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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>31 | les Oiseaux square d'Anvers</title>
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		<dc:date>2022-01-10T12:23:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Breton, Andr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>1981</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tags : Paris, Andr&#233; Breton, 1981&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique207" rel="directory"&gt;en cours | bars, bistrots restos &#8212; une autobiographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot502" rel="tag"&gt;Breton, Andr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot1065" rel="tag"&gt;1981&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot326" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est un fragment d'un travail en cours, amorc&#233; le 20 d&#233;cembre 2020 et devenu assez massif, mais non destin&#233; &#224; publication hors site (pour l'instant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe est d'aller par une phrase par lieu pr&#233;cis de rem&#233;moration, et d'&#233;tablir la dominante sur la description m&#234;me, si lacunaire qu'elle soit, du lieu &#8212; donc public, puisque bar, bistrot, resto &#8212; de la rem&#233;moration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction ni la publication ne sont chronologiques, restent principalement textuelles, et la proposition de lecture s'appuie principalement sur la navigation par mots-cl&#233;s depuis la page des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;index lieux, noms, dates&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point r&#233;gulier sur l'avanc&#233;e de ce chantier dans le journal #Patreon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;31 | les Oiseaux square d'Anvers&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;De cette p&#233;riode le caf&#233; des Oiseaux, square d'Anvers, et l&#224; je n'aurais pas invit&#233; Dominique Grandmont ni personne &#8212; les surr&#233;alistes gravitant autour de l'appartement d'Andr&#233; Breton rue Fontaine, un des lieux les plus fr&#233;quents de rendez-vous restait bien s&#251;r le Cyrano, boulevard Clichy en face du Moulin Rouge, et dans cette p&#233;riode o&#249; j'habitais rue de Tr&#233;vise ou rue Rochechouart il m'arrivait d'aller m'y asseoir, sauf que c'&#233;tait le Paris des touristes, de la crasse de Pigalle et le Cyrano, aval&#233; par une enseigne anglaise quand il ressemblait plus &#224; ce rade de la rue des Martyrs qu'un film populaire a rendu suffisamment c&#233;l&#232;bre (quoique d&#233;sormais oubli&#233; ou en voie de) pour que le d&#233;cor en soit pr&#233;serv&#233; comme de la verroterie de luxe, m&#234;me si maintenant on ne se souvient du film qu'une fois dans le bistrot, qui en fait son enseigne, inversion de la notion de d&#233;cor ou sc&#233;nographie &#8212; mais m&#234;me du temps encore du Cyrano (les d&#233;buts d'apr&#232;s-midi il restait presque vide, j'amenais un bouquin, mais les ondes ne portaient pas &#224; y &#233;crire, contrairement &#224; cette sorte de self service de l'autre c&#244;t&#233; du boulevard apr&#232;s la place Clichy, d&#233;serte l'apr&#232;s-midi avec sa vitrine du premier &#233;tage en surplomb du boulevard, et l'indiff&#233;rence de toute la ville autour), square d'Anvers un peu plus haut sur le boulevard et donc &#224; quelques dizaines de m&#232;tres de ma piaule Rochechouart c'&#233;tait &#224; la fois d&#233;sert et &#224; la fois ce mobilier qui semblait ne pas avoir chang&#233; depuis des d&#233;cennies, et m&#234;me si on pouvait imaginer que le mobilier des ann&#233;es 20 avait &#233;t&#233; refait &#224; neuf dans les ann&#233;es 50, les trente ans qui m'en s&#233;paraient faisaient qu'en y entrant on poussait directement la porte des surr&#233;alistes : je revois des sortes de paravents translucides s&#233;parant la salle en plusieurs box ou espaces, debout on voyait tout mais en s'affalant sur la moleskine il n'y avait plus que votre table et les quatre places que vous mobilisiez pour vous seul, votre tasse de caf&#233; et le cahier &#8212; je revois aussi les lustres surcharg&#233;s, les enseignes pour ap&#233;ritifs grav&#233;es &#224; m&#234;me les miroirs, puis le loufiat maigre et maladroit qui s'en fichait que vous restiez l'apr&#232;s-midi pourvu qu'on ne l'emb&#234;te pas, un signe de loin pour renouveler le caf&#233; suffisait, il y avait souvent deux ou trois habitu&#233;s dont je reconnaissais le visage et &#231;a devait &#234;tre r&#233;ciproque, un gars vo&#251;t&#233; &#224; scoliose, peut-&#234;tre m&#234;me plus jeune qui moi qui pourtant n'avait pas encore la trentaine, qui gribouillait au stylo-plume (moi aussi, et d'ailleurs mon Shaefer lourd &#224; corps de m&#233;tal achet&#233; dans une minuscule boutique renfonc&#233;e avenue Trudaine o&#249; il ne devait pas s'en vendre tous les jours, cela aussi contribuant &#224; cette sorte de sentiment hors du monde qu'&#233;tait, alors partag&#233;e, alors commune, l'activit&#233; d'&#233;crire), donc lui accumulant des pages et des pages sans relever le menton, &#224; l'eau min&#233;rale, tandis que je passais des dix minutes le nez en l'air, &#224; respirer l'ambiance comme le loufiat respirant le boulevard, le gros patron &#224; moustache lui inventant r&#233;guli&#232;rement des t&#226;ches uniquement parce que &#231;a ne lui plaisait pas de payer un gars &#224; rien faire, je revois aussi des habitu&#233;s qui tout au fond, pr&#232;s de la porte des chiottes mais &#231;a ne les d&#233;rangeait pas, aimant cette ombre et cet &#233;cart, posaient pendant deux heures des cartes sur un tapis (on les leur fournissait), presque sans parler mais avec une sourde r&#233;gularit&#233; m&#233;canique comme si se tramait ici des d&#233;cisions emportant toute l'Europe et moi j'avais encore ces Clairefontaine 240 pages grand format, &#233;pais, &#224; reliure double spirale se d&#233;formant comme un ressort, provenance la silencieuse pap&#232;terie &#224; l'entresol de l'avenue Trudaine aussi, pr&#233;f&#233;rant cette taille comme si chaque page alors devenait un pays, une fragmentation, des fl&#232;ches et des traits pour relier, en quatre ans il dut y en avoir cinq ou six remplis jusqu'au bout puis je passerais &#224; cette suite num&#233;rot&#233;e cousus et non plus la spirale, dont je commencerais la num&#233;rotation, qui irait jusqu'au 20 ou par l&#224; (j'en ai gard&#233; quelques-uns), en int&#233;grant la suite des grands formats br&#251;l&#233;s l'hiver 1983-1984, les textes accumul&#233;s alors se r&#233;sumant &#224; distance &#224; leur qu&#234;te, ou leur sensation, un des rares bistrots o&#249; on ne vous emb&#234;tait pas d'une musique de fond, la sensation que tout &#233;tait &#224; distance mais que d'autres que vous, d&#232;s les ann&#233;es surr&#233;alistes et peut-&#234;tre &#224; cause de ce seul nom du bistrot, caf&#233; des Oiseaux dans la d&#233;coupure sombre du boulevard et les n&#233;ons plus loin de Pigalle, la f&#234;te foraine d'un autre &#226;ge de saltimbanques qui s'y installait en novembre, ou cette d&#233;coupure comme min&#233;rale avec ses arbres morts et la sempiternelle silhouette des lyc&#233;es de la R&#233;publique qu'&#233;tait le square d'Anvers, le fouillis des rues qui l'irriguaient (ou auraient pu) c&#244;t&#233; Paris centre, la fronti&#232;re au nord qu'&#233;tait le bord de l'enclave Montmartre comme si tout ici regardait vers l'arri&#232;re, oui une p&#233;riode de presque deux ans o&#249; si souvent tu venais d'asseoir avec ton cahier et le caf&#233; trop vite refroidi, une sensation qu'hors l'&#233;criture le monde aurait &#233;t&#233; inamovible, combien dans les ann&#233;es voire les d&#233;cennies &#224; suivre tu te rach&#232;terais de cahiers en croyant l'illusion encore possible &#224; ranimer, et jamais tu n'as pu te r&#233;soudre, quand tu passes dans le coin, &#224; ne pas rentrer pour un caf&#233; aux Oiseaux, c'est bien d&#233;cati, on n'y trouve plus rien de surr&#233;aliste m&#234;me pas la m&#233;moire que la litt&#233;rature aurait eu un jour dans la ville importance symbolique, il y a un fond de radio genre RFM ou Nostalgie, un loufiat toujours aussi perdu comme si &#231;a leur montait au moral pour les cinq ou dix ans qu'ils passent l&#224; avant qu'on les remplace, &#231;a me fiche le bourdon chaque fois mais est-ce que ce n'est pas simplement pour n'avoir su te retrouver ni m&#234;me t'apercevoir &#224; distance, avec tes tifs en d&#233;sordre et noircissant ton cahier grand format de ta marquetterie de r&#234;ves et de phrases bizarres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[hors s&#233;rie] lettre de Marcel Proust &#224; Philippe Soupault du 6 septembre 1920</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3289</link>
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		<dc:date>2012-12-25T11:33:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Proust, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Andr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soupault, Philippe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;compl&#233;ments &#224; &#171; Proust est une fiction &#187;, le Seuil, 2013&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;2013 | Proust est une fiction &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot182" rel="tag"&gt;Proust, Marcel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot502" rel="tag"&gt;Breton, Andr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot740" rel="tag"&gt;Soupault, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Le dossier Proust de Tiers Livre :
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3416' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, sommaire g&#233;n&#233;ral du livre&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3416#porfolio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust est une fiction, index du portfolio&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5028' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proust consolations, 31 vid&#233;os&lt;/a&gt;, une approche de quelques &#233;nigmes proustiennes sur la cha&#238;ne YouTube du site ;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous allez voir que je n'ai pas de chance. Jamais je n'&#233;tais all&#233; (peut-&#234;tre une fois jadis) quai Bourbon. Mon ami Valentinois y demeurait mais je le laissais conduire dans le ramener moi-m&#234;me. Enfin &lt;i&gt;Dimanche&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;la veille&lt;/i&gt; du jour o&#249; j'ai eu votre lettre j'y suis all&#233; chez le Prince Bibesco et la jeune Asquith. J'ai pass&#233; &lt;i&gt;quatre fois&lt;/i&gt; devant le &lt;i&gt;41&lt;/i&gt; (Elle demeure au 45 !). Je suis rentr&#233;. J'ai en en rentrant une crise terrible et quand dans la matin&#233;e j'ai pu sonner, ayant encore ma pelisse et mon chapeau, exactement tel que j'&#233;tais entr&#233;, on m'a apport&#233; votre lettre. Donc si je l'avais re&#231;ue 24 heures plus t&#244;t, ou m&#234;me 12, je serais mont&#233; chez vous. Si j'en avais &#233;t&#233; incapable, je vous aurais fait demander de descendre et nous aurions caus&#233; dans la voiture devant votre merveilleux Grand Canal. J'aurais pu commenter avec vous le verset de vos Champs et Chants magn&#233;tiques : &#171; Ce soir nous sommes deux devant ce fleuve qui d&#233;borde de votre d&#233;sespoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le malheur a voulu que ce soit dimanche soir. Et votre lettre est arriv&#233;e le lundi matin. Vous recevoir est &#224; peu pr&#232;s impossible, car d&#232;s que je suis physiquement en &#233;tat de me lever (&#224; peine une fois par semaine) je sors pour qu'on fasse ma chambre. Et je ne peux vous recevoir couch&#233;. Encore ces deux semaines-ci, faut-il que je me r&#233;signe d'une part apr&#232;s quatre ans d'h&#233;sitation &#224; aller voir un oculiste, d'autre mart, moi qui derni&#232;rement &#233;crivais, de pure imagination, des pages sur les sourds, &#224; voir un m&#233;decin des oreilles, car ayant mis des boules pour ne pas entendre mes voisins et essayer de dormir, je n'ai pu les retirer compl&#232;tement et cela me fait tr&#232;s mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous donne ces d&#233;tails qui vous int&#233;resseront peu, pour vous montrer ma bonne volont&#233; et que si je ne vous vois pas, ce n'est pas ma faute. Le mieux serait donc que vous m'&#233;criviez ce que vous vouliez me dire, et quoique si incapable de correspondance, je vous r&#233;pondrai. Je ne vous ai d'ailleurs parl&#233; que de votre lettre, quand j'aurais tant aim&#233;, vous et Monsieur Breton, vous louer pour vos &lt;i&gt;Champs magn&#233;tiques&lt;/i&gt;. J'ai eu le grand plaisir de le voir une fois. Dites-lui je vous prie qu'il a fallu un &#233;tat peu diff&#233;rent de la mort pour que je ne lui &#233;crive pas, ainsi qu'&#224; vous, quand j'ai re&#231;u ce livre. &#192; d&#233;faut d'oculiste, je mets de temps en temps les lunettes envoy&#233;es par hasard par un opticien, pour vous lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez agr&#233;er Monsieur l'expression de mes sentiments les plus sympathiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel Proust&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Cette lettre pour compl&#233;ment &#224; la rencontre d'ao&#251;t 1912 &#224; Cabourg qu'&#233;voque Philippe Soupault dans son hommage 1923 de la NRF. Aussi par ce qu'elle &#233;voque du quotidien de Proust en 1920, crises, lit, oculiste. Aussi parce qu'elle est (l'unique ?) point de rencontre &#233;crit entre Proust et le surr&#233;alisme via son accus&#233; de r&#233;ception des &lt;i&gt;Champs magn&#233;tiques&lt;/i&gt;.
&lt;p&gt;Source (s'y reporter pour appareil critique), l'anthologie publi&#233;e par Plon &#224; partir de l'&#233;dition compl&#232;te de la &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt; par Philippe Kolb. On trouve en version num&#233;rique une autre compilation, celle de Garnier-Flammarion 2007, mais vraiment trop restreinte pour &#234;tre significative, encore un grand manque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dominique Hasselmann | H&#244;tel des grands hommes</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2488</link>
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		<dc:creator>_ tiers livre invite... </dc:creator>


		<dc:subject>Aragon, Louis</dc:subject>
		<dc:subject>vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Andr&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pour les Vases communicants d'avril, Tiers Livre accueille L'Irr&#233;ductible, travers&#233;e du surr&#233;alisme avec Dominique Hasselmann&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;ceux de l'&#233;crire web&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Aragon, Louis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot304" rel="tag"&gt;vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot502" rel="tag"&gt;Breton, Andr&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2488.jpg?1352733438' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Long parcours d'amiti&#233; crois&#233;e avec Dominique Hasselmann, d'abord via sa collaboration &#224; remue.net, puis son &lt;a href=&#034;http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chasse-Clou&lt;/a&gt;, devenu maintenant &lt;a href=&#034;http://dh68.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'irr&#233;ductible&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Une permanence dans ces trois &#233;tapes : les balades de fl&#226;neur, l'appareil-photo attentif aux signes et au hasard. En grande fid&#233;lit&#233; &#224; cette ad&#233;quation de la ville (Paris) et du surr&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que je voulais marquer par cet &#233;change, et bien naturel de reprendre avec lui les pistes crois&#233;es d'Aragon et Breton... Et merci &#224; DH d'accueillir en retour la toute premi&#232;re de mes &lt;a href=&#034;http://dh68.wordpress.com/2011/04/01/surrealiste-defense/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Variations D&#233;fense&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bien s&#251;r &lt;a href=&#034;http://rendezvousdesvases.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une seule adresse&lt;/a&gt; pour lire ce livre qui na&#238;t collectivement chaque 1er vendredi du mois, et se refait diff&#233;rent &#224; l'infini chaque fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_2013 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L270xH420/AB5_DH-e88cf.jpg?1750922080' width='270' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dominique Hasselmann | H&#244;tel des grands hommes&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il ne pourrait ici s'agir d'embrasser &lt;a href=&#034;http://remue.net/litt/breton.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tout le surr&#233;alisme&lt;/a&gt; &#8211; ce qu'il a &#233;t&#233;, est ou pourrait devenir &#8211; mais juste de donner quelques impressions, surimpressions, id&#233;es, souvenirs, r&#234;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela sera donc joyeusement d&#233;sordonn&#233;, automatique, po&#233;tique (les citations), urbain (quelques photos), musical (peut-&#234;tre) : une courte plong&#233;e, dans une &lt;i&gt;&#171; cloche de scaphandrier &#187;&lt;/i&gt;, sous la surface des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La r&#233;signation n'est pas &#233;crite sur la pierre mouvante du sommeil. L'immense toile sombre qui chaque jour est fil&#233;e porte en son centre les yeux m&#233;dusants d'une victoire claire. Il est incompr&#233;hensible que l'homme retourne sans cesse &#224; cette &#233;cole sans rien y apprendre. Un jour viendra o&#249; il ne pourra cependant plus s'en remettre, pour juger de sa propre d&#233;terminabilit&#233;, au bon plaisir de l'organisme social qui assure aujourd'hui, par le malheur de presque tous, la jouissance de quelques-uns. Je pense qu'il n'est pas trop d&#233;raisonnable de lui pr&#233;dire pour un jour prochain le gain de cette plus grande libert&#233;. Encore ce jour-l&#224;, qu'on y songe, faudra-t-il qu'il en ait l'usage, et cet usage est pr&#233;cis&#233;ment ce que je voudrais lui donner. Il nourrit dans son c&#339;ur une &#233;nigme et de temps &#224; autre partage malgr&#233; lui l'inqui&#233;tante arri&#232;re-pens&#233;e de Lautr&#233;amont : &#171; Ma subjectivit&#233; et le Cr&#233;ateur, c'est trop pour un cerveau. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
(Andr&#233; Breton, &lt;i&gt;Les Vases communicants&lt;/i&gt;, 1932, Gallimard 1955, page 176.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais vivant lorsque Andr&#233; Breton est mort, le 28 septembre 1966. Le lendemain matin, comme tout jeune &#233;tudiant de Besan&#231;on (Doubs), j'avais achet&#233; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et d&#233;couvert la nouvelle imprim&#233;e en premi&#232;re page. J'avais d&#233;coup&#233; l'article &#224; l'&#233;poque, le voici, retrouv&#233; pli&#233; et agraf&#233; dans le num&#233;ro de la Nouvelle Revue Fran&#231;aise du&#8230; 1er avril 1967.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L283xH420/AB1_DH-1b057.jpg?1750922080' width='283' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L195xH420/AB2_DH-11b40.jpg?1750922080' width='195' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2011 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L198xH420/AB3_DH-9ea8f.jpg?1750922080' width='198' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L294xH420/AB4_DH-f0f1e.jpg?1750922080' width='294' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais la seconde mort (archiv&#233;e) d'Andr&#233; Breton a eu lieu le 7 avril 2003 &#224; la salle des ventes Drouot &#224; Paris (9e), lors de la mise &#224; l'encan de sa collection : ses tableaux, ses livres, ses manuscrits, ses lettres, ses photographies, ses objets f&#233;tiches et ch&#233;ris, son univers du &lt;a href=&#034;http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2009/01/17/andre-breton-a-t-il-dit-place/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;42 rue Fontaine&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement d'opposition s'est alors lev&#233; contre cette (di)lapidation marchande, men&#233; principalement sur le &lt;a href=&#034;http://remue.net/litt/breton_infos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site remue.net&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; par Mathieu B&#233;n&#233;zet, Fran&#231;ois Bon, &lt;a href=&#034;http://www.oeuvresouvertes.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laurent Margantin&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; et tant d'autres combattants de l'honneur face &#224; l'avidit&#233;, des principes face &#224; l'opportunisme, des id&#233;es g&#233;n&#233;reuses face &#224; l'embrouillamini des app&#233;tits commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fille du po&#232;te (lire le magnifique livre publi&#233; par Gallimard en 2009, rassemblant les L&lt;i&gt;ettres &#224; Aube&lt;/i&gt; d'Andr&#233; Breton) a soutenu cette lutte et tout ne fut pas compl&#232;tement perdu. Je revois les parements rouges de la salle Drouot, les mouvements de foule &#224; l'entr&#233;e, pendant la dur&#233;e des ench&#232;res, et c'est l&#224; que je rencontrai Fran&#231;ois Bon (il me proposa de rejoindre remue.net), discutai avec &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article1596&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Didier Daeninckx&lt;/a&gt;, d&#233;jeunai avec Laurent Margantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'attaquer &#224; &lt;a href=&#034;http://www.andrebreton.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andr&#233; Breton&lt;/a&gt; et &#224; sa vie dans ce qu'elle avait laiss&#233; comme traces ineffa&#231;ables, c'&#233;tait viser tout le surr&#233;alisme dans sa d&#233;marche m&#234;me, dans son refus radical de s&#233;parer la po&#233;sie de la vie et de la politique. Il reste, de ce funeste mois d'avril 2003 &#8211; huit ans d&#233;j&#224;, comme le temps ne passe pas ! &#8211; des documents &#224; foison, des livres par dizaines, dont notamment celui des photos de Gilles Erhmann, 42 rue Fontaine, L'Atelier d'Andr&#233; Breton, r&#233;&#233;dit&#233; en avril 2003, avec un texte de Julien Gracq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis des CD (Andr&#233; Breton, &lt;i&gt;L'aventure surr&#233;aliste, Entretiens avec Andr&#233; Parinaud&lt;/i&gt;, INA, Radio France, f&#233;vrier 2003) et ce DVD en trois parties : Andr&#233; Breton malgr&#233; tout (co-&#233;crit par Jean-Michel Goutier et Fabrice Maze, r&#233;alisation Fabrice Maze, 26'), &lt;i&gt;L'&#339;il &#224; l'&#233;tat sauvage, L'atelier d'Andr&#233; Breton&lt;/i&gt;, 26', H&#244;tel Drouot le 31 mars 2003, 15' (&#233;dition Seven Doc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique culturelle de l'&#233;poque, men&#233;e par Jean-Jacques Aillagon, actuel ma&#238;tre des c&#233;r&#233;monies du Ch&#226;teau de Versailles, avait d&#233;j&#224; montr&#233; le bout de son oreille bleue : vendre au plus offrant, abattre le marteau des commissaires-priseurs sur la litt&#233;rature et les arts subversifs et les transformer en reliques sonnantes et tr&#233;buchantes. &#171; Te brader non &#187;, telle fut l'anagramme du nom d'Andr&#233; Breton invent&#233;e par Didier Daeninckx.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/Porte-rouge-DH.jpg?1301609665' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il est impossible, dis-je, de ne pas se convaincre qu'une sorte de voix consultative tr&#232;s singuli&#232;re est tout &#224; coup pr&#234;t&#233;e au po&#232;te &#224; la tomb&#233;e de la nuit sur un monde, voix qu'il conservera pour en user de plein droit dans un monde autre, au lever du jour. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Andr&#233; Breton, &#171; Position politique de l'art d'aujourd'hui &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; Prague le&#8230; 1er avril 1935, in &lt;i&gt;Position politique du surr&#233;alisme&lt;/i&gt;, B&#233;libaste, 1970, page 39).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le surr&#233;alisme repr&#233;sente un fleuve puissant, irrigu&#233; par des centaines d'&#233;crivains, de po&#232;tes, de peintres, de photographes, de dessinateurs, d'artistes qui ont choisi la cr&#233;ation en tant que synonyme d'ouverture, l'amour en tant qu'horizon, et le d&#233;sir de &#171; changer la vie et transformer le monde &#187; en tant que mot d'ordre permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, Philippe Forrest a &#233;crit une &lt;a href=&#034;http://www.mollat.com/livres/paul-eluard-immaculee-conception-9782232123276.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;face &#224; la r&#233;&#233;dition&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;L'Immacul&#233;e Conception&lt;/i&gt;, d'Andr&#233; Breton &amp; Paul Eluard, 1930 ; mon exemplaire a &#233;t&#233; achev&#233; d'imprimer pour Gallimard le 10 mai 1968, j'en recopie ici la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Prenons le Boulevard Bonne-Nouvelle et montrons-le.
&lt;br&gt;
LA CONCEPTION
&lt;br&gt;
Un jour compris entre deux autres jours et, comme d'habitude, pas de nuit sans &#233;toile, le ventre long de la femme monte, c'est une pierre et la seule visible, la seule v&#233;ritable, dans la cascade. Tout ce qui s'est tant de fois d&#233;fait se d&#233;fait encore, tout ce que le ventre long de la femme a tant de fois entrepris, de conserver son plaisir plus pur que le froid de se sentir absent de soi-m&#234;me, s'entreprend encore. C'est &#224; ne pas entendre un souffle de b&#234;te fauve tout pr&#232;s de soi. Ce n'est pas le don qu'on aimerait faire d'une seule pi&#232;ce de ce tr&#233;sor d&#233;terr&#233; qui n'est pas la vie qu'on aimerait avoir re&#231;ue puisqu'aussi bien le ventre long de la femme est son ventre et que le r&#234;ve, le seul r&#234;ve est de n'&#234;tre pas n&#233;. La nuit habituelle est tellement suffisante. L'ignorance y trouve si bien son compte. Elle n'interrompt pas l'amour qui ne se couche ni ne se l&#232;ve. On a bien souffl&#233; sur les charbons, on s'est bien regard&#233; en face au point de se perdre de vue. Tout &#224; l'heure encore, tout &#224; l'heure encore&#8230; Nous n'&#233;tions chacun que nous. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le soir du 5 mars, nous sommes all&#233;s dans un restaurant situ&#233; pr&#232;s du Panth&#233;on (5e) et je suis pass&#233; de nouveau devant l'&lt;i&gt;H&#244;tel des Grands Hommes&lt;/i&gt; (HGH). J'ouvre au hasard &lt;i&gt;Les Champs magn&#233;tiques&lt;/i&gt;, 1920, Gallimard 1967, page 113 :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&#171; BULLETINS&lt;br&gt;
Les gaz incolores sont suspendus&lt;br&gt;
Deux mille trois cents scrupules&lt;br&gt;
Neige des sources&lt;br&gt;
Les sourires sont admis&lt;br&gt;
Ne donnez pas les promesses des matelots&lt;br&gt;
Les lions des p&#244;les&lt;br&gt;
La mer la mer le sable naturel&lt;br&gt;
Le perroquet gris des parents pauvres&lt;br&gt;
Vill&#233;giature des oc&#233;ans&lt;br&gt;
7 heures du soir&lt;br&gt;
La nuit du pays des rages&lt;br&gt;
Les finances le sel marin&lt;br&gt;
On ne voit plus que la belle main de l'&#233;t&#233;&lt;br&gt;
Les cigarettes des moribonds &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/HGH1_DH.jpg?1301609339' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/HGH2_DH.jpg?1301609352' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2017 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/HGH4_DH.jpg?1301609373' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit, j'ai pens&#233; qu'Andr&#233; Breton avait v&#233;cu la m&#234;me et qu'il en laissait l'existence pour d'autres. Le froid ne parvenait pas &#224; mordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur mon &#233;tag&#232;re, j'ai un livre de Benjamin P&#233;ret, &lt;i&gt;La mort par la feuille&lt;/i&gt; (Eric Losfeld, 1978, page 20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Feuilletons : &#171; &#8211; Les cerceaux enflamm&#233;s je ne les connais que par ou&#239;-dire par vu-dire mais le rouge se frotte les mains et un vol de corbeaux &#233;crit dans les nuages que le soleil ne se l&#232;vera plus demain. Le soleil se l&#232;vera hier et l'ann&#233;e finira sans vous voir mourir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devient le surr&#233;alisme ? Des vid&#233;os sont en pr&#233;paration et &lt;a href=&#034;http://www.arcane-17.com/accueil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un site tr&#232;s riche&lt;/a&gt; exerce son r&#244;le de vigie intransigeante dans le domaine. Je connais Fabrice Pascaud, son pilote, un &#234;tre rare et qui poss&#232;de des documents &#233;galement pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il oublier Louis Aragon (vu l'autre jour, en zappant, un reportage t&#233;l&#233; sur son immense moulin et sa roue aquatique) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours aim&#233;, entre autres, ce passage du &lt;i&gt;Trait&#233; du style&lt;/i&gt; (Gallimard 1928, collection L'Imaginaire, 1980, page 41) : &lt;i&gt;&#171; Prononcez &#224; br&#251;le-pourpoint la proposition : l'art est difficile, au moment o&#249; vous passez devant un miroir. D'abord, vous hocherez la t&#234;te, ensuite vous rirez. C'&#233;tait fatal. Il y a dans les phrases qui pr&#233;sentent un vice de construction je ne sais quel &#233;l&#233;ment qui agit sur la rate humaine, car pour la rate des chiens il ne semble pas qu'elle ait le sens de l'humour verbal. Dire que l'art est difficile, suppose chez l'auteur de la phrase l'ignorance totale des mots dont il se sert. Qu'est-ce qui est difficile ? Un chemin, un client, un probl&#232;me. Puis-je m'exprimer ainsi : le ciel est difficile&#8230; ? Oui, si je consens &#224; mettre une majuscule au firmament, ce qui est un moyen de le personnaliser. Car difficile est une &#233;pith&#232;te qui ne peut se joindre qu'au d&#233;fini. C'est pourquoi l'art n'est pas difficile. Il n'est pas facile non plus. Mais difficile et art ne peuvent &#234;tre r&#233;duits au commun diviseur du verbe &#234;tre. On voit par l'exemple qui pr&#233;c&#232;de quel labeur surhumain est celui de l'homme qui arm&#233; d'une lanterne s'avance au milieu des livres pour y d&#233;pister les baraliptons. La critique, c'est le bagne &#224; perp&#233;tuit&#233;. Pas de repos pour un critique. Et un nom comme un cri de perroquet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Louis Aragon, c'est aussi relire &lt;i&gt;Le Con d'Ir&#232;ne&lt;/i&gt; (1928, Gallimard 1997, Mercure de France 2000, page 67) : &lt;i&gt;&#171; Et le ciel devient pur et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d'incendie. D&#233;j&#224; une fine sueur perle la chair &#224; l'horizon de mes d&#233;sirs. D&#233;j&#224; les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont march&#233;, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouill&#233;s, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d'eau qu'endiguent les docks noirs. Ils ont d&#233;pass&#233; les montagnes. Les voici dans leurs manteaux ray&#233;s. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille &#224; la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denr&#233;es. Le guide agite son b&#226;ton, et le simoun se l&#232;ve de terre, Ir&#232;ne se souvient soudain de l'ouragan. Le mirage appara&#238;t et ses belles fontaines&#8230; Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membr&#233; comme un marteau-pilon. Beau mirage de l'homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondants. Voici les voyageurs fous &#224; frotter leurs l&#232;vres. Ir&#232;ne est comme une arche au-dessus de la mer. (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/Buste1_DH.jpg?1301609616' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des &#339;uvres surr&#233;alistes repr&#233;sente un univers complet et complexe : mais comme une ligne de vie dans la main (Nadja savait la d&#233;chiffrer), il suffit de suivre ses m&#233;andres, ses d&#233;bouch&#233;s, depuis la source jusqu'&#224; l'estuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, naviguer dans la ville, &lt;a href=&#034;http://remue.net/spip.php?article1952&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;emprunter des passages&lt;/a&gt;, au gr&#233; du plaisir, faire des rencontres hasard&#233;es, &#234;tre emport&#233; comme un f&#233;tu de paille, et puis refaire surface, le vent a chass&#233; les miasmes, l'air embaume et voil&#224; que la beaut&#233; convulsive est peut-&#234;tre devenue, maintenant, num&#233;rique ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#169; Dominique Hasselmann, texte et photos.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2023 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/monde-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/monde-3.jpg?1301635145' width='500' height='713' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Andr&#233; Breton | nuit sur les noms</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1254</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1254</guid>
		<dc:date>2010-05-01T23:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Andr&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un site Andr&#233; Breton propose le mus&#233;e devenu impossible&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;le mag | grandes pages&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot502" rel="tag"&gt;Breton, Andr&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1254.jpg?1352732403' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;strong&gt;note du 1er mai 2010&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&#171; &lt;i&gt;Administr&#233; sous la responsabilit&#233; de l'Association Atelier Andr&#233; Breton, pr&#233;sid&#233;e par Aube Breton-Ell&#233;ou&#235;t, la fille du po&#232;te, le site se pr&#233;sente aujourd'hui sous la forme d'une base de donn&#233;es &#233;volutive qui gr&#226;ce &#224; la technologie wiki permet &#224; tout un chacun de l'enrichir &#224; tout moment et partout dans le monde. Ce que nous faisons sans rel&#226;che depuis le premier jour.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;Tr&#232;s impressionn&#233; par le d&#233;veloppement tr&#232;s rapide du &lt;a href=&#034;http://www.andrebreton.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site Andr&#233; Breton&lt;/a&gt;. Manuscrits, documents, objets, on s'y prom&#232;ne facilement, avec une fonction loupe pour d&#233;chiffrer les lettres ou regarder de plus pr&#232;s... Surtout, ces fonctions collaboratives qui sont une novation : envoi d'une &#171; image du jour &#187; par newsletter, et ce principe de contribution volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien que la section &lt;a href=&#034;http://www.andrebreton.fr/fr/catalogue/?category_id=248&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;photographies&lt;/a&gt; m&#233;rite une exploration exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de &lt;a href=&#034;http://amontour.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Constance Krebs&lt;/a&gt; est un peu silencieux ces derni&#232;res semaines, est-ce un principe de vase communicant ? En tout cas, bravo aux initiateurs du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques petits souvenirs &#224; y associer : &lt;a href=&#034;http://remue.net/litt/breton_01.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Te brader, non !&lt;/a&gt; sur remue.net (plus notre &lt;a href=&#034;http://remue.net/litt/breton.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appel&lt;/a&gt;) &#8211; &#233;pisode dont on retrouvera des traces dans &lt;a href=&#034;http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2010/04/17/inscriptions-et- &lt;br class='autobr' /&gt;
signes-de-la-nation/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le Chasse-clou&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article371&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oeuvres ouvertes&lt;/a&gt;, comme si, m&#234;me dans cette disparition de son &lt;i&gt;mur&lt;/i&gt;, Breton avait contribu&#233; &#224; mieux nous propulser dans la galaxie net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que le changement d'&#233;poque, c'est que nul d'entre nous ne qualifierait aujourd'hui une telle tentative de &lt;i&gt;mus&#233;e virtuel&lt;/i&gt; : le web, devenu notre documentation principale du monde, est le mus&#233;e principal d'Andr&#233; Breton comme nous aimerions tant qu'il le soit pour quelques autres de nos si n&#233;cessaires &lt;i&gt;vivants&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/local/cache-vignettes/L420xH302/breton1-3aaa6.jpg?1751255736' width='420' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;note du 19 avril 2008&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est dans &lt;i&gt;Esp&#232;ces d'espaces&lt;/i&gt; de Georges Perec :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;Repenser &#224; certaines des propositions faites par les Surr&#233;alistes pour embellir la ville : &lt;br&gt;
L'ob&#233;lisque : l'arrondir et faire poser &#224; son sommet une plume d'acier &#224; sa mesure &lt;br&gt;
La tour Saint-Jacques : la courber l&#233;g&#232;rement. Le lion de Belfort : lui faire ronger un os et le tourner vers l'ouest &lt;br&gt;
Le Panth&#233;on : le trancher verticalement et &#233;loigner les deux moiti&#233;s de 50 centim&#232;tres &lt;br&gt;
Essayer de calculer, en s'aidant de cartes et de plans ad&#233;quats, un itin&#233;raire qui permettrait de prendre successivement tous les autobus de la capitale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alors, ce dimanche, dans mes Pl&#233;iade Andr&#233; Breton me voil&#224; en qu&#234;te de la source, et bien s&#251;r je ne la trouve pas. Mais, au passage, accroch&#233; par un titre, &lt;i&gt;Po&#232;me fin du monde&lt;/i&gt;, je tombe sur une autre page surprenante, qu'on pourrait aussi tr&#232;s bien utiliser en atelier d'&#233;criture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise d'hommage perp&#233;tuel et renouvel&#233; &#224; Andr&#233; Breton, voici donc son &lt;i&gt;Marais des cinq doigts&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Andr&#233; Breton | Nuit sur les noms...&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nuit sur les places qui furent occup&#233;es&lt;br&gt;
Nuit sur les c&#233;r&#233;monies qui laissent un voile de mari&#233;e dans les arbres&lt;br&gt;
Nuit sur les fontaines de rire&lt;br&gt;
Nuit sur les ventres blancs des danseuses en robes grises&lt;br&gt;
Nuit sur les champs de tir et dans la prunelle du tireur&lt;br&gt;
Nuit sur les usines vermeilles&lt;br&gt;
Nuit sur les algues glissantes qui tombent des toits&lt;br&gt;
Nuit sur les verres fum&#233;s dans lesquels on boit&lt;br&gt;
Nuit sur les arbres en fleur&lt;br&gt;
Nuit sur les pavillons toujours ennemis&lt;br&gt;
Nuit sur les mains qui d&#233;font les agrafes&lt;br&gt;
Nuit sur les appareils de protection au d&#233;clic brusque&lt;br&gt;
Nuit sur les sujets ext&#233;rieurs comme les nids d'aigles&lt;br&gt;
Nuit sur les oasis scandaleuses&lt;br&gt;
Nuit sur les passages des &#233;toiles &#224; telle heure&lt;br&gt;
Nuit sur le grand midi des champs de bl&#233; m&#251;r&lt;br&gt;
Nuit sur les statues des r&#233;volt&#233;s immenses&lt;br&gt;
Nuit sur les roulottes crev&#233;es des antiques reines d'Egypte&lt;br&gt;
Nuit sur les rails d&#233;boulonn&#233;s&lt;br&gt;
Nuit sur les exp&#233;ditions marquantes&lt;br&gt;
Nuit sur les vers luisants&lt;br&gt;
Nuit sur les attentes de nouvelles&lt;br&gt;
Nuit sur les poign&#233;es de portes&lt;br&gt;
Nuit sur les perspectives &#224; t&#234;tes de perroquets&lt;br&gt;
Nuit sur les bastions et sur les cabanes d'ermites&lt;br&gt;
Nuit sur les secrets les chances les viols&lt;br&gt;
Nuit sur les pr&#233;cipices les combles les fouilles&lt;br&gt;
Nuit sur les recherches parodiques de rem&#232;des pires que le mal&lt;br&gt;
Nuit sur l'histoire&lt;br&gt;
Nuit sur la profanation des autels sacr&#233;s&lt;br&gt;
Nuit sur les bonbonnes de r&#234;ves&lt;br&gt;
Nuit sur les alambics naturels des r&#233;gions inexorables&lt;br&gt;
Nuit sur les jeux les suicides les promenades&lt;br&gt;
Nuit sur les noms&lt;br&gt;
Nuit sur les bouches&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte trouv&#233; dans les in&#233;dits reproduits par le Pl&#233;iade Tome 1 d'Andr&#233; Breton, &#171; Le Marais des Cinq-Doigts &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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