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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
	<link>https://www.tierslivre.net/spip-443/</link>
	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>logique s&#233;par&#233;e du monde de l'autre </title>
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		<dc:date>2015-03-01T09:36:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#171; Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ? &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton4109.jpg?1425202521' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff4109.jpg?1425202532&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Voil&#224; la demande que m'envoie le compagnon d'armes Jean-Daniel Magnin, qui a fond&#233; et entretient, avec &#233;videmment la logistique du th&#233;&#226;tre du Rond-Point derri&#232;re, une des plus &#233;tonnantes et d&#233;rangeantes, plus le rire, les chroniques, la mise en cause soci&#233;tale, de ces derni&#232;res ann&#233;es, le site &lt;a href=&#034;http://www.ventscontraires.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vents contraires&lt;/a&gt; :
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ? &#187;, demandait Peter Handke dans son Po&#232;me de l'enfance. Tout est l&#224; : l'autre aurait pu &#234;tre moi &#8211; c'est pourquoi il nous pose tant de probl&#232;mes. Comme on est toujours l'autre d'un autre, chacun est pris dans un jeu de miroirs sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce vertige enfantin peut devenir effrayant lorsque la plan&#232;te se met &#224; ressembler &#224; un village travers&#233; par le mauvais vent des rumeurs, des peurs et des ranc&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le mois de mars prochain, nous publierons des articles et t&#233;moignages d'artistes et d'&#233;crivains de France et d'ailleurs, sur ce th&#232;me. C'est qu'apr&#232;s les attentats qui nous ont &#233;branl&#233;s, nous sommes si nombreux &#224; nous &#234;tre retrouv&#233;s muets, interdits, incapables de trouver les mots, sid&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, nous serions heureux de pouvoir recevoir de toi un texte in&#233;dit ou d&#233;j&#224; dans ton tiroir, un aphorisme, une phrase li&#233;s &#224; cette expression : &#034;Oh l'autre !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Vents Contraires, voir notamment, cette semaine, cet &#233;poustouflant dialogue de Paul Fournel et Herv&#233; Le Tellier, &lt;a href=&#034;http://www.ventscontraires.net/article.cfm/14508_oulipo___demande_au_muet_disciple_.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Demande au muet, disciple&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de moins en moins facile pour moi d'&#233;crire pour ailleurs que ce site, et dans la logique m&#234;me de d&#233;veloppement de ce site, ou de ce qui l'accompagne, mais bien s&#251;r pas question de se d&#233;filer, et donc merci l'ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de r&#233;interroger, ce qu'on fait &#224; chaque instant qu'on se place devant l'ordinateur, cette fronti&#232;re dont on connait encore tellement peu, chacun de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessus : &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4107' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saint-Pierre des Corps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;l'autre est devant&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'autre est devant et agit pour moi. C'est un choix par d&#233;faut. On n'a pas trouv&#233; autre chose pour l'instant. Il accepte. Il n'a pas le choix. L'autre de soi est la construction qu'en avant sans cesse on construit pour &#234;tre prot&#233;g&#233; des bruits, des visages, des paroles, des actes : leur monde ne nous convient pas. Il en souffre, mais moins que moi. Il a confiance. C'est ensemble. La nuit ici est favorable. La nuit est un &#233;cran. La nuit est sc&#232;ne o&#249; nous avons construit nos ruines, celles qui nous conviennent. On soutient dans l'espace le passage des phrases. Elles sont fragiles. Elles ne supporteraient pas le monde gris, et froid, le monde avec l'argent, le monde avec les formalit&#233;s, les courses, les heures salari&#233;es, les chemins contraints. J'ai rompu progressivement. On s'est dissoci&#233; progressivement. Si je tendais la main &#224; travers l'&#233;cran, je rejoignais les choses grises et concr&#232;tes, dont le contact me d&#233;plaisait. Le destin du monde m'indiff&#232;re, l'aventure est finie. On a assez s&#233;diment&#233;. Il suffisait de se retourner. Alors je suis entr&#233; dans l'&#233;cran, et maintenant, lorsque ma main passe &#224; travers ce sont elles, les phrases que je tends dans la nuit. Et ce sont toutes les phrases et les visages et le grand silence du pass&#233;. Ceux-l&#224;, qui oeuvraient, sont mes fr&#232;res. Il en viendra d'autres, heureusement, dans le monde gris qu'ils ont repris. Je les salue &#224; distance. C'est l'avantage d'&#234;tre soi et son autre &#8211; on continue ici les corv&#233;es mais c'est lui qui fait le travail, et pass&#233; l'&#233;cran il y a les phrases et la nuit. Il y a une seule phrase. Au bout de la phrase il y a un blanc. C'est la partie qu'on doit r&#233;aliser soi. L'autre va son chemin, on a peine pour lui, c'est l'argent c'est les trains et c'est l'&#233;tat us&#233; du monde. L&#224; on doit juste compl&#233;ter la phrase dans la nuit, on est dans les grandes constructions o&#249; on arrive en traversant l'&#233;cran. Je n'ai plus de maison parce que je n'ai plus de monde. C'est la t&#226;che de l'autre avec tous les autres. Ici o&#249; on marche on se salue de loin, on est nombreux les travailleurs dans la nuit de l'&#233;cran et les grandes constructions dans la nuit. Parfois l'autre revient. On essaye que ce soit plus possible. On se tient, on se serre fort. On est m&#234;me et autre. On n'a pas vraiment besoin de se dire. Il y a si longtemps, quitt&#233; le monde, que j'ai plus besoin de dire, ni &#224; lui ni &#224; personne. La phrase &#224; construire dans la nuit, le fragment de phrase qui est n&#244;tre, n'exige pas qu'on parle ni qu'on dise. Il se r&#233;alise pour lui-m&#234;me et n'appartient pas au monde, l&#224; o&#249; sont les mauvais vents, le mauvais gris, le terrible bruit et l'impasse de ce qui finit. Je ne dis pas que nous ayons choisi cet &#233;quilibre. Je ne dis pas que cet &#233;quilibre nous convienne. Je dis encore moins que je n'aie pas nostalgie du monde, et regret de la retraite dans la nuit de l'&#233;cran, o&#249; seul le pass&#233; parle, et que ce fragment de phrase qu'il nous revient de faire est d&#233;j&#224; d&#233;sign&#233; par la vieille nuit et lui appartient. Je dis que l'autre et moi, ou le contraire, on s'en accommode parce que. Il y a ici de la beaut&#233;. Le seul truc curieux c'est quand lui, parfois aussi, parfois quand m&#234;me, le dit aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>tunnel des &#233;critures &#233;tranges | sites vitrifi&#233;s sur demande</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3956</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>sites &amp; blogs</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, archives</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de comment rendre p&#233;renne le destin de nos sites (d'un web des morts)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot513" rel="tag"&gt;sites &amp; blogs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot578" rel="tag"&gt;m&#233;moire, archives&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3956.jpg?1398875609' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; et d'abord publi&#233; dans le cadre d'un &lt;i&gt;vase communicant&lt;/i&gt; avec Philippe Aigrain, qui l'a accueilli dans son &lt;a href=&#034;http://www.atelierdebricolage.net/?p=5452&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;atelier de bricolage&lt;/a&gt;, un grand merci pour cet &#233;change, et la r&#233;sonance avec le texte qu'il m'avait confi&#233; : &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3900' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#231;a &#233;crit en nous&lt;/a&gt;.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;voqu&#233; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3389' class=&#034;spip_in&#034;&gt;de nombreuses fois&lt;/a&gt; ici et par d'autres sites, le paradoxe o&#249; nous sommes : m&#234;me aspir&#233; r&#233;guli&#232;rement par les robots du &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article326&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sous-sol de la Biblioth&#232;que nationale&lt;/a&gt;, et consultable sur place, selon l'incr&#233;ment de la date des sauvegardes, qu'on cesse chacun de payer &#224; notre h&#233;bergeur de loyer de notre site et il dispara&#238;t instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dispara&#238;t sans trace, quelques vagues fant&#244;mes de billets dans les caches des moteurs (qui les stockent dans les r&#233;servoirs naturellement r&#233;frig&#233;r&#233;s de stations p&#233;troli&#232;res offshore &#224; l'abandon), les citations et reprises de certains &#233;l&#233;ments dans des sites amis, et pour le reste rien n'a exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'assumons : que reste-t-il d'un concert, d'une repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale, de ce qui &#233;tait au-del&#224; de la meilleure captation technique multim&#233;dia, et qui n'a pu &#234;tre enregistr&#233;, quelle que soit la richesse de la trace ? Le site nous aura au moins permis, &#224; nous plumitifs, que ce concert ou cette trag&#233;die de l'&#233;crit soit &#233;tendue &#224; hauteur de nos vies, et c'&#233;tait bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a donc propos&#233; cette technique. D'un c&#244;t&#233;, on avan&#231;ait sur les utilisations possibles des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3853' class=&#034;spip_in&#034;&gt;cendres des vivants&lt;/a&gt;. Pour le site, il suffisait du contraire : o&#249; le site vivant &#233;tait poudre, sable, poussi&#232;re, infinie dispersion et infinie pr&#233;sence, vol au moindre vent et partage incessant des mati&#232;res jusqu'aux plus l&#233;g&#232;res, on le recomposerait en dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on ne savait pas, c'&#233;tait comment ensuite effectuer une quelconque modification. Tout cela, tout le monde y pensait en m&#234;me temps. Ce grand miroir &#224; Internet que devait constituer ce r&#233;seau de microscopiques satellites g&#233;ostationnaires &#224; alimentation solaire, rediffusant sur la totalit&#233; du sol terrestre, facilement et gratuitement, la totalit&#233; du web, quelle avanc&#233;e &#8211; mais il ne savait pas accueillir vos informations ou ajouts en retour, c'&#233;tait un &#171; outernet &#187; qui revenait &#224; la logique de l'annonce faite par le chauffeur aux passagers de son bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'importe : vous n'&#233;tiez plus l&#224;, le site &#233;tait votre monument, il ne bougerait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait parl&#233; du chiffre dix-sept &#224; cause des dix-sept sph&#232;res de l'Aleph, mais dix-sept multipli&#233;s par le nombre de sites web &#233;man&#233;s chaque ann&#233;e des morts (chiffre qui s'accroissait exponentiellement, m&#234;me si ce qu'on nommait le &#171; web des morts &#187; mettrait bien plus de temps &#224; doubler le web des vivants que, par exemple et selon les r&#233;cents calculs, notre vieux Facebook compterait plus de pages de disparus que de pages de vivants) c'&#233;tait une quantit&#233; d'objets bien sup&#233;rieure &#224; ce que pouvait en produire et recueillir la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on avait r&#233;duit &#224; cinq. Cinq sph&#232;res, aux dimensions pr&#233;cis&#233;es par les traditionnelles dimensions des dix-sept sph&#232;res de l'Aleph : quatorze centim&#232;tres environ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dedans, tout votre site. On la posait devant une lampe laser, et n'importe quel ordinateur devenait votre propre site. Vous n'aviez pas de lampe laser ni d'ordinateur, regarder de tr&#232;s pr&#232;s la sph&#232;re et la tendre &#224; la lumi&#232;re du jour (on ne parlait plus de soleil, on ne le voyait plus), et vous distinguiez de page en page, progressivement, toutes les images et tous les textes, vous progressiez dans le site en d&#233;pla&#231;ant simplement la sph&#232;re tenue dans vos deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cinq sph&#232;res, l'une &#233;tait remise &#224; la famille. &#192; sa charge de la conserver, l'honorer, du m&#234;me coup &#8211; en pratiquant l'op&#233;ration qu'on disait commun&#233;ment d&#233;sormais &#171; op&#233;ration de l'Aleph &#187; sur la totalit&#233; de vos traces num&#233;riques, on avait r&#233;gl&#233; l'impossible question des cendres, des urnes, des cimeti&#232;res. On ne gardait que l'identit&#233; num&#233;rique : elle &#233;tait sph&#233;rique, lourde, brillante, avait quatorze centim&#232;tres de diam&#232;tre et s'appelait l'Aleph.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des probl&#232;mes de familles ou d'indivision (on avait repris le vocabulaire notarial des maisons) rendait difficile la garde de la sph&#232;re familiale, elle pouvait &#234;tre dupliqu&#233;e mais sur paiement pris au legs du mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cinq sph&#232;res, la deuxi&#232;me &#233;tait l'apanage de la Biblioth&#232;que nationale, qui s'engageait alors &#224; effacer toutes les traces pr&#233;c&#233;dentes des aspirations partielles et incr&#233;mentielles de votre site. Ainsi, la seule version d&#233;finitive, consultable et partageable de votre site &#233;tait son &#233;tat ultime, quand bien m&#234;me, dans les derniers moments, vous eussiez tout effac&#233; sauf la page d'accueil avec un simple message d'au revoir. La remise des sph&#232;res des morts &#224; la Biblioth&#232;que nationale s'appelait &#171; d&#233;p&#244;t l&#233;gal &#187;, il &#233;tait obligatoire, la Biblioth&#232;que nationale avait en compensation &#233;t&#233; d&#233;charg&#233;e de toute mission de conservation des livres, imprim&#233;s, estampes, images, m&#233;dailles et autres une fois transf&#233;r&#233;es sur support num&#233;rique et donc compil&#233;es aussi en sph&#232;res vitrifi&#233;es (on disait que cent cinq sph&#232;res avaient suffi pour tout garder), et que les tours &#233;taient belles, d&#233;sormais, lib&#233;r&#233;es de leurs bois r&#233;fractaires, n'abritant plus dans leurs &#233;tages que ces sph&#232;res transparentes empil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cinq sph&#232;res, la troisi&#232;me retournait &#224; la terre. On sait que &#231;'avait &#233;t&#233; le drame de cette pauvre humanit&#233; pourtant inventrice : elle avait fait l'h&#233;licopt&#232;re, l'ordinateur, le fusil. Mais pour ses t&#233;l&#233;phones, &#233;oliennes, serveurs, il lui fallait ces terres rares dont la gestion g&#233;opolitique avait caus&#233; sa presque &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_rare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;extinction pr&#233;matur&#233;e&lt;/a&gt; &#8211; alors on avait d&#233;cid&#233; de rendre &#224; la terre, comme un pardon, ce qu'on avait fait de meilleur &#224; la terre : dans ces tranch&#233;es ouvertes pour la saigner de ce qu'elle avait de plus fin, de plus rare, o&#249; de noirs lacs de dizaines de kilom&#232;tres carr&#233;s continuaient d'accueillir ses r&#233;sidus polluants, on avait immerg&#233; les sph&#232;res. C'&#233;tait aussi de bonne pr&#233;caution : personne ne viendrait jamais les rep&#234;cher l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cinq sph&#232;res, &#224; la quatri&#232;me on autorisait le destin inverse. Pour la premi&#232;re fois dans cette &#233;poque-l&#224;, des sondes avaient quitt&#233; le syst&#232;me solaire pour d&#233;river dans l'infini galactique. On avait profit&#233; de la profusion encore &#224; cette &#233;poque des vols commerciaux qui les faisaient pour un oui pour un non (ou une chose &#224; vendre) sauter de pays &#224; pays : &#224; dix mille m&#232;tres d'altitude, et en calculant bien, profitant m&#234;me de cette pouss&#233;e pour propulser l'avion et r&#233;duire sa consommation de carburant, quelques centaines de sph&#232;res embarqu&#233;es &#233;taient l&#226;ch&#233;es par chaque avion selon un angle et une vitesse calcul&#233;es pour leur permettre d'&#233;chapper &#224; la gravitation terrestre puis (si elles avaient de la chance, on ne garantissait rien : mais n'&#233;tait-ce pas une vieille loi de la reproduction animale elle-m&#234;me ?) &#224; l'emprise du soleil et enfin &#224; son syst&#232;me m&#234;me. O&#249; elles iraient, combien de temps faudrait-il pour qu'une ou plusieurs soient recueillies et lues, qui pour le savoir ? Mais on cr&#233;ait que ce soit possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cinq sph&#232;res, la derni&#232;re &#233;tait appel&#233;e &#171; sph&#232;re du mort &#187;. C'&#233;tait la premi&#232;re fabriqu&#233;e, au risque d'imperfections &#233;ventuelles. Celle-ci, c'est le mort lui-m&#234;me (ou sa famille, si aucune directive n'&#233;tait incluse dans la sph&#232;re elle-m&#234;me) qui d&#233;cidait d'o&#249; elle serait abandonn&#233;e. Sur une pente, et on la laissait rouler. Dans la mer, et on la laissait couler. Sur la place publique d'une ville, et elle irait o&#249; la pousseraient les pieds anonymes, les chocs, ramassages et &#233;gouts. La &#171; sph&#232;re du mort &#187; repr&#233;sentait dans cet ultime syst&#232;me de croyance la fragilit&#233;, le destin et sa pauvret&#233;. Elle disait notre condition : sa surface s'obscurcissait ou s'&#233;caillait. Des morceaux de site pouvaient &#234;tre arrach&#233;s &#224; la premi&#232;re vitrification. Elle nous rappelait cet &#233;ph&#233;m&#232;re de notre condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce syst&#232;me dit &#171; syst&#232;me de l'Aleph &#187; ou &#171; web des morts &#187; une &#233;tape historique et d&#233;cisive avait &#233;t&#233; franchie : l'identit&#233; num&#233;rique p&#233;renne et composite avait remplac&#233; le go&#251;t incompr&#233;hensible de la trace organique (on disait m&#234;me qu'&#224; cette p&#233;riode les morts, pour tout ce qu'on avait ing&#233;r&#233; de conservateurs alimentaires dans notre parcours, ne pourrissaient plus) par cet objet transparent et parfait, et lest&#233; du meilleur que nous laissions : nos sites, nos images, nos &#233;crits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>prol&#233;gom&#232;nes &#224; un accomplissement dans l'art</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>autobiographies partielles</dc:subject>
		<dc:subject>fictions br&#232;ves &amp; ultra-br&#232;ves</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;dit-il&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot679" rel="tag"&gt;fictions br&#232;ves &amp; ultra-br&#232;ves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3981.jpg?1401912937' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff3981.jpg?1401912946&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Je n'ai jamais &#233;t&#233; attir&#233; par ces initiatives qui se disent &#171; twitt litt&#233;rature &#187;, m&#234;me si bien s&#251;r on en conna&#238;t de &lt;a href=&#034;http://nerval.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vraiment litt&#233;raires&lt;/a&gt; ou audacieuses (cette s&#233;rie reprenant les classiques de la litt&#233;rature universelle chacun r&#233;sum&#233; en un seul tweet), mais depuis le d&#233;but de mon utilisation de Twitter, en avril 2008 (et je m'en suis expliqu&#233; dans ce billet &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2010' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Twitter mode d'emploi&lt;/a&gt;), un des plus beaux plaisirs qu'il y aurait &#224; cet outil c'est son utilisation comme enregistreur presque sismique d'un moment d'&#233;criture dans le plus parfait inconnu, et qu'on laisse se d&#233;velopper selon un temps d&#233;fini (au moins r&#233;trospectivement), r&#233;p&#233;titif ou s&#233;quentiel ou pas, inventant chaque fois sa norme ou son statut de repr&#233;sentation du r&#233;el. C'est ainsi que j'ai con&#231;u par exemple ces &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3563' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Conversations avec Keith Richards&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Pour la s&#233;rie en 20 twitts qui suit, resituer le contexte : l'immersion depuis 5 jours maintenant dans la d&#233;couverte et la traduction des &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3980' class=&#034;spip_in&#034;&gt;51 histoires&lt;/a&gt; de Dunsany, et l'&#233;cole de Cergy transform&#233;e pour 2 semaines des dipl&#244;mes de 5&#232;me ann&#233;e en curieux pays imaginaire et &#233;ph&#233;m&#232;re, o&#249; pourtant chacun va jouer l'extr&#234;me de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compl&#233;tons par une ann&#233;e dense en apprentissages, remises en cause, l'&#233;motion caus&#233;e brutalement, ce dimanche matin, par le grave accident de moto d'un tr&#232;s proche, la mont&#233;e int&#233;rieure du boulot perso qui devrait commencer avec la r&#233;clusion de juillet ao&#251;t (mobile et partiellement d&#233;connect&#233;e, mais habitu&#233; organiquement de longtemps au surgissement de ces d&#233;rives), le constat de plus en plus &#233;vident d'un &#233;loignement du &#171; livre &#187;, poussant &#224; s'impliquer progressivement dans des exp&#233;riences diff&#233;rentes (je le montre peu, mais je suis en g&#233;n&#233;ral harnach&#233; de matos pour exp&#233;riences son et images, o&#249; je suis comme un pingouin maladroit).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc voil&#224;, en direct du &lt;i&gt;Cergy-Tokyo&lt;/i&gt;, le temps de consommer le menu 22 &#224; 12&#8364;90, s&#233;quence twitt de ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2&gt;prol&#233;gom&#232;nes &#224; un accomplissement dans l'art&lt;/h2&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[1]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;j'ai envie de devenir un artiste mais je ne sais pas en quoi&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[2]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;je voudrais apprendre une technique neuve mais rien qu'&#224; moi, le tambour ou un truc comme &#231;a&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[3]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ou je ferais des dessins par terre dans un endroit secret et qui seraient l'explication du reste&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[4]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ou l'art mental de rester immobile devant ce qu'on ne comprend pas, tr&#232;s longtemps c'est pas grave&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[5]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il avait pouss&#233; &#224; son paroxysme l'art de parler des &#233;crivains et artistes comme si ce n'&#233;tait pas cela son art m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[6]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il avait pouss&#233; &#224; son paroxysme l'art de marcher dans la ville sans que nul ne le remarque, il disait : c'est un art exigeant&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[7]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il s'entra&#238;nait &#224; vivre dans des lieux vides, &#224; occuper sans rien d&#233;ranger des lieux habit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[8]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il n'aurait jamais surv&#233;cu sans &#234;tre aussi &#233;crivain dans une autre langue, moins m&#233;connu qu'en sa langue m&#234;me c'en &#233;tait presque vexant&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[9]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;se traduire lui-m&#234;me &#233;tait devenu un exercice &#224; plein temps, longtemps qu'avait cess&#233; le texte initial&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[10]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;jouer du tambour sur les places publiques, toujours &#224; l'aube, mais sans bruit pour ne pas g&#234;ner&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[11]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il avait &#233;crit un livre qui s'appelait simplement &#171; dedans &#187; (c'est vrai en plus)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[12]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il disait qu'en tout art en accomplir seulement et parfaitement les gestes rempla&#231;ait l'art m&#234;me (et il le prouvait)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[13]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;dans son art du tambour, peu savaient en quoi la preuve de sa ma&#238;trise &#233;tait l'absence de tambour&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[14]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il fut aussi artiste en cela que sa tombe n'&#233;tait d&#233;cor&#233;e qu'&#224; l'int&#233;rieur (mais l&#224;, vraiment &#233;crite)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[15]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il &#233;tait l'inventeur d'une p&#233;dagogie singuli&#232;re : pendant un an, n'&#233;crire qu'un seul mot, ensuite on n'&#233;tait vraiment plus pareil&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[16]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il disait qu'un artiste, un vrai, ne se remarquait pas dans la ville : que c'est la ville elle-m&#234;me qui tremblait&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[17]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;c'&#233;tait l'ultime des paradoxes : cette &#339;uvre qu'il avait accomplie sans auteur l'excluait donc de son propre art&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[18]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il continuait d'apprendre : on avait progressivement perdu sa trace, au bord m&#234;me de la ville pourtant&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[19]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;et tous ceux-l&#224; qui criaient fort, se tenant par la main pour ne jamais ouvrir leur rang, la vague ensemble les submergea&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;[20]&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ce n'est pas tant d'&#234;tre seul, qui le peinait : mais comme d'&#234;tre en trop encore, pour devenir vraiment cet artiste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>cendres dispers&#233;es de Julien Gracq</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3660</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3660</guid>
		<dc:date>2013-11-24T08:34:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Gracq, Julien </dc:subject>
		<dc:subject>historicit&#233; du num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>coup de projo</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;tandis que l'Interloire au matin suit le fleuve qu'il regardait&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot575" rel="tag"&gt;historicit&#233; du num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot769" rel="tag"&gt;coup de projo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3660.jpg?1385280260' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
J'ai si souvent pris ce train qui part de Saint-Pierre des Corps le matin &#224; 9 heures et vous laisse 2 heures plus tard &#224; Nantes. On suit la Loire (d'ailleurs le vieux Corail s'appelle l'Interloire, il est soit vide, soit bond&#233; selon l'heure et le sens, servant d'outil de transport quotidien aux gens de Saumur travaillant &#224; Angers ou ceux d'Ancenis &#224; Nantes). Du vivant de Julien Gracq, passer juste devant L'&#206;le Batailleuse et Saint-Florent le Vieil &#233;tait un discret et respectueux salut int&#233;rieur : on traversait son territoire. Comme ensuite, lorsqu'il va vers Le Croisic, le train traverse &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le pays de sa Presqu'&#206;le&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;Julien Gracq est mort, et a demand&#233; que ses cendres soient dispers&#233;es. Tout ce que contenait sa maison a &#233;t&#233; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1478' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vendu aux ench&#232;res&lt;/a&gt;, m&#234;me le petit carton avec une ficelle qu'il accrochait &#224; la porte signalant qu'il &#233;tait parti au journal et au pain. Sa maison est en train de se r&#233;inventer comme lieu culturel (voir leur &lt;a href=&#034;https://maisonjuliengracq.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouveau site&lt;/a&gt;, et meilleurs souhaits &#224; Cathie Barreau qui porte ce projet), mais moi je me souviens du fauteuil, des photographies, de sa t&#233;l&#233; avec le lecteur DVD pour les documentaires d'histoire ou les op&#233;ras. Je regrette aujourd'hui de ne m'&#234;tre pas port&#233; acqu&#233;reur de ce fauteuil o&#249; il faisait asseoir ses invit&#233;s, son fauteuil de lecture, et comment je m'y &#233;tais enfonc&#233; moi qui devait faire une fois et demi son poids, mis en vente pour 150 euros &#224; l'encan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, dans l'aube de Loire, est-ce &#224; cause du colloque Montpellier qui commence &#224; me &lt;i&gt;tarabuster l'entendement&lt;/i&gt;, comme aurait dit Rabelais (jamais entendu Gracq &#233;crire ou t&#233;moigner d'une lecture de Rabelais), d'un texte &#224; faire pour un livre collectif (est-ce que j'aurai le culot de le mettre en ligne d&#232;s qu'&#233;crit, ou est-ce que je dois attendre la parution), ou par le fait m&#234;me d'&#234;tre accueilli &#224; Rez&#233; pour un moment de partage &#224; voix haute (non pas rendre compte de mon Proust, mais partir en impro sur sa d&#233;marche et ses contenus, y compris sa &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3325' class=&#034;spip_in&#034;&gt;n&#233;gation par Gracq&lt;/a&gt;), quelques phrase arrivent sur livre et web...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense beaucoup &#224; Gracq en ce moment, et que finalement sont trop rares les ouvrages &#224; le saluer. Ce sera probablement ma lecture d'hiver, dans la pause de fin d&#233;cembre, tout reprendre chronologiquement depuis &lt;i&gt;Argol&lt;/i&gt;. Pour les traces dans ce site, suivre &#224; droite le &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot112' class=&#034;spip_in&#034;&gt;mot-cl&#233; Julien Gracq&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous la s&#233;rie non pr&#233;m&#233;dit&#233;e de 11 tweets &#233;mis dans la &lt;i&gt;travers&#233;e du territoire Gracq&lt;/i&gt;. Jamais &#233;t&#233; possible depuis cinq ans de prendre l'Interloire, au niveau de Saint-Florent le Vieil, sans penser que le train agite sur le ballast une part minuscule, mais une part quand m&#234;me, des cendres dispers&#233;es de Julien Gracq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;avant dans le train de 8h04 pour Rez&#233; en passant devant chez Julien Gracq je pensais &#224; Gracq, maintenant on roule sur ses cendres dispers&#233;es&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;penser que le livre n'aurait &#233;t&#233; que la haute, belle et singuli&#232;re trace d'atteindre &#224; l'Internet avant l'existence technique du web&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;penser le web d'aujourd'hui comme le livre de ces premiers instants dans un appartement neuf avec tous ces travaux &#224; faire&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;ou le livre num&#233;rique par rapport au web comme livre se regarder dans le petit miroir rapport&#233; de la maison d'avant, et un peu jauni&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;les &#233;critures &#233;taient belles, ambitieuses et vastes, mais il leur manquait l'outil de publication qui les visse &#224; leur temps&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;prendre un roman entier de Dosto&#239;evski ou Stendhal et le publier en blog respectant leur fragmentation g&#233;n&#233;tique du continu&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;le livre &#233;tait un univers de r&#233;tention magnifique avant que surgisse la dispersion imm&#233;diate de l'&#233;crit dense&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;quand la #BNF daignera num&#233;riser ses manuscrits de Gracq au lieu de s'emp&#234;trer dans #ReLIRE : quel blog magnifique c'&#233;tait&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;rouler en train sur les cendres dispers&#233;es de Julien Gracq prouvant que nature &#233;ph&#233;m&#232;re du web n'est pas diff&#233;rente : sites et livres durent&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;rouler en train sur les cendres dispers&#233;es de Julien Gracq homoth&#233;tique au tweet qui l'&#233;nonce (en cet instant je fais les deux)&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;i&gt;le salon d&#233;truit du vieux Gracq avec sa t&#233;l&#233; ses DVD son journal ses photos calendriers courrier sa casquette &#233;tait un site web magnifique&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ensuite le train a continu&#233;, mais j'ai arr&#234;t&#233; de twitter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>tunnel des &#233;critures &#233;tranges | fabrication des hommes squelettes</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3439</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3439</guid>
		<dc:date>2013-03-13T06:34:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>r&#234;ves et bizarre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;on perfectionnait de plus en plus le mod&#232;le de l'homme dans le travail moderne&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot251" rel="tag"&gt;r&#234;ves et bizarre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3439.jpg?1363156321' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il m'avait &#233;t&#233; donn&#233; d'assister &#224; la fabrication des hommes squelettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait encore un proc&#233;d&#233; de laboratoire, qu'on ne passait que progressivement en production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, c'&#233;tait un grand et vaste b&#226;timent, aux multiples fen&#234;tres, et de nombreuses et discr&#232;tes silhouettes. Je n'avais pu rentrer. On m'avait mis en face, mais en me disant que ce ne serait pas g&#234;nant, que je verrais tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on apercevait les volontaires venir et s'asseoir, un peu rigides, le dos bien droit, comme au coiffeur ou chez le dentiste. Et puis ce grand tuyau noir qu'on utilisait pour la collecte des donn&#233;es personnelles et des apprentissages acquis, en fonction des t&#226;ches et sp&#233;cialit&#233;s, localisations g&#233;ographiques et go&#251;t particulier pour tel ou tel emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le squelette visualisait le transfert. Une illumination faible gagnait progressivement l'ensemble de ses &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se pr&#233;occupait de la t&#234;te aussi : avoir lu les bons articles de journaux, avoir vu les bonnes vid&#233;os, avoir son opinion acquise sur les grands &#233;v&#233;nements de la semaine, et m&#234;me acheter un livre, genre polar vous voyez, ou ces grands r&#234;ves insipides qu'on d&#233;potait en pile dans les gares, pourvu qu'il ait bonne trogne, l'auteur au rasage soigneusement n&#233;glig&#233;, et th&#232;me r&#233;sumable en une ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors il &#233;tait pr&#234;t, le squelette. On le rhabillait, on l'installait dans les bureaux, case apr&#232;s case.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait bien soign&#233; la programmation, que des op&#233;ratrices suivaient depuis le b&#226;timent central, et leurs ordinateurs discrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'avait aussi emmen&#233; voir les produits finis, et tout ce qu'ils &#233;taient capables d'achever comme t&#226;ches monotones, qui nous barbaient, nous autres, qui retournions progressivement &#224; notre rien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/001-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/002-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/003-3.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/004-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/005-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3849 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3850 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/007-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3851 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/008-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3852 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/009-2.jpg?1363156386' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>nous marchions dedans la roue</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3320</link>
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		<dc:date>2013-01-08T18:55:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;toute ressemblance avec l'&#233;dition num&#233;rique ne saurait &#234;tre qu'arbitraire&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot238" rel="tag"&gt;&#233;crivain, un m&#233;tier ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3320.jpg?1357670786' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;taient des temps sombres. Nous marchions dedans la roue. Nous marchions depuis si longtemps dans la roue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La roue &#233;tait faite pour qu'on y marche : les planches de bois recevaient des traverses o&#249; on posait le pied, &#224; mesure que devant soi on avan&#231;ait la roue tournait, et on pouvait &#234;tre deux hommes, m&#234;me trois l&#224;-dedans, alors on mettait les deux bras sur les &#233;paules de qui vous pr&#233;c&#233;dait, la corde sur le treuil lentement remontait, hissait sa charge de pierres, ou de bois, ou de ce qu'il nous fallait du monde d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous habitions ces hauteurs de pierre grise et sombre sur les &#233;tendues de mer. La lumi&#232;re que captait les pierres &#233;tait belle. On m&#233;ditait, on lisait. On &#233;crivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher dans la roue &#233;tait l'obligation qui permettait tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t que dans le monde d'en bas c'en &#233;tait fini des livres, et de la lumi&#232;re, et du m&#233;diter aussi. Du monde d'en bas nous provenait ce bruit, au lointain. Nous marchions dans la roue non plus pour en monter les pierres, le bois et ce qu'il nous fallait, mais simplement le tenir &#224; distance, le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait bien : qu'on arr&#234;te quelques semaines, &#224; cause de la pluie, et du vent, ou du froid (et comme tout du vieux ciel rentrait par l'ouverture devant la roue), et le monde &#224; nouveau s'&#233;tait rapproch&#233; pour nous avaler. Alors on s'y remettait, &#224; trois, chacun les bras sur les &#233;paules de celui tout devant, pour monter, monter, et la roue tournait doucement &#8211; et on maintenait le monde d'en bas dans sa bonne distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous marchions dedans la roue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;version provisoire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_3664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/roue_01.jpg?1357670340' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3665 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/roue_02.jpg?1357670341' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3666 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/roue_03.jpg?1357670341' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/roue_last.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/roue_last.jpg?1357670341' width='500' height='256' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>tunnel des &#233;critures &#233;tranges | fin du culte des livres</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3109</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3109</guid>
		<dc:date>2010-08-10T08:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;d'une &#233;ventuelle non-p&#233;rennit&#233; de ce qui nous habite de signes et de mots&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3109.jpg?1352734052' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Premi&#232;re passe &#233;crite en avril 2009, sur mon site d'exp&#233;rimentation anonyme de cette &#233;poque-l&#224;, &lt;a href=&#034;http://habakuk.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Habakuk&lt;/a&gt;, repris une premi&#232;re fois dans le choc de l'arriv&#233;e Qu&#233;bec, en octobre 2009. Et deuxi&#232;me passe &#233;crite dans le choc sym&#233;trique du retour. Le d&#233;sarroi o&#249; on est : un camion vous a livr&#233; vos caisses de livres, ils s'effritent dans vos mains &#8211; quelque chose a bascul&#233;, mais cette bascule qui vous emporte pourrait emporter le monde. &lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est fini, nous n'en avions plus besoin. Nous marchions dans la nuit, yeux &#233;carquill&#233;s, mains &#224; t&#226;tons, mais dans nos cris et nos appels, et nos &#233;merveillements, les langues se r&#233;pondaient, les langues s'accumulaient, les langues se h&#233;rissaient jusqu'&#224; ces cr&#234;tes dures dont alors chacun se faisait porteur et repassait &#224; l'autre : ce que nous nommions litt&#233;rature est-ce que &#231;'avait jamais &#233;t&#233; autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'avez-vous fait de vos livres perdus, de vos livres lus ? Ils sont dans le bruissement terne des jours, ils sont cette lueur au fond par quoi on marche et traverse. Qu'avez-vous fait des premi&#232;res lectures, et de la nuit ouverte : on ne s'en remettait pas. Qu'avez-vous fait de la liste int&#233;grale des titres pour chacun &#224; reconqu&#233;rir : et tout ce qu'on a parcouru, croyez-vous que vous en &#234;tes sans vous mettre en qu&#234;te le parfait d&#233;positaire ? Et ceux qui n'ont pas dans le fond du corps, dans la cage de poitrine, cette liste compl&#232;te, avec les premiers livres, et les &#233;merveillements d'images, et le frisson des r&#233;cits, et la transgression du po&#232;me, ils portent quoi, dans leur cage corps ? Les livres nous ont rong&#233; dedans, on est plus libre, et fragile, de ce vide dans les os et le cuir, il vous sert de bou&#233;e, le dehors y rebondit comme balle sur ciment (je n'aime pas les comme). On s'est d&#233;barrass&#233;, nous, des livres, par les lire. Les histoires seules encore ricanent, le grand rire de celui qui lit un livre, accroupi sur un trottoir, et l'autre sait qu'il a retrouv&#233; la traduction des &#233;crits du Quichotte. Et celui qui d&#233;crit la ville souterraine, ses cours et ses salles, o&#249; il n'y a plus de temps et qu'on est immortel, il ne nous &#233;vide pas dedans comme on sait que sont ces statues dress&#233;es contre l'ordre du monde ? Faire la liste de ses livres perdus, faire la liste de ces livres oubli&#233;s, quand il n'y a plus qu'une sc&#232;ne, un d&#233;tail, une frange ombr&#233;e sur un visage ou le rauque d'une voix, ou un paysage qui filait si vite dans la phrase qu'on ne sait plus, ensuite, s'il venait de la vie r&#233;elle ou d'un r&#234;ve, mais bien s&#251;r pr&#233;existait au livre : il n'avait fait que le d&#233;busquer, vous aider &#224; le retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait fini, on ouvrait les mains et on touchait le monde, on courait et on s'arr&#234;tait devant le vide, et les chanteurs nous disaient, et nous recueillions leurs dires et leurs chants, et les mains tendues devant nous ces chants et cris et r&#233;cits on les pousse au-devant de nous en vagues : plus besoin de les mettre en conserve, &#224; tout jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les grandes oeuvres monde, celles qui vous portent un monde et le remplacent, et si le livre est trop court on le relira chaque ann&#233;e. De quels livres diriez-vous qu'ils sont vous-m&#234;mes ? Et est-ce que c'est fini, ce temps-l&#224;, qu'avons-nous tu&#233; &#224; sans cesse d&#233;faire et refaire, que cela circule, &#244; nouveaut&#233;s, et le rythme des articles qui vous d&#233;crivent ce qu'il faut lire mais que bien s&#251;r il n'y a plus besoin de lire ? Une biblioth&#232;que tient dans une poche, c'est le Montaigne que vous y aviez lors de cette nuit sans dormir dans le train, c'est le Rimbaud qui portera pour toujours l'odeur des cours de Prague et le go&#251;t de sa bi&#232;re, c'est l'&#233;closion &#224; Proust ou l'enclume Faulkner, et l'incendie Dostoievski, le go&#251;t qu'ils laissent, ses personnages. On tenait &#231;a dans une poche des mois et dans sa t&#234;te ensuite : qu'avons-nous fait de nous-m&#234;me biblioth&#232;que ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Empile, accumule, tout est l&#224; &#224; loisir, et les &#233;ventaires en gondoles et les grandes publicit&#233;s : c'est du petit temps qu'on vend &#224; la place du grand temps, c'est un artisanat, une industrie, et non plus le cri retenu des fauves qui y meurent et croupissent &#8211; il en existe encore, de tels ? Et sont-ils seulement dans les livres ? J'ai cru, de longues ann&#233;es de ma vie, qu'un livre en poche on partait &#224; l'autre bout du monde. J'ai arpent&#233; des montagnes, j'ai touch&#233; le Tibet et d'autres cimes, j'apprenais &lt;i&gt;Anabase&lt;/i&gt;, et c'&#233;tait devenu si facile, l'aventure annuelle de consciencieux employ&#233;s de mairie, photographes amateurs. J'ai mont&#233; boutique, ne voulais vendre que ce qui me convenait, et la boutique est morte, crev&#233;e : on m'y avait laiss&#233; seul, et de la ville, indiff&#233;rente et grise, je n'entendais que le bruit des voitures au feu rouge, j'en pouvais anticiper le rythme. On m'a dit que j'avais mal choisi l'endroit : mais il est o&#249;, le lieu parfait des livres ? J'en ai visit&#233;, de ces mondes. Une grange suffit, pr&#232;s d'une &#233;cluse, o&#249; accumuler tout ce qu'on souhaite, et pourvu qu'on vende un peu, on aura toujours de quoi vivre : mais cela ressemblait trop, pour moi, &#224; l'art des jardins &#224; l&#233;gumes. Alors faire ses heures, am&#233;nager ses tables, glisser dans le monde attendu ce qui en est l'&#233;clat ou l'&#233;pine, n'y appartiendra pas, et qu'une main aura pris, le soir, sans m&#234;me que vous ayez rep&#233;r&#233;, jeune ou pas, femme ou homme ou qui, l'acheteur et ce qui adviendra pour elle ou lui de la rencontre. Qu'avons-nous fait des livres : les publicit&#233;s de voiture prennent tant plus de place, et les grands &#233;crans de t&#233;l&#233;vision, &#224; y faire rentrer votre maison dedans plut&#244;t que l'inverse, qu'avons-nous fait de nos propres lectures : il aurait suffi de si peu d'histoires, pourvu qu'on sache &#8211; nous &#8211; s'en saisir et raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit &#233;tait bien plus noire, le monde &#233;tait bien plus froid. Les guerres hurlaient tout pr&#232;s tandis qu'on avan&#231;ait : et men&#233;es parfois en notre nom, et d'autres fois nous-m&#234;mes saisis dans l'horreur &#8211; ah non, rien de glorieux dans le pauvre destin de l'homme. Pour combien de temps, nous demandions-nous, combien de notre pauvre temps ? Et continuer dans cette bourbe, &#234;tre pris dans leurs chemins fourbes ? Et la beaut&#233; pourtant, et ce qu'on trouvait encore &#224; chuchoter, et ce qu'on avait en m&#233;moire de tous les mots, de toutes les phrases. Regarde : nous levions-nos mains, et toute la biblioth&#232;que du monde et des temps apparaissant, devenait d&#233;ni &#224; ces guerres et &#224; cette bourbe, mais notre impuissance disais-tu, notre impuissance &#8211; se lever, se lever et marcher, et rien plus de mots que ce nous en pouvions porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait comment, la premi&#232;re fois qu'on avait lu ce livre, l'odeur de l'air, le bruissement dans les arbres ou l'&#233;cho sur la mer, et quelle heure du jour et quelles voix amies on retrouverait ensuite, ou la d&#233;coupe ocre d'une ville dans la hauteur et c'est l&#224; qu'au soir on rouvrirait le conte noir. J'ai tant aim&#233; le fantastique, j'ai tant aim&#233; le myst&#232;re, et la tension et la peur m&#234;me dans les livres. J'ai tant aim&#233; qu'on y d&#233;cortique, qu'on y moque, et l'&#233;lan des phrases qui arrachent avec elle toute une peau du monde et s'en rev&#234;tent, vous regardent avec leurs yeux de morts (cet oripeau du monde est sur elles une sculpture, sculpture habill&#233;e dirait le vieux grin&#231;ant Schopenhaueur, et dedans les mots sont vides, ils sont des trous qui vous regardent). On est habit&#233; de ces phrases et de ces mots. Comme on se sent fort parfois, et m&#234;me dans le d&#233;dain ou l'insulte, &#224; savoir en soi les yeux de morts des mots recouverts d'oripeaux monde, dans votre cage d'os et cuir et le grand vide qui vous all&#232;ge en dedans, et qu'ils le regardent, celui qui vous fait face et n'a rien connu de l'&#233;merveillement du Meaulnes, ne sait rien du chant invaincu de Baudelaire en or et vert, ne s'est pas risqu&#233; aux vieilles col&#232;res des anciens, et n'a pas arm&#233; son corps en dedans des tiges et tringles de la cadence dans la prose. Faites-la, dressez-la, la liste de vos livres, et commencez par les livres qu'on a eu et perdus, puis les livres de toutes premi&#232;res fois &#224; tout &#226;ge, puis les livres qui ont aid&#233; dans les d&#233;rives et les passes noires, et les d&#233;couvertes de hasard, les achats d'impulsion, les livres lus puis oubli&#233;s, les livres lus chez des amis et qu'on y a laiss&#233;s, les d&#233;couvertes et surprises, les heures &#224; telle table dans cette biblioth&#232;que o&#249; vous alliez, et les livres dans tel voyage, et les livres dans telle maison. Et voil&#224;, c'est devenu quoi ? Prof&#233;ration, prof&#233;ration concernant ce qu'on a fait de nos livres : et c'est irr&#233;versible ? Oui, bien s&#251;r. Et c'est perdu ? Oui, bien s&#251;r. Mais l'histoire, et le conte, et dans le nom Edgar Poe le balancier du puits et du pendule, et dans le nom Franz Kafka le vomi sur la machine de la colonie p&#233;nitentiaire ou le creusement du terrier, et dans tous les noms que vous portez, ce qu'il y a de l'aventure des guerriers, des navigateurs, des chercheurs et inventeurs, et si c'est nous maintenant il en est de quelle l&#233;gende &#224; construire et de quels murs &#224; briser, et ce que nous gravons au couteau dans le b&#233;ton de la ville c'est pour quelle trace, et nous l'enregistrons comment, &#224; quelle biblioth&#232;que fragile de machines vaines nous l'abandonnons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avions plus besoin des livres, affirmais-tu : ce dont on a besoin c'est de dire cela, qui est devant, de s'y hisser de toute la force des temps et de ceux qui affront&#232;rent m&#234;me nuit &#8211; tu savais bien les noms, tu savais bien les morts. Nous avions &#224; &#233;crire, peindre, sculpter, d&#233;chirer, heurter, crier : et l'art du r&#234;ve m&#234;me devenait notre guerre, et notre m&#233;moire un devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prof&#233;ration, prof&#233;ration pour porter encore, et porter ensemble, le regard mort des mots quand rev&#234;tus des oripeaux du monde et que c'est cela qu'on porte soi, qu'on n'a m&#234;me plus de parole, et plus rien que la langue de tous, et qu'elle fut de tout temps et de tout langage, qu'elle s'assembla dans un monde qui tenait dans la poche, et que la poche maintenant est trou&#233;e : les voitures s'en vont au feu rouge, une musique s'&#233;loigne qui n'est pas la v&#244;tre, le monde pue, qui oublie qu'on l'imagine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avions plus besoin de livre, maintenant il s'&#233;crivait partout, maintenant nous l'&#233;crivions nous. Et c'&#233;tait tellement plus difficile, maintenant : mais ce n'&#233;tait pas ce qu'ils avaient fait du monde, le difficile ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>je les ai enterr&#233;s dans le jardin</title>
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		<dc:date>2010-07-18T08:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;un ordinateur mort emporte quoi de vous ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;du web comme &#233;nigme &amp; all&#233;gorie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton3110.jpg?1352734053' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je les ai enterr&#233;s dans le jardin. Nos pi&#232;ces &#224; vivre, sinon, deviennent un &#233;trange mus&#233;e de l'informatique &#224; bas prix. Des c&#226;bles dont on ne sait plus &#224; quoi on les brancherait, des interfaces, des syst&#232;mes pour mettre en parall&#232;le les prises ethernet, ce graveur de CD-ROM qui nous avait sembl&#233; une telle merveille, le premier scanner tellement plus &#233;pais que les feuilles qu'il accueillait, une mini-imprimante auto-aliment&#233;e, un disque dur coinc&#233; et on a gard&#233; le vieux, des bo&#238;tes de disquettes qu'on ne saurait plus lire, l'inventaire est triste, la place que tout cela prend un terne amas de plastique. Claviers auxquels la touche E avait fini par manquer, les sacs bandouli&#232;res m&#234;me. Comment se serait-on acclimat&#233;s si rapidement &#224; l'id&#233;e que tout cela ne durait qu'une paire d'ann&#233;es et puis au revoir, &#231;a avait &#233;volu&#233; tellement vite. Les bo&#238;tiers de disques avec des logiciels, des sauvegardes si bien sauvegard&#233;es qu'elles nous resteront opaques. On se souvient du &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/arch/00_Azerty.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premier ordinateur&lt;/a&gt;, l'Atari 1040 achet&#233; par correspondance en 1988, et se souvenir encore de l'odeur au sortir du carton : celui-ci avait &#233;t&#233; barbot&#233; &#224; Montpellier, &#224; la Boutique d'&#233;criture o&#249; il finissait une retraite heureuse. Le Mac qui l'avait remplac&#233;, mon premier, un PowerBook 145 lourdingue, avec petit &#233;cran noire et blanc, il avait pris feu une fois, c&#244;t&#233; transfo d'alimentation &#8211; probablement qu'il red&#233;marrerait, mais ce qu'il a sur son disque dur qu'il le garde. Quarante-cinq m&#233;ga-octets, le disque dur, et je l'avais appel&#233; &lt;i&gt;Oc&#233;an&lt;/i&gt;, c'&#233;tait en 1993. Puis d'autres. Ces machines craquent souvent par la p&#233;riph&#233;rie, les prises, les &#233;crans. Celui-ci non, c'est la carte-m&#232;re : la changer aurait co&#251;t&#233; aussi cher que le neuf qu'on s'&#233;tait procur&#233;. Et pour tous ceux rest&#233;s-l&#224; dans le fond d'armoire, combien revendus, qu'on a vus partir sous un bras ami dans une gare. Je sais que &#231;a se recycle. Il y a ces photos horribles d'enfants, en Inde, ou Chine, ou Afrique, accroupi sur des montagnes de mercure, plomb et autres poisons. On d&#233;mant&#232;le, on trie, on renvoie en fonderie, en broyeur, on amalgame &#231;a au goudron des routes, au soubassement souple des trains rapides, aux pare-chocs d&#233;formables des voitures, tant mieux. Si &#231;a ne console pas du g&#226;chis, on le vit moins mal. Les animaux domestiques on les enterre dans le jardin : pour ce qu'ils gardent de nous-m&#234;mes, ou l'illusion qu'on se fait de ce qu'ils en gardent ? &#192; plus de soixante kilos, on doit incin&#233;rer, je me suis beaucoup renseign&#233;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article321&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une p&#233;riode, sur tout cela&lt;/a&gt;. Qu'est-ce qu'ils gardent des heures en partage, nos ordinateurs, le grincement dans la nuit du nouveau graveur de CD, le chuintement du scanner la premi&#232;re fois qu'on y r&#233;cup&#233;rait sans la redactylographier la page d'un livre, et les r&#233;cits, les livres qui nous ont tenus un an ou dix ans, puisque alors on n'imaginait pas que l'ordinateur en soit aussi le terme et la vie, du texte en cours de fabrique ? Ou les lettres, les e-mails, les dossiers et projets qu'on n'a pas aboutis, les sc&#233;narios refoul&#233;s parce qu'on n'a jamais &#233;t&#233; capables de faire assez simple &#8211; non, je n'envoie pas &#224; la benne. C'est comme &#231;a, aujourd'hui : les livres qui m'encombrent, ces livres neufs qu'on m'envoie parce qu'eux qui les &#233;crivent y voient encore une gloire, au lieu d'un coup manqu&#233; &#8211; qui simplement s'est tromp&#233; de temps &#8211;, je n'ai pas de remords &#224; les &#233;vacuer. La place m'est vitale, l'air m'est vital. La machine neuve est toute petite, mais incroyablement rapide. &#192; peine si je la regarde pour &#233;crire, et j'&#233;cris sans trace, directement sur &lt;a href=&#034;http://www.friche.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un serveur, l&#224;-bas&lt;/a&gt;, dans le haut du Canada, lou&#233; pour cinq ans (six cents giga-octets pour cent cinquante dollars, voil&#224; mon pays d'&#233;criture). J'ai rassembl&#233; mes ordinateurs morts, et puis le scanner, et le vieux graveur de CD-ROM, et l'imprimante miniature, et le hub Ethernet et plein d'autres bricoles encore, plus les c&#226;bles. J'ai creus&#233; &#224; la b&#234;che un trou dans le jardin, mis au fond une b&#226;che, les ai pos&#233;s et recouverts, puis j'ai rebouch&#233; le trou. On faisait comme &#231;a pour les hommes, avant de les br&#251;ler : &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503274/l-enterrement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur cela aussi&lt;/a&gt;, je me suis document&#233;, je l'ai lu dans les lettres de Flaubert (enterrant sa soeur, quand le cercueil trop petit coince en biais dans la fosse, et qu'un des croque-morts donne un coup de pied sur la t&#234;te pour que &#231;a rentre), dans les Fr&#232;res Karamazov (la silhouette du p&#232;re, pench&#233;e &#224; l'oblique, pour l'enterrement d'Allioucha). La terre d'&#233;t&#233; est s&#232;che et dure, mes mains peu habitu&#233;es &#224; la b&#234;che : &#224; l'ordinateur, on ne se fait plus de callosit&#233;s. J'ai remis les touffes d'herbe, dure et mit&#233;e aussi dans l'&#233;t&#233;. On ne le voit m&#234;me plus, le trou. Je sais que tout est l&#224;. Dans la pi&#232;ce vide enfin je recommence d'&#233;crire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>du droit d'encombrer l'espace num&#233;rique</title>
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		<dc:date>2009-01-25T09:18:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;50 | la place de la litt&#233;rature dans les centres de donn&#233;es est-elle un danger pour l'esp&#232;ce ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1634.jpg?1352732622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; maintenant qu'on nous disait : vous prenez trop de place. Ou bien : &#171; Vous &#233;crivez trop, vous &#233;crivez pour rien, on n'arrive m&#234;me plus &#224; tout lire &#187; (ou la variante : &#8211; Et tu n'as m&#234;me plus un roman en cours ?, ou encore &#8211; Mais tu passes tout ton temps &#224; &#231;a, ou quoi ?)... Comme si les livres n'en prenaient pas, de la place et de la place, et que les imprimeries n'en mangeaient pas, de l'&#233;nergie, et des broyeuses pour broyer les pilonn&#233;s, de l'acide pour blanchir le broy&#233;, de la m&#233;lasse pour recomposer la p&#226;te &#224; papier qu'on renverrait sous les rouleaux d'encre des nouveaut&#233;s bient&#244;t recycl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux venaient de recevoir une aide massive de l'&#201;tat : 18 000 ch&#244;meurs en moins seraient cens&#233;s, &lt;a href=&#034;http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/communiq/albanel/artegp230109.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il l'avait dit sans rire, le pr&#233;sident&lt;/a&gt; et eux tous la presse graiss&#233;e de s'incliner en tendant la main, 18 000 de nos pauvres qui porteraient sur subside national les derni&#232;res nouvelles et n&#233;crologies et viols avec photographies de votre canton dans votre bo&#238;te aux lettres. Alors ils disaient quoi, les journaux : &#231;a consomme trop, les centres de donn&#233;es. Cherchez dans Google le nombre d'articles concernant l'&#233;nergie que consomme la requ&#234;te que vous venez de faire dans Google. On donne des chiffres, &#231;a fait scientifique, je cite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les 7 millions de centres de donn&#233;es recens&#233;s dans les pays de l'Union europ&#233;enne consommeraient, chaque ann&#233;e, 40 milliards de kilowattheures, soit l'&#233;quivalent de l'&#233;nergie utilis&#233;e annuellement par une grande agglom&#233;ration fran&#231;aise pour son &#233;clairage public&#8230; &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/24/les-centres-de-donnees-de-plus-en-plus-gourmands-en-energie_1146015_3244.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde, 24 janvier 2009, 18h15&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, il y en a combien, de grandes agglom&#233;rations fran&#231;aises, qui pourraient baisser leur &#233;clairage public de 10 ou 20% au lieu de nous polluer la vue des &#233;toiles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'est-ce qui transite, dans les bases de donn&#233;es : la pub dont ils vivent, allez 30% d'&#233;nergie en moins. Leurs lettres et requ&#234;tes pour vendre, abonner, allez, 15% d'&#233;nergie en moins. Les contraintes d'archivages &#233;rig&#233;es par la loi, o&#249; vous &#234;tes all&#233;, ce que vous avez regard&#233;, qui s'est connect&#233;, allez, 35% d'&#233;nergie en moins. Et puis les autres : bien forc&#233;s d'en parler dans un coin de l'article, les banques ont les plus gros centres de donn&#233;es (on ne parle pas des militaires). Traitement des millions qu'ils jouent au poker menteur dans leurs esbroufes de march&#233;, rien &#8211; eux aussi, et m&#234;me eux d'abord, les journaux passent apr&#232;s &#8211; que pour se faire subventionner et gras, ou bien comment les banques, du Luxembourg &#224; Singapour et retour via Ca&#239;man, font tourner leurs avoirs en sens inverse des aiguilles de la montre pour jouer de la tr&#233;sorerie et des taux, &#231;a en mange combien, de kilowattheures ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, non, ce n'est pas s&#233;rieux. Dire que ces billets qui sont ma fa&#231;on, le matin, de reprendre pied dans les tas de livres qui encombrent ma petite pi&#232;ce, et de regarder par la petite lucarne ce qui se passe au-dehors, si &#231;a encombre le grand flux des donn&#233;es, &#231;a ne compte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait reconverti des usines au bord des fleuves : combien avons-nous d'usines au bord des fleuves, o&#249; sont aussi maintenant les centrales, qui les utilisent pour leur refroidissement : d'anciennes aci&#233;ries avaient &#233;t&#233; reconverties en centres de donn&#233;es, avec radiateurs hydrauliques pour baisser la temp&#233;rature des semi-conducteurs. On &#233;voluerait bien s&#251;r tr&#232;s vite vers les nano-technologies et l'hyper-froid. En attendant, on r&#233;fl&#233;chissait aussi &#224; la reconversion de plate-formes p&#233;troli&#232;res : de combien on en disposait, pos&#233;es sur leurs grandes jambes au-dessus de forages d&#233;j&#224; &#233;puis&#233;s, de la mer du Nord &#224; l'Arctique ? Conditions id&#233;ales. Les c&#226;bles sous-marins existaient d&#233;j&#224;, doubl&#233;s de fibres optiques. Google, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; poser des conteneurs tout emplis de serveurs sur une s&#233;rie d'anciennes plate-formes russes. Non seulement refroidissement garanti, mais on utilisait l'&#233;nergie de surface (les vagues) et l'&#233;nergie de fond (balancier) pour alimenter en &#233;lectricit&#233; les serveurs : ces plate-formes &#233;taient r&#233;ellement autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article le mentionnait : &#171; Google affirme avoir investi 45 millions de dollars dans les &#233;nergies renouvelables, et a m&#234;me d&#233;pos&#233; un brevet pour pouvoir installer des centres informatiques aliment&#233;s par l'&#233;nergie des vagues et refroidis par l'eau de mer sur des plates-formes flottantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On allait donc progressivement r&#233;gler aussi le probl&#232;me de la m&#233;moire. Ces plate-formes autonomes en &#233;nergie infiniment renouvelables, on pouvait les laisser d&#233;river. Nul ne solliciterait plus leurs donn&#233;es, mais elles en constitueraient l'id&#233;al archivage. Facile, lorsqu'on chercherait tel ancien renseignement, puisque cela constituait d&#233;sormais l'ensemble de notre m&#233;moire humaine, pour le temps qui nous restait conc&#233;d&#233; avant &#233;puisement de la plan&#232;te, ou que nos affrontements int&#233;rieurs r&#232;glent la question plus vite encore, de localiser o&#249; naviguait le caisson de donn&#233;es, et s'y rebrancher par satellite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autres perspectives m&#234;me se faisaient jour : on laissait les caissons hors alimentation. Ils couleraient progressivement dans les grands fonds. On pouvait cependant imaginer de les laisser &#233;quip&#233;s d'une simple balise de d&#233;tection &#224; tr&#232;s longue dur&#233;e de vie (quelques milligrammes d'un isotope quelconque de plutonium, nos centrales en recrachaient &#224; ne pas savoir qu'en faire). Ainsi comme ainsi, dispers&#233;s dans le fond des mers, prot&#233;g&#233;s de nos propres atteintes, et qu'il suffirait de r&#233;activer si souhait&#233;, l'ensemble de ces textes : une combinaison pr&#233;cise et infime de codes num&#233;riques auto-proclam&#233;s &lt;i&gt;litt&#233;rature&lt;/i&gt;, dans l'oc&#233;an des m&#233;moires inutiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/offshore.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/offshore.jpg?1232874990' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;Photographies : plate-formes offshore reconverties en centres de donn&#233;es d&#233;rivant, collection personnelle du temps de &lt;i&gt;Tumulte&lt;/i&gt; &#171; suite offshore &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article11&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article16&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article57&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, (4 supprim&#233;), &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/livres/tumulte/spip.php?article106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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