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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>la sc&#232;ne est &#224; Buthrot (id&#233;e pour un film)</title>
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		<dc:date>2017-08-07T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Racine, Jean</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce, M&#233;diterran&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de l'imaginaire des lieux dans les vers de Racine&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique48" rel="directory"&gt;autobiographies partielles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Racine, Jean&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot505" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce, M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton942.jpg?1459631402' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff942.jpg?1459631407&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ce 7 ao&#251;t 2017, il y a juste 10 ans de ce voyage...
&lt;p&gt;&#8226; et ici la &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article135&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;balade photo&lt;/a&gt; &#224; Butrint, Albanie, &#233;t&#233; 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la biblioth&#232;que irr&#233;ductible, ces quelques textes dont nous sommes faits, et sans lesquels nous ne serions pas dans la contrainte d'&#233;tudier, d'&#233;crire, simplement pour leur pr&#233;sence, le sentiment qui s'y forge de la langue, sa musique et son rythme, sa lumi&#232;re propre aussi, bien s&#251;r le nom de Baudelaire, mais partout, et comme Proust ou Claudel ou Giraudoux (sans doute le meilleur analyste de Racine) et jusqu'&#224; Sarraute cette &#233;l&#233;vation de Racine. Et c'est totalement irrationnel : une forme aussi ferm&#233;e, cinq actes, entr&#233;es et sorties r&#233;gl&#233;es, mont&#233;e western &#224; la fin (mais toujours racont&#233;e, dite par celle ou celui qui en revient effray&#233;), et puis douze ans de sa vie, douze pi&#232;ces et au revoir (je ne vais pas v&#233;rifier, qu'on refasse le compte en pi&#232;ces et en ann&#233;es, en comptant Esther et Athalie ou pas : Racine s'absente, Racine s'oublie, et quand il revient avec ces d&#233;monstrations d'&#233;l&#232;ve pour Mme de Maintenon, il est encore Racine &#8211; celui qui compte, et pas le bourgeois de cour d&#233;crypt&#233; dans Saint-Simon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tant de myst&#232;res. Voir article &lt;i&gt;oui&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Quelques-uns&lt;/i&gt; de Camille Laurens : pourquoi quatre pi&#232;ces de Racine commencent-elles par &lt;i&gt;Oui&lt;/i&gt;, et qu'est-ce qui s'en induit d&#232;s l'incipit pour le tragique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le myst&#232;re Racine, aussi, ces lignes qui pr&#233;c&#232;dent la pi&#232;ce : voil&#224; l'argument, voil&#224; o&#249; je l'ai pris, voil&#224; comment j'en fais une fiction en m'&#233;loignant et de ma source litt&#233;raire et de mes sources historiques. On nous donne l'&#233;nigme pli&#233;e avant de nous aspirer dans le d&#233;pli, l'architecture de ce qui tient en trois lignes (ou une seule : le &lt;i&gt;dimisit invitus invitam&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;B&#233;r&#233;nice&lt;/i&gt; en &#233;tant le sommet&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi le myst&#232;re du lieu : relire Giraudoux (&lt;i&gt;Essais sur le th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt;, en Folio), relire Claudel (ses &lt;i&gt;Conversations sur Racine&lt;/i&gt;, &#224; propos du &lt;i&gt;coup d'archet&lt;/i&gt; de Racine et sous l'&#233;branlement de d&#233;part : mais &#224; quoi pense l'acteur qui ne dit rien pendant la tirade de son coll&#232;gue ?). Racine n'a pas de g&#233;ographie, sinon celle de la sc&#232;ne et des mouvements qui la traversent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements d'apparition et disparition, mots qui conviendraient presque mieux qu'entr&#233;e et sortie, organisent seuls l'espace stable qui est le territoire &#8211; non pas de la parole &#8212;, mais de la relation de la parole &#224; nous, qui l'entendons dans son d&#233;ploiement : son adresse. Alors l'imaginaire est ouvert, et dans &lt;i&gt;Andromaque&lt;/i&gt; ce qui revient dans le texte, c'est un mot tissu, un mot nappe, un mot presque ind&#233;fini par sa rime f&#233;minine : &lt;i&gt;l'&#201;pire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Je sais que pour r&#233;gner elle vint dans l'&#201;pire&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais au d&#233;but d'&lt;i&gt;Andromaque&lt;/i&gt;, il s'agit d'un nom plus rocheux, et une localisation bien pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;La sc&#232;ne est &#224; Buthrot, ville d'&#201;pire.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors voil&#224;, nous y sommes, &#224; Butrint, et c'est changer de monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais jamais ouvert une carte pour relire Racine. L'&#201;pire &#233;voquait des montagnes, et les bateaux venaient jusqu'aux palais, puisqu'&#224; tout palais on arrive en bateau de guerre et qu'ils doivent en permettre d&#232;s l'acte IV la fuite rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une c&#244;te montagneuse sur des centaines de kilom&#232;tres. Et puis, l&#224;, dans ce coude qui verrouille l'Adriatique (les V&#233;nitiens l'avaient bien compris), un marais entre un lac int&#233;rieur et un presque estuaire. Une poche refuge, ouvrant sur une plaine inond&#233;e. Le canal qui remonte de la mer &#224; l'antiquit&#233;. Au bout est l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour traverser le canal il y a ce bac : c'est peut-&#234;tre lui, d'abord, qui fait changer de monde, un radeau sur f&#251;ts de 200 litres tir&#233; par un treuil, il y a le m&#234;me dans une nouvelle de Tolsto&#239;, et aussi je crois dans &lt;i&gt;La Maison des morts&lt;/i&gt; de Dostoievski. Sur le bac, s'empilent les Mercedes troisi&#232;me main dont l'Albanie, dans son d&#233;nuement et la fa&#231;on dont l'Europe lui tourne le dos, semble s'&#234;tre fait le d&#233;positaire international et unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, la pierraille de Kwamil, avec son b&#233;ton plant&#233; dans la caillasse, les chantiers ind&#233;finis et ce petit centre commercial en vitrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Butrint est une &#238;le, reste une &#238;le. Les fouilles, depuis 1928, en ont exhum&#233; &#224; peine un tiers. Alors on d&#233;ambule dans ce qui ne d&#233;pend pas des guerres ni des hommes : le ciel, les arbres, la poussi&#232;re. L'ombre de ce qui est mauvais, et qui est partout sous-jacent dans (Andromaque&lt;/i&gt;, la fin d'une guerre et ce qui ne finit pas apr&#232;s la guerre :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Mais que ma cruaut&#233; survive &#224; ma col&#232;re ?&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je laisse le point d'interrogation, mais lire imp&#233;rativement Georges Forestier sur son absence dans l'&#233;dition originale, la ponctuation de Racine notant l'inflexion vocale et non pas la s&#233;mantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les derniers occupants permanents de Butrint furent les soldats de Mussolini qui y install&#232;rent une base, voir le &lt;i&gt;D&#233;sert des Tartares&lt;/i&gt;, pour ajouter un alin&#233;a de plus &#224; l'histoire des d&#233;pe&#231;ages de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc nous voici au travail : ici, l'&#233;paisseur des pierres et leur technique d'assemblage signe leur &#226;ge. Il y a la ville de Pyrrhus, et la ville grecque plus tardive. Puis les &#233;poques romaines, militaires ou commerciales, les temples reconvertis. Les chr&#233;tiens ensuite, et leurs basiliques. Puis la forteresse des V&#233;nitiens, et celle de Soliman Pacha : ville des morts. Et, dans ce marais, on dirait qu'elle s'enfonce, l'eau est partout dans les ruines. On marche sur des planches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lieu en particulier les incarne tous : la porte monumentale de la ville sur le canal. Et l'autre porte aussi, celle que cite Virgile, dans l'argument que reprend Racine en t&#234;te de sa pi&#232;ce : les blocs de pierre superpos&#233;s ont quelque chose de titanesque, d'un d&#233;finitivement immobile que rien ne saurait d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc on tourne ici Andromaque en d&#233;cor r&#233;el, que risquons-nous de perdre de Racine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de naturalisme possible. Le lieu auquel on revient sans cesse, c'est le th&#233;&#226;tre m&#234;me. L'autel o&#249; meurt Pyrrhus, il est l&#224; au chevet du th&#233;&#226;tre. L'all&#233;e o&#249; para&#238;t le roi, pour &#234;tre sur le chemin d'Oreste, c'est ce pavement o&#249; on devine du marbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conciliabules pour la vengeance d'Hermione, il leur faut l'ombre de ce plus vieux rempart o&#249; la ville est encore dans la terre. Ici, on doit s'enfoncer de notre surface de maintenant pour descendre vers le sol antique : on marche sur le toit d'une ville souterraine inaccessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Andromaque : elle passe. Sur les chemins de l'&#238;le, sur les &#233;chapp&#233;es donnant sur le canal antique, sur l'horizon bleu des montagnes, Andromaque court ou marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, on ne filmera pas Andromaque parmi des ruines, sous pr&#233;texte que l&#224;, dans Butrint, est situ&#233;e l'action de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore une fois la conjonction du langage et du monde qu'il faut ouvrir : &#224; prononcer les mots dans la lumi&#232;re de maintenant, sur cette sc&#232;ne que je touche de la main et qui &#233;tait d&#233;j&#224; le lieu des rituels au temps de l'apr&#232;s Troie (non, le th&#233;&#226;tre semble dater du IV&#232;me si&#232;cle d'avant notre erre, mais le peuplement n&#233;olithique atteste d'une occupation permanente depuis longtemps), c'est poser la question m&#234;me de ce qui nous entoure, g&#233;ographiquement, temporellement, dans ce que nous ouvrons de la langue terriblement lumi&#232;re de Racine :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt; Captive, toujours triste, importune &#224; moi-m&#234;me&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors la question est aussi au vieux bac et son treuil, et ce qu'il devient dans Tolsto&#239;, la question est au b&#233;ton sur la roche de Kwamil, et l'odeur d'&#233;chappement des vieilles Mercedes albanaises, puisque nous sommes &#224; Butrint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le film d'&lt;i&gt;Andromaque &#224; Butrint&lt;/i&gt;, nous ajoutons &#224; nos rep&#233;rages ces h&#244;tels g&#233;ants que les banques grecques semblent d&#233;poser pour un futur encore indatable : l'avenir de ces c&#244;tes n'est-il que pour y huiler les touristes ? Il semble que le Club Med ait revendu &#224; prix d'aujourd'hui ses possessions us&#233;es et trois fois rentabilis&#233;es sur Corfou pour s'installer ici. Nous jouerons Hermione sur ces terrasses : elles appellent l'&#233;clat d'acier des phrases d'Hermione :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt; Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Que mon coeur d&#233;mentait ma bouche &#224; tous moments ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Unesco a inscrit Butrint &#224; son inventaire du patrimoine mondial, o&#249; elle rejoint St Kilda et la Loire &#224; Chinon, pr&#232;s de la centrale nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Racine se l'approprie : &lt;i&gt;la sc&#232;ne est &#224; Buthrot, ville d'&#201;pire&lt;/i&gt;, et nous y viendrons tourner, faire entendre cette langue o&#249; la porte monumentale donnait sur le vieux canal, et le front pos&#233; contre les moellons antiques, pour mieux entendre, et Andromaque mobile dans les escaliers, avec cette eau noire qui sourd du sol pour envahir la ruine et enfin la fondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous filmerons &#224; Kwamil sur les &#233;tages nus de b&#233;ton, et, si ce n'&#233;tait pas si d&#233;risoire ou facile, Oreste pr&#233;parerait l'enl&#232;vement d'Hermione, et sa propre fuite &#224; la fin (quelle &#233;trange fin celle d'&lt;i&gt;Andromaque&lt;/i&gt;, quand il faudrait fuir et que toute fuite semble pourtant paralys&#233;e, d&#233;j&#224; condamn&#233;e : pourtant Racine ne savait pas la distance de l'&#238;le &#224; la mer par le canal sans &#226;ge, Oreste aurait une de ces Mercedes increvables, qu'un nuage de poussi&#232;re pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Yalta qui a d&#233;cid&#233; que ce rebord des montagnes deviendrait la frange sud de l'Albanie, et serait retir&#233;e de l'&#201;pire. Tant mieux, sans doute : Enver Hodja a laiss&#233; l'abandon prot&#233;ger ce qui sinon serait devenu une attraction parmi les autres. Nous avons eu la chance de visiter Butrint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yalta &#233;tait d&#233;finitivement imb&#233;cile, jusque dans un d&#233;tail comme Butrint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appris aujourd'hui le vieux mot &lt;i&gt;Buthrot&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/ANDR3.jpg?1186564898' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>je suis Grec aussi</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>politique, soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>presse, revues, journaux</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce, M&#233;diterran&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de l'emploi du terme &#034;les march&#233;s&#034;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;grognes &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot289" rel="tag"&gt;politique, soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot303" rel="tag"&gt;presse, revues, journaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot505" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce, M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2124.jpg?1352733013' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire le journal quotidien (j'appelle journal cette s&#233;lection num&#233;rique qu'on recompose chaque jour, des flux volontairement inscrits ou de ceux qui nous arrivent des r&#233;seaux sociaux : mais probablement le &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt; personnel accord&#233; &#224; l'information a d&#251; rester stable, m&#234;me si je ne m'en souviens plus tr&#232;s bien, des journaux en papier) de l'autre c&#244;t&#233; de l'oc&#233;an c'est &#233;trange. &lt;br class='autobr' /&gt;
On b&#233;n&#233;fice d'un &#233;cart. On voit se composer des sujets qui deviennent principaux et &#233;touffent tout le reste, les turpitudes catholiques (trait&#233;es comme s'il s'agissait d'une sorte d'inconscient collectif et que le cat&#233;chisme non dig&#233;r&#233; ne relevait pas que la mauvaise conscience bourgeoise et de la criminalit&#233; en bande organis&#233;e) remplac&#233;es par le nuage de cendres volcaniques, et l&#224; cette expression toute faite, re&#231;ue de fa&#231;on absolument non critique, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; en vomir comme si c'&#233;tait un fait aussi indubitable que la pluie (il pleut ce matin sur Qu&#233;bec) et le beau temps : &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je n'avais jamais appris l'existence de soi-disant &lt;i&gt;agences de notation&lt;/i&gt; soudain devenues ce Dieu le p&#232;re absent pour cause de p&#233;dophilie g&#233;n&#233;ralis&#233;e, et les &lt;i&gt;agences de notation&lt;/i&gt; font l'objet de gros titres dans la m&#234;me syntaxe o&#249; nul ne pouvait infl&#233;chir les pets g&#233;ants de cette magnifique et sauvage Islande, qui nous r&#233;jouit tant &#224; ne pas rentrer dans les petites normes de la consommation de vacances en club avec soir&#233;es festives incluses et probablement soir&#233;e danse folklorique pour les quelques milliers de troisi&#232;me &#226;ge coinc&#233;s en Martinique contre leur bon vouloir (la Martinique ou Essaouira rien que &lt;i&gt;consommables&lt;/i&gt; &#8211; ou ici Qu&#233;bec charters directs Cuba, Cancun ou Punta Cana vous avez le choix&#8211;, sinon pour l'industrie du loisir consommable ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'am&#232;ne &#224; la Gr&#232;ce : on la traite comme &#231;a, la Gr&#232;ce, surtout d'ailleurs nos voisins allemands. Clubs de vacances avec mur autour, acc&#232;s plage direct, bar avec musique de nuit parce que c'est l'id&#233;e de la f&#234;te, et randonn&#233;e 4x4 vers les monast&#232;res ou les ruines : les Grecs n'ont pas besoin de 4x4 pour s'y rendre, mais &#231;a fait partie de l'exotisme et &#231;a isole des autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pensant &#224; la Gr&#232;ce, ce n'est pas d'abord &#224; elle que je pense, mais &#224; un lieu frontalier : en Albanie, &#224; Butrint, cet estuaire mar&#233;cageux dans la mer ionienne, et la ville o&#249; Andromaque attendait, &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article942' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la sc&#232;ne est &#224; Buthrot&lt;/a&gt;, &#233;crit Racine. Ici, les pierres ont l'&#226;ge d'Hom&#232;re (ou de cette tradition si ancienne qu'on r&#233;suma du nom d'Hom&#232;re lorsque de corpus oral on disposa de la technique pour la fixer par &#233;crit &#8211; un de ces petites secousses sismiques auxquelles il est bon de revenir en temps de mutation suivante, voir Pascal Quignard, &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2024' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Petits trait&#233;s&lt;/a&gt;, tome 1 en Folio), le paysage bleu est celui &lt;i&gt;exactement&lt;/i&gt; o&#249; se rep&#233;rait Pyrrhus, et le vieux th&#233;&#226;tre aux gradins de pierre aussi atteste que ce que nous demandons aux vers de Racine, pour interroger destin et temps, ils savaient aussi le demander. &#192; Butrint, le temps, l'espace, l'origine, sont n&#244;tres. La Gr&#232;ce m'appartient car elle m'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fleuve et les cols qui s&#233;parent Butrint de la Gr&#232;ce on les aper&#231;oit : on a pris le bateau &#224; Corfou, il nous a d&#233;pos&#233; en Albanie, un bus brinquebalant sur une falaise entre route et marais vous a d&#233;pos&#233; l&#224;. Les villages sont faits comme en Gr&#232;ce de ces maisons &#224; jamais inachev&#233;es, la poussi&#232;re r&#232;gne, l'eau est belle. On dit que le club M&#233;diterran&#233;e a des projets l&#224; : &#231;a lui co&#251;tera moins cher qu'en Cr&#232;te totalement b&#233;tonn&#233;e aux pourtours, et Butrint sera une bonne attraction pour les vir&#233;es collectives en 4x4 avec audio-guide. On regarde &#224; flanc de colline ces fortifications : on se souvient de &lt;a href=&#034;http://www.bibliomonde.com/auteur/ismail-kadare-2530.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kadar&#233;&lt;/a&gt;, on entend cette aust&#232;re musique de Kadar&#233;. L'Albanie nous est d&#233;finitivement &#233;trang&#232;re, elle est cette ligne de rupture du monde m&#233;diterran&#233;en et de ce qui vint depuis tr&#232;s loin dans ces vieilles terres et montagnes, l'histoire romaine est remplie de ces invasions jusque tr&#232;s tard. Ce sentiment de l'Europe &lt;i&gt;centrale&lt;/i&gt; je le reconnais aussi quand je lis &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article975' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Andrzej&lt;/a&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1737' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Stasiuk&lt;/a&gt; : ce sont les livres qui nous donnent et notre espace et notre temps, qui nous constituons ce que nous sommes. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Albanie, comme la Turquie au ban de l'euro, sont prot&#233;g&#233;es des &lt;i&gt;march&#233;s&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;agences de notation&lt;/i&gt;. Nous irons vivre en Albanie, nous lirons Kadar&#233; sous les maisons d&#233;truites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et non pas la Gr&#232;ce non plus, mais la Sicile : et apr&#232;s tout, qu'importent la Sicile ou Corfou, ce sont des routes droites sur l'eau depuis G&#234;nes ou Venise, on vous embarque en masse et on regarde s'&#233;loigner les toits de G&#234;nes ou Venise, et ce sont soudain des si&#232;cles de villes et de routes qui fondent sous le tr&#232;s vieux soleil. Discussion il y a quelques jours ici, ou l'une disait que venaient &#224; manquer les d&#233;ambulations dans Paris et les &#233;tages fous de Gibert (s'ils nous les ont gard&#233;s) et me voil&#224; surpris &#224; r&#233;pondre que moi c'&#233;tait Rome et Venise qui hantaient &#8211; et combien nous les aimons, cependant, les villes am&#233;ricaines, dans le &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?rubrique8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;labrement de Buffalo&lt;/a&gt; ou les &#233;tagements d'histoire de &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2120'&gt;Providence&lt;/a&gt;. En Sicile, l'histoire de chaque pierre, et pas seulement &#224; Segeste ou &lt;a href=&#034;http://abadon.fr/spip.php?article22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Selinonte&lt;/a&gt;, est celle de superpositions violentes, guerres totales et ravageuses. Sommes-nous fiers que notre histoire soit ainsi de destruction, crime et ravage ? Des princes fran&#231;ais et allemands vinrent ensuite camper sur ces ruines. Sans doute nulle part comme en Sicile l'histoire d'Europe m&#233;diterran&#233;enne est si radicalement continue, sous ciel fixe. Et nous sommes de ce trait, imparablement &#8211; il nous a rejoints m&#234;me sur les rives atlantiques, pourtant de greffe plus r&#233;sistante et d'autres croyances et pratiques dont les traces aussi viennent jusqu'aux temps pr&#233;sents. En relisant mon &lt;i&gt;Enterrement&lt;/i&gt; de 1991 pour prochaine mise en ligne num&#233;rique, amusement d'y trouver une page sur comment dans l'enfance on recevait les grands d&#233;bordements de mer par dessus &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2065' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les digues&lt;/a&gt; (ma m&#232;re &#233;tait institutrice &#224; l'Aiguillon-sur-Mer) et on revivait soudain sur une &#238;le : le saccage de l'urbanisme &#224; bas prix, sur c&#244;te si fragile, attendait d&#233;j&#224; le retour de la grande mer nettoyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se r&#233;habituer &#224; ces vieilles forces, qui n'ob&#233;issent pas aux &lt;i&gt;agences de notation&lt;/i&gt;. Elles sont tout aupr&#232;s de nous, elles sont sous nos pieds dans un afflux direct : ce que nous a rappel&#233; le volcan d'Islande. Ici, dans le socle glaciaire de &lt;i&gt;Qu&#233;bec, North&lt;/i&gt; comme cette ville s'appelle en anglais, le temps semble plus prot&#233;g&#233;, plus fixe. On peut rouler des heures sans ville, traverser une grande ville et voil&#224; qu'elle s'arr&#234;te d'un coup. On appartient diff&#233;remment aux villes, et d'en haut de la pente au-dessus de l'immeuble, on voit ces montagnes au fond, apr&#232;s quoi il n'y a plus rien que le Nord. L&#224; o&#249; cesse la ville, continue ce fleuve dont ici ils ne prononcent jamais le nom (&lt;i&gt;le fleuve, l'eau&lt;/i&gt;, ils disent), et ce qu'on voit, ce qu'on touche avec les mains, c'est exactement ce que virent Jacques Cartier ou ceux de nos vieux pays il y a 480 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce : souvenir de route en corniche, longues heures, et de ces heures d'attente &#224; Patras, avant le bateau du soir, le fouillis qu'est le d&#233;chargement de ces ferry comme remorqu&#233;s sur roulettes &#224; la surface de l'eau. La ville vide qu'&#233;tait Patras, l'encombrement des terrasses blanches, et ce que nous recevons chaque fois de la Gr&#232;ce : cette simplicit&#233; d'offrande, cette appartenance au temps et au ciel, la religiosit&#233; des pierres encore charg&#233;e des sacrifices inutiles, et les vers d'Euripide &#8211; je ne veux pas que &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt; insultent &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article137&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Delphes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, dans l'&#233;normit&#233; des villes, on dirait des plaques d'industrie. Ce qui fascine de Buffalo &#224; D&#233;troit, via Milwaukee, c'est comment ces plaques peuvent tomber enti&#232;rement &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?article75&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ruine&lt;/a&gt; sur des kilom&#232;tres, et tout ce qui touche &#224; &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?article84&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'acier&lt;/a&gt;, &#224; l'ancienne industrie des voitures, compar&#233; &#224; ce qu'on surplombe des toits de &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/faceB/spip.php?article78&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boeing&lt;/a&gt; &#224; Seattle. L'Am&#233;rique se reconstruit &#224; c&#244;t&#233;, laisse ces corps en ruine d&#233;ambuler dans les rues de Buffalo, les foyers pour &lt;i&gt;v&#233;t&#233;rans&lt;/i&gt; de ses guerres devenus sans-abri drainent au soir dans chaque ville de si &#233;trange foule : l'Am&#233;rique est une Gr&#232;ce d'anciens mercenaires et de zones d&#233;truites, simplement le processus est encore au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas indemnes de la Gr&#232;ce, parce que nous la portons. Lisez-vous des textes d'auteurs grecs contemporains ? Vous croyez qu'&lt;a href=&#034;http://www.publie.net/tnc/spip.php?rubrique30&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il n'y en a pas&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe n'est pas divisible, parce qu'elle est nos mains, et nos pieds, et notre ciel. Ces jours-ci, plusieurs de mes &#233;tudiants de Qu&#233;bec et Montr&#233;al, &#224; peine la session finie, sont partis arpenter Paris pour la premi&#232;re fois, et je les suis via blogs : s'ils appr&#233;hendent l'Europe pour la premi&#232;re fois, ils iront aussi &#224; Amsterdam, Rome ou Berlin, Barcelone. M&#234;me l'apanage de la langue commune ne peut plus rompre l'identit&#233; Europe (avec juste sp&#233;cificit&#233; qu&#233;b&#233;coise : la Scandinavie comme entit&#233; soeur, s&#233;par&#233;e &#8211; quand il s'agit des pays d'au-dessus l'Allemagne on ne dit pas Europe, mais Scandinavie, et quand d'ici on va &#224; Paris on ne dit pas &lt;i&gt;en France&lt;/i&gt; mais &lt;i&gt;en Europe&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Toute l'eau de la mer ne suffirait pas &#224; laver une tache de sang intellectuelle&lt;/i&gt;, disait celui qui avait trois fois travers&#233; l'Atlantique, Lautr&#233;amont : l'expression &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt; est une de ces taches intellectuelles, maintenant de sang. On ne nous amputera pas de la Gr&#232;ce, parce que ce pays, qui s'est b&#226;ti sur les routes de mer, n'a pas acc&#232;s &#224; l'industrie et au commerce qui ne con&#231;oivent les peuples qu'en clients. &lt;i&gt;Agences de notation&lt;/i&gt; : commencez donc par leur rendre les tr&#233;sors pill&#233;s dans la plus stricte tradition coloniale, au Louvre ou au &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article307&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;British Museum&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pareil pour la culture : la Soci&#233;t&#233; des gens de lettres et le Syndicat des &#233;diteurs n'ont pas honte de s'associer avec un soi-disant &lt;i&gt;Syndicat des distributeurs de loisirs culturels&lt;/i&gt; pour du lobbying &#233;tatique. Je refuse qu'on me confonde ou qu'on m'associe en quoi que ce soit &#224; un &lt;i&gt;Syndicat des distributeurs de loisirs culturels&lt;/i&gt;, mais pas de probl&#232;me c'est r&#233;ciproque : d&#233;sormais, c'est comme pour les Grecs, &#224; qui on a conc&#233;d&#233; &#8211; diffusion dans tous les Auchan et les Leclerc &#8211; l'&#233;levage de la daurade tout au long de leurs criques et c&#244;tes, la litt&#233;rature c'est d&#233;brouillez-vous seuls (et c'est peut-&#234;tre, apr&#232;s tout, notre meilleure chance ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sanctifiez &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt;, eux s'en moquent bien, de la culture : le monde du &lt;i&gt;spectacle vivant&lt;/i&gt; (comme si le monde tout entier, et les fant&#244;mes debout de Buffalo et Detroit, n'&#233;taient pas ce spectacle vivant que nous sommes) s'effraie d'un seul coup du retrait &#233;tatique. On lui serrait la ceinture depuis cinq ans, c'est exactement depuis ce temps-l&#224; qu'ils nous snobent, les auteurs, puisque c'est ce qu'ils avaient sacrifi&#233; en premier, les lectures, les exp&#233;riences avec texte. De m&#234;me, ils se gardaient bien, les grands de la protestation sc&#233;nique, d'intervenir dans l'espace citoyen : pas trop se faire remarquer. Maintenant qu'ils sont dans le mur, ils s'aper&#231;oivent &#224; nouveau de notre existence (et de celle d'Internet). Les &lt;i&gt;agences de notation&lt;/i&gt; ne donnent pas une tr&#232;s bonne note &#224; la culture ni &#224; la litt&#233;rature, savez-vous. On ne leur votera m&#234;me pas de budget de secours (sit&#244;t compens&#233;s, dans les grands journaux, par combien l'argent pr&#234;t&#233; rapportera d'int&#233;r&#234;t) &#8211; acceptez qu'on ait piti&#233; de la Gr&#232;ce, c'est une bonne affaire. Et c'est aux riches qu'on pr&#234;te, les travailleurs (ce qu'il en reste) sont pri&#233;s de se serrer la ceinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre conscience que la Gr&#232;ce c'est &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; nous : plus de travail dans la culture, plus de partenariats avec les facs et les lyc&#233;es, l'&#201;tat qui se d&#233;fausse sur les structures territoriales &#8211; allez, les R&#233;gions, faites donc... Bient&#244;t instructions europ&#233;ennes des &lt;i&gt;agences de notation&lt;/i&gt; pour se d&#233;barrasser de la litt&#233;rature, cause mauvaise note sur &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt; : si on ne remet pas en cause le vocabulaire m&#234;me de ces gens-l&#224;, trois ans de prison pour chaque emploi du terme &lt;i&gt;les march&#233;s&lt;/i&gt; (puisqu'on punit dur, en France, voir Pasqua), ce n'est pas de la Gr&#232;ce, de notre m&#233;moire, de notre ciel, qu'on s'ampute : c'est tout simplement de ce qui nous rassemble, nous permet de &lt;i&gt;r&#233;sister&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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