musicien photo

Louis Sclavis blogue en photo, et c’est comme sa musique


On connaît des photographes qui parlent de jazz, on connaît des musiciens qui se collent à dire en mots ce qu’ils travaillent et vivent, voici une nouvelle configuration : musicien d’excellence, Louis Sclavis s’exprime sur son blog uniquement en photo numérique, et c’est exactement la même chose que les mots et les sons... Ce soir, m’en sentais agrandi : un pas de plus pour Internet langue majeure. Merci DP, et de l’accueil.

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 janvier 2009
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Messages

  • Étant allé voir le blog de Louis Sclavis, je me permets cette nuance : chaque image y répond à un titre (et réciproquement). Il ne s’y exprime donc pas uniquement en photo, et même : pas du tout uniquement. (La radicalité qui entre dans l’histoire est sans racine, pourrait-on gloser, mais ils ne s’agit même pas de cela ici. Cet "uniquement" m’apparaît comme un superlatif par le vide.)

    • Oui, j’ai eu la même sensation, et je me suis dit "les mots sont de trop" ce qui fait que j’ai laissé un mot quand même... parce que les mots, c’est tout ce qu’il me reste (c’est tout ce qu’il nous reste)... la musique est là, elle est là aussi, j’aime le chapeau bleu (mon commentaire était tellement important que le truc l’a généré en double, c’est vous dire...) un peu comme cette photo trouble du Voltaire (c’est le matin)

  • Il est quand même nettement plus adroit à la clarinette qu’avec un appareil-photo dans les mains.

    Amicalement

    Phil

    Voir en ligne : ceux qui travaillent la nuit

    • merci de ta générosité - c’est plutôt une question de fond : est-ce qu’on est curieux de comment se modifie Internet et comment on y réfléchit ensemble, (les musiciens, très actifs sur MySpace, n’ont pas investi l’espace langagier associé) ou si on tire à la kalachnikov sur tout ce qui bouge - j’essaye pour ma part d’éviter de m’exprimer sur les étranges passagers que désordre nous sert parfois - y a des fois qu’on sent nettement monter l’envie de coquille et de silence

    • Je ne vois pas pourquoi tu réponds de façon aussi agressive. Je tiens Louis Sclavis en très grande estime, en revanche je ne pense pas que ses images aient le moindre intérêt, et le fait qu’il s’intéresse à produire un site internet est sûrement une très bonne chose, mais alors pourquoi ne pas le faire avec un contenu effectivement digne d’intérêt. Imagine que plutôt qu’un blog photo, dont on ne comprendrait pas nécessairement l’intérêt s’il n’était pas celui de quelqu’un que l’on connaît déjà, un blog avec des entrées moins nombreuses mais qui nous parleraient un peu de sa vie de musicien (encore une fois remarquable) avec des extraits de chute de studio. Je pense par exemple à ce document sonore d’un Monk qui est littéralement en train d’inventer "around midnight" (voir lien). Bref un blog de musicien qui serait autant la visite d’atelier que le tiers ivre est celle de ton atelier. Là effectivement ce serait l’avancée que tu décris. J’espère que c’est plus argumenté cette fois.

      On ne touche pas aux bruyants passagers du désordre, qui sont mes clandestins à moi.

      Bien amicalement

      Phil

      Voir en ligne : Around midnight

    • eh bien chacun ses clandestins, et chez moi comme chez toi le site c’est d’abord le paysage des amitiés avant toute autre considération, et ça le restera

    • et Louis Sclavis, on le croise pas sur myspace, alors découverte de sa musique via ses photos, amenées par les mots

    • Une photo, c’est plus que jamais devenu ressemblant à un coup de téléphone ; pour cela je ne me serais pas permis de juger les images de Sclavis. Mais si on réfléchit à la construction du net comme forme expressive ("langue majeure"), il paraît évident qu’on ne peut pas s’y exprimer "uniquement" en photo, ou autre : l’unicité d’un médium sur le net exige des manipulations en plus (mettre en veille l’écran pour n’avoir que le son, p. ex.) alors que traditionnellement, le son, par exemple, a demandé des manipulations en plus au cinéma. Il y aurait sans doute une réelle prouesse ou une beauté à ne s’exprimer qu’en photo sur le net (ou ailleurs, quoique cela y soit plus simple), mais ça n’est pas le cas. Ce qui n’empêche que la "gavotte" par exemple, marche très bien.

  • merci, Mathieu, et ça va clore cette discussion mal embranchée : le mot de la fin, en justesse et nuance, à Dominique Pifarély

    pour ma part, de plus en plus de temps (et ça va dans sens que tu dis), à ce qui s’ébauche via cette totalité-média avec voix sons images, et l’écriture serveur comme implication risque aussi pour le texte