Leslie Kaplan | « la Révolution est glacée »

à propos de « Mathias et la Révolution » chez POL




acheter le livre sur Amazon
(16€90 papier, 11€99 Kindle)

 

 

 

à propos de Leslie Kaplan, « Mathias et la Révolution »


Première nappe : une obsédante déambulation dans Paris. Le Paris d’aujourd’hui, populaire ou financier, connu ou secret. Mais aussi un Paris de mémoire : celle des manifs, des émeutes et barricades, des clubs de la Révolution française.

Deuxième nappe : la Révolution française (Leslie Kaplan est américaine). Une société bouscule celle qui la précède et invente ses règles. Mais des règles qu’à notre tour, dans notre société qui ne se révolte pas, nous avons à bousculer.

Troisième nappe, tout simplement celle de la narration : ce Mathias, poseur de questions invétéré, et toutes celles et ceux qu’il croise, leurs échanges, leurs colères, leurs fuites.
Et tout cela qui s’entremêle non pas joyeusement (il y a pourtant – et ce n’est pas fréquent chez Leslie – une grande joie dans ce livre, on parle de lumières, on retrouve le goût des ciels), mais parce qu’il y a ce mouvement presque brownien des personnages, c’est tout ce qu’on porte soi-même dans la tête que soudain on se retrouve à porter dans les mains.

La violence, l’égalité, le droit à la révolte. Mais l’étonnement devant les choses, le devenir de la ville, démolitions et intimité. Et l’écrasement de l’argent.

« Tu as fait un livre didactique », j’ai dit la semaine dernière à Leslie, juste pour la titiller. Ce qu’elle a compris, et donc elle ne s’est pas mise en colère. Bien sûr c’est beaucoup plus que ça : mais ce qu’elle prend à bras-le-corps, par personnages interposés, c’est une expérience qui doit aussi beaucoup au théâtre. Parole jetée, parole dansée, parole qu’on se lance de l’un à l’autre comme ces chansons qui passent dans le livre.

Certainement une réussite. Mais une réussite qui échapperait à Leslie, deviendrait aussi nôtre.

Du moins si, reconnaissable, il n’y avait partout sa syntaxe, son étonnante syntaxe qui renverse chaque catégorie grammaticale dans un même étonnement devant le plus simple. Nous-mêmes ?

J’en ai choisi une dizaine d’extraits très courts, façon cut-up. Et, pour accompagner, des bribes de l’album juste paru d’un trio étonnant : Le feu de la nonne maigre, qui déconstruit des airs populaires de variété, appartenant à la mémoire collective, ou aux symboles du présent (à vous de les retrouver, sinon allez sur Spotify, Deezer ou autre iTunes)...


- autres ressources Leslie Kaplan sur Tiers Livre ;
- le site de Leslie Kaplan, Les Outils
- à visionner : entretien Leslie Kaplan & Jean-Paul Hirsch sur site POL ;
- photo haut de page : Leslie Kaplan, Paris, le 19 février 2016, © Pages/Images.
LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 26 février 2016 et dernière modification le 15 mars 2016
merci aux 5130 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page