#Histoire # 03 | Departs 44 heures 55 minutes

Latitude : 58° 46′ 04″ Nord • Longitude : 94° 10′ 29″ Ouest

Sur le quai de la gare un adolescent rayonnant, amulette d’andouiller autour du cou, à demi penché sur son enfant enveloppé dans une peau de caribou doublée de fourrure le porte sur son torse. Il sourit et repousse d’un geste automatique les mèches de ses cheveux longs noirs et raides.

Radieux et tendre.

Sur le parvis un homme au visage émacié, creusé, les sourcils en forme de virgules, teint cireux, bouche dure, regarde sa montre, une Triple Split, il enfonce son chapeau sur son crâne lisse, de légères secousses agitent ses mains quand il ouvre et referme son manteau.

Anxieux et tendu.

Sur le tarmac, un pilote insigne doré love and peace épinglé sur sa combinaison de vol, arrache son casque de ses deux mains , le coince sous son bras gauche, haletant, yeux baissés, mâchoire contractée, la main droite pointée vers la carlingue.

Nerveux et électrique

Sur le trottoir glacé un homme jeune, corps en tension, regard fuyant, gestes économes, parka ample col relevé, sac kaki, glisse nerveux. Sa main droite attrape d’un geste vif son paquet de cigarettes, sa main gauche ornée de bagues en argent rabat sa capuche.

Inquiet et vigilant.

Sur le parking, son coude referme la portière, gestes calmes, mesurés, chignon bas, veste et pantalon gris classique, écharpe XXL, visage immobile, son bras droit ajuste la sangle de son sac, sa main gauche remet en place son bracelet de sodalite.

Introvertie et silencieuse.

Sur le marchepied du train, une silhouette ferme son manteau rouge, vérifie l’attache de sa broche perlée, sa main gauche caresse ses cheveux ondulés, sa main droite soulève une valise volumineuse.

Discrète et calme.

Sur Kelsey Boulevard, un homme, allure endurcie, épaules larges, visage rond strié de rides prématurées, nez mince, allure codée dans son uniforme, tête nue, cou tatoué d’un trident, mains en tension, enlève son alliance.

Déterminé et structuré.

Sur le seuil de la gare un matelot émerge, silhouette souple, sac jeté sur l’épaule démarche rapide, coupe de cheveux skin fade, sa main droite gantée agrippe la corde du sac, l’autre reste ballante.

Libre et satisfait.

Sur le quai désert, une très belle femme au long manteau de fourrure sombre égayé par une double rangée de perles, le regard triste, monte dans le train. Port de tête altier, bagages de luxe dans chaque main.

Hautaine et déprimée.

A propos de Martine Lyne Clop

J'ai débuté ma vie professionnelle par l'obtention d'une licence en psycho-pédagogie en tant que professeure des écoles, mon mémoire portait sur le langage et la communication, très inspirée dans ma pratique pédagogique par Piaget et Montessori j'ai suivi des enfants autistes, trisomiques 21 ou enfants ayant des difficultés d'expression de langage. J'ai animé pendant sept ans des centres de vacances et de loisirs, accueillant pour la plupart des enfants orphelins issus de l'Aide Sociale à l'Enfance. Décidant de changer d'orientation professionnelle, j'ai présenté et réussi en continuité un DESS en droit privé, un master en systèmes de management de la qualité, une école d'ingénieurs - CESI – reconnue par la Conférences des Grandes Écoles où j'ai obtenu un master spécialisé en sécurité et risques industriels puis un master 2 en audit social et GRH tout en travaillant pour différentes entreprises. Lectrice assidue, intéressée malgré mon background scientifique par la transmission littéraire, je rencontre lors d'un atelier d'écriture Kossi Efoui, grand prix littéraire d'Afrique noire. Kossi Efoui me donne à lire puis à écrire, me fait découvrir ses textes incantatoires me prodigue conseils et soutien, m' encourage à publier La barbarie des exils Editions l'Harmattan Collection Amarante à compte d'Editeurs.