anonymat, bibliothèques et Internet

un appel important de Bibliobsession


Comment ne pas relayer ce billet de Silvère Mercier sur son site Bibliobsession : Internet en bibliothèque : rien n’oblige à filtrer les contenus ni identifier les gens :

[extraits]

Pourquoi, aujourd’hui, alors que les bibliothécaires revendiquent la liberté et la gratuité d’accès à la consultation des documents sur place et que celle-ci est quasi-unanimement appliquée, faut-il encore demander aux usagers non-inscrits de décliner leur identité pour bénéficier d’un simple accès à internet ?

[...]

Oubliez les fichiers Excel pour inscrire les noms des internautes occasionnels, oubliez la gêne (réciproque) d’exiger le nom et le prénom des personnes qui viennent consulter internet dans les bibliothèques, tout ça ne repose sur aucune obligation légale !

[...]

Il me semble que l’on vit dans une société déjà suffisamment sécurisée pour ne pas que dans les bibliothèques publiques un geste aussi banal que celui d’entrer pour aller consulter ses e-mails exige de s’identifier…

Le Conseil Constitutionnel lors des débats autour d’Hadopi a consacré l’accès à internet comme un droit fondamental, n’est-il pas temps le rendre concret dans les bibliothèques ?

Se reporter à Bibliobsession pour les bases juridiques. Appel donc à tous les bibliothécaires hybrides pour faire pression sur leurs autorités de tutelle... On sent que le paysage bouge vite, mais encore de façon trop pointilliste : on le mesure bien pour notre part au nombre très restreint de médiathèques ou structures institutionnelles (écoles d’art ou unités de recherches, centres de documentation, centres régionaux du livre) qui nous demandent à profiter de notre accès démo gratuit d’un mois, ne serait-ce que pour se familiariser... Idem la façon dont on peut encore dénombrer sur les doigts de la main (les deux, les deux quand même !) le nombre d’établissements qui ont mis en place des expériences de prêt liseuses, et permis à leurs usagers un service d’accès à distance pour leurs ressources payantes. Il me semble que dans l’année à venir il y a ici un chantier principal, avec son volet encore plus étrange : le désintérêt quasi absolu de l’ancienne chaîne du livre pour ce qui se joue d’essentiel dans la lecture publique (économiquement aussi, à publie.net on en sait quelque chose...) via la médiation des bibliothèques. Et l’appel de Bibliobsession est sans doute un déclic symbolique important ici.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 mars 2010
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