Marc Pautrel | Une vitre dépolie

dans le cadre des vases communicants, tiers livre accueille Marc Pautrel


Marc Pautrel | Une vitre dépolie

 

La myopie désormais s’opère, paraît-il. Trop tard pour ceux de mon âge. Vécue comme handicap lourd dans l’enfance (mais pas le lieu de raconter ici), laissant séquelles étranges dans la vie adulte (incapacité à reconnaître les visages, faute d’avoir disposé des apprentissages à leur heure naturelle – prosopagnosie), mais paradoxalement rapprochant des livres, nous isolant dans ce qu’ils décrivent. L’ami Jean Rouaud s’y était collé il y a quelques années avec ce titre magnifique, Le monde à peu près.

Alors, que j’invite Marc Pautrel et qu’il me réponde par le texte ci-dessus, évidemment c’est logique. Et donc interroger à mon tour ce moment étrange du monde repris flou. Un autre ami m’a toujours dit que si mes photos étaient aussi floues, c’est qu’à l’intérieur, probablement, je percevais ainsi, dans mon flou non corrigé originel. Alors retour dans cette ville maintenant devenue mienne, au moins pour l’année en cours...

J’ai d’abord rencontré Marc Pautrel par cette expérience blog arborant comme nom et seul pseudonyme d’auteur La littérature. Aucun de notre communauté blogueuse pour imaginer derrière l’entreprise un jeune RMIste de Bordeaux, écrivant en mansarde. Marc publiant un deuxième livre, il fallait le coming out. Cela nous vaut ce blog éponyme de son premier livre, Ce métier de dormir, et, depuis 2 ans – on recommande fortement l’abonnement – ce carnet de notes sur l’écriture au quotidien.

On trouvera chez lui, ce matin, Ouverture faite dans un lieu fermé pour y entrer et en sortir (le titre est de Littré Émile).

Vases communicants : malgré cette date peu favorable, le 1er vendredi du mois étant le 1er jour de l’an, on continue les échanges – voir groupe face book.

Et petit voyage dans les vases communicants de ce 1er janvier (merci @brigetoun pour le repérage) :
- Michèle Dujardin et Cécile Portier
- Daniel Bourrion et Arnaud Maisetti
- Anthony Poiraudeau et Brigitte Célérier
- Christine Jeanney et Juliette Zara
- Zoe Ludicer et Mot(s)aïques
- Dominique Boudou et Anna de Sandre
- Luc Lamy et Frédérique Martin
- Hélène Clemente et Isabelle Rosenbaum
- Pierre Ménard et Jean Prod’hom
- Pierre Chantelois et Hervé Jeanney

et d’autres probablement ! - sans doute la plus belle et riche édition depuis juin dernier le lancement... (le risque pris d’écrire directement en fonction du lieu de publication ?)


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er janvier 2010
merci aux 2236 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • merveilleuse édition (me sens timide), avec une correspondance accrue de vases à vases, jusqu’à cette façon de se mettre à votre service, avec ses mots (un peu cela, non ?), et c’est beau

  • Ces Vases permettent vraiment de chouettes rencontres. Pautrel au départ, je n’étais pas fan de son blog. Et puis j’ai lu sa plume. Et j’aime sa façon d’écrire.

    Voir en ligne : Biffures Chroniques

  • ah, j’ai aimé, parce que trompée : vu d’abord les photos avant de lire le texte, et partie sur l’idée d’un monde en mouvement, mais non, le mouvement était dans l’oeil qui fuyait-floutait. (et le dernier retournement avec la chute qui n’a rien à voir, mais que forcément on relie, habitude du cause à effet bien ancrée)

    Voir en ligne : http://tentatives.eklablog.fr/

  • Tiens, mon commentaire à disparu. Voilà un site démocratique où l’on encaisse facilement les critiques...

    • ce site n’est pas "démocratique", il est strictement personnel – et cet espace de commentaires est un espace de libre discussion, suffit de s’y promener pour le constater, mais dans un esprit que je souhaite constructif – si j’invite un auteur sur Tiers Livre, c’est minimum pour moi de lui éviter graffitis déplaisants – je n’aurais pas enlevé votre commentaire sur un texte mien, mais je me dois à mes invités : il vous est par ailleurs tout à fait possible d’aller vous exprimer sur le propre site de Marc Pautrel pour discussion à son propos

    • Je l’avais tenté mais ça n’a pas marché (il n’y a pas vraiment de commentaires possibles sur ses textes, en dehors de son blog). Vous avez raison et je comprends votre point de vue. Même si, à mon avis, être constructif, ce n’est pas s’épargner ces quelques "graffitis" qui n’avaient rien d’insultant au regard de ce que j’ai ressenti, moi, en tant qu’amoureux de la littérature, à la lecture de ses textes. Mais je suppose que la courtoisie se doit de régner dans un certain establishment littéraire. En tout cas, merci de la vôtre en y ayant répondu.

    • hors le mot d’"establishment", assez comique dans mon cas, et dérisoire dans ce que nous essayons de construire via le web (voir les "vases communicants" notamment), je prends acte de votre réponse, elle me convient

      et si, au fond de ça, ce qui était bousculé et en question, c’est une hiérarchie obsolète entre auteur et lecteur, ou bien, côté web, d’un déplacement de plus en plus perceptible vers un "lire-écrire" (expression de Marguerite Duras) ?

      ainsi, le peu de goût que j’ai pour ces sites qui se cantonnent à la critique de livres... et si la meilleure réponse (je le dis "du bon du foie" pour reprendre expression de Rabelais que j’adore) ce serait que vous nous indiquiez adresse de votre propre site, et qu’on échange de texte à texte ?

      vous assure que de mon côté je considère cette question comme des plus profondes...

    • Je ne suis malheureusement qu’un débutant dans le domaine : je n’ai pas de site (cela me prendrait trop de temps) et mon amour vigoureux de la littérature m’empêche encore à l’heure actuelle de rendre publics des textes que je considère comme non finis, parce qu’immatures, non formalisés, devenus obsolètes entre temps, etc... Je considère par contre votre démarche sur internet comme très intéressante, et ne manquerai pas de vous soumettre mes premiers "graffitis" dès qu’ils seront lisibles... (comment vous les faire parvenir ?)