#construire #01(bis) | Ecrire et re-construire

Je viens de refermer la dernière page de mon Gallimard tout effeuillé, jauni et corné. Non qu’il soit trop ancien, mais c’est à force de lire et de le relire, j’en connais certain passage par coeur comme si, je  cherche quelque chose d’indéfinissable. Au début « Chevreuse », ce  titre, a déclenché, sans rien lire de plus, l’envie de me dire que, je peux appeler mon livre «Essonne», ce nom déclenche quelque chose qui dort au fond, après tout, ce n’est pas que je veux faire un roman modianiesque , mais il y a quelque part en moi, une volonté de faire un voyage à rebours dans une espace-temps précis et flou à la fois.

Ça a commencé comme ça cette fois-ci, où l’écriture m’a prise. Tout ça remonte assez loin encore.

Un jour, où à l’âge de  12 ans, je me suis dit « puisque j’ai personne à qui je peux raconter ce que je viens de vivre alors je vais l’écrire dans un cahier secret ». J’y ai dessiné le plan de  mon appartement, avec tout l’ameublement, table, chaises, buffet, fauteuil bergère en  velours bordeaux, style empire, table gigogne en faux marbre venant directement  du boulevard Saint-Antoine.

Ça a vraiment commencé comme ça. Au début j’ai raconté en détail ce qui s’est passé , ce jour-là, mais ensuite, j’ai vraiment commencé à écrire jour après jour, sans jamais plus raconter ce qui s’est passé, ce jour-là. La vie a continué sans que j’arrête d’écrire, comme si ce jour de juin n’avait pas existé. Mais comme je l’avais écrit en détail,  je m’en étais en quelque sorte débarrassée et  j’ai continué de mener ma vie secrète d’ado, qui a des fâcheries, des jalousies, des amoureux et des mauvaises-bonnes notes au collège. Mon cahier bien au fond de mon histoire, de ma mémoire, de mon secrétaire style empire.

Mais quand on y pense bien, c’est le moment que je préférai, celui, où je me mettais à écrire dans mon cahier des secrets. Je faisais une grande place sur ma table, je préparais mon stylo plume, et mon effaceur. Je détestais laisser des ratures. Je me disais : je suis sûre que je serais un grand écrivain, comme ceux qui sont dans la bibliothèque de ma sœur, comme celui qui a écrit La vie devant soi, le livre qu’elle m’a lu l’autre jour à voix haute, tout en entier, toute une nuit, et je crois bien que j’en ai pleuré. En fait , je me suis dit que, moi aussi, si j’arrive à faire pleurer les gens où à les faire rire, ce serait pas mal.

A propos de Carole Temstet

Née , à Paris en 1966 , animatrice d' atelier d 'écriture depuis 17 ans , dans les milieux scolaires et associatifs, j 'aide adultes et enfants à développer leur créativité et à y prendre goût au sein de l ' association Mots et Pinceaux à Nogent sur Marne. J'ai publié , un premier roman intitulé "Hors sujet" et un roman pour la jeunesse à partir de 9 ans " Violon d'étoiles" illustré par mes aquarelles, dit par P. Calmon (acteur) et joué au violon par I. Scialom (violoniste). (lien à trouver sur Publibook.fr) site FB : Carole Temstet

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