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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
	<language>fr</language>
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		<title>pratiques de lecture et rupture num&#233;rique</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2014</link>
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		<dc:date>2010-01-19T13:12:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>lire num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Giffard, Alain</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;la lecture au temps du num&#233;rique : une approche de fond, celle d'Alain Giffard&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;site | infos, t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot249" rel="tag"&gt;lire num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot447" rel="tag"&gt;Giffard, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2014.jpg?1352732926' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Situation &#233;tonnante : la lecture-consommation, telle que la porte l'espace des lectures industrielles suppose un lecteur amateur, responsable, comp&#233;tent, qui adopte la lecture comme technique de soi, c'est-&#224;-dire tr&#232;s exactement le contraire du consommateur. La lecture num&#233;rique appelle ce que l'&#233;tude d'Olivier Donnat nomme &#034;cumul des modes d'acc&#232;s&#034;, c'est-&#224;-dire une double formation, &#224; la lecture classique et au num&#233;rique. Toute autre orientation ne peut &#234;tre qu'une catastrophe cognitive et culturelle.
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessus les mots de conclusion d'une remarquable mise en perspective des pratiques de lecture dans la rupture num&#233;rique, sur fond de notre responsabilit&#233; dans la transmission et l'&#233;ducation : &lt;a href=&#034;http://skhole.fr/lecture-num%C3%A9rique-et-culture-%C3%A9crite-par-alain-giffard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Giffard, lecture num&#233;rique et culture &#233;crite&lt;/a&gt;. Approche trop rare dans les bruits pol&#233;miques ambiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir par exemple texte et commentaires de ce billet de &lt;a href=&#034;http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/01/14/pourquoi-google-tue-la-litterature-suite-de-la-discussion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Didier Jacob&lt;/a&gt;, et s'en aller r&#234;ver aussi quelques minutes &lt;a href=&#034;http://www.la-grange.net/2010/01/18/ui-future&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chez Karl&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres br&#232;ves citations d'Alain Giffard pour insister encore sur &lt;a href=&#034;http://skhole.fr/lecture-num%C3%A9rique-et-culture-%C3%A9crite-par-alain-giffard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture approfondie de son texte&lt;/a&gt; (on peut s'abonner aussi &#224; son &lt;a href=&#034;http://alaingiffard.blogs.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog personnel&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Nous nous sommes habitu&#233;s &#224; une entr&#233;e en lecture telle que la lecture du livre imprim&#233; la permet et l'organise. Dans la lecture classique, le livre est sous mes yeux, je l'ouvre et je commence la lecture. Pourtant toute une s&#233;rie de questions se sont pos&#233;es et ont &#233;t&#233; r&#233;solues : je veux ce livre, pas un autre ; le livre que je lis est celui que je veux lire ; il est lisible en g&#233;n&#233;ral ; il est lisible par quelqu'un comme moi ; il pr&#233;sente des caract&#233;ristiques qui compenseront les difficult&#233;s de lecture, etc. Cette situation, favoris&#233;e par la cha&#238;ne du livre, nous semble naturelle. Pourtant il existe dans l'histoire de la lecture de nombreux cas o&#249; l'&#233;cart entre le texte/m&#233;dium et le lecteur est tel qu'il interdit cette entr&#233;e quasi-directe dans le texte et n&#233;cessite une op&#233;ration de pr&#233;paration, un premier degr&#233; d'ex&#233;cution de la lecture sans lequel ce que nous entendons habituellement par acte de lecture ne peut &#234;tre engag&#233;. Cette op&#233;ration initiale est connue, assez souvent, sous l'appelation de pr&#233;-lecture ou avant-lecture.
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A priori deux cas-limite peuvent se pr&#233;senter. Dans le premier cas, le d&#233;veloppement de la lecture num&#233;rique compenserait la diminution de la lecture classique. C'est l'explication sur laquelle certains se pr&#233;cipitent, allant m&#234;me jusqu'&#224; contester la baisse de la lecture qui se serait simplement &#171; d&#233;plac&#233;e vers les nouveaux supports &#187;. Mais cette position va &#224; l'encontre de la constatation d'une baisse de la lecture sur le long terme qui n'est certainement pas l'effet du num&#233;rique. Il faut donc alors supposer un sc&#233;nario tr&#232;s optimiste d'une baisse de la lecture classique ult&#233;rieurement relanc&#233;e par la lecture num&#233;rique. Je le trouve assez acrobatique. Encore faut-il pouvoir d&#233;montrer que la lecture num&#233;rique se substitue r&#233;ellement &#224; la lecture classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'autre cas, la lecture num&#233;rique se d&#233;veloppe comme un des compartiments d'une culture distincte, voire oppos&#233;e &#224; la culture &#233;crite ; elle n'est pas &#224; m&#234;me de remplacer la lecture classique, et, d'ailleurs, elle ne le cherche m&#234;me pas. On oppose &#224; un tel sch&#233;ma : le fait que la lecture num&#233;rique est bien lecture d'un texte, la situation du livre comme support de r&#233;f&#233;rence de la culture &#233;crite et non pas comme support exclusif, l'historicit&#233; du livre comme support, l'unit&#233; de la lecture sur diff&#233;rents supports... Bref aucun de ces deux sch&#233;mas extr&#234;mes ne convient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon deuxi&#232;me commentaire porte sur la fragmentation des relations &#224; la culture. Le syst&#232;me pr&#233;c&#233;dent reposait sur un principe d'unification et de continuit&#233;, sinon d'homog&#233;n&#233;it&#233;. Il avait pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour cela, &#224; l'oppos&#233; du r&#233;gime reposant sur la s&#233;paration des clercs lettr&#233;s et des la&#239;cs illettr&#233;s. Dans le cas fran&#231;ais, Jules Ferry avait &#233;tendu &#224; la totalit&#233; des citoyens le principe de la r&#233;forme gr&#233;gorienne &#171; Que nul ne soit clerc s'il est illettr&#233; &#187;. La continuit&#233; culturelle &#233;tait cens&#233;e venir seconder l'&#233;galit&#233; politique. Or ici nous avons une fragmentation, non seulement entre les diff&#233;rents groupes socio-culturels et leur mod&#232;le d'acc&#232;s &#224; la culture, mais aussi au sein des grands groupes socio-culturels entre les groupes d'&#226;ge et m&#234;me entre les genres au sein des groupes d'&#226;ge. C'est le groupe moyen qui est ainsi le plus fragment&#233; tandis que le groupe le plus favoris&#233; est aussi le plus homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture num&#233;rique existe. L'association de l'ordinateur personnel et du web ont produit une version robuste sinon &#233;l&#233;gante de la machine &#224; lire. Dans l'histoire de la lecture avec un ordinateur, deux p&#233;riodes se distinguent nettement, avant et apr&#232;s le web. Caract&#233;ristique de la premi&#232;re p&#233;riode, la &#171; lecture &#224; l'&#233;cran &#187; n'a pas la compr&#233;hension du texte comme objectif. Elle reste une lecture de contr&#244;le op&#233;rationnel, come celle que nous pratiquons pour tirer de l'argent ou acheter un billet. Elle rel&#232;ve de ce que les sociologues appellent la &#171; lecture ordinaire &#187;. L'invention du web par Tim Berners-Lee cr&#232;e les conditions de base d'un environnement textuel &#224; l'&#233;cran suffisamment consistant pour susciter une pratique v&#233;ritable de lecture num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la lecture num&#233;rique existe, sa technologie est une &#171; technologie par d&#233;faut &#187;. Il faut pour approcher ce point rappeler ce qu'est une technologie de lecture. Elle peut &#234;tre de deux types : purement intellectuelle, int&#233;rieure, et ne disposant pas d'un &#233;quipement sp&#233;cifique, auquel cas elle rel&#232;vera souvent d'un art de lecture, d'une sorte de discipline ; ou bien ext&#233;rioris&#233;e, d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; un dispositif technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la lecture d'&#233;tude s'est construite, pour l'Occident, &#224; partir de la lecture silencieuse, et autour du lien, &#233;tabli m&#233;thodiquement entre lectio et meditatio, lecture et r&#233;flexion. Elle a une autre finalit&#233; que la lecture d'information : elle est une technique de soi. Sa vis&#233;e &#224; travers une connaissance approfondie du texte est la culture de soi. La lecture n'est pas la r&#233;flexion ; c'est le premier exercice qui pr&#233;pare au second, soit m&#233;ditation sur ou &#224; partir du texte, soit m&#233;ditation sur l'&#233;tat subjectif du lecteur apr&#232;s la lecture. Evidemment, la lecture d'&#233;tude, approfondie et soutenue, qui se pr&#233;pare &#224; la r&#233;flexion suppose une implication et une attention diff&#233;rente du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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