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		<title>Tallemant des R&#233;aux | madame Pilou</title>
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		<dc:subject>Tallemant des R&#233;aux</dc:subject>
		<dc:subject>nos feuilletons</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pour se promener dans la litt&#233;rature, s'en aller dans ses vieux &#226;ges et retrouver la vie des hommes comme devant nous tout pr&#232;s&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans mes textes f&#233;tiches, il y a de longtemps Tallemant des R&#233;aux, et longtemps aussi que j'en dispose d'une &#233;dition num&#233;rique. Voir la phrase de C&#233;line &#224; son propos, et comment en dix lignes celui-ci vous ligote la vie, l'argent, l'amour et toute la nuit des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis douze ans que j'habite &#224; quelques dizaines de m&#232;tres de la Loire, le petit ch&#226;teau discret des Tallemant des R&#233;aux, o&#249; on avait d&#233;couvert les Historiettes, longtemps apr&#232;s lui, sous un vieux fond d'escalier qu'on vous montrait, &#233;tait un de ces rendez-vous, comme Sach&#233; (moins la Devini&#232;re, mais quand m&#234;me), o&#249; les livres vous semblent remonter &#224; la surface de la terre, et vous inviter dans une page paysage. On y &#233;tait bien accueillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans que les Russes fortun&#233;s n'investissent pas seulement en Suisse ou &#224; Nice, mais aussi en Touraine, il est barricad&#233;, le petit ch&#226;teau &#224; tourelle de Tallemant, et &#231;a me pince chaque fois que je rouvre ses r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tallemant des R&#233;aux | madame Pilou&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Madame Pilou, &#233;tant nouvelle mari&#233;e, se trouva log&#233;e par hasard vis-&#224;-vis de mesdemoiselles Mayerne-Turquet, s&#339;urs de ce Mayerne qui a &#233;t&#233; premier m&#233;decin du roi d'Angleterre, o&#249; il a fait une assez grande fortune : c'&#233;tait un peu apr&#232;s la r&#233;duction de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fit amiti&#233; avec ses filles, qui &#233;taient des personnes raisonnables, et qui, comme huguenotes, en fuyant la pers&#233;cution, avaient vu assez de pays .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette connaissance lui servit, et la tira en quelque sorte du c&#226;linage de sa famille, car son p&#232;re &#233;tait qu'un procureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela lui servit &#224; conna&#238;tre une madame de La Fosse, leur parente, riche veuve, qui avait &#233;t&#233; galante, et qui, en mourant, lui laissa du bien. Elle &#233;pousa un procureur, nomm&#233; Pilou, qui ne fit pas grand'fortune ; en r&#233;compense, elle n'a eu qu'un fils, qui vit encore. Il n'y a peut-&#234;tre jamais eu une moins belle femme qu'elle, mais il n'y en a peut-&#234;tre jamais eu une de meilleur sens, et qui die mieux les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette madame de La Fosse, pour reprendre le fil, &#233;tait pas la plus grande prude du royaume. Madame Pilou, par son moyen, eut bient&#244;t un grand nombre de connaissances, mais la plupart de la ville. Insensiblement, elle en fit aussi de la cour, et enfin elle parvint &#224; &#234;tre bien venue partout, et chez la Reine m&#234;me. Elle a fait trois classes de tout le monde : ses inf&#233;rieurs, &#224; qui elle fait tout le bien qu'elle peut ; ses &#233;gaux, avec lesquels elle est toute pr&#234;te de se r&#233;concilier, quand ils voudront, et les grands seigneurs, pour qui elle dit qu'on ne saurait &#234;tre trop fier en un lieu comme Paris. Elle ne se m&#234;le point de donner des gens &#224; personne, et ne veut point souffrir que des suivants ou des suivantes lui viennent rompre la t&#234;te. Elle dit qu'il y a quelquefois de sottes gens qui rient d&#232;s qu'elle ouvre la bouche, comme les badauds qui rient d&#232;s que Jodelet para&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme d'un procureur, laide comme un diable, qui avait commenc&#233; par des femmes qui avaient pas le meilleur bruit du monde, ne pouvait gu&#232;re passer dans l'esprit de ceux qui ne la connaissaient pas bien particuli&#232;rement, que pour une cr&#233;ature qui servait aux galanteries de tant de jolies personnes qu'elle fr&#233;quentait. (on a dit de madame de La Maisonfort qu'elle &#233;tait plus si cruelle, depuis qu'elle fut &#224; Saint-Cloud avec madame de Pilou).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. de Tresmes, duc &#224; brevet, &#226;g&#233; de quatre-vingts ans, tomba malade. Son fils, le marquis de G&#232;vres, va trouver madame Pilou, et lui dit : &#171; Je vous prie, parlez &#224; mon p&#232;re, il ne veut point me voir. Mademoiselle Scarron (s&#339;ur du cul-de-jatte), qu'il entretient, m'a mis mal avec lui ; mais le pis, c'est qu'il ne veut rien faire de ce qu'il faut pour bien mourir. &#187; Elle y va, la premi&#232;re fois, elle fit venir les morts subites &#224; propos, et dit qu'on &#233;tait bien heureux d'avoir le loisir de penser &#224; soi. Le malade dit qu'il se sentait bien. Elle ne voulut pas pousser plus loin. La seconde fois, elle presse davantage, et voyant que cet homme disait que les gens d'&#233;glise m&#234;mes avaient des ma&#238;tresses, elle marche sur le pied &#224; Gu&#233;nault, afin qu'il l'aid&#226;t. Au lieu de cela, le m&#233;decin dit : &#171; Madame Pilou, vos pr&#244;nes m'ennuient. &#187; Elle se retire, et ne s'en m&#234;le plus. Sur cela on fait un conte par la ville, et que M. de Tresmes lui avait r&#233;pondu : &#171; Vous n'&#233;tiez pas si scrupuleuse, il y a trente ans. &#187; Elle l'apprend &#224; quelques jours de l&#224; ; elle va voir M. de Langres (la Rivi&#232;re) : il avait d&#238;n&#233; assez de gens avec lui : &#171; Ah ! dit-il, madame Pilou, je d&#233;fendais votre cause. &#187; Elle se met l&#224; dans un fauteuil. &#171; Je vous entends, lui dit-elle ; je sais le conte qu'on fait par la ville ; je ne m'&#233;tonne pas que ces bruits-l&#224; aient couru. Je me suis trouv&#233;e engag&#233;e avec des femmes qui ont bien fait parler d'elles : j'ai fait ce que j'ai pu pour les remettre dans le bon chemin ; c'est ce qui est cause qu'on a cru que j'&#233;tais de la manigance. Je vous laisse &#224; penser si, avec la beaut&#233; que Dieu avait donn&#233;e, et de la naissance dont je suis, j'eusse &#233;t&#233; bien re&#231;ue &#224; rompre avec elles &#224; cause de cela. Leurs gens croyaient que j'&#233;tais de l'intrigue ; ils ont sem&#233; cela partout : mais Dieu a permis que j'aie v&#233;cu quatre-vingts ans, afin qu'on me f&#238;t justice. Ceux qui font ce conte-l&#224; n'oseraient le faire en ma pr&#233;sence. Je sais toutes les iniquit&#233;s de toutes les familles de la ville et de la cour Je connais les ladres et les fous. Tel fait l'homme de bonne maison que je sais bien d'o&#249; il vient ; &#224; d'autres, je leur montrerais que leur p&#232;re &#233;tait un cocu et un banqueroutier ; je les d&#233;fie tous tant qu'ils sont. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit que naturellement elle sent le sot, et que d&#232;s qu'il y en a quelqu'un en une compagnie, elle l'&#233;vente tout aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle disait que les amants entre deux vins sont les plus plaisants de tous ; elle appelle ainsi ceux qui sont quasi fous : &#171; Ils me font rire, dit-elle, car ils croient que personne ne voit ce qu'ils font. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'elle entendait une femme de la ville qui, en parlant de je ne sais combien de dames de grande condition, disait : &lt;i&gt;Nous autres&lt;/i&gt;, etc. &#171; Cela me fait souvenir, dit-elle, du conte qu'on fait d'un bateau d'oranges qui alla &#224; fond dans la rivi&#232;re. Les oranges allaient sur l'eau. Il y avait (r&#233;v&#233;rence de parler) un &#233;tron sec parmi elles ; cet &#233;tron disait : &lt;i&gt;Nous autres&lt;/i&gt; oranges nous allons sur l'eau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son veuvage elle dit que deux ou trois hommes l'ont voulu &#233;pouser, mais, &#171; soit dit &#224; mon honneur, ils ont &#233;t&#233; tous trois mis aux Petites-Maisons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle m'a avou&#233;, car j'en avais ou&#239; parler par la ville qu'il &#233;tait vrai que comme un soir un conseiller d'&#233;tat, homme de quelque &#226;ge, la ramenait chez elle, elle &#233;tait &#224; la porti&#232;re, et lui au fond, il la prit par la t&#234;te, elle qui avait plus de soixante-dix ans, et la baisa tout son so&#251;l en lui disant s&#233;rieusement qu'il aimait plus que sa vie. Elle en fut si surprise qu'elle ne songeait seulement &#224; se d&#233;p&#234;trer de ses mains ; et elle arriva &#224; sa porte, car il n'y avait pas loin, avant que d'avoir eu le loisir de lui rien dire. Elle ne l'a jamais voulu nommer. Un jour, comme elle &#233;tait chez la Reine, madame de Gu&#233;men&#233; dit &#224; Sa Majest&#233; : &#171; Madame, faites conter &#224; madame Pilou l'aventure du conseiller d'&#233;tat. &#8211; Ne voil&#224;-t-il pas, dit la bonne femme, vous regorgez d'amants, vous autres, et d&#232;s que j'en ai un pauvre mis&#233;rable, vous en enragez. &#187; &#192; propos d'amants : elle dit qu'elle a fait b&#226;tir un h&#244;pital pour mettre ceux &#224; qui les femmes arracheront les yeux pour leur avoir parl&#233; d'amour ; mais il n'y a que des araign&#233;es dans ce pauvre h&#244;pital. Au diable l'aveugle qu'on y a encore men&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abb&#233; de Lenoncourt, le marquis pr&#233;sentement, se mit un jour &#224; la railler fort sottement &#171; Monsieur, lui dit-elle, avez-vous &#233;t&#233; condamn&#233; par arr&#234;t du parlement &#224; faire le plaisant ? Car, &#224; moins que de cela, vous vous en passeriez fort bien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois, madame de Chaulnes, la m&#232;re, lui dit quelque chose qui ne lui plut pas. &#171; Si vous ne me traitez comme vous devez, lui dit-elle, je ne mettrai jamais le pied c&#233;ans. Je n'ai que faire de vous ni de personne ; Robert Pilou et moi avons plus de bien qu'il ne nous en faut. &#224; cause que vous &#234;tes duchesse, et que je ne suis que fille et femme de procureur, vous pensez me maltraiter ! Adieu, Madame, j'ai ma maison dans la rue Saint-Antoine qui ne doit rien &#224; personne. &#187; Le lendemain, madame de Chaulnes lui &#233;crivit une belle grande lettre, et lui demanda pardon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand M. de Chavigny alla demeurer &#224; l'h&#244;tel de Saint-Paul, il trouva madame Pilou quelque part, et lui dit : &#171; Madame, &#224; cette heure que je suis votre voisin, je pr&#233;tends bien que vous me viendrez voir &#187; Elle y va ; mais elle ne fut point satisfaite de lui : il fit assez le fier. Depuis cela, d&#232;s qu'il entrait en un lieu elle en sortait. Enfin &#224; je ne sais quelles accordailles, chez M. Fieubet, au fort de sa faveur, il vit qu'elle &#233;tait all&#233;e mettre &#224; l'autre bout de la chambre ; il alla &#224; elle fort humblement, et lui dit qu'il voulait &#234;tre son serviteur. &#171; Monsieur, r&#233;pondit-elle, je ne suis qu'une petite bourgeoise. Vous &#234;tes un grand seigneur ; vous ne m'avez pas bien trait&#233;e, vous ne m'y attraperez plus ; je n'ai que faire de vous ni de personne. &#187; Il lui fit mille soumissions, et fit tout ce dont elle le pria depuis cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit qu'on ne doit point tant s'affliger pour ce qui arrive &#224; nos parents. &#171; Une fois, disait, qu'on attrape le cousin germain, c'est bien fait de se d&#233;prendre. Avais je ne sais quel parent qui fut un peu pendu &#224; Melun ; sa s&#339;ur disait qu'il avait &#233;t&#233; mal jug&#233;. &#8211; A-t-il &#233;t&#233; confess&#233; ? lui dis-je. A-t-il &#233;t&#233; enterr&#233; en terre sainte ? &#8211; Oui. &#8211; Je le tiens pour bien pendu, ma mie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cur&#233; de Saint-Paul s'avisa une fois de faire un pr&#244;ne, contre la danse ; elle l'alla trouver et lui dit : &#171; Mon bon ami, vous ne savez pas ce que vous dites. Vous n'avez jamais &#233;t&#233; au bal ; cela est plus innocent que vous ne pensez. Je suis bien plus scandalis&#233;e, moi, de voir des pr&#234;tres qui plaident toute leur vie les uns contre les autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je passe par les rues, disait une fois, je vois des laquais qui disent : Mon Dieu ! la laide femme ! Je me retourne. Vois-tu, mon enfant, je suis aussi belle que j'&#233;tais &#224; quinze ans, quoique j'en aie plus de soixante-douze. Il n'y a que moi en France qui se puisse vanter de cela. &#187; Elle disait qu'il n'y avait personne au monde qui se f&#251;t si bien accommod&#233; qu'elle de deux fort vilaines choses, de la laideur et de la vieillesse. &#171; Cela me donne disait, un million de commodit&#233;s : je fais et dis tout ce qu'il me pla&#238;t. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourvu que ce ne soit pas par une extravagance, elle approuve fort les mariages par amour ; &#171; car, dit-elle, voudriez-vous qu'on se marie par haine ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fils ayant ou&#239; dire qu'on avait mise dans un roman, croyait que c'&#233;tait une &#233;trange chose, et s'en vint lui dire : &#171; J&#233;sus ! madame Pilou ! on vous a mise dans un roman. - Va, va, lui dit-elle, la comtesse de Maure y est bien. &#187; Cela l'arr&#234;ta tout court, car c'est aussi une d&#233;vote. Ce roman, c'est la &lt;i&gt;Cl&#233;lie&lt;/i&gt; de mademoiselle de Scud&#233;ry, o&#249; elle s'appelle Arricidie et y est fort avantageusement, comme une philosophe et une personne de grande vertu. Elle l'en alla remercier. et lui dit : &#171; Mademoiselle, d'un haillon vous en avez fait de la toile d'or. &#187; L'autre lui voulut dire : &#171; Madame, mon fr&#232;re a trouv&#233; que votre caract&#232;re, etc. - Voire, votre fr&#232;re, je ne connais point votre fr&#232;re ; c'est &#224; vous que j'en ai l'obligation. &#192; cela, en v&#233;rit&#233;, j'ai reconnu que avais bien des amis ; car il n'y a pas jusqu'&#224; la Reine qui ne s'en soit r&#233;jouie avec moi. Voil&#224; le fruit qu'on retire de ne faire mal &#224; personne. Une fois, ajouta-t-elle, je me trouvai embarrass&#233;e au Palais-Royal, &#224; la mort du cardinal de Richelieu, avec bien des femmes, entre des carrosses. Un homme me prend, et me porte jusque dans la salle o&#249; l'on voyait son effigie. Je regarde cet homme. Il me dit : Vous avez autrefois pris la peine de solliciter pour moi, je vous servirai en tout ce que je pourrai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la plus grande accommodeuse de querelles qui ait jamais &#233;t&#233; : il y a bien des familles qui lui sont oblig&#233;es de leur repos. On la choisit toujours pour dire aux gens ce qu'il leur faut dire. Madame d'Aumont, veuve de M. d'Aumont. dont nous avons parl&#233;, dit : &#171; Quand madame Pilou n'y sera plus, qui est-ce qui fera justice aux gens ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvre madame Pilou fut surprise &#224; Saint-Paul d'un si grand d&#233;bordement de bile qu'elle en tomba de son haut ; revenue, elle se confessa sur l'heure ; elle n'en fut malade que dix ou douze jours. Toute la cour l'alla voir ; la Reine y envoya. Le Roi en passant arr&#234;tait, et envoyait savoir comme elle se portait. M. Valot, premier m&#233;decin du Roi, y fut de leur part. Des gens qui ne la voyaient point y all&#232;rent ; c'&#233;tait la mode. Il en arriva quasi autant l'ann&#233;e pass&#233;e, qu'elle eut un rhumatisme dont elle se porte bien quoiqu'elle ait quatre-vingts ans ; elle est all&#233;e &#224; Saint-Paul rendre gr&#226;ces &#224; Dieu avec un manteau de chambre noir, doubl&#233; de panne verte ; c'est une antiquaille qu'elle a il y a longtemps. Elle a une maison aussi propre qu'il y en ait &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tallemant des R&#233;aux | le p&#232;re Andr&#233;</title>
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		<dc:subject>Tallemant des R&#233;aux</dc:subject>
		<dc:subject>nos feuilletons</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pour se promener dans la litt&#233;rature, s'en aller dans ses vieux &#226;ges et retrouver la vie des hommes comme devant nous tout pr&#232;s&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot592" rel="tag"&gt;nos feuilletons&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans mes textes f&#233;tiches, il y a de longtemps Tallemant des R&#233;aux, et longtemps aussi que j'en dispose d'une &#233;dition num&#233;rique. Voir la phrase de C&#233;line &#224; son propos, et comment en dix lignes celui-ci vous ligote la vie, l'argent, l'amour et toute la nuit des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis douze ans que j'habite &#224; quelques dizaines de m&#232;tres de la Loire, le petit ch&#226;teau discret des Tallemant des R&#233;aux, o&#249; on avait d&#233;couvert les &lt;i&gt;Historiettes&lt;/i&gt;, longtemps apr&#232;s lui, sous un vieux fond d'escalier qu'on vous montrait, &#233;tait un de ces rendez-vous, comme Sach&#233; (moins la Devini&#232;re, mais quand m&#234;me), o&#249; les livres vous semblent remonter &#224; la surface de la terre, et vous inviter dans une page paysage. On y &#233;tait bien accueillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans que les Russes fortun&#233;s n'investissent pas seulement en Suisse ou &#224; Nice, mais aussi en Touraine, il est barricad&#233;, le petit ch&#226;teau &#224; tourelle de Tallemant, et &#231;a me pince chaque fois que je rouvre ses r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tallemant des R&#233;aux | le p&#232;re Andr&#233;&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le P&#232;re Andr&#233;, augustin, vulgairement appel&#233; &lt;i&gt;le petit P&#232;re Andr&#233;&lt;/i&gt; &#233;tait de la famille des Boullanger, de Paris, qui est une bonne famille de la robe. Il a pr&#234;ch&#233; une infinit&#233; de Car&#234;mes et d'Avents ; mais il a toujours pr&#234;ch&#233; en bateleur, non qu'il e&#251;t dessein de faire rire, mais il &#233;tait bouffon naturellement, et avait m&#234;me quelque chose de Tabarin dans la mine. Il parlait en conversation comme il pr&#234;chait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y t&#226;chait si peu que quand il avait dit des gaillardises il se donnait la discipline ; mais il y &#233;tait n&#233;, et il ne s'en pouvait tenir. Comme il pr&#234;chait un Avent au faubourg Saint-Germain, feu M. de Paris, &#224; cause de je ne sais quelle cabale de moines dont il &#233;tait des principaux, et aussi pour le scandale que ses bouffonneries donnaient, l'envoya qu&#233;rir et le retint en prison &#224; l'archev&#234;ch&#233;, M. de Metz s'en formalisa, disant que M. l'archev&#234;que ne pouvait faire arr&#234;ter un religieux qui pr&#234;chait dans un faubourg qui &#171; d&#233;pendait de l'abbaye de Saint-Germain &#187; ; et effectivement il le fit d&#233;livrer ; mais ce fut &#224; condition qu'il pr&#234;cherait plus sagement. Il remonte donc en chaire ; mais de sa vie il n'a &#233;t&#233; si emp&#234;ch&#233; : il avait si peur de dire quelque chose qui ne f&#251;t pas bien qu'il ne dit rien qui vaille, et il fut contraint. de finir assez brusquement. Il &#233;tait bon religieux et fort suivi par toutes sortes de gens ; par quelques-uns pour rire, et par le reste &#224; cause qu'il les touchait. Effectivement, il avait du talent pour la pr&#233;dication. On fait plusieurs contes de lui dont j'ai recueilli les meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il disait que &#171; Christophe pensa jeter le petit J&#233;sus dans l'eau, tant il le trouvait pesant ; mais on ne saurait noyer qui a &#224; &#234;tre pendu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vit une fois de gros bras potel&#233;s &#224; la Samaritaine, et il lui faisait dire par Notre-Seigneur : &#171; Je te donnerai bien d'une autre eau et que tu trouveras bien meilleure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;chant un car&#234;me &#224; Saint-Andr&#233;-des-Arcs, il se plaignait toujours que les dames venaient trop tard. &#171; Quand on vous vient r&#233;veiller, leur disait : &#8211; Mon Dieu, dites-vous, quelle mis&#232;re de se lever si matin ! Vous disputez avec votre chevet. Une telle, dites-vous &#224; votre fille de chambre, je gage que la cloche n'a pas sonn&#233; ; vous &#234;tes toujours si h&#226;t&#233;e ! il n'est point si tard que vous dites. &#8211; H&#233; ! si j'&#233;tais l&#224;, ajoutait, que je vous ferais bien lever le cul ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant de saint Luc, il disait &#171; que c'&#233;tait le peintre de la Reine-M&#232;re, &#224; meilleure titre que Rubens, qui a peint la galerie de Luxembourg ; car il est le peintre de la Reine-m&#232;re de Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#234;chait sur ces paroles : &#171; J'ai achet&#233; une m&#233;tairie, je m'en vais la voir. &#8211; Vous &#234;tes un sot, dit-il, vous la deviez aller voir avant que de l'acheter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la f&#234;te de la Madelaine, il se mit &#224; d&#233;crire les galants de la Madelaine ; il les habilla &#224; la mode : &#171; Enfin, dit-il, ils &#233;taient faits comme ces deux grands veaux que voil&#224; devant ma chaire &#187;. Tout le monde se leva pour voir deux godelureaux qui, pour eux, se gard&#232;rent bien de se lever. Un jour, il lui prit une vision, apr&#232;s avoir bien harangu&#233; contre la d&#233;bauche de cette pauvre p&#233;cheresse, de dire : &#171; J'en vois l&#224;-bas une toute semblable &#224; la Madelaine ; mais, parce qu'elle ne s'amende point, je la veux noter, et lui jeter mon mouchoir &#224; la t&#234;te. &#187; En disant cela, il prend son mouchoir et fait semblant de le vouloir jeter : toutes les femmes baiss&#232;rent la t&#234;te. &#171; Ah ! dit-il, je croyais qu'il n'y en e&#251;t qu'une, et en voil&#224; plus de cent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela me fait souvenir d'un conte qu'on fait d'un pr&#233;dicateur du temps de Fran&#231;ois 1er. &#171; La Madelaine, disait, &#233;tait pas une petite garce, comme celles qui se pourraient donner &#224; vous et &#224; moi ; c'&#233;tait une grande garce comme madame d'&#201;tampes. &#187; Cette madame d'&#201;tampes lui fit d&#233;fendre la chaire. Quelques ann&#233;es apr&#232;s, ayant &#233;t&#233; r&#233;tabli, le jour de la Madelaine, il dit : &#171; Messieurs, une fois pour avoir fait des comparaisons je m'en suis mal trouv&#233;. Vous vous imaginerez la Madelaine telle qu'il vous plaira. Passons la premi&#232;re partie de sa vie, et venons &#224; la seconde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re Andr&#233; comparait une fois les femmes &#224; un pommier qui &#233;tait sur un grand chemin. &#171; Les passants ont envie de ses pommes ; les uns en cueillent, les autres en abattent : il y en a m&#234;me qui montent dessus, et vous les secouent comme tous les diables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il disait aux dames : &#171; Vous vous plaignez de je&#251;ner ; cela vous maigrit, dites-vous. Tenez, tenez, dit-il, en montrant un gros bras, je je&#251;ne tous les jours, et voil&#224; le plus petit de mes membres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faisait parler ainsi une fois les soldats d'Holopherne, apr&#232;s qu'ils eurent vu Judith : &#171; Camarade, qui est-ce qui, en voyant de si belles femmes, tam, decoras mulieres, n'ait envie d'enfoncer la barricade ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui ai ou&#239; pr&#234;cher sur la Transfiguration. &#171; Cela se fit, dit-il, sur une montagne. Je ne sais ce que ces montagnes ont fait &#224; Dieu : mais quand il parle &#224; Mo&#239;se, c'est sur une montagne ; il ne montra pourtant que son derri&#232;re, et parla &#224; lui comme une demoiselle masqu&#233;e. Quand il donne sa loi, c'est encore sur une montagne ; le sacrifice d'Abraham, aussi sur une montagne ; le sacrifice de Notre Seigneur, encore sur une montagne. Il ne fait rien de miraculeux que sur ces montagnes ; aussi la Transfiguration, n'&#233;tait-ce pas une affaire de vallon ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant des gens jusque sur l'autel, il dit en entrant en chaire : &#171; Voil&#224; la proph&#233;tie accomplie : &lt;i&gt;Super altare tuum vitulos&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#234;chait en un couvent de Carmes sur l'&#233;glise desquels le tonnerre &#233;tait tomb&#233; sans en blesser un seul. &#171; Ah ! dit-il, regardez quelle b&#233;n&#233;diction de Dieu ; si le tonnerre f&#251;t tomb&#233; sur la cuisine, il n'en f&#251;t r&#233;chapp&#233; pas un. &#187; On dit Carme en cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la f&#234;te de P&#226;ques, il se faisait une objection. &#171; Mais un mari et une femme qui couchent ensemble un si bon jour, que feront-ils ? &#192; cela il faut r&#233;pondre par une comparaison. Si le jour de P&#226;ques un d&#233;biteur vous apporte de l'argent, il est bonne f&#234;te ; mais les gens ne sont pas toujours en humeur de payer ; je suis d'avis qu'on le re&#231;oive. Faites l'application, Mesdames. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de romans, il disait : &#171; J'ai beau les faire quitter &#224; ces femmes, d&#232;s que j'ai tourn&#233; le cul, elles ont le nez dedans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant de David, il dit que, quand il alla en paradis, Dieu dit, le voyant venir de loin : &#171; Qui est-ce ? &#187; et puis, quand il fut plus pr&#232;s : &#171; Ah ! c'est mon bon serviteur David ; bras dessus, bras dessous, camarades comme cochons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'Ascension, d&#233;crivant la r&#233;ception qu'on fit &#224; J&#233;sus-Christ au Ciel, il dit que Dieu dit &#224; David : &#171; Tenez la musique toute pr&#234;te, voici mon fils qui vient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;chant des religieuses qui avaient fort press&#233; de leur donner un sermon, il leur dit : &#171; Eh bien ! me voil&#224; ; &#224; cause que je suis Boullanger, vous croyez que j'ai toujours du pain cuit ; mais vous ne songez pas combien j'ai de choses &#224; faire. &#187; Il se mit &#224; leur conter toutes ses occupations. Apr&#232;s, il compara une fille qui entrait en religion &#224; un peloton. &#171; Une novice, dit-il, c'est comme un morceau de bureau ou de papier sur lequel on commence &#224; d&#233;vider les premi&#232;res aiguill&#233;es ; mais quelque bien qu'on fasse, il reste toujours un petit trou qu'on ne saurait boucher. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Poitiers, les J&#233;suites le pri&#232;rent de pr&#234;cher saint Ignace ; il voulut leur donner sur les doigts. Il fit un dialogue entre Dieu et le saint, qui lui demandait un lieu pour son ordre. &#171; Je ne sais o&#249; vous mettre, disait J&#233;sus-Christ : les d&#233;serts sont habit&#233;s par saint Beno&#238;t et par saint Bruno. &#187; Il faisait une &#233;num&#233;ration des lieux occup&#233;s par les principaux ordres. &#171; Mettez-nous seulement, dit saint Ignace, en lieu o&#249; il y ait &#224; prendre, et laissez-nous faire du reste. &#187; En sortant, il dit &#224; un de ses amis : &#171; Je n'ai voulu pr&#234;cher c&#233;ans qu'apr&#232;s d&#238;ner, car je savais bien qu'autrement on m'y aurait fait m&#233;chante ch&#232;re. &#187; Une autre fois, &#224; Paris, il en donna encore aux J&#233;suites en pareille occasion. &#171; Le christianisme, dit-il, est comme une grande salade ; les nations en sont les herbes ; le sel les docteurs ; &lt;i&gt;vos estis sal terroe&lt;/i&gt; ; le vinaigre, les mac&#233;rations ; et l'huile les bons p&#232;res J&#233;suites. Y a-t-il rien de plus doux qu'un bon p&#232;re J&#233;suite ? Allez &#224; confesse &#224; un autre, il vous dira : Vous &#234;tes damn&#233; si vous continuez. Un J&#233;suite adoucira tout. Puis, l'huile, pour peu qu'il en tombe sur un habit, s'y &#233;tend, et fait insensiblement une grande tache ; mettez un bon p&#232;re J&#233;suite dans une province, elle en sera enfin toute pleine. &#187; Les J&#233;suites se plaignirent &#224; lui-m&#234;me de ce qu'il avait dit. &#171; J'en suis bien f&#226;ch&#233;, mes P&#232;res, leur dit-il ; mais je me suis laiss&#233; emporter ; je ne saurais que vous dire ; dans quatre jours c'est la f&#234;te de notre P&#232;re saint Augustin, venez pr&#234;cher chez nous, et dites tout ce qu'il vous plaira, je ne m'en f&#226;cherai point. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il disait que Paradis &#233;tait une grande ville. &#171; Il y a la grande rue des Martyrs, la grande rue des Confesseurs ; mais il n'y a point de rue des Vierges : ce n'est qu'un petit cul-de-sac bien &#233;troit, bien &#233;troit. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un catholique, disait une fois, fait six fois plus de besogne qu'un huguenot ; un huguenot va lentement comme ses psaumes : &lt;i&gt;L&#232;ve le c&#339;ur, ouvre l'oreille&lt;/i&gt;, etc. Mais un catholique chante :&lt;i&gt; Appelez Robinette, qu'elle s'en vienne ici-bas&lt;/i&gt;, etc. &#187; Et, en disant cela, il faisait comme s'il e&#251;t lim&#233;. J'ai ou&#239; dire que ce conte vient de S&#233;dan, o&#249; du Moulin ayant dit &#224; un arquebusier qui chantait &lt;i&gt;Appelez Robinette&lt;/i&gt;, qu'il ferait bien mieux de chanter des psaumes, l'arquebusier lui dit. &#171; Voyez comme ma lime va vite en chantant Robinette, et comme elle va lentement en chantant : &lt;i&gt;L&#232;ve le c&#339;ur, ouvre l'oreille&lt;/i&gt;, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit encore qu'un artisan lui dit que : &lt;i&gt;qui au conseil des malins n'a &#233;t&#233;&lt;/i&gt; emp&#234;chait sa lime d'aller, et qu'il faisait beaucoup plus d'ouvrage avec &lt;i&gt;Jean Foutaquin pour du pain et pour des poires, Jean Foutaquin pour des poires et pour du pain&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#201;vangile, dit-il une fois, est une douce loi : J&#233;sus-Christ nous l'a dit ; il le faut croire. &#187; Deux J&#233;suites entrent l&#224;-dessus. &#171; Tenez, dit-il, voil&#224; deux des camarades de J&#233;sus, demandez-leur plut&#244;t s'il n'est pas vrai. &#187; Cela me fait souvenir d'un nomm&#233; du Four, qui, dans les guerres des huguenots, ayant trouv&#233; des J&#233;suites &#224; cheval, leur demanda qui ils &#233;taient : &#171; Nous sommes, dirent-ils, de la compagnie de J&#233;sus. &#8211; Je le connais, dit-il ; brave capitaine, mais d'infanterie ; &#224; pied, &#224; pied, mes P&#232;res. &#187; ; et il leur &#244;ta leurs chevaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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