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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>Michelet | la temp&#234;te d'octobre 1859</title>
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		<dc:creator>_ tiers livre, grandes pages</dc:creator>


		<dc:subject>publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>Michelet, Jules</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pour qui n'aurait pas voyag&#233; encore dans &#034;la mer&#034; de Michelet...&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
C'est un des livres que je mets au plus haut de toute la langue fran&#231;aise. Mais parce qu'aussi il est &#224; un carrefour : la mer va quitter progressivement son statut de grand inconnu.
&lt;p&gt;Gwen Catal&#225; a revisit&#233; de fond en comble l'epub (et le Mobi de la version Kindle) que nous proposons &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501348/la-mer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur publie.net&lt;/a&gt;. Le revoil&#224; dans une densit&#233; et une ergonomie de lecture num&#233;rique qui n'ont rien &#224; envier au livre imprim&#233;... Et grand merci &#224; &lt;a href=&#034;http://lizhascoet.blogspot.fr/?view=magazine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lise Hascou&#235;t&lt;/a&gt; pour la photographie de couverture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour f&#234;ter cela, nous le proposons &#224; 0,99 jusqu'&#224; lundi soir...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Michelet | La mer (extrait du chapitre &#034;Temp&#234;tes&#034;)&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La temp&#234;te que j'ai le mieux vue, c'est celle qui s&#233;vit dans l'Ouest, le 24 et le 25 octobre 1859, qui reprit plus furieuse et dans une horrible grandeur, le vendredi 28 octobre, dura le 29, le 30 et le 31, implacable, infatigable, six jours et six nuits, sauf un court moment de repos. Toutes nos c&#244;tes occidentales furent sem&#233;es de naufrages. Avant, apr&#232;s, de tr&#232;s graves perturbations barom&#233;triques eurent lieu ; les fils t&#233;l&#233;graphiques furent bris&#233;s et pervertis, les communications rompues. Des ann&#233;es chaudes avaient pr&#233;c&#233;d&#233;. On entra par cette temp&#234;te dans une s&#233;rie fort diff&#233;rente de temps froids et pluvieux. L'ann&#233;e 1860 elle-m&#234;me, jusqu'au jour o&#249; j'&#233;cris ceci, est livr&#233;e &#224; la noyade obstin&#233;e des vents d'ouest et de sud, qui semblent vouloir nous jeter toutes les pluies de l'Atlantique et du grand Oc&#233;an austral.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; J'observai cette temp&#234;te d'un lieu aimable et paisible, dont le caract&#232;re tr&#232;s doux ne faisait rien attendre de tel. C'est le petit port de Saint- Georges, pr&#232;s Royan, &#224; l'entr&#233;e de la Gironde. Je venais d'y passer cinq mois en grande tranquillit&#233;, me recueillant, interrogeant mon c&#339;ur, y cherchant de quoi r&#233;pondre au sujet que j'ai trait&#233; en 1859, sujet si d&#233;licat, si grave. Le lieu, le livre, se m&#234;lant agr&#233;ablement dans mes souvenirs. Aurais-je pu l'&#233;crire ailleurs ? je ne sais. Ce qui est s&#251;r, c'est que le parfum sauvage du pays, sa douceur s&#233;v&#232;re, les senteurs d'amertume vivifiante dont ses bruy&#232;res sont charm&#233;es, la flore des landes, la flore des dunes, ont fait beaucoup pour ce livre et s'y retrouveront toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La population du lieu allait bien &#224; cette nature. Rien de vulgaire, nulle grossi&#232;ret&#233;. Les agriculteurs y sont graves, de m&#339;urs s&#233;rieuses. Les marins sont des pilotes, une petite tribu protestante, &#233;chapp&#233;e aux pers&#233;cutions. Une honn&#234;tet&#233; primitive (la serrure n'est pas encore invent&#233;e dans ce village). Point de bruit. une modestie rare chez les hommes de mer, la discr&#233;tion et le tact qu'on ne trouve pas toujours dans les classes les plus &#233;lev&#233;es. Bien vu, et bien voulu d'eux, je n'en eus pas moins la solitude n&#233;cessaire au travail. D'autant plus m'int&#233;ressais-je &#224; ces hommes et &#224; leurs p&#233;rils. Sans leur parler, chaque jour je les suivais de mes v&#339;ux dans leur m&#233;tier h&#233;ro&#239;que. J'&#233;tais inquiet du temps, et me demandais souvent, en observant le dangereux passage, si la mer, longtemps belle et douce, n'aurait pas de cruels retours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce lieu de danger n'est point triste. Chaque matin, de ma fen&#234;tre, je voyais en face les voiles blanches, l&#233;g&#232;rement ros&#233;es de l'aurore, d'une foule de vaisseaux de commerce qui attendent le vent pour sortir. La Gironde, &#224; cet endroit, n'a pas moins de trois lieues de large. Avec la solennit&#233; des grandes rivi&#232;res d'Am&#233;rique, elle a la gaiet&#233; de Bordeaux. Royan est un lieu de plaisir o&#249; l'on vient de tous ces pays de Gascogne. Sa baie et celle de Saint- Georges sont gratuitement r&#233;gal&#233;es du spectacle des jeux fol&#226;tres auxquels les marsouins se livrent dans la chasse aventureuse qu'ils viennent faire en pleine rivi&#232;re et jusqu'au milieu des baigneurs. Ils bondissent et se jettent en l'air &#224; cinq ou six pieds de l'eau. Il semble qu'ils sachent &#224; merveille que personne, en ce pays, ne se livre &#224; la p&#234;che, qu'&#224; ce lieu de grand combat o&#249; il s'agit &#224; chaque heure de diriger et sauver les vaisseaux, on ne songe gu&#232;re &#224; convoiter l'huile d'un marsouin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; cette gaiet&#233; des eaux joignez la belle et unique harmonie des deux rivages. Les riches vignes du M&#233;doc regardent les moissons de la Saintonge, son agriculture vari&#233;e. Le ciel n'a pas la beaut&#233; fixe, quelquefois un peu monotone, de la M&#233;diterran&#233;e. Celui-ci est tr&#232;s changeant. Des eaux de mer et des eaux douces s'&#233;l&#232;vent des nuages iris&#233;s qui projettent, sur le miroir d'o&#249; ils viennent, d'&#233;tranges couleurs, verts clairs, roses et violets. Des cr&#233;ations fantastiques, qu'on ne voit un moment que pour les regretter, d&#233;corent des monuments bizarres, d'arcades hardies, de ponts sublimes, parfois d'arcs de triomphe, la porte de l'Oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les deux plages demi-circulaires, de Royan et de Saint-Georges, sur leur sable fin, donnent aux pieds les plus d&#233;licats la plus douce promenade qu'on prolonge sans se lasser dans la senteur des pins qui &#233;gayent la dune de leur jeune verdure. Les beaux promontoires qui s&#233;parent ces plages, et les landes de l'int&#233;rieur vous envoient, m&#234;me de loin, des salubres &#233;manations. Celle qui domine aux dunes est quelque peu m&#233;dicale, c'est l'odeur miell&#233;e des immortelles, o&#249; semblent se concentrer tout le soleil et la chaleur des sables. Aux landes, fleurissent les amers, avec un charme p&#233;n&#233;trant qui r&#233;veille le cerveau, ravive le c&#339;ur. C'est le thym et le serpolet, c'est la marjolaine amoureuse, c'est la sauge b&#233;nie de nos p&#232;res pour ses grandes vertus. La menthe poivr&#233;e, et surtout le petit &#339;illet sauvage, ont les parfums les plus fins des &#233;pices de l'Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il me semblait que, sur ces landes, les oiseaux chantaient mieux qu'ailleurs. Jamais je ne trouvai une alouette comme celle que j'entendis en juillet sur le promontoire de Valli&#232;re. Elle montait dans l'esprit des fleurs, montait dor&#233;e du soleil qui se couchait sur l'Oc&#233;an. Sa voix qui venait de si haut (elle &#233;tait peut-&#234;tre &#224; mille pieds), pour &#234;tre tellement puissante, n'&#233;tait pas moins modeste et douce. C'est au nid, &#224; l'humble sillon, aux petits qui la regardaient, qu'elle adressait visiblement ce chant agreste et sublime ; on e&#251;t dit qu'elle interpr&#233;tait en harmonie ce beau soleil, cette gloire o&#249; elle planait sans orgueil, les encourageant et disant : &#171; Montez, mes petits ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De tout cela, chants et parfums, air doux et mer adoucie par l'eau de la belle rivi&#232;re, se compose une harmonie infiniment agr&#233;able, toutefois sans grand &#233;clat. La lune m'y paraissait lumineuse sans vive clart&#233;, les &#233;toiles tr&#232;s visibles, mais peu scintillantes. Climat heureux tout humain, et qui serait voluptueux, s'il ne s'y m&#234;lait je ne sais quoi qui fait r&#233;fl&#233;chir, &#233;loigne de la r&#234;verie et ram&#232;ne &#224; la pens&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
*
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pourquoi ? Sont-ce les sables mouvants, les dunes changeantes, les calcaires croulants et pleins de fossiles, qui vous avertissent de la mobilit&#233; universelle ? Est-ce le souvenir silencieux, mais nullement effac&#233;, des pers&#233;cutions protestantes ? C'est aussi, et bien plus encore, la solennit&#233; du passage, la fr&#233;quence des naufrages, la proximit&#233; d'une mer terrible entre toutes, qui rend l'int&#233;rieur s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand myst&#232;re se passe &#224; ce point solennel, un trait&#233;, un mariage, mais bien autrement important qu'aucun hymen royal. Mariage, il est vrai, de raison entre &#233;poux peu assortis. La dame des eaux du Sud-Ouest, doubl&#233;e de Tarn et de Dordogne, pouss&#233;e de ses violents fr&#232;res les torrents des Pyr&#233;n&#233;es, elle vient, cette aimable et souveraine Gironde, s'offrir &#224; son &#233;poux gigantesque, le vieil Oc&#233;an. Mais nulle part il n'est plus dur, plus r&#233;barbatif. La triste barri&#232;re des boues de Charente, puis la longue ligne des sables qui l'arr&#234;tent cinquante lieues, le mettent de mauvaise humeur. Quand il n'amoncelle pas sa fureur contre Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, il bat la pauvre Gironde. Elle ne sort pas, comme la Seine, abrit&#233;e de plusieurs c&#244;t&#233;s. Elle tombe tout droit en face de l'Oc&#233;an illimit&#233;. Le plus souvent il la rembarre. Elle recule ; elle se jette &#224; droite, &#224; gauche. Elle se cache dans les marais de Saintonge, et jusque sous les vignes du M&#233;doc, communiquant &#224; ses vins les qualit&#233;s sobres et froides qui sont l'esprit de ses eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maintenant, imaginez des hommes assez hardis pour se jeter, au grand d&#233;bat, entre ces &#233;poux, pour aller dans une barque, affrontant les coups qu'ils se portent, chercher le vaisseau timide qui attend &#224; l'embouchure et n'ose s'aventurer. C'est la vie de mes pilotes, modeste, mais si glorieuse, qu'on ne saura la raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est facile &#224; comprendre que le vieux roi des naufrages, l'antique th&#233;sauriseur de tant de biens submerg&#233;s, ne sait nul gr&#233; aux indiscrets qui viennent lui disputer sa proie. Si parfois il les laisse faire, souvent aussi, malicieux, sournois, il les atteint, se venge, charm&#233; de noyer un pilote plus que d'engloutir deux vaisseaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y avait pourtant quelque temps qu'on ne parlait point d'accident. L'&#233;t&#233;, fort chaud, de 1859, ne pr&#233;senta gu&#232;re de sinistres en ces parages qu'une barque bris&#233;e en juin. Mais je ne sais quelle agitation faisait pr&#233;voir des malheurs. Septembre vint, et octobre. Le monde brillant des visiteurs, qui ne veut de la mer que ses sourires, d&#233;j&#224; s'&#233;tait &#233;clips&#233;. Je restai, attach&#233; l&#224; par mon travail inachev&#233;, et aussi par l'attrait &#233;trange qu'ont ces saisons interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On remarquait des vents changeants, bizarres, et qu'on ne voit gu&#232;re : exemple, un vent br&#251;lant de l'est, un souffle d'orage venant du c&#244;t&#233; toujours serein. Les nuits &#233;taient parfois chaudes (et plus en septembre qu'en ao&#251;t), sans sommeil, agit&#233;es, nerveuses ; le pouls &#233;tait fort, &#233;mu sans cause apparente, l'humeur in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un jour que nous &#233;tions assis dans les pinadas, battus par le vent, un peu garantis pourtant par la dune, nous entend&#238;mes une jeune voix, singuli&#232;rement claire et per&#231;ante ; d'un fin et fort timbre d'acier. C'&#233;tait pourtant une tr&#232;s jeune fille, fort petite, de profil aust&#232;re. Elle passait avec sa m&#232;re, et chantait de toutes ses forces des paroles d'une vieille chanson. Nous les pri&#226;mes de s'asseoir et de la chanter tout du long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce petit po&#232;me rustique disait merveilleusement le double esprit de la contr&#233;e. La Saintonge est agricole, aime le foyer. Ce ne sont pas les Basques, leur esprit d'aventures. Mais, malgr&#233; ses go&#251;ts s&#233;dentaires, elle se fait maritime, se lance dans les hasards. Pourquoi ? La l&#233;gende l'explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La jolie fille d'un roi, qui s'amuse &#224; laver son linge, comme la Nausicaa de l'Odyss&#233;e, a laiss&#233; aller son anneau &#224; la mer ; le fils de la c&#244;te s'y jette pour le chercher, mais se noie. Elle pleure et elle est chang&#233;e dans le romarin du rivage, si amer et si parfum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette ballade du naufrage, chant&#233;e &#224; ce temps critique dans cette for&#234;t g&#233;missante d'orage imminent, m'&#233;mut, me charma, mais en fortifiant mon pressentiment int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
*
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que j'allais &#224; Royan, je pouvais attendre qu'en ce petit voyage, qui n'est que de quelques heures, l'orage me surprendrait sur la route sans abri. Il pesait sur moi dans les vignes de Saint-Georges et la lande du promontoire que je gravissais d'abord. Il pesait, plus lourd encore, dans la grande plage circulaire de Royan que je suivais. La lande, quoiqu'en octobre, avait tous ses parfums sauvages, et ils me semblaient par moments plus p&#233;n&#233;trants que jamais. Sur la plage, encore paisible, le vent me soufflait au visage, ti&#232;de et doux, et, non moins douce, de ses caresses suspectes, la mer venait l&#233;cher mes pieds. Je ne m'y laissais pas prendre, et je me doutais assez de ce que tous les deux pr&#233;paraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour pr&#233;lude, apr&#232;s des soir&#233;es fort belles, &#233;clataient dans la nuit d'effroyables coups de vent. Cela revint plusieurs fois, et sp&#233;cialement le 26. Cette nuit-l&#224;, je ne doutai pas qu'il n'y e&#251;t de grands sinistres. Nos marins &#233;taient sortis. Dans ces longues fluctuations de la crise &#233;quinoxiale, on attend d'abord un peu ; puis, les choses se prolongeant, le devoir et le m&#233;tier parlent ; on passe outre et l'on se hasarde, au risque d'un coup subit. J'en eus l'impression tr&#232;s forte. Je me dis : &#171; Quelqu'un p&#233;rit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela n'&#233;tait que trop vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sur une barque de pilote qui allait, malgr&#233; le gros temps, tirer un vaisseau du danger de la passe, un malheureux fut enlev&#233;, et la barque, pr&#232;s de p&#233;rir elle-m&#234;me, ne put jamais le reprendre. Il laissait trois enfants et une femme enceinte. Ce qui le rendait encore particuli&#232;rement regrettable, c'est que cet homme excellent, par un amour g&#233;n&#233;reux qui n'est pas rare chez les marins, avait justement &#233;pous&#233; une pauvre fille incapable de travail, qui par accident avait perdu plusieurs phalanges des doigts. Terrible situation : elle est infirme, enceinte et veuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On faisait une collecte, et j'allai porter &#224; Royan ma petite offrande. Un pilote que je rencontrai parla de l'&#233;v&#233;nement avec une vraie douleur : &#171; Tel est notre m&#233;tier, monsieur ; c'est surtout quand la mer est mauvaise que nous devons sortir. &#171; Le commissaire de la marine, qui a en main les registres des vivants et des morts, et conna&#238;t mieux que personne la destin&#233;e de ces familles, me parut aussi triste et inquiet. On sentait bien que ceci n'&#233;tait qu'un commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je me remis en route par la plage, et j'eus le loisir, dans ce trajet assez long, d'observer, d'&#233;tudier, dans une zone de nuages qui, je crois, pouvait s'&#233;tendre, en tous sens, &#224; huit ou dix lieues. &#192; ma gauche, la Saintonge, dont je suivais le rivage, attendait morne et passive. &#192; ma droite, le M&#233;doc, dont le fleuve me s&#233;parait, &#233;tait dans un calme sombre. Derri&#232;re moi, venant de l'ouest, de l'Oc&#233;an, montait un monde de nuages noirs. Mais, devant moi, un vent de terre soufflait contre eux (de Bordeaux). Ce vent descendait de la Gironde, et l'on e&#251;t pu esp&#233;rer que la puissante rivi&#232;re, par ce grand courant protecteur, repousserait le rideau lugubre que l'Oc&#233;an &#233;levait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Encore dans l'incertitude, je regardai derri&#232;re moi, et consultai Cordouan. Il me parut, sur son &#233;cueil, d'une p&#226;leur fantastique. Sa tour semblait un fant&#244;me qui disait : &#171; Malheur ! malheur ! &#187;&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Je calculai mieux la situation. Je vis tr&#232;s bien que le vent de terre non seulement serait vaincu, mais qu'il &#233;tait l'auxiliaire de son ennemi. Ce vent de terre soufflait tr&#232;s bas sur la Gironde, enfon&#231;ait, abattait tout obstacle inf&#233;rieur, aplanissait par-dessous la voie aux hauts nuages sombres qui partaient de l'Oc&#233;an ; il leur faisait comme un rail glissant, sur lequel mont&#233;s ils venaient d'autant plus vite. En peu de temps, tout fut fini du c&#244;t&#233; de la terre, tout souffle cessa, tout s'&#233;teignit en teintes grises ; sans obstacle r&#233;gn&#232;rent les vents sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand j'arrivai dans les vignes de Valli&#232;re, pr&#232;s de Saint-Georges, beaucoup de gens &#233;taient aux champs, achevant en h&#226;te ce qu'ils avaient &#224; faire, et pensant que de longtemps on ne pourrait travailler. Les premi&#232;res gouttes de pluie tombaient, mais en un moment il fallut fuir &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'avais bien vu des orages. J'avais lu mille descriptions de temp&#234;tes, et je m'attendais &#224; tout. Mais rien ne me faisait pr&#233;voir l'effet que celle-ci eut par sa longue dur&#233;e, sa violence soutenue, par son implacable uniformit&#233;. D&#232;s qu'il y a du plus ou du moins, une halte, un crescendo m&#234;me, enfin une variation, l'&#226;me et les sens y trouvent quelque chose qui d&#233;tend, distrait, qui r&#233;pond &#224; ses besoins imp&#233;rieux de changement. Mais ici, cinq jours et cinq nuits, sans tr&#234;ve, sans augmentation ni diminution, ce fut la m&#234;me fureur et rien ne changea dans l'horrible. Point de tonnerre, point de combats de nuages, point de d&#233;chirement de la mer. Du premier coup, une grande teinte grise ferma l'horizon en tous sens ; on se trouva enseveli dans ce linceul d'un morne gris de cendre, qui n'&#244;tait pas toute lumi&#232;re, et laissait d&#233;couvrir une mer de plomb et de pl&#226;tre, odieuse et d&#233;solante de monotonie furieuse. Elle ne savait qu'une note. C'&#233;tait toujours le hurlement d'une grande chaudi&#232;re qui bout. Aucune po&#233;sie de terreur n'e&#251;t agi comme cette prose. Toujours, toujours le m&#234;me son : &#171; Heu ! heu ! heu ! &#187; ou &#171; Uh ! uh ! uh ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous habitions sur la plage. Nous &#233;tions plus que spectateurs de cette sc&#232;ne ; nous y &#233;tions m&#234;l&#233;s. La mer par moments venait &#224; vingt pas. Elle ne frappait pas un coup que la maison ne trembl&#226;t. Nos fen&#234;tres recevaient (heureusement un peu de c&#244;t&#233;) l'immense vent du sud-ouest qui apportait un torrent, non, mais un d&#233;luge, l'Oc&#233;an soulev&#233; en pluie. Du premier jour, en grande h&#226;te, et non sans beaucoup de peine, il fallut fermer les volets, allumer les bougies si l'on voulait voir en plein jour. Dans les pi&#232;ces qui regardaient la campagne, le bruit, la commotion, &#233;taient tout aussi sensibles. Je persistais &#224; travailler, curieux de voir si cette force sauvage r&#233;ussirait &#224; opprimer, entraver un libre esprit. Je maintins ma pens&#233;e active, ma&#238;tresse d'elle-m&#234;me. J'&#233;crivais et je m'observais. &#192; la longue seulement la fatigue et la privation de sommeil blessaient en moi une puissance, la plus d&#233;licate de l'&#233;crivain, je crois, le sens du rhytme. Ma phrase venait inharmonique. Cette corde, dans mon instrument, la premi&#232;re se trouva cass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le grand hurlement n'avait de variante que les voix bizarres, fantasques, du vent acharn&#233; sur nous. Cette maison lui faisait obstacle ; elle &#233;tait pour lui un but qu'il assaillait de cent mani&#232;res. C'&#233;tait parfois le coup brusque d'un ma&#238;tre qui frappe &#224; la porte ; des secousses, comme d'une main forte pour arracher le volet ; c'&#233;taient des plaintes aigu&#235;s par la chemin&#233;e, des d&#233;solations de ne pas entrer, des menaces si l'on n'ouvrait pas, enfin des emportements, d'effrayantes tentatives d'enlever le toit. Tous ces bruits &#233;taient couverts pourtant par le grand Heu ! heu ! Tant celui-ci &#233;tait immense, puissant, &#233;pouvantable ! Le vent nous semblait secondaire. Cependant il r&#233;ussissait &#224; faire p&#233;n&#233;trer la pluie. Notre maison (j'allais dire notre vaisseau) faisait eau. Le grenier, perc&#233; par places, versait des ond&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chose plus s&#233;rieuse ! la furie de l'ouragan, par un effort d&#233;sesp&#233;r&#233; r&#233;ussit &#224; desceller le gond d'un volet, qui, d&#232;s lors, quoique ferm&#233; encore, fr&#233;mit, branla, s'agita. Il fallut le consolider en le liant fortement par ses ferrures &#224; celui qui tenait mieux, et pour cela on dut hasarder d'ouvrir la fen&#234;tre. Au moment o&#249; je l'ouvris, quoique abrit&#233; par les volets, je me sentis comme dans un tourbillon, demi sourd par l'horrible force d'un bruit &#233;gal au canon, d'un coup de canon permanent qu'on m'e&#251;t, sans interruption, tir&#233; sous l'oreille. J'apercevais, par les fentes, une chose qui donnait la mesure de ces forces incalculables. C'est que les vagues, crois&#233;es et bris&#233;es contre elles-m&#234;mes, souvent ne pouvaient retomber. La rafale, par-dessous, les enlevait comme une plume, ces pesantes masses, les faisait fuir par la campagne. Qu'e&#251;t-ce &#233;t&#233; si, nos volets s'arrachant, la fen&#234;tre s'enfon&#231;ant, le vent e&#251;t embarqu&#233; chez nous ces grosses lames qu'il soutenait, poussait avec la roideur d'une trombe qu'il portait &#224; travers les champs, terribles et toutes brandies ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous avions la chance bizarre de faire naufrage sur terre. Notre maison, si avanc&#233;e, pouvait voir son toit emport&#233;, ou tout un &#233;tage peut-&#234;tre. C'&#233;tait l'inqui&#233;tude des gens du village, comme ils nous le dirent, leur pens&#233;e de chaque nuit. On nous conseillait de quitter. Mais nous supposions toujours que cette temp&#234;te si longue aurait une fin pourtant, et nous disions toujours : &#171; Demain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les nouvelles qui venaient par terre ne nous apprenaient que naufrages. Tout pr&#232;s de nous, le 30 octobre, un navire qui venait de la mer du Sud avec une trentaine d'hommes p&#233;rit &#224; la passe m&#234;me. Apr&#232;s avoir &#233;vit&#233; les rocs, les &#233;cueils, il &#233;tait venu en face d'une petite plage de fin sable, o&#249; les femmes se baignent. Eh bien, sur cette douce plage, enlev&#233; par le tourbillon et sans doute &#224; grande hauteur, il retomba d'un poids &#233;pouvantable, fut assomm&#233;, &#233;reint&#233;, disloqu&#233;. Il resta l&#224;, comme un corps mort. Qu'&#233;taient devenus les hommes ? on n'en trouva aucune trace. On supposa que peut-&#234;tre tous avaient &#233;t&#233; balay&#233;s du pont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce tragique &#233;v&#233;nement en faisait supposer bien d'autres, et l'on ne r&#234;vait que malheurs. Mais la mer n'avait pas l'air d'en avoir encore assez. Tout le monde &#233;tait &#224; bout ; elle, non. Je voyais nos pilotes se hasarder derri&#232;re un mur qui les couvrait du sud-ouest, observer soucieusement, secouer la t&#234;te. Nul vaisseau, par bonheur pour eux, n'osa entreprendre d'entrer et ne r&#233;clama leur secours. Autrement, ils &#233;taient l&#224;, pr&#234;ts &#224; donner leurs vies.&lt;br class='autobr' /&gt; Moi aussi, je regardais insatiablement cette mer, je la regardais avec haine. N'&#233;tant pas en danger r&#233;el, je n'en avais que davantage l'ennui et la d&#233;solation. Elle &#233;tait laide, d'affreuse mine. Rien ne rappelait les vains tableaux des po&#232;tes. Seulement, par un contraste &#233;trange, moins je me sentais vivant, plus, elle, elle avait l'air de vivre. Toutes ces vagues &#233;lectris&#233;es par un si furieux mouvement avaient pris une animation, et comme une &#226;me fantastique. Dans la fureur g&#233;n&#233;rale, chacun avait sa fureur. Dans l'uniformit&#233; totale (chose vraie, quoique contradictoire), il y avait un diabolique fourmillement. &#201;tait-ce la faute de mes yeux et de mon cerveau fatigu&#233; ? ou bien en &#233;tait-il ainsi ? Elles me faisaient l'effet d'un &#233;pouvantable mob, d'une horrible populace, non d'hommes, mais de chiens aboyants, un million, un milliard de dogues acharn&#233;s, ou plut&#244;t fous... Mais que dis-je ? des chiens, des dogues ? ce n'&#233;tait pas cela encore. C'&#233;taient des apparitions ex&#233;crables et innom&#233;es, des b&#234;tes sans yeux ni oreilles, n'ayant que des gueules &#233;cumantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Monstres, que voulez-vous donc ? n'&#234;tes-vous pas so&#251;ls des naufrages que j'apprends de tous c&#244;t&#233;s : que demandez-vous ? &lt;br /&gt;&#8212; Ta mort et la mort universelle, la suppression de la terre, et le retour au chaos. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Daeninckx, Portier, Dubost, Le Deuff, Michelet : week-end &#224; 0,99</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;chaque vendredi, prix de lancement et focus &#8211; pour propager, inciter, contaminer !&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton2959.jpg?1352733940' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Didier Daeninckx, &lt;i&gt;L'affranchie du p&#233;riph&#233;rique&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;franchir le p&#233;riph&#233;rique&lt;/i&gt;, l'expression n'a rien de neutre, la ville, quand on passe la banlieue, a baiss&#233; d'un cran. C'est pourtant sans arr&#234;t qu'on va la franchir, cette fronti&#232;re, en croisant aussi bien Doisneau, Matisse et surtout le Debord des &lt;i&gt;Hurlements en faveur de Sade&lt;/i&gt; que les magouilles d'urbanisme et toutes les strates de m&#233;moire qui se collisionnent parfois dans quelques arpents du bord de l'&#238;le Saint-Denis, de la guerre d'Espagne &#224; celle d'Alg&#233;rie, ou aux entourloupes po&#233;tiques d'aujourd'hui. Du Daeninckx, quoi. Mais c'est la po&#233;tique de ce texte qui restera longtemps, apr&#232;s la lecture. Pour la premi&#232;re fois en num&#233;rique. Mise en vente le 1er juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C&#233;cile Portier, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814502970/saphir-antalgos-travaux-de-terrassement-du-r%C3%AAve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Saphir &amp; Antalgos&lt;/a&gt;, travaux de terrassement du r&#234;ve. S'embarquer aujourd'hui dans les replis du fantastique et de la ville, comme Aragon avec son &lt;i&gt;Paysan de Paris&lt;/i&gt; et Breton avec &lt;i&gt;Nadja&lt;/i&gt; l'avaient fait, requ&#233;rant les signes, les voix, les mots aper&#231;us. En pr&#233;parant pour sa version papier ce texte impressionnant de libert&#233; int&#233;rieure (sous-titre : &lt;i&gt;travaux de terrassement du r&#234;ve&lt;/i&gt;, &#224; vous de choisir le sens de &lt;i&gt;terrassement&lt;/i&gt;), C&#233;cile Portier l'augmente de plusieurs fragments, l'occasion de revisiter aussi l'epub (cr&#233;ation&amp;code Roxane Lecomte). Sur twitter : &lt;i&gt;@PetiteRacine&lt;/i&gt;, et &lt;a href=&#034;http://petiteracine.net/wordpress/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de C&#233;cile Portier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Olivier Le Deuff, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504639/print-brain-technology&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Print Brain Technology&lt;/a&gt;. Sur twitter &lt;i&gt;@neuromancien&lt;/i&gt; et son site, un des principaux rep&#232;res de la recherche documentaire : &lt;a href=&#034;http://www.guidedesegares.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le guide des &#233;gar&#233;s&lt;/a&gt;, presque logique que lorsqu'Olivier Le Deuff aborde la fiction, ce soit par l'anticipation. Un deuxi&#232;me texte en pr&#233;paration (&lt;i&gt;La d&#233;sindex&#233;e&lt;/i&gt;), ce texte imparable sur cerveau et programmation &#8211; mais les visiteurs de publie.net aujourd'hui sont bien plus nombreux qu'il y a quelques mois, peut-&#234;tre ne saviez-vous pas qu'il ne fallait pas le louper ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Karl Dubost, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505506/l-ange-comme-extension-de-soi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Ange comme extension de soi&lt;/a&gt;. Karl (sur twitter &lt;i&gt;@karlpro&lt;/i&gt;) m'impressionne toujours autant dans ses choix de voyageur au bagage l&#233;ger, mais traversant incessamment les continents et villes. Sa revendication aussi d'un web libre (pas de contrat d'auteur pour ce texte), port&#233; par sa propre cr&#233;ation et invention. Un site o&#249; vous pouvez vous perdre, mais qui donne sens &#224; notre d&#233;marche &#233;ditoriale, exhaussant le &lt;i&gt;lisible&lt;/i&gt;. Et pour publie|papier il adopte m&#234;me position : le droit nous est laiss&#233; de tout faire, mais il ne nous aidera pas. Et moi je ne sais pas faire.... C'est presque pour le relire moi que je le repropose cette semaine. Et lire &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2674' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'histoire sur Tiers Livre.&lt;/a&gt; Quant au fait que ce soit magnifique, et infiniment questionnant, rien de chang&#233;... Une &lt;a href=&#034;http://www.la-grange.net/2012/01/21/depart&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;photo&lt;/a&gt; du Karl en haut de cette page rien que pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jules Michelet, &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501348/la-mer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La mer&lt;/a&gt;. L'immense travail de Michelet, au moment aussi de tant de d&#233;couvertes. Et les phares, et la biologie, et le go&#251;t des lointains. Et cette phrase qui s'en va jusqu'aux vagues, aux temp&#234;tes et aux pieuvres. La d&#233;cision de le remettre en avant parce que marre que ce soit consid&#233;r&#233; comme un classique. Un des plus anciens de ma biblioth&#232;que num&#233;rique. Et carte blanche &#224; Gwen Catal&#225; pour cr&#233;ation epub, c'est du tout neuf, avec tout le meilleur de ce qu'on sait faire &#8211; et je le d&#233;couvrirai avec vous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 5 titres seront propos&#233;s &#224; 0,99 chez tous nos revendeurs, et bien s&#251;r notre propre &lt;a href=&#034;http://publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publie.net&lt;/a&gt; de vendredi matin &#224; lundi soir, prix unique 0,99...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous remercions tous nos visiteurs du week-end dernier, de plus en plus l'impression, quand nous &#233;tablissons cette proposition week-end, d'un partage tout simple et amical avec nos meilleurs lecteurs....&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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