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	<title>le tiers livre, web &amp; litt&#233;rature</title>
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	<description>web &amp; litt&#233;rature, &#233;dition num&#233;rique, ateliers d'&#233;criture &amp; vid&#233;o-journal</description>
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		<title>annonces concernant la culture</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire, histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Tacheau, Olivier </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;et la cr&#233;ation d'un mus&#233;e de l'histoire de France vue par ses habitants m&#234;mes&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot539" rel="tag"&gt;Tacheau, Olivier &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1603.jpg?1479626643' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un mus&#233;e de l'histoire de France, voil&#224; l'annonce faite ce matin. Mais surtout cette id&#233;e tr&#232;s neuve, qui vaudra pour la suite des jours et des temps, mus&#233;e que chacun &#233;tait invit&#233; &#224; prolonger, et voil&#224; qui donnait toute une perspective &#224; la reconversion des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs ann&#233;es, on a voulu sauver. Anciennes usines, maisons o&#249; avait v&#233;cu telle personnalit&#233; locale ou nationale, &#233;crivain ou collectionneur (de tableaux, de voitures), vieux couvents rest&#233;s vides si longtemps, mais aussi ces grandes constructions faites autrefois pour la justice, pour l'arm&#233;e et son mat&#233;riel (on avait des fait des mus&#233;es du char, des mus&#233;es de la marine, des mus&#233;es du v&#234;tement militaire, de la vie de caserne au XX&#232;me si&#232;cle), tout &#233;tait devenu mus&#233;e : ce qui posait deux probl&#232;mes, celui du public, celui de l'entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'avait vu pour les th&#233;&#226;tres : quels cris, &#224; chaque fois qu'on avait dit que tel th&#233;&#226;tre, o&#249; malgr&#233; les subventions les salles restaient vides, ne justifiaient pas forc&#233;ment le maintien de l'&#233;quipement. Depuis si longtemps ils s'&#233;taient clos sur eux-m&#234;mes, se jouant leurs pi&#232;ces aux uns aux autres. On avait fini par garder des th&#233;&#226;tres vides, avec des reconstitutions en relief des pi&#232;ces jou&#233;es, des expositions dans les couloirs, le hall, les loges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les usines, on les convertissait en lieux dits culturels : cela se pr&#234;tait si bien &#224; la m&#234;me chose, performances, installations, projections, salles de r&#233;p&#233;tition en vue de cr&#233;ation future. Mais les usines fermaient plus vite qu'on ne pouvait multiplier ces transformations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'&#233;tait amplifi&#233;, on l'avait appel&#233; le &lt;i&gt;tertiaire de la culture&lt;/i&gt;, parce que maintenant c'&#233;taient principalement d'anciens b&#226;timents de service, de bureaux, qu'il fallait r&#233;employer. Pour chaque mutation administrative vers le num&#233;rique, combien de fen&#234;tres s'&#233;teignaient ? Et les nouveaux b&#226;timents de gestion, en bord des villes, avec parking, salles de musculation et de d&#233;tente, parkings am&#233;nag&#233;s, calme et lumi&#232;re, cha&#238;ne du froid pour la cantine, &#233;taient bien plus rationnels, encombraient moins la vieille surface de la terre. Construire &#233;tait essentiel, avait-on pr&#233;tendu longtemps : tout le monde y trouvait son compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors d&#233;molir, installer des parcs, des espaces verts ? On ne faisait plus que marcher au long des arbres, dans les vieux centre-villes. Installer des espaces commerciaux ? Ils fermaient eux aussi. Des mus&#233;es ? On en avait pour la fa&#239;ence, l'horlogerie, les bonbonni&#232;res, l'histoire naturelle. Pour &#233;duquer, mieux valait quand m&#234;me apprendre &#224; consid&#233;rer le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait eu cette id&#233;e : l'important, c'&#233;tait la trace. Ces journaux personnels sur Internet, ces pages avec votre photo et vos recettes de cuisine pendant la grande mode des r&#233;seaux sociaux, avaient induit cette belle id&#233;e : remettre &#224; la collectivit&#233; ce qui, de fait, lui appartenait. Et pas de ces &#233;crans qui ne conservaient rien, maintenant que m&#234;me les morts on les br&#251;lait (o&#249; les aurait-on mis, sinon : tout Michaux tenait dans une urne &#8211; je sais, je l'ai tenue). Non, une simple et belle vitrine, et quiconque &#233;tait citoyen de la ville pouvait solliciter la sienne : la place ne manquait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi y placer ? Mais ce que vous voulez : simplement, ce que vous voulez. On vous attribuait un espace non virtuel, occupez-le comme vous occupiez, au temps de la mode virtuelle, ces espaces qu'on disait personnels. Objets, si vous voulez. Textes ou musique, si vous voulez. Photographies choisies, ou un seul autoportrait : si vous voulez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On venait s'y promener le dimanche. Certaines vitrines &#233;taient tr&#232;s gaies, on restait amuseur pour l'&#233;ternit&#233;. On avait conscience d'avoir invent&#233; bien mieux que les anciens mus&#233;es, qu'on fermait maintenant comme on avait ferm&#233; les biblioth&#232;ques, les th&#233;&#226;tres : la vie de tous les jours, et bien mieux qu'un buste d'empereur romain, ce qui &#233;tait le symbole de vous-m&#234;me &#224; jamais. Les villes &#233;taient devenues &#8211; enfin &#8211; notre m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je vous redonne le code d'acc&#232;s de ma vitrine, entrer sur les bornes &#224; disposition public C224-A42B-F355G.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>m&#233;thodes am&#233;ricaines pour la litt&#233;rature</title>
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		<dc:date>2016-11-20T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivain, un m&#233;tier ?</dc:subject>
		<dc:subject>Nord, Picardie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;49 | seul dans le noir nous tous&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1635.jpg?1479626540' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces cinq jours d'affil&#233;e j'&#233;tais donc ainsi entr&#233; par les arri&#232;res, j'avais travers&#233; ce parking qui servait d'acc&#232;s, et pouss&#233; la porte verte qui servait d'entr&#233;e personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait venu par les parents d'&#233;l&#232;ves : un des parents que je voisinais depuis des ann&#233;es dans les r&#233;unions trimestrielles, les co-voiturages, puisque nos gosses avaient le m&#234;me &#226;ge, et parce que cette fois-l&#224;, attendant un bus retour d'Allemagne qui avait pris du retard, s'&#233;tait av&#233;r&#233; &#234;tre le patron r&#233;gional de cette cha&#238;ne d'hypermarch&#233;s (presque patron : &#171; num&#233;ro deux, en fait, sous-directeur des services &#187;). Oh, pour moi ils savent : il suffit qu'ils m'aient vu une fois tous les deux ans, m&#234;me en tout petit, page livre d'un de leurs magazines ou la t&#233;l&#233;vision encore mieux &#8211; mais il s'&#233;tait mis &#224; me parler de ses lectures. Ce n'&#233;taient pas les miennes, certes, tel auteur am&#233;ricain bien mode Brooklyn et pas vraiment d'&#233;pines sur les branches de ses rosiers, mais dans ces cas-l&#224; je suis tr&#232;s poli. Et lui, ce qui &#233;tait encore moins fr&#233;quent, avait os&#233; me lire : &#8211; J'ai essay&#233;, vos bouquins&#8230; L&#224; non plus, je n'insiste pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'&#233;tait mis &#224; parler de son boulot &#224; lui. Forc&#233;ment, moi aussi p&#232;re de famille, ses hypermarch&#233;s il y a au moins celui de la sortie Nord, au-dessus de la ville, que je connais. Et ceux qui travaillent aussi, notamment le poissonnier : on se tutoie (en plus, on commence le travail &#224; la m&#234;me heure, vers 5 heures mes meilleures heures, moi &#224; ma table et lui &#224; ses glaci&#232;res, bien trois heures avant l'ouverture public : m&#233;tier rude), et celui qui aux yaourts est litt&#233;ralement un sosie de Pierre Bergounioux et une fois je n'y ai pas tenu, je lui ai racont&#233; mon trouble. &#8211; Mais moi je ne suis pas de Corr&#232;ze, je suis du Morvan, m'a-t-il pr&#233;cis&#233; &#224; plusieurs reprises ensuite comme pour me rassurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il disait, le sous-directeur r&#233;gional, en tout cas le parent d'&#233;l&#232;ves ami que je d&#233;couvrais tel, c'est que leurs &#233;tablissements proposaient tout ce qui convenait &#224; l'entretien du quotidien, &#224; condition que chacun sache &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt;, il insistait sur l'adverbe comme sur une condition pr&#233;alable, ce qu'il souhaitait dans sa vie, et ce qu'il y avait de limite &#224; ce qu'on leur proposait ici. &#171; Et qu'on ne nous en demande pas plus que le quotidien, disait-il. Qu'on fasse rebondir l'&#233;ventuelle curiosit&#233;, et non pas qu'on l'absorbe : cela qu'il nous faut construire&#8230; &#187; Je l'avais interrompu sur ce mot, &lt;i&gt;construire&lt;/i&gt; : il animait des formations sur ce th&#232;me, &#224; l'usage des cadres de son groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait contraint les &#233;tablissements relevant de sa direction &#224; ins&#233;rer, dans le journal distribu&#233; gratuitement dans les bo&#238;tes &#224; lettres (&#171; Ah, je vous dirais la facture&#8230; &#187;), des &#233;l&#233;ments r&#233;dactionnels qui se voulaient des conseils pour cette prise en charge, mieux r&#233;ussir, mieux d&#233;penser, ne pas se contenter de ce qui est propos&#233;. &#171; Quand on aime les bouquins, on aime &#233;crire &#187;, avait-il compl&#233;t&#233; : il composait des adverbes, des aphorismes, qui s'intercalaient entre les images st&#233;r&#233;otyp&#233;es des produits en promotion, et devaient inciter &#224; d'autres r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaillais ces m&#234;mes semaines avec un lyc&#233;e professionnel, des jeunes qui justement avaient comme perspective la vente en hypermarch&#233;. &#171; Ce n'est pas quelqu'un comme vous qu'on va mettre &#224; la client&#232;le&#8230; &#187;, se marrait-il, je ne savais pas si je devais en rire aussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
On avait donc mont&#233; &#231;a avec le lyc&#233;e, les enseignants, et une dizaine d'&#233;l&#232;ves volontaires. Moi, j'&#233;tais charg&#233;, toute cette semaine, de prendre en note leurs r&#233;flexions, de regarder ce qui se passerait, les achats faits, pas faits. &#171; Attention, surtout pas dans une optique commerciale, &#231;a je m'en charge &#187;, avait dit mon nouvel ami. De m&#234;me, je n'avais pas voulu &#234;tre r&#233;tribu&#233; : ma fonction serait discr&#232;te, j'avais droit &#224; autant de notes que je souhaitais en prendre, ma r&#233;tribution serait dans les mots. &#171; Et vous en ferez quelque chose comme&#8230; &#187; Venait encore le nom de son auteur am&#233;ricain robinet d'eau ti&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, j'en ai pris, des notes, et des notes. &#171; Un roman, tu vas nous pondre&#8230; &#187;, disait le poissonnier. &#171; Vous parlerez aussi du personnel ? &#187;, demandait Bergounioux bis, quand je passais aux yaourts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, j'ai &#231;a dans mes cahiers. Les jeunes s'&#233;taient bien d&#233;brouill&#233;s. Quelques grincheux avaient refus&#233; : on vient l&#224; pour le n&#233;cessaire, et on laisse pour le samedi ces dames d&#233;monstratrices qui veulent vous faire repartir avec leurs paquets de caf&#233; ou le g&#226;teau traditionnel des montagnes. Vous prenez ceci, quel en est votre r&#233;el besoin, l'exprimez-vous en termes de n&#233;cessit&#233;, ou de d&#233;sir ? Vous en munissez-vous pour la consommation imm&#233;diate, ou pour une &#233;ventuelle utilisation prochaine ? Est-ce un achat d'habitude, une id&#233;e compulsive, analogique ? Et on s'expliquait sur les mots, on sugg&#233;rait. Pass&#233;e la premi&#232;re surprise, le contact avec les gens, vieilles personnes, jeunes couples, grands solitaires, se r&#233;v&#233;lait infiniment riche, surprenant. Le magicien prestidigitateur qui, chaque samedi, venait faire ses tours all&#233;e centrale, une id&#233;e aussi du sous-directeur r&#233;gional, m'adressait des clins d'&#339;il complices. &#171; Quand vous choisissez cela, avez-vous pens&#233; &#224;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont peupl&#233;s, nos hypermarch&#233;s de province. Un homme qui avait &#233;t&#233; accord&#233;oniste de bal dressait son stand chaque mercredi au carrefour de la trav&#233;e informatique et du rayon &#233;lectrom&#233;nager, vendait des compilations de danse, apostrophant les visiteurs comme s'il avait choisi cette musique pour eux et seulement eux, choisissant le genre selon l'&#226;ge (chaque &#226;ge &#224; ses heures, &#224; l'hypermarch&#233; : &#171; Et il y en a pour tout le monde &#187;, pr&#233;tendait-il). Derri&#232;re le sourire commis d'office, un homme que je d&#233;couvrais infiniment triste, et qui ne m'avait pas &#233;pargn&#233; de r&#233;cents malheurs conjugaux (et cela aussi, je l'avoue, stock&#233; dans mes notes) : &#171; Qui aurait besoin d'un accord&#233;oniste aujourd'hui, c'est comme pour vous les &#233;crivains. &#187; Je me le suis r&#233;p&#233;t&#233; longtemps, la nuit suivante, son &lt;i&gt;Comme pour vous, les &#233;crivains&lt;/i&gt; : comment je lui aurais d&#233;montr&#233; le contraire, puisque j'&#233;tais ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin du premier jour, j'avais donc moi aussi abord&#233; les gens, leur proposant d'&#234;tre leur accompagnateur provisoire, ce seul temps de la d&#233;ambulation chariot dans les rayons hebdomadaires : on r&#233;fl&#233;chirait, ensemble, au &lt;i&gt;mieux vivre&lt;/i&gt; (on avait &#233;crit ce slogan : &lt;i&gt;pour mieux vivre&lt;/i&gt;, sur nos blousons &#224; l'enseigne du magasin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faire acheter des livres, les guider dans un achat d'appareil photo num&#233;rique ou d'ordinateur ? Non, surtout pas, &#224; moins qu'ils l'aient souhait&#233; eux-m&#234;mes. Nous en avions discut&#233; avec le sous-directeur : &#171; C'est dans les conserves, parfois, qu'on a les meilleures discussions. Ou bien du r&#244;le de l'ap&#233;ritif. &#187; L'all&#233;e centrale, ils la nomment all&#233;e des confidences : longtemps que les petits commerces ont disparu de la ville &#8211; est-ce que cela suffit pour autant &#224; faire de l'hypermarch&#233; le lieu d'une socialit&#233; neuve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, fini. Mon ami, de toute fa&#231;on, va &#234;tre prochainement affect&#233; &#224; un vrai poste de directeur, mais &#224; l'autre bout du pays. Il m'a dit qu'il m'y inviterait pour une conf&#233;rence, que je raconte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens pousseraient &#224; nouveau leurs chariots sans questionneur tout aupr&#232;s, et les rayons seraient remani&#233;s pour la meilleure optimisation des prix. Je lui avais dit : &#171; Mais vraiment, &#234;tre l&#224; comme ces ma&#238;tres d'h&#244;tel des anciens palais, s'enqu&#233;rir des souhaits, mettre le nez, avec la meilleure discr&#233;tion possible, dans la vie priv&#233;e, m&#234;me intime, c'est &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; (moi aussi j'insistais comme lui sur l'adverbe) une t&#226;che pour un auteur ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re fois il m'avait donn&#233; son Am&#233;ricain en exemple : &#171; Eh bien eux, ils ne craignent pas &#187;, m'avait-il lanc&#233;. &#171; Et qu'on en vend, chez nous, de leurs livres, du coup. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>fictions | combat pour que la ville respire</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1723</link>
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		<dc:date>2012-02-05T14:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>Canada, g&#233;n&#233;ral</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;recherche d'un nouveau monde, 6&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot257" rel="tag"&gt;Canada, g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1723.jpg?1352732697' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;mini&#034;&gt;
Un dimanche sous la neige, du coup souvenirs d'une marche du dimanche aussi dans Moncton sous la neige, en avril 2009, et retrouver ce texte. &#201;trange ville que Moncton, trop peu rest&#233;.
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs nous aussi quelquefois en avions marre de nous-m&#234;mes : la fa&#231;on dont nous avions recouvert la vieille Terre de nos routes, bitumes, parkings, dalles de ciment. Rien ne respirait plus : nous-m&#234;mes, &#224; nous respirer les uns les autres, on &#233;touffait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sentait, dans les villes : le sous-sol n'&#233;tait pas &#224; l'aise. Parfois, &#224; marcher loin dans les arbres, la vieille for&#234;t, &#224; suivre &#224; pied un rivage, une rivi&#232;re, on le sentait : tout &#233;tait plus calme, et nous-m&#234;mes au-dedans, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas dans les villes. On avait fait des mesures, plac&#233; des d&#233;tecteurs : dessous, cela bouillait, se d&#233;formait, le sous-sol de la ville &#233;tait instable, protestait contre notre occupation irraisonn&#233;e, cette cro&#251;te de buildings et immeubles et maisons o&#249; nous venions gaspiller, &#233;lectricit&#233; et gazole, les plus anciennes ressources. Le sol de la ville enflait, se distordait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux ans, dans les espaces libres des villes, on avait commenc&#233; d'installer ce syst&#232;me de pailles de m&#233;tal : de simples tubes (on les nommait jeu d'orgues, et parfois le vent, au soir, en tirait d'&#233;tranges accords), mais plant&#233;s le plus profond possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la terre &#224; nouveau respirait. Nos villes ainsi trou&#233;es &#233;taient-elles mieux tol&#233;r&#233;es de la plan&#232;te us&#233;e. Ce n'&#233;tait pas tr&#232;s beau, non, et cela nous rappelait que par trop la fragilit&#233; ici de notre condition, les abus inconsciemment commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se prenait &#224; r&#234;ver d'&#234;tre soi-m&#234;me, ainsi, lest&#233; de ces tuyaux &#224; respirer, qui vous pacifieraient l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/respire.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/respire.jpg?1238831410' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>o&#249; furent des livres</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1598</link>
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		<dc:date>2011-10-19T09:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;45 | d'une salle vide et d'un cordon Ethernet qui fonctionnait&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1598.jpg?1352732596' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qui reste dans une biblioth&#232;que vide ? Et d'abord ce qu'on installe par la question m&#234;me : qu'est-ce qui reste de nous, qui avons lu des livres, quand on les enl&#232;ve ? Ou bien, de ce que portaient avec eux les livres, mais qui d&#233;signait au-del&#224; d'eux, que reste-il quand on les a pris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fatras de meubles, o&#249; ne viendra pas en poser d'autres, de nouveaux : ces &#233;tag&#232;res, une fois les livres enlev&#233;s, juste des squelettes de fer. C'est us&#233;, c'est un assemblage composite et vieilli. Les parois font sale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re plut&#244;t comptait : ce qu'elle disait d'un retrait du temps, du parcours solitaire et concentr&#233; de l'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce b&#226;timent, il y en avait des dizaines, ainsi, de salles vides. J'y avais fait des dizaines, peut-&#234;tre des centaines de photos : chaque ann&#233;e, depuis bient&#244;t cinq ans, j'avais eu l'opportunit&#233; d'y passer une soir&#233;e. Les &#233;tudiants &#233;crivaient, pendant ce temps je visitais chaque couloir, chaque bureau d&#233;sert&#233;, chaque dossier rest&#233; sur une &#233;tag&#232;re : rien d'indiscret, d'ailleurs, l'administration ne s'int&#233;resse qu'&#224; elle-m&#234;me, et ne produit que ce qui la concerne, elle seule. J'avais ainsi &#233;t&#233; t&#233;moin indirect de cette &#233;vacuation progressive. Les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, je n'avais pas eu acc&#232;s &#224; cette pi&#232;ce. R&#233;serv&#233;e aux livres, &#224; l'&#233;tude, elle &#233;tait ferm&#233; &#224; cl&#233; quand nous entrions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres avaient disparu, mais ce qui notait le temps, le retrait, l'imp&#233;ratif du parcours solitaire, se conservait dans les lumi&#232;res. C'est l'espace, donc, qui comptait, et que les pens&#233;es on les triait ainsi, sur galeries et &#233;tag&#232;res, avec ces arrangements de corni&#232;res et de fer. &lt;i&gt;Qu'est-ce qui reste&lt;/i&gt;, puisque c'est ce que je me demandais : mais parce que d'&#233;vidence, ici, la lumi&#232;re incluait, dans la pi&#232;ce vide, plus qu'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; preuve qu'ils laissaient allum&#233; en plein jour, &#224; jamais. A preuve aussi cette prise &#224; ras de terre, avec son cordon usag&#233; qui tra&#238;nait (je n'aurais pas eu l'id&#233;e sinon de cette connexion, de cette photo prise et envoy&#233;e). Ce n'&#233;tait pas un lieu d'imaginaire, un lieu de fantaisie, ou de textes de banale illusion d'un r&#233;el am&#233;nag&#233;, reproduit avec variations : il s'agissait ici de savoir. Ancien d&#233;p&#244;t de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'ils en avaient fait de tout ce qui s'&#233;tait accumul&#233; ici ? L'organisme qui y &#233;tait h&#233;berg&#233;, on l'avait d&#233;m&#233;nag&#233; dans des locaux plus fonctionnels, et tout neufs, en province &#8211; dans ce parc d'attractions pr&#233;tendument pour anticiper le futur, et qui rouillait. La politique en avait d&#233;cid&#233; ainsi : qui donc, hors les braves gens qui travaillaient l&#224;, aurait trouv&#233; ill&#233;gitime que nos villes de province h&#233;ritent elles aussi de ces rouages qu'on r&#233;novait ? On en avait probablement profit&#233; pour les &#233;quiper de mat&#233;riel num&#233;rique neuf, et les vieilles archives et livres : &#224; la benne (dans les couloirs on trouvait des cartons, ainsi, remplis de vieux papiers, livres, revues &#8211; qu'aurais-je eu &#224; faire d'en emporter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais avec moi ma sacoche, je l'avais test&#233;e, la prise abandonn&#233;e. Branch&#233; l'ordinateur. Le r&#233;seau fonctionnait encore : &#224; preuve, alors, j'avais fait cette photo, &#233;crit ce texte, et proc&#233;d&#233; ici &#224; leur mise en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'autre c&#244;t&#233; de ce c&#226;ble, par terre, donnait acc&#232;s &#224; tous les savoirs, leurs empilements, leurs galeries ? Il n'y avait plus besoin de livres, ici, ni d'y assigner la vie diurne d'hommes immobiles, avec des probl&#232;mes de cafeti&#232;re, d'horaires, de retraites. Les avis qui restaient placard&#233;s, ici, qui s'en pr&#233;occuperait ? Et les biblioth&#232;ques encore en activit&#233;, &#233;taient-elles r&#233;ellement &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article92&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plus vivantes&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la pi&#232;ce vide et son silence, qui comptaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peux donner &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article36' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'adresse&lt;/a&gt;. Qui donc saurait d&#233;nombrer, dans la ville, l'ensemble des sites comme celui-ci ? On n'a plus acc&#232;s, maintenant, m&#234;me au couloir d'entr&#233;e du b&#226;timent. Il ne s'agirait pas qu'il soit occup&#233; par des sans abri, ou &#8211; comme c'&#233;tait encore la mode r&#233;cemment &#8211; ces communaut&#233;s d'artistes en occupation ill&#233;gale. Sans doute qu'ils ont coup&#233; les lumi&#232;res, aussi. On refilerait bien le tuyau, cependant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cndp2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cndp2.jpg?1231653017' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cndp3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cndp3.jpg?1231655753' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cndp4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/cndp4.jpg?1231655873' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>fictions | jonction</title>
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		<dc:date>2009-12-13T19:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>New York &amp; USA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;c'est juste qu'on ne savait rien du lendemain&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1558.jpg?1352732563' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On &#233;tait arriv&#233; donc au moment de la jonction. On se s&#233;parerait de la ville. La fronti&#232;re, ses b&#226;timents, &#233;tait comme un mur, on n'y rentrait plus comme cela : arriver c'&#233;tait facile, avions, trains, voitures, il en arrivait de tous c&#244;t&#233;s, mais de l'autre c&#244;t&#233; de la ville. Ici c'&#233;tait la sortie, la sortie seulement. On ne se pr&#233;occupait plus de confort, vraiment pas. On vous conduisait au b&#226;timent des Attentes. On v&#233;rifiait ce que vous emportiez. D'aucuns s'en tiraient en tentant de plaisanter : &#8211; On a connu les m&#234;mes sc&#232;nes en des temps qu'on croyait pires, qu'on aurait cru finis. Visiblement, c'&#233;tait bien trop compliqu&#233; pour les types en uniforme (une femme d'ailleurs, qui lui avait intim&#233; l'ordre d'avancer sous le portique), ce qu'avait dit cet homme, le seul qui avait os&#233; parler. Moi j'avais compris, mieux valait passer inaper&#231;u, le tenter. J'avais ces objets dans ma sacoche, dans le peu qu'on nous laissait, au moins restait-il possible de garder ses &#233;crits, ses images &#8211; ce que vous &#233;tiez &#224; l'int&#233;rieur, telle &#233;tait la d&#233;finition suffisante de la m&#233;moire, pour cela aussi il y avait eu des pr&#233;c&#233;dents, qu'eux ignoraient bien. Un seul sac, mais ceux qui s'&#233;taient avanc&#233;s dans les usages num&#233;riques perdraient moins. Qu'est-ce que je laissais, dans la ville ? On s'en irait, on s'en irait. Les voies ne seraient pas longtemps parall&#232;les. Ils remplissaient un train, puis un autre. On vous convoyait aux wagons, on enjambait des voies. On entendait le bruit d'engins de chantiers, on apercevait les derni&#232;res grues tourner. On ne reviendrait pas dans la ville. L'homme, tout &#224; l'heure, avait exag&#233;r&#233; : il ne s'agissait pas d'un recommencement du pire. Tout &#233;tait banal, terriblement plus banal, juste &#224; la dimension de ce monde, qui nous exp&#233;diait. Nous &#233;tions &#224; la jonction : on savait que cela viendrait. Voil&#224;, on y &#233;tait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/jonction2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/jonction2.jpg?1229545540' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>fictions | que prennent de nous les machines ? </title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1626</link>
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		<dc:date>2009-01-23T11:58:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon</dc:creator>


		<dc:subject>web, &#233;crans, r&#233;seaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;48 | en contemplant la nouvelle machine de Daniel Bourrion&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;web, &#233;crans, r&#233;seaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1626.jpg?1352732618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions assis c&#244;te &#224; c&#244;te tout en haut de l'amphi, maintenant rempli. C'&#233;tait le discours de bienvenue, l'adjoint &#224; la culture, le responsable de l'association invitante, et ainsi de suite. Notre tour &#224; nous de descendre &#224; l'estrade, moi en fin de matin&#233;e, lui en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, viendrait plus tard, il me montrait sa nouvelle machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont vraiment commodes, ces mini-machines. Et lui, dont c'&#233;tait le m&#233;tier, avait largement trafiqu&#233; la sienne. Communication Internet, envoi en streaming, captation son et image de tout l'environnement &#224; 360&#176;, et pour lui le go&#251;t certain &#224; ces messageries instantan&#233;es en 140 caract&#232;res maxi : &#171; Une nouvelle forme d'&#233;criture, disait-il, je ne supporte plus le long. Les billets de ton site, ils ne passent pas. &#187; Moi j'avais renonc&#233; &#224; suivre, et pourtant je suis facile &#224; entra&#238;ner sur ces chemins : &#171; Tu as tort, il se passe quelque chose, il se passe vraiment quelque chose&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa machine &#233;tait totalement silencieuse, ne comportant pas, comme la mienne, bien plus lourde, d'&#233;l&#233;ment mobile comme le disque dur. Il insistait sur le fait qu'elle tournait uniquement via logiciels libres, et autres avantages. Le clavier, qui occupait toute la surface de la petite dalle, &#233;tait finalement largement confortable : lorsque, un moment plus tard, nous prenions ensemble des notes, il allait aussi vite que moi, pourtant r&#244;d&#233; &#224; l'exercice.&lt;br class='autobr' /&gt;
En plus, lui, il recevait ses messages, et ceux qui nous suivaient &#224; cet instant-l&#224; avaient droit de chez eux &#224; l'amphi comme nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que ce petit appareil il m'en fallait un &#224; moi aussi, et &#224; tr&#232;s br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, je le lui disais, il &#233;tait d'accord. D'ailleurs &#231;a &#233;liminait le lourd sac &#224; dos comme celui que je transportais (et o&#249; j'avais aussi ma brosse &#224; dents, un livre de Jean Rolin, quelques c&#226;bles, un enregistreur, ma carte de train et autres outils du quotidien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quand je m'apercevais dans la petite fen&#234;tre de sa machine, et le plaisir qu'il avait &#224; en jouer, et que m&#234;me ce que nous nous disions, l&#224;, &#224; voix basse, pendant les discours de bienvenue, tout en haut de l'amphi : qu'est-ce qui s'installait, sur la toile que j'habitais moi aussi, mais d&#233;sormais ne m'appartenait pas, ne m'appartenait en rien ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1024 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/medion.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/medion.jpg?1232712106' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>une immense d&#233;ception</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1580</link>
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		<dc:date>2009-01-02T06:53:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;42 | ce musicien nomade, et toutes ces preuves qu'on r&#234;vait encore musique en notre monde, n'&#233;taient qu'une invention virtuelle&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;2009 | Recherche d'un nouveau monde&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1580.jpg?1352732581' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce blog &#233;tait vite devenu r&#233;put&#233; : un musicien nous ouvrait ses coulisses, son atelier. Il parlait de l'improvisation, il racontait ses apprentissages. On le suivait de ville en ville, ou en tourn&#233;e dans un pays lointain. En studio d'enregistrement, il avait &#224; proximit&#233; son appareil photo, et bien s&#251;r il lui &#233;tait facile d'int&#233;grer des extraits son, des fragments de vid&#233;o : les spectateurs &#233;taient fiers de les lui envoyer, et qu'il reprenne en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les musiciens sont des gens discrets : ils se croient beaucoup plus malhabiles dans le discours qu'ils ne le sont en r&#233;alit&#233;. Peut-&#234;tre seulement ne savent-ils pas o&#249; est la part d'imaginaire, dans ce qu'ils racontent avec tant de pr&#233;cision, et qu'ils croient ne les concerner qu'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peintres n'ont pas cette r&#233;serve : ils ont l'avantage d'un langage visuel, pr&#233;cis, et aussi certaine arrogance, au moins conception de soi qui tendrait plut&#244;t &#224; les faire sur&#233;valuer leur travail, et toujours croire qu'il va nous int&#233;resser sous le seul pr&#233;texte que c'est eux qui en parlent. En tout cas, pour ma part, c'est d&#233;finitif : un plasticien qui passe son temps &#224; vous parler de lui-m&#234;me, et une fois toutes les vingt minutes vous redit &#171; Et toi, &#231;a se passe comment &#187;, on le r&#233;trograde vite au barom&#232;tre des fr&#233;quentations &#8211; et c'est pourtant d&#233;faut bien courant chez les plasticiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les musiciens sont des nomades d'une autre dur&#233;e : le matin ils travaillent leur instrument, les temps de transport d'une ville &#224; l'autre sont &#233;normes, il faut s'installer dans la nouvelle salle, pratiquer des r&#233;glages, attendre et encore attendre, pour les deux heures du soir o&#249; on ne pensera pas, mais s'abandonnera. &#201;tonnez-vous de tant de silence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les musiciens sont pourtant d&#233;positaires d'une part bien sp&#233;cifique de l'imaginaire : tant de l&#233;gendes convoquent ces hommes presque muets, mais qui vous tissent la nuit d'autre fa&#231;on. Le &#171; joueur de fl&#251;te de Hameln &#187; en serait pour toujours un mod&#232;le ? Chez Hoffmann aussi on avait ce violoniste qui passait de village en village, comme ce peintre qui repeignait les fresques des &#233;glises, et chaque fois c'&#233;tait la porte au fantastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les musiciens r&#233;els, ceux qui, il y a un si&#232;cle et demi, construisaient des mondes depuis leur clavier en noir et blanc (voir comme Proust parle de Chopin, voir cette tra&#238;ne litt&#233;raire qu'a engendr&#233; le po&#232;te Liszt, voir, en remontant, comment cette figure pure de la folie qu'est Schumann a servi d'embl&#232;me &#224; la folie prise par la litt&#233;rature comme chemin, fronti&#232;re, transgression : qui dira ce qu'on doit aux pays o&#249; nous fait entrer la r&#234;verie de Schumann, mais qui ne saurait pas, apr&#232;s &#233;coute, se retrouver lui-m&#234;me apr&#232;s les &lt;a href=&#034;http://www.deezer.com/track/1419138&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fantasie St&#252;cke&lt;/a&gt;, quand lui n'en est pas revenu ?), ces athl&#232;tes de l'imaginaire recompos&#233;, devenu fluide ou mouvant (ah, les 45 secondes du &lt;a href=&#034;http://www.deezer.com/track/198745&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cinqui&#232;me pr&#233;lude&lt;/a&gt; de Chopin comme elles vous semblaient retenir par anticipation la totalit&#233; d'&lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu)&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; j'en &#233;tais ? &#192; ce blog, qui durant trois ans, quatre ans &#233;tait devenu si populaire, parce que d'autres musiciens y passaient, disaient bri&#232;vement, en commentaires, leurs souvenirs, leurs exp&#233;riences, donnaient un d&#233;tail technique sur leur jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait donc devenu si populaire, le musicien. On l'entendait jouer avec d'autres, on le suivait dans les villes. Hier soir, il &#233;tait dans la v&#244;tre. Dans les commentaires, d'aucuns racontaient le dernier concert. Ou, pourquoi pas, l'avoir entendu jouer comme cela, par hasard, chez des amis, par une fen&#234;tre ouverte. Crois&#233; sur une aire d'autoroute, o&#249; simplement ils refaisaient le plein de leur camionnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois c'&#233;tait seulement, vous racontait-on, mais l'extrait sonore en t&#233;moignait, avec bruit de verres, paroles confuses, et ces musiques qui jaillissaient de fa&#231;on qu'on aurait si spontan&#233;es, les musiciens ensemble, se retrouvant chez l'un ou chez l'autre, ou l'apr&#232;s-midi dans le &lt;i&gt;backstage&lt;/i&gt; d'un festival, longtemps avant de jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, parler enfin de la musique depuis le lieu m&#234;me, et presque le temps qu'on la joue (une rubrique s'intitulait &lt;i&gt;Lendemain de f&#234;te&lt;/i&gt;, c'&#233;tait une description de ce qui s'&#233;tait jou&#233; la veille, et tout ce qui avait pass&#233; par la t&#234;te, &#224; l'int&#233;rieur, les images, les obstacles, les folies). Et puis ce qu'on r&#234;vait de composer, comment elle serait, la musique &#224; &#233;crire, la musique &#224; rencontrer, la musique &#224; inventer : ah, c'en &#233;tait parfois plus beau que la musique elle-m&#234;me. Et tout ce qu'on trouvait dans la rubrique dite &lt;i&gt;Grenier&lt;/i&gt;, ces musiques qu'on portait en h&#233;ritage, ces chansons qu'on savait encore chanter, ou bien ce que nous avaient appris nos vieux ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blog venait de cesser : on nous apprenait que c'&#233;tait un r&#234;ve, que le musicien n'avait jamais exist&#233;. Invent&#233; et nourri au d&#233;but par deux ou trois musiciens en veine, d'apr&#232;s leur r&#233;elle exp&#233;rience, les verbeux &#224; qui ils avaient donn&#233; la cl&#233; s'&#233;taient empar&#233;s du personnage, l'avaient vid&#233; de cette sp&#233;cificit&#233; des musiciens, ce peu de parole, cet imaginaire en acte, cette possibilit&#233; de dire le monde en architecture, en lignes et mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient pr&#233;f&#233;r&#233; le faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/violon2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/violon2.jpg?1230879391' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En hommage &#224; &lt;a href=&#034;http://pifarely.net/wordpress/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trac&#233; provisoire&lt;/a&gt;, blog de Dominique Pifar&#233;ly.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>fictions | hommes qui s'enfuyaient</title>
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		<dc:date>2008-12-29T21:02:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>sur la ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>fantastique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;ils en avaient repris un, l'autre courait toujours&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1575.jpg?1352732577' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On diffusait leurs portraits : mais ils se fondaient si vite dans la ville anonyme. C'&#233;taient apr&#232;s tout des hommes comme tous les autres : pas de trait singulier ni remarquable pour se distinguer de la foule des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qu'on savait, c'est cela : ces hommes &lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?q=schizophr%C3%A8ne+marseille&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'&#233;taient enfuis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tablissements &#233;taient pourtant surveill&#233;s, dot&#233;s de leurs propres syst&#232;mes de s&#233;curit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des murs, des cam&#233;ras, des pointages &#224; heures fixes, contr&#244;les &#224; l'entr&#233;e et la sortie, badges &#233;lectroniques. D'o&#249; venaient les d&#233;faillances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On les recherchait. On s'habituait &#224; la pr&#233;sence des uniformes, on s'habituait soi-m&#234;me &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;, peut-&#234;tre, comme un des fuyants. On filait vite, personne ne s'attardait. On craignait, chez soi, le coup de sonnette, l'arriv&#233;e des voitures noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travail, c'est les grands couloirs, les heures r&#233;gl&#233;es, les bureaux vitr&#233;s &#8211; on s'occupait pour vous de la bonne marche : mais n'&#233;tait-ce pas d'&#233;tablissement comme le v&#244;tre, pr&#233;cis&#233;ment, que provenaient les fuyants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois, c'&#233;tait un sc&#233;nario pr&#233;visible : journaux, reportages t&#233;l&#233;vis&#233;s. On ne les retrouvait pas, en g&#233;n&#233;ral. Puis on avait compris &#8211; temps de menace. Catastrophe en pr&#233;paration. Temps sombre sur la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fuyants nous avertissaient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_955 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/lift2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/lift2.jpg?1230584711' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>fictions | recomposer la litt&#233;rature</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1574</link>
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		<dc:date>2008-12-29T07:04:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>


		<dc:subject>Kafka, Franz </dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon | fictions &amp; inventions</dc:subject>
		<dc:subject>livre, &#233;dition, librairie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;40 | rarement une t&#226;che collective n'avait &#233;t&#233; aussi bienvenue&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1574.jpg?1352732576' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On en &#233;tait donc arriv&#233; insensiblement au constat suivant : un, qu'il n'&#233;tait plus possible de se rep&#233;rer dans la profusion des langues, dans la profusion des sources ; deux, que les livres, par le probl&#232;me du stockage mat&#233;riel, si on voulait les conserver sous forme papier, par le probl&#232;me de la longueur de fichiers bien trop aust&#232;res, si on passait &#224; la forme num&#233;rique, n'&#233;taient plus adapt&#233;s &#224; l'importance de ce qu'on souhaitait transmettre. Enfin, pour faire taire les critiques (mais, aussi bien, s'exprimaient-elles sur ces m&#233;dias que de toute fa&#231;on on avait laiss&#233;s en arri&#232;re, sur le r&#233;seau elles n'avaient pas pris pied), on avait condescendu &#224; dire que, certes, on perdait quelque peu en contenu, mais au moins qu'on pouvait assurer l'essentiel de la transmission, des valeurs, dans ce qu'on nommait les &#171; usages neufs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mission pour la sauvegarde de la langue avait h&#233;rit&#233; des t&#226;ches autrefois nomm&#233;es &lt;i&gt;francophonie&lt;/i&gt; : la Mission serait mandat&#233;e pour ces r&#233;unions internationales, o&#249; la question de la langue de toute fa&#231;on serait secondaire, puisque les protocoles de traduction automatis&#233;e afficheraient l'ensemble des textes de la litt&#233;rature universelle dans la langue choisie par le visiteur. Et, comme pour le cin&#233;ma, une &lt;a href=&#034;http://www.europeana.eu/portal/languagepolicy.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;option&lt;/a&gt; permettait de choisir l'affichage &#171; langue originale &#187; en superposition : Baudelaire en chinois n'&#233;tait pas forc&#233;ment &lt;i&gt;tout&lt;/i&gt; Baudelaire, nul ne le contestait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question des contenus, rapport&#233;s aux usages, passait &#233;videmment d'abord : oui, les lecteurs d'aujourd'hui feuilletaient plus qu'ils lisaient. Non, cela n'emp&#234;chait pas la densit&#233;, ni l'int&#233;r&#234;t, ni l'attention. &#192; nous donc de &lt;i&gt;recomposer&lt;/i&gt; la litt&#233;rature selon ces usages neufs. Certains textes s'y pr&#234;taient, d'autres moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait pu jumeler, un peu partout en province, des classes d'IUT d'informatique (ou de communication, qui prolif&#233;raient pour rien) &#224; ce qui restait de classes de facs de lettres : les deux y gagnaient. Et pour les facs de lettres une opportunit&#233; magique de d&#233;couvrir la litt&#233;rature, qu'ils ne fr&#233;quentaient plus, ou si parcellairement &#8211; et surtout de rouvrir les livres qu'ils ne lisaient plus, enseignants comme libraires ne le cachaient plus &#8211;, quand bien m&#234;me c'&#233;tait pour en construire cette recomposition, et les oublier ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le mod&#232;le le plus connu (qui avait servi en partie &#224; initier le projet &#8211; mais, quatre ans apr&#232;s, comme il semble cependant compliqu&#233; au regard des progr&#232;s accomplis) :&lt;br&gt; &lt;i&gt;Quatre l&#233;gendes nous rapportent l'histoire de Prom&#233;th&#233;e : selon la premi&#232;re, il fut encha&#238;n&#233; sur le Caucase parce qu'il avait trahi les dieux pour les hommes, et les dieux lui envoy&#232;rent des aigles, qui lui d&#233;vor&#232;rent son foie toujours renaissant. &lt;br&gt;
Selon la deuxi&#232;me, Prom&#233;th&#233;e, fuyant dans sa douleur les becs qui le d&#233;chiquetaient, s'enfon&#231;a de plus en plus profond&#233;ment &#224; l'int&#233;rieur du rocher jusqu'&#224; ne plus faire qu'un avec lui. &lt;br&gt;
Selon la troisi&#232;me, sa trahison fut oubli&#233;e au cours des mill&#233;naires, les dieux oubli&#232;rent, les aigles se fatigu&#232;rent, et, fatigu&#233;e, la plaie se referma. &lt;br&gt;
Restait l'inexplicable roc. &#8212; La l&#233;gende tente d'expliquer l'inexplicable. Comme elle na&#238;t d'un fond de v&#233;rit&#233;, il lui faut bien retourner &#224; l'inexplicable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alisation d'une de nos universit&#233;s de province avait permis de condenser pr&#232;s de 145 ouvrages et pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, toutes &#233;poques et toutes langues confondues. Reste que la t&#226;che &#233;tait immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait lanc&#233; un concours international pour qui synth&#233;tiserait le Don Quichotte, et le prix avait &#233;t&#233; remis &#224; un &#233;tudiant pragois, lequel avait proclam&#233; en le recevant que synth&#233;tiser pouvait s'accommoder de tromper, tout aussi bien qu'on le disait autrefois de la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'il avait propos&#233; : &lt;br&gt;&lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; une foule d'histoires de brigands et de romans de chevalerie lus pendant les nuits et les veill&#233;es, Sancho Pan&#231;a, qui ne s'en est d'ailleurs jamais vant&#233;, parvint si bien au cours des ann&#233;es &#224; distraire de lui son d&#233;mon &#8212; auquel il donna plus tard le nom de Don Quichotte &#8212; que celui-ci commit sans retenue les actes les plus fous...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait test&#233; : cela se transposait dans toutes les langues affichables bien mieux que n'importe quelle ligne de Cervant&#232;s lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On travaillait aussi sur la structure de tout cela : &#224; quoi bon transposer un lourd roman de Dosto&#239;evski, quand un fait divers cueilli dans un journal, parfois de l'autre c&#244;t&#233; du monde, puisqu'on y avait acc&#232;s, en disait aussi long sur la nature humaine, dans un compte rendu de vingt-cinq lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule fiche, parfois, rassemblait de fa&#231;on bien plus exacte tout un livre, et prouvait que la litt&#233;rature n'avait jamais &#233;t&#233; qu'un art approximatif. L'universit&#233; de Rouen avait elle-m&#234;me remplac&#233; un &lt;a href=&#034;http://flaubert.univ-rouen.fr/bovary/bovary_6/accueil-0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site aussi brouillonnant&lt;/a&gt; que son auteur f&#233;tiche, Gustave Flaubert, par la seule suite d'incipits majestueux, certes, mais qui &#8211; il y avait eu assez de colloques &#224; ce propos &#8211;, en disaient finalement assez de ce qu'il avait apport&#233; &#224; la langue : &#171; C'&#233;tait &#224; M&#233;gara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar &#187; d&#233;finissait &#233;videmment un tout autre projet que &#171; Comme il faisait une chaleur de trente-trois degr&#233;s, le boulevard Bourdon se trouvait absolument d&#233;sert &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che avan&#231;ait bien. Tout cela &#233;tait en ligne. D&#233;sormais, la litt&#233;rature &#233;tait rationnelle, feuilletable. Un excitant consid&#233;rable pour l'imagination. On agr&#233;mentait ces pages de l'obligatoire vid&#233;o : on pouvait &lt;a href=&#034;http://fr.youtube.com/watch?v=J6V3j3RrBt8&amp;feature=related&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;regarder&lt;/a&gt; la litt&#233;rature &#8211; ce grand &#233;crivain parlant de sa m&#232;re n'en disait-il pas plus que dans l'ensemble de ses livres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle chance : jamais les vieux livres n'avaient suscit&#233; autant d'emplois, d'activit&#233;s, de r&#233;flexions &#224; leur propos (chacun des textes de cette s&#233;rie n'avaient-ils pas d&#233;marr&#233; ainsi, comme r&#233;&#233;criture d'un livre beaucoup plus large ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait enfin commencer &#224; d&#233;monter les biblioth&#232;ques, les reconvertir en bureaux. On avait d&#233;cid&#233; d'en garder une pour l'exemple, &#224; titre de souvenir, sinon de mus&#233;e : comme tout cela &#233;tait loin, d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/bib2-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/bib2-2.jpg?1230534384' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>de cet &#233;cho anticipatif</title>
		<link>https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1569</link>
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		<dc:date>2008-12-25T10:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bon, carnets perso</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;39 | une faille de Face Book troublante r&#233;v&#233;l&#233;e au public&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;2009 | Recherche d'un nouveau monde&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/logo/arton1569.jpg?1352732571' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La presse vient d'en faire ses gros titres : &#171; Une faille de Face Book mal connue mais troublante r&#233;v&#233;l&#233;e au public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien longtemps que j'ai appris qu'en informatique il n'&#233;tait pas besoin de tout comprendre au langage des informaticiens. Cela se stabilise dans le temps, les possibilit&#233;s techniques qu'ils d&#233;crivent finissent par se propager, on les utilise, on n'a toujours pas bien compris sur le fond comment &#231;a fonctionne et sur quel principe, mais l'usage remplace la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi d'une base MySQL, de ce que signifie l'abr&#233;viation adsl ou la notion d'ACI (application informatique de type grappe, oui mais encore ?), et pourtant on les emploie tous les jours. On alterne soi-m&#234;me sur des pistes o&#249; il vous semble avancer &#224; t&#226;tons, c'est un environnement un peu barbare, on s'inscrit &#224; tel r&#233;seau &#171; rien que pour voir &#187;, quitte &#224; laisser tomber tout cela apr&#232;s. On visualise (plut&#244;t que les lire attentivement) des sites et forums o&#249; ces questions d'usages neufs sont &lt;a href=&#034;http://www.christian-faure.net/2008/12/17/sens-et-enjeux-des-ria/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;crypt&#233;s&lt;/a&gt;, on sait que certains s'imposeront, d'autres non : mais quand m&#234;me, de cinq ans &#224; cinq ans, quelles modifications du paysage, quelle transformation de nos possibilit&#233;s, nos relations m&#234;me, jusqu'aux plus proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, donc, ces premi&#232;res discussions apparues sur la notion d'&lt;i&gt;&#233;cho anticipatif&lt;/i&gt; lors des saturations r&#233;seaux n'avaient-elles rien de si &#233;trange par rapport aux habituels probl&#232;mes de d&#233;veloppement informatique, comme lorsqu'on avait commenc&#233; &#224; nous parler de &lt;i&gt;cloud computing&lt;/i&gt; ou autres &lt;i&gt;web s&#233;mantique&lt;/i&gt; etc. Apr&#232;s tout, tant d'inventions parfois de taille &#224; vous basculer un monde (c'est &#224; partir d'un m&#233;moire sur le bruit r&#233;siduel dans les r&#233;seaux de t&#233;l&#233;phonie, lors d'un stage de fin d'&#233;tude chez IBM, que &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Mandelbrot&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mandelbrot&lt;/a&gt; avait &#233;t&#233; amen&#233; &#224; formuler ses premi&#232;res th&#233;ories d'invariance d'&#233;chelle, et donc la pens&#233;e fractale, puis le statut de la pens&#233;e chaotique dans les ph&#233;nom&#232;nes les plus quotidiens &#8211; qui ne s'en souviendrait pas ?), ces inventions partaient bien souvent du d&#233;tail d'un fonctionnement atypique, impr&#233;dictible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;veloppement quasi saturant de ces r&#233;seaux sociaux, se superposant l'un &#224; l'autre, agr&#233;geant d'ailleurs, maintenant, leurs ressources dans des applications uniques, on avait &#233;t&#233; surpris, lors des moments de saturation (et ils &#233;taient de plus en plus fr&#233;quents) &#224; constater que ce qu'on nommait &lt;i&gt;brouillard de donn&#233;es&lt;/i&gt; remontait les anciennes s&#233;ries d'informations num&#233;riques, ne les rempla&#231;ait pas, mais s'y agr&#233;geait &#8211; un peu comme on disposait de techniques pour retrouver, dans un disque dur, les informations num&#233;riques effac&#233;es et remplac&#233;es par d'autres ordonnancements. Et qu'une des caract&#233;ristiques de ce brouillard, remontant les strates temporelles lors de ces moments de saturation r&#233;seau (selon ce jeune et brillant th&#233;sard de Boston, R.V. Garder, qui le premier avait mis en &#233;vidence ce qu'on traduisait par &#171; atypie mouvante anticipative &#187;, &lt;i&gt;dynamic atypical backrising haze&lt;/i&gt;), une sorte de mascaret de donn&#233;es dites &lt;i&gt;faibles&lt;/i&gt; traversait en permanence, de fa&#231;on &lt;i&gt;lisse&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;smooth&lt;/i&gt;) l'&#233;norme masse de donn&#233;es que constituait pour chacun l'&lt;i&gt;identit&#233; num&#233;rique&lt;/i&gt; (nos traces r&#233;seaux individuelles, que nous les organisions nous-m&#234;mes ou pas), et se fixaient &#233;ventuellement &#224; tel ensemble de donn&#233;es selon des caract&#233;ristiques, non pas pr&#233;dictibles, mais &#8211; &#224; les consid&#233;rer dans leur ensemble &#8211; &lt;i&gt;&#233;ventuellement d&#233;tectables&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de mon domaine technique, j'essaye seulement de rendre compte au plus clair de ce que j'ai pu moi-m&#234;me percevoir. Les imageries li&#233;es, il en souriait, &#224; la m&#233;canique des fluides, &#233;taient cependant parlantes : comme ce que nous nommons &lt;i&gt;mascaret&lt;/i&gt;, dans les grands estuaires, est une houle chaotique de surface remontant le courant principal d'un fleuve, mais parfois perceptible tr&#232;s loin en amont, au point qu'un p&#234;cheur du cru vous indiquera avec pr&#233;cision, &#224; telle racine d'arbre d&#233;nud&#233;e, tel creusement dans le sable ou la glaise, ce qui tient de cette houle presque invisible, on pouvait rep&#233;rer, loin en amont dans le flux temporel, ces creusements ou ces micro-reliefs de ce qu'ils disaient (la langue de bois des informaticiens recommen&#231;ait) &lt;i&gt;accumulation statistique de donn&#233;es&lt;/i&gt;, ce qui pouvait identifier l'accroche de ces &lt;i&gt;brouillards d'information&lt;/i&gt; susceptibles (m&#234;me s'ils les nommaient &lt;i&gt;donn&#233;es faibles&lt;/i&gt;) de remonter un flux temporel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde n'est pas Mandelbrot : on a tous en m&#233;moire, aussi, cette fameuse esbroufe dite &lt;i&gt;m&#233;moire de l'eau&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?q=%22m%C3%A9moire+de+l%27eau%22&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cherchez&lt;/a&gt; &#224; cette expression), on n'allait pas recommencer l'affaire. Les premi&#232;res mesures, r&#233;v&#233;l&#233;es dans des symposiums sp&#233;cialis&#233;s, avec diapositives projet&#233;es, n'&#233;taient que des courbes et diagrammes &#233;tranges, certes, mais qui ne parlaient pas au c&#339;ur, et &#224; ces figures on peut faire dire ce qu'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ils avaient jou&#233; gros : prenons dans la presse de janvier 2008 (sp&#233;cifiant qu'ils entendaient par &#171; presse &#187; une s&#233;lection des principaux quotidiens de province), la totalit&#233; des morts par accident de la route au 1ier janvier, deux jours avant, deux jours apr&#232;s. Vous en avez 70, 80&#8230; Lan&#231;ons la recherche exhaustive de leur identit&#233; num&#233;rique. Maintenant, associons &#224; chacune de ces personnes, via les liens et relations qui apparaissent dans la premi&#232;re recherche, ceux qui leur sont les plus proches. Pour l'ensemble constitu&#233; des 70 du premier groupe, et des 210 du second, lan&#231;ons les diagrammes concernant les profils statistiques d'accumulation de donn&#233;es. Voyez, &#224; moins six semaines, &#224; moins neuf semaines, les 70 du premier groupe sont partiellement rep&#233;rables par rapport aux 210 suivants. La d&#233;monstration avait fait froid dans le dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a quelques semaines. Nous &#233;tions donc convoqu&#233;s la semaine derni&#232;re pour l'exp&#233;rience sym&#233;trique, qui naturellement en d&#233;coulait : analyser sur le mois de novembre, de fa&#231;on arbitraire, sur un large pan d'un r&#233;seau type Face Book, ces profils statistiques &#8211; reconna&#238;tre en amont ceux qui annon&#231;aient une inscription comme celle rep&#233;r&#233;e l'an dernier. Nous &#233;tions deux cents dans l'amphith&#233;&#226;tre de cette grande &#233;cole. Sur &#233;cran g&#233;ant, devant nous, nous suivions la progression des analyses, des diagrammes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, avec cette faille rep&#233;r&#233;e d&#233;sormais dans Face Book (dans la totalit&#233; du r&#233;seau, mais le c&#244;t&#233; populaire et la diffusion massive de celui-ci dans la jeune g&#233;n&#233;ration en faisait l'outil le plus pertinent), on pouvait partiellement, sinon remonter le temps, disposer de traces mat&#233;rielles d'&#233;l&#233;ments pr&#233;dictibles : &#171; On n'est pas dans Blake &amp; Mortimer, ou alors prouvez-le&#8230; &#187;, s'&#233;tait &#233;cri&#233; un des responsables, j'aurais bien pr&#233;f&#233;r&#233; qu'il cite H.G. Wells ou Borges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, on les a vus s'agiter, discuter. Leurs machines fonctionnaient toujours, mais ils avaient coup&#233; la projection. On nous a demand&#233; de quitter l'amphith&#233;&#226;tre. On nous a dit que l'exp&#233;rience &#233;tait remise, qu'on nous remerciait. Qu'il y aurait un communiqu&#233; officiel sur ce qui, l&#224; pr&#233;cis&#233;ment, leur devenait visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons protest&#233; en vain. Nous attendons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/ordi2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tierslivre.net/spip/IMG/jpg/ordi2.jpg?1230201917' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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