#construire#05|Tapisseries

rester à sa place et regarder les motifs complexes et détaillés des tapisseries murales les scènes champêtres les motifs floraux les formes géométriques orange et marron les matières agréables au toucher les matières désagréables donnant la chair de poule si d’aventure on les frôlait de trop près les reliefs cloqués les rayures palpables les papiers lavables les fleurs rose boutons de rose et d’églantine les couleurs vives les couleurs ternes les passe-partout les images géantes de forêt à la végétation luxuriante un rien exotique les tachetés les mouchetés les représentations enfantines le plus souvent tartignoles murs bleus pour le garçon vert pour le salon tapisserie claire élargissant l’espace sombre dans le boudoir feutré papier lisse aux grands aplats aquatiques genre nymphéas de Monet ou granuleux qu’on voudrait percer à l’aide d’une épingle laissant sur le mur une infinité de petits trous donnant l’envie d’aller gratter le plâtre sous le papier peint y glisser un ongle à défaut d’y jeter un œil ne plus savoir ce que représentait la grande tenture murale tissée et agrafée sur le mur donnant l’impression d’une voile flottant peut-être véritable tapisserie d’Aubusson à qui la moitié des convives tournait le dos trouver charmant ou ridicule tel dessin ou telle guirlande tarabiscotée se dire devant un mur douteux  c’est moche c’est kitsch au Canada c’est quétaine par pans entiers mal ajustés ou au raccord parfait faire coïncider au millième comme sur la couture du pantalon de la robe ou de la jupe tailleur les carreaux les rayures les fleurs dans une répétition à l’infini causant des chutes plus ou moins importantes trouver parfois un mur à l’accroc rapiécé imaginer à partir du moindre défaut le motif de gouttes rosaces figures grotesques sur une surface nue et tachée rester à sa place et regarder tout autour de soi les motifs complexes plus ou moins détaillés des tapisseries murales les

A propos de Cécile Marmonnier

Elle s’appelle Sotta, Cécile Sotta. Elle a surtout vécu à Lyon. Elle a été ou aurait voulu être marchande de bonbons, pompier, dame-pipi, archéologue, cantinière, professeure de lettres certifiée. Maintenant elle est mouette et fermière. En vrai elle n’est pas ici elle est là-bas. Elle s’entoure de beaucoup de livres et les transporte avec elle dans un sac. Parfois dans un carton quand il ne pleut pas. Elle n’a pas assez d’oreilles pour les langues étrangères ni de mémoire sur son disque dur. Alors elle écrit. Sur des cahiers sur des carnets sur des bouts de papier en nombre. Et elle anime des ateliers d’écriture pour ne pas oublier de vivre ni d'écrire.

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