&#224; l'&#233;criture, &#231;a viendrait bient&#244;t, tr&#232;s bient&#244;t, quelques mois plus tard je commencerais &#224; remplir un carnet en vue de Relief. Et peut-&#234;tre que pour en arriver l&#224; il me fallait ce s&#233;jour de trois mois d'automne &#224; Poitiers, cet enfermement, cette solitude, cette gangue des campagnes alentour, peut-&#234;tre que si j'avais &#233;t&#233; &#224; Paris d&#233;j&#224; il y aurait eu trop de dehors, trop de f&#234;te, trop de distractions. Il me fallait cette chambre &#224; Poitiers, o&#249; jour apr&#232;s jour je retournais, pour aller au bout du trop-penser jusqu'&#224; briser, et basculer de l'autre c&#244;t&#233;. Il me fallait cette humidit&#233; et cette moisissure et ce tapis et cette tapisserie, et la vue sur les toits et les goutti&#232;res, et les fa&#231;ades mang&#233;es et les murs de la ville, et l'isolement des campagnes. Il me fallait aller, dans l'enfermement, jusqu'&#224; l'&#233;touffe, pour d&#233;boucher, tout au bout, sur des aires int&#233;rieures. Alors j'ai quitt&#233; Poitiers, et je ne suis jamais revenu dans la chambre &#224; tapis vert et tapisserie bleue, qui sentait le moisi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>toune pour Qu&#233;bec North</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Ma&#239;setti, Arnaud </dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;nard, Pierre (Philippe DIaz, dit.. &#8211; site Liminaire)</dc:subject>
		<dc:subject>Audet, Ren&#233; (Qu&#233;bec)</dc:subject>
		<dc:subject>Canada, Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;revenir vers Qu&#233;bec, mais en groupe&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot261" rel="tag"&gt;Audet, Ren&#233; (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2915.jpg?1352733913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le colloque s'appelle &lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/moyens/programme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les moyens du r&#233;cit contemporain&lt;/a&gt;. Ren&#233; Audet et Mahigan Lepage, qui l'organisent, m'avaient fait l'honneur de m'inviter, mais il est encore un peu t&#244;t &#8211; l'exp&#233;rience Qu&#233;bec a &#233;t&#233; tr&#232;s dense, a brass&#233; beaucoup en profondeur, et une ann&#233;e &#231;a passe vite, c'est violent. Aurais bien voulu y &#234;tre cependant pour entendre ce que va dire Arnaud Ma&#239;setti, qui vient d&#233;j&#224; de prendre la parole &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article876&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur web et litt&#233;rature&lt;/a&gt; &#224; Montr&#233;al.
&lt;p&gt;Ren&#233; et Mahigan ont eu cette bonne id&#233;e de proposer un atelier sur ce th&#232;me de &lt;i&gt;la ville&lt;/i&gt;, mais pas la ville en g&#233;n&#233;ral, celle-ci, o&#249; ils accueillent. Le th&#232;me est donc &lt;i&gt;Vers Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, et il y a &lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/moyens/vers-quebec-consignes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une consigne&lt;/a&gt; (c'est fait pour qu'on les trompe, ce que j'ai donc fait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;j&#224; forte participation, voix et visages reconnus (mais pas tous), une bonne vingtaine de textes (il est encore temps de participer) : &lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/moyens/vers-quebec-textes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers Qu&#233;bec, les textes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'&#233;tranget&#233;, cet apr&#232;s-midi, d&#233;couvrant la contribution de Philippe Diaz/Pierre M&#233;nard (grand ma&#238;tre es &lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liminaire&lt;/a&gt;, que dans le voyage imaginaire assez hallucinant qu'il propose dans son &lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/moyens/archives/337&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ruban de Moebius&lt;/a&gt; je trouve une image qui co&#239;ncide quasi exactement avec ce que nous voyions de notre fen&#234;tre (ci-dessus, et comparer avec son texte). Ce ruban de Moebius de l'&#233;changeur nous a accompagn&#233; toute cette ann&#233;e de s&#233;jour, avec la &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article959&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;molition du vieux chevet d'&#233;glise&lt;/a&gt; en haut. Et avec ce Pierre M&#233;nard incrusteur des sites des autres, tous les miroirs sont possibles, ce ne serait pas la premi&#232;re fois. A quel niveau cela se retourne-t-il en hasard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse d&#233;couvrir ces textes, penser, pour Cl&#233;ment Laberge (&lt;i&gt;@remolino&lt;/i&gt;) &#224; compl&#233;ter &lt;a href=&#034;http://remolino.qc.ca/2012/05/03/sur-ce-coin-de-rue/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par celui-ci&lt;/a&gt;, que Ren&#233; Audet aurait d&#251; importer de force dans l'atelier. Et question forcing, appr&#233;cions que cet &lt;i&gt;atelier&lt;/i&gt; nous permette de d&#233;couvrir le m&#234;me Ren&#233; &lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/moyens/archives/200&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en auteur&lt;/a&gt;, message tr&#232;s s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH280/moebius3-2-5c8d2.jpg?1750806971' width='420' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon | Toune pour Qu&#233;bec North&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis jamais arriv&#233; &#224; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2131&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;. C'est la diff&#233;rence de l'Am&#233;rique et de l'Europe, villes trou&#233;es, on passe d'un espace &#224; l'autre et ils s'encha&#238;nent, puis d&#233;j&#224; ensuite ce n'est plus la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime bien que les Am&#233;ricains disent Quebec North pour parler de la ville, la diff&#233;rencier du pays. Ici ils n'aiment pas trop les noms, ils sont trop pauvres avec la grille j&#233;suite qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;e, et ce qui reste dedans des vieilles toponymies nomades, ils disent &#171; la vieille capitale &#187; comme si &#231;a arrangeait quelque chose, mais les deux adjectifs se compl&#232;tent &#8211; quand tu attends la 801 pile rue Saint-Jean, en haut de la c&#244;te qui tombe vers Limoilou et Saint-Joseph, tu le vois bien qu'&lt;a href=&#034;http://carnets.contemporain.info/moyens/archives/200&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entre toi et le nord&lt;/a&gt; il n'y a plus rien et &#231;a a toujours &#233;t&#233; grand (jamais su si &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2061' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ceux d'ici&lt;/a&gt; &#231;a les travaillait quelquefois, je ne crois pas que l'&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article864&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;imaginaire nord&lt;/a&gt; &#8211; c&#8216;est le titre d'une collection de bouquins &#8211; soit autre chose qu'une projection &#224; nous). Alors moi je disais Qu&#233;bec North aussi, c'&#233;tait mon nom secret, mon nom affectueux de la ville aust&#232;re, plant&#233;e sur son cap en travers du grand fleuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ville de vent, pensais-tu plus souvent, attendant &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1944' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la 801&lt;/a&gt;, n'importe o&#249; que tu prennes la ligne qui est comme l'ar&#234;te ou la colonne vert&#233;brale de la ville puisqu'elle longe d'en haut le vieux cap. Tu aimes bien la rue Cartier et ce bouquiniste un peu fou en sous-sol (et le bouquiniste tout au bout de l'&#238;le d'Orl&#233;ans aussi, avec tous les livres sur Anticosti) mais ce n'est pas arriver, qu'&#234;tre dans une boutique &#224; livres, c'est encore traverser. Puis la 801 arrive en grondant et repart, tu traverses le soufflet entre les deux parties du bus et tu laisses d&#233;filer : tu n'es jamais arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH280/moebius2-b5747.jpg?1750806971' width='420' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait d&#232;s chez toi que tu n'y arrivais pas, dans le grand couloir avec les appartements (mais jamais connu qui y habitait) et puis l'escalier qui tombe dans le hall, la porte vitr&#233;e et de l'autre c&#244;t&#233; le SAQ (marchand de vin) et le grondement du boulevard : tu traverses vers Saint-Joseph, tu prends la c&#244;te vers la vieille ville l&#224;-haut, sous l'h&#244;pital o&#249; est morte &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1989' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gabrielle Roy&lt;/a&gt; (r&#233;flexe d'Europ&#233;en encore, d'associer un b&#226;timent et un nom l&#224; o&#249; tout passe, mais Gabrielle Roy est celle qui t'a expliqu&#233; le pays, c'est l'avantage des morts : ils expliquent mieux), ou bien &#8211; et &#231;a c'&#233;tait ton r&#233;flexe &#8211; s'embarquer vers le port qui toujours est un pays &#233;tranger en pleine ville, m&#234;me sortant de chez toi tu n'es jamais arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il te reste cette carte avec non pas des points mais les lignes de tes marches, tu aimais particuli&#232;rement remonter par la rue Champlain et puis ces marches vers les plaines d'Abraham et de l&#224; redescendre en variant les choix, puisque une fois sur l'ar&#234;te tu peux combiner deux heures &#224; marcher (et marcher c'est toujours se taire, qui te parlerait ici dans une telle ville, ils sont taiseux et &#224; leurs affaires), les longs vecteurs de tes marches et l'indiff&#233;rence des maisons &#224; toits plats, les hi&#233;ratiques b&#226;timents qui miment le vieux monde parce que c'est l&#224; que l'administration s'exerce, dans les &#233;tages open space o&#249; soudain on se demande ce qui justifie autant de paperasses et de tracas, sinon pour s'appeler &#171; vieille capitale &#187; et que la capitale bien s&#251;r elle est de l'autre c&#244;t&#233; de la ligne Orl&#233;ans Express, &#224; Montr&#233;al &#8211; et toi tu regardes les gens dans la 801 et ce que &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article795&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les visages&lt;/a&gt; portent de ce qui ressemble &#224; la ville, la distance entre deux points les plus rapproch&#233;s et l'immensit&#233; qui commence juste &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois tu prends la 800 et tu t'en vas o&#249; finit la ville en s'&#233;tirant et se d&#233;faisant dans une ligne indistincte de motels et de galeries commerciales avec le m&#234;me bazar &#224; pas cher qui signe aussi toute l'Am&#233;rique, comme une indiff&#233;rence finalement &#224; laquelle il nous ferait tant de bien de nous grandir &#8211; il y a ce parc au bord du fleuve, la hauteur sombre de l'h&#244;pital psychiatrique avec ses &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article937&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cages suspendues&lt;/a&gt; au bout des couloirs pour que les patients prennent l'air (le cimeti&#232;re juste en dessous) et puis tu pouvais revenir par cette piste cyclable (mais tu n'aimes pas le v&#233;lo) qui longeait la vieille voie de chemin de fer et te d&#233;couvrait la ville comme par en dessous les jupes &#8211; alors tu n'arrives pas &#224; Qu&#233;bec, juste tu reviens, mais tu reviens &#224; ce qui n'est pas Qu&#233;bec, juste toi-m&#234;me et ce que tu n'en sais pas, puisque la ville soudain a fait basculer pr&#233;cis&#233;ment tout ce qui &#224; cela servait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH280/moebieus1-1bc63.jpg?1750806971' width='420' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tu n'es jamais arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec, penses-tu lorsque tu descendais gare de Sainte-Foy et montait dans les rares 801 qui le soir tard surgissaient de la poudrerie, vent et neige en folie, tu n'es jamais arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec, penses-tu lorsque tu descends vieille gare et serres sur toi tes pelures et ton sac pour remonter contre le &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vent&lt;/a&gt; sous l'&#233;changeur de b&#233;ton en ruban presque invisible dans la nuit, tu n'es jamais arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec, la Qu&#233;bec d'obliques et de gris, penses-tu en remontant le matin la rue Saint-Joseph avec aux angles des rues les visages qui portent tout un monde, mais que ce monde a d&#233;truits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ville tu saurais nommer un par un tous les &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article866&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;endroits&lt;/a&gt; o&#249; tu t'es assis avec un caf&#233; en gobelet : dans tout ce pays d'ailleurs, voire m&#234;me, de fa&#231;on nettement plus pointill&#233;e, dans le continent. C'est un pays dont tu d&#233;finis le centre par l&#224;-m&#234;me o&#249; tu es assis avec ton caf&#233; en gobelet, puisqu'il n'y a pas d'autre centre. Ce qui est bien dans cette ville, et dans ce pays, c'est la fa&#231;on dont tous ces endroits s'&#233;quivalent en temporalit&#233; et densit&#233;. Ils sont favorables au travail, par cette indiff&#233;rence m&#234;me au lieu et au temps : sinon ton caf&#233; en gobelet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, au lieu de la 801 de l'&#233;changeur au-dessus de Charest tu prends la ligne qui suis le cap en parall&#232;le par le bas. L&#224; sont les entrep&#244;ts, les marchands. Dans une des galeries, un de tes &#233;tudiants vend des tee-shirts gothiques. Tout au bout, il y a l'entrep&#244;t o&#249; on a lou&#233; un box pour nos affaires : 1m&#178; au sol, 2,60m de haut, une carte &#224; code pour entrer et un cadenas pour fermer. Un &#233;trange lieu d'habitation, tu penses, quand tu passes reprendre des livres ou une couverture. On pourrait vivre l&#224;, tu penses, quand tu ouvres ou que tu refermes. On ne sait jamais compl&#232;tement les mondes secrets d'une ville, tu penses, descendant du bus ou y remontant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article855&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marche souvent dans les cimeti&#232;res&lt;/a&gt;. On dirait qu'ils gardent la neige plus longtemps. C'est calme, ce sont des parcs. On aime bien la fa&#231;on dont ces vieux noms anglais ou irlandais racontent leur histoire. En bas, le fleuve, avec ses grands bateaux, qui miroite. &#192; l'arr&#234;t de bus en face du plus ancien cimeti&#232;re, vers Maguire, ce type de Nantes avec son anneau &#224; l'oreille qui a ouvert une boulangerie et qui s'appelle vraiment Paul (la boulangerie : &#171; Chez Paul &#187;), l&#224; &#233;videmment on cause du pays, c'est pas tous les jours, ni d'ailleurs un besoin sp&#233;cial &#8211; juste qu'il est rigolo, ce Paul, et il a bourlingu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai des amis plus &#233;tranges : j'ai eu le malheur de lui donner notre adresse, il passe souvent, et sans pr&#233;venir. Sa voix dans l'interphone. Il veut me donner &#171; une toune &#187;. On a le m&#234;me &#226;ge, une grande partie de sa vie sur tout le continent US, roadie des grands groupes, les a tous faits. Son vocabulaire glisse tout le temps d'une langue &#224; l'autre. Il m'a racont&#233; des beaux trucs, je descends, on va prendre une bi&#232;re &#224; c&#244;t&#233;. Si je lui dis que je ne peux pas descendre, il ne s'en formalise pas. Juste, que je m'attende &#224; ce qu'il revienne le m&#234;me soir mais plus tard (alors on laissera l'interphone sans r&#233;pondre), ou le lendemain. Il vit dans une chambre pr&#234;t&#233;e, sans t&#233;l&#233;phone ni Internet &#8211; il y a une Am&#233;rique des pauvres, qui soudain perce l'autre. Ces chansons qu'il &#233;crit, il aimerait qu'elles soient chant&#233;es par ceux dont il a port&#233; les amplis, construit les estrades. Il pense que je peux y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la ville des D&#233;panneurs, et toujours dans ces boutiques des types qui attendent. On dirait dans cette ville que partout o&#249; tu entres tu trouveras des types &#224; attendre. Des fois c'est bizarre, c'est ce qui poursuit dans les r&#234;ves. Vrai que souvent il vaut mieux attendre &#224; rien faire dans le D&#233;panneur, &#224; manger boire trois cochonneries, qu'&#224; ressortir au dehors &#8211; le dehors est vide (pour qui n'est pas arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec &#8211; et qu'ils n'aient pas ici la m&#234;me conception de l'int&#233;rieur, on a fini durement par l'apprendre aussi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de touristes, dans le vieux Qu&#233;bec, ils viennent de tout le continent pour voir sur place, chez eux, quelque chose qui ressemble &#224; l'autre c&#244;t&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'on essaye, nous, de ne pas voir &#224; Qu&#233;bec &#8211; l'aventure de ces gamines de 20 ans mises en couvent par les familles, et transplant&#233;es dans les Ursulines d'ici, &#231;a ne dit pas des choses glorieuses. Pourtant, dans notre ouest, qui pour ne pas &#234;tre travers&#233; de ces exils ? D'autres, apr&#232;s les Anglais, &#233;taient revenus, notre propre recoin de pays s'est b&#226;ti dans cette interf&#233;rence. J'aime aussi Qu&#233;bec pour la fuir : c'est si facile de louer une voiture, et vous voil&#224; &#224; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article910&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Baie-Saint-Paul&lt;/a&gt; ou plus loin. Le fleuve pour moi, celui qui r&#233;pond &#224; l'exil, commence &#224; Baie-Saint-Paul. Ce &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2176' class=&#034;spip_in&#034;&gt;qu'a vu Jacques Cartier&lt;/a&gt;, c'est alors ce que je vois moi. Mais l&#224; aussi, un an ne suffit pas : c'est encore ma propre histoire que je cherche, et je ne suis pas arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois, c'est une rampe de glace artificielle qu'ils font d&#233;valer du haut jusqu'au fleuve, et des patineurs s'y lancent, dans l'&#233;clat des projecteurs et d'une musique &#233;norme : en bas, la foule est tass&#233;e, c'est une f&#234;te populaire et brutale. On ne comprend pas les r&#232;gles (pas arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec). Ou bien ceux qui le dimanche s'entra&#238;nent &#224; pousser des canots sur les vagues gel&#233;es du fleuve. Ou bien plus tard ces &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article956&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;longs bateaux qui remontent&lt;/a&gt; avec indiff&#233;rence : on rel&#232;ve leur nom, on suit leur route sur Internet, on sait le nom de capitaine et sa cargaison. On participe par le fleuve &#224; un mouvement bien plus large que la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la carte mensuelle qui donne acc&#232;s &#224; la 800 et la 801, on prend le traversier pour L&#233;vis. Si tu ne sais pas arriver &#224; Qu&#233;bec, par contre oui on sait la quitter : mais des hauteurs d'en face, et de ce calme des villes anglophones qui en faisait une si totale rupture, est-ce que ce n'est pas elle, d'abord, Qu&#233;bec, que de l'autre c&#244;t&#233; tu regardais, essayant de comprendre ses assemblages ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH280/quebec-laval-toit-3948c.jpg?1750806971' width='420' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article953&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;couloirs de la fac&lt;/a&gt;, j'ai un bureau, et la cl&#233; de ce bureau. J'en suis l'usager unique. Mais il est neutre. Les tiroirs, que j'ai fouill&#233;s, n'indiquent rien de l'histoire personnelle des pr&#233;c&#233;dents occupants. Dans le bureau voisin, le vieil homme &#224; la voix rude rit fort, alors je sais qu'il est l&#224;, je vais le voir. Au d&#233;but il se m&#233;fie, apr&#232;s moins. Chez lui, plus tard, dans une for&#234;t rest&#233;e &#233;l&#233;mentaire, des oiseaux de toute sorte viennent jusqu'&#224; la vitre &#8211; ce moment aussi, je l'associe &#224; son rire, et cette rue de Limoilou aussi. On ne saura jamais combien c'est secret, le Qu&#233;bec : il faudrait bien plus d'un an pour y arriver. Je n'ai pas le savoir des oiseaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens finalement souvent dans ce bureau. Une bonne demi-heure de 800 ou de 801, un caf&#233; gobelet &#224; la machine, et la porte referm&#233;e le monde entier m'ignore &#8211; dans cette nudit&#233; neutre de tout ici, l'armoire de fer pour mettre des livres je l'ai laiss&#233;e vide parfaitement, j'ai tous les livres via le c&#226;ble Ethernet que je relie &#224; ma machine. Les heures ici sont &#233;gales. Pourtant, j'y travaille peu. Heures &#224; laisser aller l'int&#233;rieur de la t&#234;te, comme dans les trains ou les avions, ou bien s'y coller et r&#233;gler ces choses concr&#232;tes que r&#233;clame le travail avec les &#233;tudiants. &#192; mesure, ils s'enhardissent plus : vers la fin de l'ann&#233;e, ils sont presque aussi nombreux &#224; pousser ma porte que celle d'&#224; c&#244;t&#233;, o&#249; le vieux forestier des po&#232;mes gronde et rit toujours (on se conna&#238;t mieux, maintenant). Alors je voyage avec eux, les &#233;tudiants, jusqu'&#224; Dolbeau-Mistassini s'il faut (et nous irons &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article877&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; P&#233;ribonka&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article876&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alma&lt;/a&gt;, Dolbeau-Mistassini), ou dans les fonds gothiques de la ville nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas souvenir de vrai travail personnel, dans le bureau : peut-&#234;tre pour cela que &#231;a a &#233;t&#233; invent&#233;, les r&#233;unions et les bureaux, pour prot&#233;ger les gens de l'&#233;criture &#8211; alors tu reprends la 800 et la 801, et tu stoppes au hasard devant un des rep&#232;res &#224; caf&#233; en gobelet mais avec foule autour. Donc ton manteau laiss&#233; dans le bureau tu prends &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article762&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les couloirs et escaliers&lt;/a&gt;, tu montes du 3e au 7e, o&#249; au moins &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?article35&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les&lt;/a&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2160' class=&#034;spip_in&#034;&gt;portes&lt;/a&gt; sont ouvertes. Tu entres dans celui-ci et tu retrouves ta position, les fesses sur la petite table &#224; droite, o&#249; s'entassent les livres, puis tu poses tes questions. Peut-&#234;tre que des fois il en a eu marre, de tes questions, il ne l'a jamais montr&#233;. Il d&#233;plie son grand corps de son &#233;cran, prend une position retourn&#233;e, regarde plut&#244;t la porte et toi la fen&#234;tre, mais c'est comme &#231;a qu'il r&#233;pond &#224; tes questions, et tu t'es habitu&#233; au silence d'avant ses phrases. Peut-&#234;tre c'est l&#224;, dans ce silence d'avant ses phrases, apr&#232;s l'&#233;nonc&#233; de ta question, que tu comprends &#234;tre arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec : c'est ton &#233;nonciation, qu'il faut revoir, et elle que dans ce silence il reconfigure. J'aurai toute cette ann&#233;e &#233;norm&#233;ment regard&#233; ce toit, parfois des ouvriers, parfois pas, parfois jour noir, parfois jour gris, parfois ciel blanc, parfois ciel bleu, et lui il aura beaucoup regard&#233; la porte vers le couloir, de profil devant son &#233;cran &#8211; lui qui y arrive, &#224; travailler dans un bureau. Mais qu'est-ce que j'aurai su d'autre, de lui-m&#234;me aussi ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/rene-audet-quebec-laval.jpg?1337114620' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>10 d&#233;c | auteurs qu&#233;b&#233;cois de publie.net </title>
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		<dc:date>2011-12-04T07:36:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ publie.net, &#233;dition num&#233;rique</dc:creator>


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		<dc:subject>biblioth&#232;ques</dc:subject>
		<dc:subject>web : veilleurs &amp; bousculeurs</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al (Qu&#233;bec)</dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;la biblioth&#232;que de Montr&#233;al invite les auteurs qu&#233;b&#233;cois de publie.net &#224; une soir&#233;e lecture performance&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique51" rel="directory"&gt;archives publie.net 2008-2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;biblioth&#232;ques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;web : veilleurs &amp; bousculeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot338" rel="tag"&gt;Montr&#233;al (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2725.jpg?1352733721' class='spip_logo spip_logo_right' width='99' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Et pour casser les fronti&#232;res on s'y prend comment ? L'unit&#233; poitevine de publie.net s'active pas mal. On ne veut pas aller plus loin que ce genre d'approche &#8211; il n'y aura pas de &lt;i&gt;collection Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#224; publie.net. M&#234;me si on ne souhaite que &#231;a, int&#233;grer &#224; notre catalogue des auteurs surgis des plis et replis de la langue telle qu'elle se d&#233;ploie, de Madagascar &#224; Bruxelles via le &lt;i&gt;Platt&lt;/i&gt;. Il y a quand m&#234;me un &lt;i&gt;seulement&lt;/i&gt;. Seulement, &#224; Montr&#233;al, la langue s'invente en contact direct avec l'anglais am&#233;ricain. Seulement, &#224; Montr&#233;al, la langue s'invente en contact direct avec une conception non-europ&#233;enne de la ville. Seulement, &#224; Montr&#233;al (comme &#224; Montpellier ou en r&#233;gion Centre ou Paca ou Poitou-Charentes ou... ou...) vivent et travaillent un nombre pr&#233;cis d'auteurs pr&#233;sents au catalogue de publie.net.
&lt;p&gt;Alors grand merci de l'invitation faite par les biblioth&#232;ques de Montr&#233;al. Regardez comme c'est simple : pas de DRM, pas de &lt;i&gt;chronod&#233;gradable&lt;/i&gt; (bouh, l'affreux mot). Juste, une incitation &#224; d&#233;couverte, &#224; balade, &#224; prise de voix. Les usages de la litt&#233;rature num&#233;rique en biblioth&#232;que ne peuvent s'inventer que depuis les usages propres au &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt;, et non la transposition marchande des usages du livre mat&#233;riel. En s'abonnant &#224; publie.net&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la liste des acc&#232;s publics &#224; publie.net.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la biblioth&#232;que publique de Montr&#233;al permet &#224; n'importe quel usager de ses 43 &#233;tablissements, en s'identifiant via sa carte de lecteur, d'avoir acc&#232;s en ligne &#8211; sur son propre appareil et o&#249; qu'il soit &#8211;, &#224; l'ensemble de notre catalogue. De notre part, contrat &#233;l&#233;mentaire : 30% de la recette nette abonnement est redistribu&#233;e aux auteurs par p&#233;r&#233;quation des pages lues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;50% des recettes nettes t&#233;l&#233;chargement, mais pour les biblioth&#232;ques, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 d&#233;cembre, dans la biblioth&#232;que du Mile End, quartier &#244; combien embl&#233;matique, seront pr&#233;sents &lt;a href=&#034;http://www.lesfourchettes.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sara-Maude Beauchesne&lt;/a&gt;, Audrey Lemieux, Mahigan Lepage, &lt;a href=&#034;http://www.marge-autofictive.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jos&#233;e Marcotte&lt;/a&gt; et Annie Rioux pour une lecture d&#233;couverte des auteurs qu&#233;b&#233;cois de publie.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collection D&#233;centrements est sous la responsabilit&#233; &#233;ditoriale de &lt;a href=&#034;http://mahigan.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mahigan Lepage&lt;/a&gt;. Ah, au fait, ce n'est plus 400 titres que publie.net met &#224; disposition de ses abonn&#233;s, mais un peu plus de 500 (avantage aussi de l'abonnement global, tous les ajouts sont imm&#233;diatement disponibles sans formalit&#233;...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;merci particulier &#224; Marie D. Martel et Luc Jodoin, pour le remarquable travail de m&#233;diation autour de leurs ressources num&#233;riques, et le culot de se risquer ainsi dans notre terrain du contemporain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;couvrez les auteurs qu&#233;b&#233;cois de Publie.net&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Voici l'invitation telle que formul&#233;e par le blog des &lt;a href=&#034;http://encyclo.bibliomontreal.com/?p=8302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;ques publiques de Montr&#233;al&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Biblioth&#232;ques de Montr&#233;al sont maintenant abonn&#233;es &#224; Publie.net, l'un des premiers &#233;diteurs de litt&#233;rature num&#233;rique francophone. Parmi les 400 titres propos&#233;s par Publie.net, et qui c&#233;l&#232;brent la cr&#233;ation contemporaine, on retrouve une collection intitul&#233;e D&#233;centrements, o&#249; logent les auteurs qu&#233;b&#233;cois. Afin de mieux faire conna&#238;tre cette collection et les auteurs, la Biblioth&#232;que du Mile-End organise une lecture publique le samedi 10 d&#233;cembre de 14 h &#224; 15 h 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au programme, des extraits des &#339;uvres de Mahigan Lepage, Annie Rioux, Jos&#233;e Marcotte, Audrey Lemieux et Sarah-Maude Beauchesne. Chaque extrait sera pr&#233;c&#233;d&#233; d'une courte pr&#233;sentation de l'auteur. C'est une invitation pour tous ceux qui d&#233;sirent d&#233;couvrir les auteurs d'ici dans une forme originale et novatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les Biblioth&#232;ques de Montr&#233;al, les 400 titres de Publie.net sont disponibles pour la lecture en ligne, en acc&#232;s libre et illimit&#233; pour les abonn&#233;s. Les collections embrassent presque tous les genres : le r&#233;cit, la po&#233;sie, l'essai, le roman policier, des textes classiques, des textes de litt&#233;rature &#233;trang&#232;re traduits et une revue de cr&#233;ation en ligne. Venez les d&#233;couvrir. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2206' class=&#034;spip_in&#034;&gt;liste des acc&#232;s publics&lt;/a&gt; &#224; publie.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;50% des recettes nettes t&#233;l&#233;chargement, mais pour les biblioth&#232;ques, la prestation technique et commerciale de notre partenaire exclusif &lt;a href=&#034;http://www.immateriel.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'immat&#233;riel-fr&lt;/a&gt; est &#233;videmment plus cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;centrements | avec Sarah-Maude Beauchesne</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2522</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2522</guid>
		<dc:date>2011-04-26T20:11:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>_ publie.net, &#233;dition num&#233;rique</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>Canada, Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;casser les cloisons g&#233;ographiques et la vieille poussi&#232;re sous le mot &#034;francophone&#034; &#8211; Mahigan Lepage inaugure la collection D&#233;centrements sur publie.net&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;publie.net&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot339" rel="tag"&gt;Canada, Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2522.jpg?1352733478' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Oui, il y a une sp&#233;cificit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Elle est li&#233;e au territoire, &#224; la formation des villes, au contact et &#224; la superposition permanente de la langue anglaise. Elle est li&#233;e aujourd'hui, peut-&#234;tre encore plus qu'&#224; sa propre histoire de luttes et r&#233;sistances (et c'est en profond admirateur de Gaston Miron ou Gabrielle Roy que je le dis), &#224; un lien organique et direct avec le contemporain dans ses dimensions aussi techniques et num&#233;riques.
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, et pas seulement depuis mon s&#233;jour d'un an &#224; Montr&#233;al et Qu&#233;bec, ces croisements pour moi sont permanents. Comment nier l'&#233;loignement g&#233;ographique et affirmer cette contemporan&#233;it&#233;, sans retomber dans les &#233;tiquettes de service ? Eh bien non, pas si facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahigan Lepage s'&#233;tait port&#233; volontaire pour rassembler et &#233;diter, depuis Montr&#233;al, les textes qu&#233;b&#233;cois pr&#233;sents sur publie.net, comme ceux de &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503229/marge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jos&#233;e Marcotte&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503250/isidoro&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Audrey Lemieux&lt;/a&gt;, ou &#8211; de Mahigan Lepage lui-m&#234;me &#8211; son &#233;blouissant &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502857/vers-l-ouest&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers l'Ouest&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu sauter l'&#233;tape. La collection que dirige Mahigan s'appellera &lt;i&gt;D&#233;centrements&lt;/i&gt;. Mais elle accueillera des textes sans distinction de lieu, de m&#234;me d'autres Qu&#233;b&#233;cois (&lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503793/kuessipen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naomi Fontaine&lt;/a&gt;, dont le livre papier &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/culture/livres/321766/naomi-fontaine-ou-le-regard-neuf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'impose ces jours-ci avec force&lt;/a&gt;, ou &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503120/terra-nova&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andr&#233; Roy&lt;/a&gt;) para&#238;tront hors &lt;i&gt;D&#233;centrements&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahigan a choisi d'ouvrir cette collection par les &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504431/les-je-sais-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Je-sais-pas&lt;/a&gt; de Sarah-Maude Beauchesne. Voir sur &lt;a href=&#034;http://bibliomancienne.wordpress.com/2011/03/29/decentrements-et-chose-langue-made-in-quebec/#more-3020&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliomancienne&lt;/a&gt;. L'&#233;criture num&#233;rique en blog et livre, point de d&#233;part de l'entretien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que &lt;a href=&#034;http://publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publie.net&lt;/a&gt; est accessible depuis 3 ans maintenant de tous les lieux et wi-fi, bibs, bureaux de l'universit&#233; Qu&#233;bec/Laval et le sera tr&#232;s bient&#244;t de l'ensemble des 43 biblioth&#232;ques publiques de la ville de Montr&#233;al, je re&#231;ois cette confiance avec fiert&#233; et honneur &#8211; raison suppl&#233;mentaire d'accueillir largement les auteurs qu&#233;b&#233;cois, et m&#234;ler nos exp&#233;riences, n'est-ce pas SB, GD, MT et les autres ?!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS, et note pour nos lecteurs qu&#233;b&#233;cois : les prix de t&#233;l&#233;chargements et d'abonnements sur publie.net sont indiqu&#233;s avec taxe de 19,6%, qui bien s&#251;r n'est pas factur&#233;e hors UE. Les prix &#224; 3,49 deviennent donc 2,92 etc...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L200xH267/beauchesne-main-6c9a3.png?1751217328' width='200' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plupart des textes des &#171; Je-sais-pas &#187; ont d'abord paru sur ton blog, &lt;a href=&#034;https://www.lesfourchettes.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les Fourchettes &#187;&lt;/a&gt;. Tu peux me parler un peu de ton blog, que les lecteurs fran&#231;ais connaissent peut-&#234;tre un peu moins ? Depuis combien de temps tu le tiens ? Comment les textes s'articulent au quotidien, en surgissent m&#234;me ? Et pourquoi ce nom, &#171; Les Fourchettes &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Le blog est bien jeune, j'ai commenc&#233; tout &#231;a l'automne dernier, il est n&#233; d'une simple envie de partager. Je produisais beaucoup de textes, mais ils ne servaient qu'&#224; une lecture personnelle, &#231;a m'a permis d'avoir un regard autre que le mien sur mon &#233;criture et j'y ai pris go&#251;t. &lt;a href=&#034;https://www.lesfourchettes.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les Fourchettes &#187;&lt;/a&gt;, c'est tr&#232;s spontan&#233;, je publie des textes chaque semaine, des textes que j'&#233;cris souvent dans des &#233;lans, je ne m'impose pas de th&#232;me, mais la m&#234;me couleur revient ; c'est ce qui a cr&#233;&#233; le blog.&lt;br&gt;
J'&#233;cris du moi, j'&#233;cris ce qui se passe dans ma t&#234;te de femme-enfant, parfois c'est de la pure imagination, parfois j'assume que je raconte du vrai de vrai, &#231;a reste tr&#232;s na&#239;f.&lt;br&gt;
Le nom du blog vient d'une vieille nouvelle qui avait pour titre &#171; Les Fourchettes &#187;. Le texte racontait l'histoire d'une jeune fille qui grandissait tout croche parce qu'elle avait des fourchettes de plant&#233;es dans le coeur ; des fourchettes &#224; desserts toutes petites, mais aussi de grosses fourchettes &#224; barbecue tr&#232;s douloureuses. L'image est rest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parles de &#171; nouvelle &#187; &#8211; et, quand tu m'as envoy&#233; ton manuscrit, tu as aussi parl&#233; de &#171; po&#232;mes &#187;. Pourtant tes textes me paraissent se situer ailleurs, dans une ind&#233;cidabilit&#233; que sugg&#232;re pr&#233;cis&#233;ment le titre &#171; Je-sais-pas &#187;. Depuis quelques jours, sur les &#171; Fourchettes &#187;, tu annonces des &#171; histoires-ustensiles &#187; ! Tes textes imposent eux-m&#234;mes, et librement, leur propre forme, non ? Fourchette, cuiller ou couteau...&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Tout est tr&#232;s spontan&#233;, je n'ai pas de r&#233;flexion pr&#233;cise ni d'intention fixe lorsque j'&#233;cris et que je publie sur le blog. La forme que prennent les images vient d'elle-m&#234;me, je ne veux pas d'une structure vraiment, je veux que le tout demeure un peu bord&#233;lique. Je n'aime pas ce qui est trop r&#233;fl&#233;chi, trop calcul&#233;, j'aime m&#234;me &#234;tre maladroite dans ce que j'&#233;cris, parfois.&lt;br&gt;
Je ne veux pas prendre le temps de trop repenser &#224; mes textes. Donc oui, des histoires-ustensiles qui ne savent pas trop o&#249; se situer, qui toucher, c'est du doux bla-bla, des images, des id&#233;es, des &#171; choses &#187;. J'aime le mot &#171; chose &#187;. C'est &#231;a, &#171; Les Fourchettes &#187;, c'est du je-sais-pas, du vrai je-sais-pas parce que sinc&#232;rement je sais pas.&lt;br&gt;
Les mots sont sinc&#232;res, c'est l'important, je pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, c'est bien &#231;a qu'on lit : des choses, des sensations, comme en-de&#231;&#224; des mots et de la pens&#233;e, et qui cherchent pourtant &#224; se dire (les &#171; je sais pas &#187;, les &#171; t'sais &#187;, etc., sugg&#233;rant la difficult&#233; &#224; nommer). J'insiste sur le mot &#171; sensation &#187;, qui rejoint le corps, le sexe, omnipr&#233;sent dans tes textes. Est-ce que pour toi l'&#233;criture proc&#232;de d'une sensation &#8211; d'un &#171; feeling &#187;, comme on dit au Qu&#233;bec &#8211; montant du corps, du sexe m&#234;me ?&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Le sexe c'est beau. Et c'est l'fun. Et c'est vrai, c'est fou, c'est doux et pas doux, c'est plein tout plein de choses. J'aime l'id&#233;e qu'on me lise avec le bas du ventre qui se r&#233;chauffe et qui se vire &#224; l'envers. Et puis le corps, c'est la plus belle image, elle a tellement de possibilit&#233;s, c'est beau et c'est laid, c'est connu et pas connu en m&#234;me temps.&lt;br&gt;
Le corps est toujours plein d'ambigu&#239;t&#233;s, c'est inspirant, l'effet qu'il fait.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon &#233;criture part de l&#224;, de ce qu'on sent, de ce qu'on &#171; feel &#187;, de cette chaleur dans le bas du ventre, c'est une inspiration pure. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai parfois l'impression d'entendre tes textes comme des chansons, y compris par cette fa&#231;on de bondir qu'a ta phrase (&#171; c'est doux et pas doux &#187;, &#171; c'est beau et c'est laid &#187;). Il y a un rythme dans tes textes, un rythme &#224; la fois sexuel et musical (et le texte &#171; Le sexe avec un chanteur &#187; le r&#233;sume). D'ailleurs, il y a beaucoup de r&#233;f&#233;rences aux musiques qu'on &#233;coute dans &#171; Les je-sais-pas &#187;, et aucune aux livres qu'on lit... De la musique juste avec les mots, c'est un peu &#231;a que tu fais, non ?&lt;br&gt;
J'ai fait &#233;voluer ma cr&#233;ativit&#233; &#224; travers la musique, elle m'a appris &#224; &#234;tre libre, elle l'a fait davantage qu'avec les livres, m&#234;me. Elle m'inspire des histoires, beaucoup. Elle m'inspire des ambiances, surtout. Elle provoque l'excitation, le souvenir, elle donne envie d'aller au bout des sensations, du senti, de l'intense.&lt;br&gt;
J'aime illustrer mes histoires avec des chansons, &#231;a explique bien tout ce qui se passe dans le coeur. &#199;a accompagne bien l'intensit&#233; dans les textes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'aime la libert&#233; qu'une m&#233;lodie peut donner dans l'&#233;criture, dans la ponctuation, dans le rythme, dans la phrase. C'est un outil, en fait.&lt;br&gt;
C'est l'fun de dire qu'on peut faire de la musique juste avec les mots, oui j'aime &#231;a dire &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un mot qui appara&#238;t dans &#171; Les &#233;ponges &#187; : &#171; am&#233;ricanit&#233; &#187;. Pour moi, cela renvoie surtout &#224; la langue, &#224; l'oralit&#233;, aux mots anglais qui ponctuent tes textes (en tant qu'ils sont d&#233;j&#224; d'usage dans le parl&#233; qu&#233;b&#233;cois). Cela renvoie aussi &#224; un certain c&#244;t&#233; &#171; pop &#187; de ton &#233;criture, issu de la culture anglo-saxonne et plus particuli&#232;rement am&#233;ricaine. Ce serait trop fort, de dire qu'il y a chez toi une am&#233;ricanit&#233; affirm&#233;e, assum&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Pas trop fort. C'est bien l&#224;. Encore une fois, c'est une &#233;criture spontan&#233;e, un parl&#233; assum&#233; oui, mais pas n&#233;cessairement volontaire. Les mots viennent d'eux-m&#234;mes avec la sonorit&#233; qui convient le mieux au contexte de la phrase. J'aime faire ce contraste avec les deux langues, &#231;a permet une belle libert&#233; et un fini plus brut. J'&#233;cris souvent comme j'aurais parl&#233;, c'est un peu une routine d'essayer et de voir ce que &#231;a donne en texte, la plupart du temps je le garde ainsi, &#231;a sonne sinc&#232;re et bord&#233;lique en m&#234;me temps. &#199;a revient un peu &#224; la musique aussi, du fait qu'ins&#233;rer des mots anglais am&#232;ne une sonorit&#233; diff&#233;rente, un autre rythme surtout. Ils peuvent casser un rythme ou le compl&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une derni&#232;re question, plus libre, pour ouvrir au bout de l'entretien une fen&#234;tre sur ton atelier... Tu as des habitudes d'&#233;criture, des endroits, des moments de la journ&#233;e que tu r&#233;serves &#224; &#233;crire (tu vas sans doute me dire que non, que c'est spontan&#233; !) ? Tu &#233;cris &#224; une table de travail ou tu trimballes ton portable d'une pi&#232;ce &#224; l'autre et d'un lieu &#224; l'autre ? Tu consignes des notes dans des cahiers ?&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
J'&#233;cris tout sur mon ordinateur, je me sens plus libre, je n'ai jamais vraiment utilis&#233; crayon-papier, je note seulement des id&#233;es ou des images dans un journal. J'&#233;coute beaucoup de musique, &#231;a stimule mon envie de partager, &#231;a m'ouvre beaucoup. J'ai aussi besoin de vivre un peu en montagnes russes, si je ne vis rien de fou, je ne ressens pas le besoin d'&#233;crire, alors je dois me stimuler. Les petits drames et les grandes joies me forcent &#224; &#233;crire.&lt;br&gt;
Et j'&#233;cris assise en Indien dans mon grand lit fleuri. C'est apaisant. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>publie.net, tout &#224; l'ouest... </title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1982</link>
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		<dc:date>2009-12-18T19:46:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;dition &amp; &#233;dition num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)</dc:subject>
		<dc:subject>Cazin, Xavier (l'Immat&#233;riel)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;l'accueil fait &#224; Vers l'Ouest de Mahigan Lepage&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot117" rel="tag"&gt;&#233;dition &amp; &#233;dition num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot429" rel="tag"&gt;Lepage, Mahigan (Qu&#233;bec)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot536" rel="tag"&gt;Cazin, Xavier (l'Immat&#233;riel)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1982.jpg?1352732902' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous avez remarqu&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un site refait&lt;/a&gt;, une navigation plus intuitive, la partie &#224; pr&#233;visualiser donnant directement acc&#232;s au t&#233;l&#233;chargement... publie.net continue son &#233;volution (testez le moteur de recherche, les annotations...). Les biblioth&#232;ques universitaires ou territoriales qui avaient &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; s'abonner, fin 2008, renouvellent leurs abonnements pour 2010, les centres culturels fran&#231;ais &#224; l'&#233;tranger commencent &#224; s'int&#233;resser &#224; nos ressources (Londres, Mexico, Varsovie...), et la BPI (Beaubourg) qui avait &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; s'abonner (et m&#234;me : nous sugg&#233;rer l'id&#233;e de rendre nos ressources accessibles en biblioth&#232;ques !) est la premi&#232;re &#224; nous demander l'abonnement pour 20 acc&#232;s simultan&#233;s. De nombreux visiteurs r&#233;guliers comprennent aussi qu'au prix o&#249; nous le proposons, tout &#224; gagner &#224; passer &#224; l'abonnement &#8211; et nous sommes tr&#232;s impressionn&#233;s par le taux de lecture &#233;manant des abonn&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, une &#233;quipe, des collections : on a d&#233;cid&#233; qu'on s'en tiendrait &#224; ce qui nous fait r&#233;ellement envie de publier, sinon, c'est intenable &#8211; et pousser l'esprit de la coop&#233;rative, du travailler ensemble. On sent que les paradigmes se transforment, voire s'inversent : 6 de nos textes en 1 an sont devenus des publications papier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d'abord diffus&#233;s en num&#233;rique. Sans parler de la fa&#231;on dont commencent &#224; prolif&#233;rer les lecteurs num&#233;riques type Sony ou CyBook et qu'on y prend go&#251;t, m&#234;me confort que le livre, la biblioth&#232;que en plus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et bien plus agr&#233;able qu'un livre papier pour lire dans une baignoire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'avec le num&#233;rique tout est possible : bient&#244;t 300 textes en ligne, mais si le site est lisible et bien organis&#233; (c'&#233;tait le but de la reprise de ces derni&#232;res semaines), on peut en accueillir bien d'autres. Les chantiers ne manquent pas : on rejoint les biblioth&#233;caires qui essayent eux aussi de d&#233;cloisonner les barri&#232;res, ou des libraires qui ont compris qu'un poumon num&#233;rique en bonne sant&#233;, ouvert sur la cr&#233;ation et la r&#233;flexion, c'&#233;tait le meilleur atout pour qu'ils ne soient pas r&#233;duits &#224; la litt&#233;rature industrielle, de plus en plus st&#233;rile et aux produits &#233;ph&#233;m&#232;res : dans le mur du silence actuel, c'est &#8211; dans un march&#233; du livre stable globalement &#8211; l'effondrement de plus en plus terrible de la part de la cr&#233;ation litt&#233;raire, avec des auteurs qui s'accrochent au moindre morceau de bois (pardon, de papier imprim&#233;), au lieu de venir nous rejoindre o&#249; &#231;a se bagarre et &#231;a respire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, en attendant... cette respiration, justement. &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers l'Ouest&lt;/a&gt; de Mahigan Lepage, un seul paragraphe de 80 pages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'ailleurs, la notion de page a-t-elle encore un sens ? Xavier Cazin, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des t&#233;l&#233;chargements tous les jours (avec TVA pour les lecteurs fran&#231;ais ou UE, mais sans taxe, donc &#224; 4,60 euros, pour les lecteurs qu&#233;b&#233;cois ou hors UE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Probl&#232;mes de &#171; zonage &#187; qui semblent r&#233;dhibitoires pour nos confr&#232;res (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; le &lt;i&gt;blockbuster&lt;/i&gt; qui pourrait nous mettre d&#233;finitivement hors d'eau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour un auteur d'aujourd'hui, aucune r&#233;ticence &#224; avoir &#224; &lt;i&gt;propulser&lt;/i&gt; son oeuvre sur les supports num&#233;riques, en confiance. C'est &#231;a, qui compte, pour la litt&#233;rature : &#234;tre lu, tout simplement. Accueilli, discut&#233;, provoquer la r&#233;flexion sur les formes, la langue, l'&#233;poque. Alors, dans un catalogue dont on&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment l'&#233;quipe de pilotage, avec Fred Griot, Pierre M&#233;nard, Arnaud (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; commence &#224; &#234;tre fiers, heureux qu'un titre enfin d&#233;colle &#8211; &#224; un certain moment, il ne suffit pas de lire l'extrait gratuit et se dire que c'est sympathique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, sur les blogs, puisque c'est l&#224; que &#231;a se passe : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://pagesapages.wordpress.com/2009/12/18/vers-l%E2%80%99ouest-de-mahigan-lepage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pages &#224; pages&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://pagesapages.wordpress.com/2009/12/18/vers-l%E2%80%99ouest-de-mahigan-lepage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Omega Blue&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/12/10/que-la-nuit-les-verticales-disparaissent&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de fuite&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.babelio.com/critiques/Lepage-Vers-lOuest/152344&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Babelio&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://tentatives.eklablog.fr/mahigan-lepage-dans-vers-l-ouest-a832744&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tentatives&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://brigetoun.blogspot.com/2009/12/y-avait-la-foire-aux-chevaux-lundi.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paum&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bienvenue, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;si vous nous visitez&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et bien plus agr&#233;able qu'un livre papier pour lire dans une baignoire, l'appareil plac&#233; dans un petit sac &#224; cong&#233;lation ZipLoc en vente dans tous les supermarch&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'ailleurs, la notion de page a-t-elle encore un sens ? Xavier Cazin, de &lt;a href=&#034;http://blog.immateriel.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'immat&#233;riel-fr&lt;/a&gt; s'est amus&#233; hier &#224; ins&#233;rer le texte de Mahigan, en format iPhone, en 1 fichier Pages d'une seule page de... 9,50 m de long &#8211; et &#231;a marche !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Probl&#232;mes de &#171; zonage &#187; qui semblent r&#233;dhibitoires pour nos confr&#232;res num&#233;riques : le magnifique &lt;i&gt;&#201;nigme du retour&lt;/i&gt; de Dany Laferri&#232;re, prix M&#233;dicis, co-&#233;dit&#233; par Grasset en France et Bor&#233;al au Qu&#233;bec, diffus&#233; par Grasset en version num&#233;rique via Numilog, vient d'&#234;tre retir&#233; de la vente parce qu'ils ne savent pas g&#233;rer ce qui pourtant pourrait sembler dans l'int&#233;r&#234;t et de l'auteur, et des 2 &#233;diteurs ? &#8211; De m&#234;me, l'offre EDEN-Livres n'est toujours pas disponible au Qu&#233;bec, alors qu'a priori c'est le m&#234;me agr&#233;gateur, semble-t-il de peur que nous autres Fran&#231;ais allions t&#233;l&#233;charger nos livres num&#233;riques chez le voisin aux taxes moins lourdes... Ajoutons que les syst&#232;mes DRM mis en place par ces plate-formes sont de plus en plus un cauchemar pour les libraires qui doivent expliquer &#224; leur client pourquoi ce qui est achet&#233; sur une machine n'est pas transportable sur une autre, pass&#233; 5 fois (ou une seule, comme l'Harmattan....).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment l'&#233;quipe de pilotage, avec Fred Griot, Pierre M&#233;nard, Arnaud Maisetti, mais on travaille dans l'esprit web, rien de limitatif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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