#construire #04 | Ennui

Tu t’ennuies.Tu t’ennuies avec une telle ardeur que tu te prends par moments à contempler ton ennui même. Sa pureté. Sa constance. Son acharnement. La fascination que t’inspire ton ennui éloigne encore un peu (est-ce possible?) le monde qui t’environne. Les rues défilent, spectrales, des boutiques à l’avenant annoncent Dieu sait quoi, attirant des êtres qui semblent savoir de quoi il retourne. Il y a des clignotements, il y a des empressements, ici et là un éclat de voix, le tout te parvenant à travers une morne brume. Il y a malgré tout un sol ferme qui te porte, te propulse et t’accueille, comme si de lui naissait la seule volonté de continuation.

Questionnement de l’autrice : Dans ton exil camusien, n’es-tu pas, de nous tous, le plus authentiquement présent au monde ? Un songe parcourant un songe, indemne de ses faux-fuyants ?

4 commentaires à propos de “#construire #04 | Ennui”

  1. « Tu t’ennuies.Tu t’ennuies avec une telle ardeur que tu te prends par moments à contempler ton ennui même. »
    oui c’est bien ça… merci

  2. Bonjour Nathalie,
    Sa pureté. Sa constance. Son acharnement.
    Ta description charnelle de l’ennui rejoint le questionnement camusien, une mystique en miroir des faux-fuyants. ?
    Un grand merci pour la justesse de ton texte.
    Martine Lyne

  3. Plonger dans l’ennui grâce à ce texte. Oui, dans l’ennui il y a aussi se sentir extérieur à ce qui est « offert » autour de soi. Si bien décrit, merci, Nathalie.

  4. ( l’ennui à l’œuvre – cette ardeur à l’ennui – cette morne brume et ce sol ferme, indifférence et projection : le plus étranger serait le plus présent au monde …) Merci pour les questionnements.