Antoine Emaz | Poèmes pauvres

"Écrire dans cet espace, ce n’est pas rêver, simplement écrire plat, encore, malgré."


 

dans le gelé le rabougri le sec
le peu pauvre laissé pour compte
sous le poids jaune du froid qui frappe
les carreaux sales

exténué un jardin
rien qui grelotte

tout attend replié calme
les jours meilleurs

ramené
au bas mot
raréfié

 

Antoine Emaz

 

Après l’intervention ce matin aux Beaux-Arts de Nantes, et tenté formuler ces frontières qui changent entre le livre fermé et le geste sur le web, ouvert, les porosités à instruire, difficile de ne pas faire le crochet par la librairie Vent d’Ouest à trois cents mètres. Avec l’année Québec, longtemps que je n’étais pas venu. Mais sur les cinq niveaux en colimaçon, les empilements du labyrinthe des livres sont comme on les a toujours connus. Lieu pour y vivre, ou du moins qui donne sens à ce qu’on demande à vivre. On demande où est la Mésopotamie, et on vous ouvre un présentoir à glissière que vous n’aviez pas supposé, et en voilà cinq, livres différents sur les origines de l’écriture. Encore le libraire ajoute : – On n’a pas grand-chose. Au rez-de-chaussée, évidemment Alain Girard-Daudon (photo ci-dessus), fondateur, et même s’il ne leur reste pas beaucoup de place, dans les 45 000 titres du stock. Dans le rayon poésie, en évidence, un petit livre tout récemment paru d’Antoine Emaz, Poèmes pauvres, « composé en linotype en Aster de corps 10 et tiré sur les presses typographiques d’Æncrages & Co à 500 exemplaires. Chaque exemplaire comporte 6 linogravures originales de Jean-Marc Scanreigh. »

Avec le livre sur les tablettes de Mésopotamie, je suis évidemment revenu avec le livre d’Antoine. Sur son travail, voir aussi Cambouis, ses notes au jour le jour, qu’on est bien fier d’accueillir sur publie.net. Le site de l’éditeur : Æncrages & Co, et le site de la librairie : Vent d’Ouest. Internet est un outil de proximité obligatoire. On est usé, tanné, de ces fausses oppositions binaires : après 3/4 heure dans les labyrinthes Vent d’Ouest, croyez qu’on ne s’en inquiète pas beaucoup, de l’avenir de la librairie et de leur rôle nécessaire dans la ville, et même, de leur place et leur rôle dans la diffusion numérique. Et encore moins de la convergence, Cambouis dans l’iPad, Poèmes pauvres dans le sac.

Nantes, librairie Vent d’Ouest

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er décembre 2010
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