… C’est déjà le grand jour
Il va falloir l’affronter
(me coltiner cette donnée)
J’aurais préféré entrer dans plus petit
(J’aurais désiré)
(je n’arrive pas à l’heure)
Je me serais fait tout petit
(me serais insinué)
Il me faut prendre la mesure de mon être
(mon être là
debout
— je suis debout
(je suis levé))
(Il me faut prendre des mesures)
… les réveils de Pierrick Sorin, non…
Ce jour est trop grand pour moi
(cette vie)
C’est trop de lumière, de lumière braquée
C’est déjà tout ouvert
Le vent s’est levé (ce lève-tard pourtant)
Il (le jour) bouge de tous les côtés
… Reverdy… est-ce qu’il n’avait pas un problème avec chaque jour ? n’est-ce pas comme ou pour ça que ça faisait un poème ?
Il fait déjà grand jour
Je vais devoir être à la hauteur
(me faire à cette idée, me façonner)
Il va falloir avancer
(il va falloir m’habiller)
Le drapeau français flotte au-dessus du terrain des voisins
(quel jardin du souvenir ?)
à ma fenêtre
(je la vis comme une obscénité — cette donnée nouvelle)
Qu’est-ce qui leur a pris ?
(leur prend
— Depuis Noël il se dresse là devant moi
(Bleu, blanc, et rouge — est-ce que ce n’est pas obscène de décliner ces trois adjectifs à la suite, distincts, posés ?)
(ces trois couleurs franches, sans nuance est-ce que ce n’est pas ça ? la vulgarité ?)
(une tenue de sport
un maillot de foot)
(l’impression d’avoir le nez au-dessus d’un truc qui pourrit
devoir dessus ouvrir la bouche pour y poser des mots)
(les qualificatifs)
(et ça s’agite et ça s’agite sans jamais se mêler)
(ce doit être ça, un haut-le-cœur))
Le vent est de S-E, il paraît
(au drapeau)
soutenu
Le ciel d’une lumière sans appel
Je ne perçois pas à l’instant la nuance par où je vais pouvoir entrer dans ce jour
(m’infiltrer, m’exfiltrer de la maison)
(m’arracher à)
C’est tout d’un pan, un grand blanc
Il est 11h00 à la pendule du four
Je réchauffe un deuxième café
L’heure en est largement dépassée
pour moi
Je remplis mon second mouchoir (en papier)
Un carré de chocolat noir est tout ce qui va entrer
((((Je m’assiste en mots
(((J’assiste à mon lever
(((Je me lève en mots
(((— Tout ça, je l’enregistre au fur et à mesure
((((une main prise pour cela, requise, réquisitionnée)
(((Je le pose en mots là tout près de moi
((((auprès)
(((sous mon nez)
(((((((Ce sont des mots qui sont des choses
((((((Les mots là font autant de donnes
((((((Ce sont des mots qui me font quelque chose
((((((et quelqu’un
(((((((qui m’animent))
Quelqu’un s’en va dans le jour
Quelqu’un s’en va prendre ce jour à bras le corps
(C’est l’histoire de)
(C’est quelqu’un qui)
(pas possible ce que je peux produire comme mucus
mécanisme auto-défensif)
((((Ce sont des mots qui sont autant d’alliés
((((d’assistants)
((((Des mots seront tout mon jeu)
De quel jeu je dispose avec le jour ?
(quelle marge)
… J’emporte avec moi Devant la parole
en guise de portefeuille
(3e café ? 3e mouchoir ?)
Je décide que ce sera un jour à emporter
à m’emporter dedans
((((Ce sont les mots qui décident)
(me préparer)
(me préparer à sortir)
(me préparer au dehors)
(à m’exposer)
(me rassembler
(ça doit tenir dans un sac
en réduction, en économie
le nécessaire du jour
(le Kipsta des chaussures de foot
j’en nouerai au guidon les cordons)
(trousse de survie en milieu aérien)))
((((Je m’enfonce dans les parenthèses
(((— les apartés ?
(((Il va me falloir les refermer pour en sortir au grand jour
(Refermer la maison derrière moi
Comme un casier de consigne
En avoir la clé
c’est en avoir la disponibilité
la capacité d’accueil
(elle est pleine de niches)
et la jouissance
C’est pouvoir s’en écarter, s’en détacher sans souci))
Température extérieure ?
(je consulte mes assistants)
(qui sont des écrans)
9°C au plus chaud à 15h
Vent ?
De secteur S-E, passant de 5 à 10 km/h
Temps ?
De couvert à très nuageux
(« Brouillard dense » dans l’heure qui vient ?
Comment un brouillard tomberait-il comme ça ?
À la faveur du vent tombant lui-même,
de secteur E, 15 km/h à 11h, 3°C à S-E 5 km/h à 12h, 6°C)
((((Les mots me feront panoplie en plus de ma panoplie
(((Les mots se feront véhicule en plus de mon véhicule
(((les doublant
(((endo-panoplie, endo-véhicule
((((se vivre comme un cyborg)
((((et le langage comme dispositif technique)
(((Les mots seront mon carburant
(((tout le jour
(((Je carbure à mes mots aujourd’hui
(((Je vais marcher dedans)
((((mes porte-bonheurs, bonheur-du-jour)
(((((((Est-ce que les mots m’enfoncent en moi-même
((((((ou me font-ils rejoindre une surface quelconque ?
((((((Me tiennent-ils à flot ?
(((((((à fleur et au fil de l’eau))
Je m’en vais me calquer sur le jour
Le jour qui tombe du ciel
Le jour qui court au ciel d’un bout à l’autre, ou d’un côté à l’autre
ou d’une lumière à l’autre
(du matin au soir)
C’est la grande décision du jour
(C’est déjà le grand jour)
(de m’y faire marcher, et/ou pédaler)
(Pédaler dans le jour)
(Je commence par mettre mon pantalon, un fuseau, à l’envers)
Dans le jour
Tout le jour
… pour un titre ?
((((À quel titre irai(s)-je ?)
(Ne ferons-nous plus qu’un le jour et moi ?)
(enfin ??)
(Je suis la configuration chimérique à l’esprit de laquelle de telles questions peuvent venir.)
(advenir)
(la construction)
(l’être de génération)
(qu’elles suspendent en l’air)
… A. Schmidt ? ou le monde alentour vu selon l’angle aigu du monologue intérieur (petit bout de la lorgnette du quant-à-moi), instance qui ne le quitte pas, dont jamais il ne sort — ce qui en rend d’autant crispante la lecture —, for intérieur comme une île fortifiée, assuré qu’il semble toujours être de lui-même, de ses idées sûres (ou s’en assurant, réassurant sans cesse ?) — c’est comme s’il progressait dans un char (de mots) d’assaut, il nous parle (écrit — chacun de ses alinéas n’est-il pas une carte postale ? une vue ?) depuis l’intérieur en bardage blindage métallique d’un char (derrière un masque ? persona, résonner ? « il y a une voix dans une auto » ?) : c’est plein de rivets (sa ponctuation…)
Il était une fois prêt…
… Passée la porte du garage, le ciel n’est pas plus engageant
Le parfum du dehors est sans équivalent
(qui m’a saisi un instant
sur le seuil)
… un poème ou comment se tenir debout
(((ou une sculpture plutôt qu’un récit
((((Giacometti ?)
(((travailler un texte vertical
(((étoffer, retirer, déplacer de la matière
(((travailler la ronde-bosse du texte
((((tourner autour)
(J’étais complètement flottant dans mon lever pour m’être laissé emporter
(((Les mots ont dépassé ma pensée
(((Mes mots ont dépassé les données
((((ignoré))
Pédale donc
(laissé le panneau ELFE Formations BTP sur ma droite)
C’est le jour pas le ciel qui m’appelle
(derrière moi à gauche Bois de l’Oise Bois de chauffage Alfyma Bandes transporteuses
le parking (grillagé) que les mousses, les ronces, les jeunes sujets du robinier faux acacia finissent de recouvrir
(ensevelissent)
et puis le food truck et l’étang au téléski et
puis juste avant le ponton handipêche…)
De toutes parts les teintes sont froides parmi les étangs
Je suis pour l’heure le seul faiseur de vent
(m’en rends le compte pour m’être arrêté en poser les mots)
(ayant mis pied à terre)
(avec des gants, double épaisseur)
(polaire sur gants trouvés en chemin chacun à un bout de l’agglo
— dépareillés)
(faux, le vent me rejoint là)
(brr)
… mon nom comme s’il était écrit à la surface de la lune, c’est en lettres néon Bruce Nauman
(je suis rattrapé)
(je suis rattrapé d’avance)
Tout m’attend
— J’ai oublié mon mobile
(dans le même temps que je me disais de ne pas oublier de le prendre
chargeant par terre à la prise auprès de la porte
je suis sorti sans)
(c’était parti)
J’irai(s) sans image ni heure (donc)
ni raison
Je sens le froid au bout de mes doigts
(sur les mots)
(pendant que je les dépose mes narines s’égouttent sur le coupe-vent neuf)(soldé Adidas chez Intersport)
… un poème en mode selfie
Mes premiers chatons de l’année
(ce sont les fleurs mâles des noisetiers
s’allongeant (s’ouvrant) et prenant en même temps leur couleur
vive à l’œil
(printemps au cœur de l’hiver))
Les petites récoltes reprennent
La saison s’en déclarant ouverte
ICI
à même le talus de la levée de terre anti-crue où
ce que j’ai du coin gauche de l’œil pris
pour un slip est
(coup de frein, pied à terre, bras tendu,
main basse)
(parce qu’il m’a glissé dans et de l’œil ?)
un tour de cou running
(Decathlon)
(C’est fou ce que les gens perdent)
lourd de l’humidité de l’atmosphère
(et de cette odeur lourde que j’ai une fois constatée dans la maille d’une chaussette de foot Adidas de l’autre côté (rive droite) de l’Oise
Qu’est-ce que c’est ?
… odeur d' »ozone », W. Burroughs
comme si l’herbe même avait une haleine s’imprégnant
durablement ?
(et ce bandeau, c’est quasi à l’endroit de la chaussette Champion noire oxydée de cet automne ?))
… en effigie toute faite de points d’interrogation
((((poésie à scroller)
Je vais froid parmi les teintes froides
Peut-être suis-je comme la mort
Voilà ce que je serais : un messager
(ou un épouvantail)
Je me mets à la température du dehors
(m’abaisse)
(m’égalise)
Je me tiens sur son seuil de température
(et là-dessus je file)
(à cheval)
Envoyé spécial
(correspondant de l’Oise Hebdo ?)
(Dernières nouvelles des courants d’air)
… La CHAUSSURE !!!
— c’est une Aigle
(que j’avais balancée plus loin dans le sous-bois (taillis à peine ici, la ripisylve) le long de la voie douce
ou piste cyclable
n’ayant pas eu au moment de sa découverte il y a des mois le loisir
Surpris
de m’y pencher plus et donc c’est aujourd’hui
(car tout arrive) que
(c’est une Aigle, ou c’était, trop petite, un 40 ? le pied droit, plein de terre) je la relance un peu plus loin encore
des regards
ou repousse
plus profond
plus enfoncée dans l’invisible (un coin)
où je vais quand même voir
parmi le tapis du lierre terrestre et découvre
(rive de l’Oise)
dans le couvert un pan de mur de pierres
(l’exploration est infinie)
(et un morceau de fer scellé auquel j’aurais bien pu m’accrocher
(Kiprun MT Cushion 2 Trail en 42 et solde,
en déchirer — neuve ! — le pied droit)))
(((— Ce qui le rend si spécial, de divers au départ qu’il est, le fait, ce qui le spécialise, c’est de le raconter — non ?
(((— Non, c’est justement la catégorie, la rubrique Divers qui le spécialise, le range dans une case
((((qui est un cul de sac)
(((Il n’est au départ qu’un fait personnel
(((survenu personnellement
(((à titre personnel
(((il engage une ou des personnes
(((chacune en particulier
(((Tout fait dit divers est un assemblage
((((bancal, incongru)
(((une rencontre
(((— catastrophique —
(((de cas particuliers
(((Il n’est divers que d’avoir été relégué au fourre-tout (fourrière, chiens écrasés)
(((hors-catégorie car ne répondant à aucune ou ayant trait à plusieurs
((((divers = bâtard)
(À l’instant je passe dans la Basse queue le Carrefour irrégulier)
(Il y a dans la forêt voisine un Poteau dit hétéroclite)
(((((((le rabaissement (profil bas)
(((((((ou l’accentuation au contraire, la surexposition ?)
((((((du drame personnel au fait divers
((((((son égalisation
(((((((où le journalisme rejoint le terrassement ?)
((((((son aplanissement
(((((((tu racontes n’importe quoi — est-ce que le fact-checking ce n’est justement pas l’introduction de la nuance et la confrontation des données ?)
((((((la mise en mots = la mise en règle ; le règlement ; la régulation, fonction équaliseur de l’écriture, du compte-rendu, du constat, de la rédaction (régulatrice ; régularisatrice ; civilisatrice ; normalisante ; normante ; nomenclaturante))
((((((((((Le fait divers est bâtard, et c’est où il rejoint la fiction, d’être un fait incroyable, à l’évidence, à la fulgurance (si ce n’est à la transparence), à l’aveuglement, à la flagrance, à la déchirure (au déchirement), à l’énigme desquels il faut se rendre, se résoudre.
(((((((((((((((Les faits divers sont des mauvaises nouvelles.
Être là (dehors) pour accueillir la moindre inflexion de la lumière
(du jour la moindre inflexion de lumière)
(et voir l’Oise sous un nouveau jour)
(en deux allers-retours dans un rayon de soleil (car
Je vais sous le jour
sous le couvert du jour ou sous son aile)
le long de la clôture (de protection des jeunes plants) d’une parcelle (numéro ?),
ayant rejoint par le secteur dit de la Basse Queue la forêt tout autour domaniale
(c’est le domaine de ma respiration),
sur la portion d’un chemin (enherbé) que segmentent deux carrefours (sans nom)
(le soleil donc par deux fois dans l’œil et dans le dos)(et Devant la parole dans mon ombre)
… Novarina
devant moi les mots…)
(((« La fin de l’histoire est sans parole. »
(((« Il y a tout au fond de nous un passage parlé. »
(((« Nous sommes troués, à jour, à ciel ouvert. »
(((« Les mots en savent plus que nous. Ont résonné bien avant nous. »
(((« Les mots que tu dis sont plus à l’intérieur de toi que toi. »
(((« Un corps qui s’en va passe par la voix. »
— Celui par qui l’histoire arrive
(reparti dans la Zone de silence, le frottis aérien des avions)(celui du frein contre ma roue arrière voilée)
Parce que l’histoire vient en mots
elle ne vient pas en (un) fait
(une série de)
L’histoire des autres me vient en mots qui sont aussi à moi
(me construisent)
(me disposent)
(en phrases)
Ce en quoi elle est partageable
Ce en quoi elle est assimilable
Ce en quoi elle m’arrive
Car une histoire m’arrive
Elle m’arrive en mots
(elle m’arrive livrée ?)
Une histoire est ce qui m’arrive en mots
(avec les mots pour la dire)
(pour la lire)
(pour l’entendre)
(la comprendre ?)
(une histoire pour passer à côté ?)
— J’essaie de comprendre ce qui m’arrive avec cette histoire
C’est qu’il ne faut pas me tromper d’histoire
C’est une histoire qui n’arrive qu’à moi
C’est une histoire comme un effet personnel
— Moi je ramasse des effets personnels
(glane)
(ce jour encore un caleçon Tommy Hilfiger (noir) et son pantalon Zara (blanc))
(dans la pente d’un fossé et les feuilles des hêtres mortes)
(couvant l’humus en formation là)(la décomposition)(limace,
perce-oreille)
(au débouché d’une buse sous le chemin en forêt)
(tout auprès de la route départementale en lisière)
(quand ma route à moi va y déboucher,
la traverser pour continuer)
que je soulève du sol
Une fois ramassés à qui sont-ils, comme des trésors, à moi
(à qui reviennent-ils)
(sur qui tombent-ils)
(tombent-ils bien)
Ce sont mes effets personnels
et spéciaux
Il était une fois ramassés des effets personnels devenus spéciaux
(et les mots des faits divers dans le journal hebdomadaire sont-ils perdus
ou ont-ils été semés ?
Ne sont-ils que des traînées de comète ou de poudre ?
Prennent-ils position et laquelle ?)
((((Un fait divers n’en est pas un, c’est un article de journal, du commerce de la nouvelle.)
(((((((Ce qui nourrit l’article de fait divers,
((((((ce qui en fait le suspense,
((((((le suspens,
((((((c’est la possibilité, d’un jour à l’autre, de se contredire.
((((((Il est suspendu au lendemain — soumis à rebondissements — bien mieux qu’il ne rend compte de la veille.)
… Ce que je suis en train de faire pourrait-il être qualifié de soustraction à la justice (à
une enquête quelconque ?
inconnue/insue de moi ?
diverse ??) d’éléments matériels de preuve ?
Quand je suis revenu à l’endroit, point de chute Hilfiger/Zara
(je me suis ravisé)
(j’avais traversé la route)
(j’avais fait du chemin)
(pédalé un moment)
(j’ai fait demi-tour, rebroussé)
le jour avait rétréci
Sûr qu’il était trop grand au départ
Comment avais-je oublié que ça ne durerait pas ?
(je n’anticipe rien)
Voilà qu’il s’était ajusté à moi
— Qui vais comme le jour
((((((Je vais comme la mort
((((((aussi froidement
(m’allait-il comme un gant ?)
(me glissera-t-il des doigts ?)
(((((((à vélo comme les suiveurs des chasses
((((((à courre)
(alors l’auto, un SUV, ralentit à ma hauteur et
calque son allure sur la mienne et
la vitre côte passager s’efface et
l’homme, il est à ma hauteur, à ma gauche, me demande la direction des Chambres du vivier alors
ma main droite lâche le guidon et pointe devant moi et,
j’hésite, comme à chaque fois, dans ces moments-là j’hésite et
mon doigt indiquant ma gauche,
je finis par lui dire que c’est à gauche, c’est le plus court mais
c’est interdit je lui dis, je veux dire
aux véhicules autres qu’autorisés, que forestiers alors
lui me répond ok comme si cela
lui confirmait quelque chose et
surtout
comme si ce qu’il me demandait en fait n’était pas ce qu’il venait de me demander et
il me quitte et me distance vite et
prend à droite, la seule voie autorisée au carrefour et
j’entre à mon tour dans le rond-point et
la question réduite donc à quelque chose qui ne peut qu’augmenter
D. Roche
la question est ouverte d’autant plus que le but n’est plus de sortir du brouillon
J.-C. Bailly

il faut du souffle pour aller au bout, mais cette fin qui ne dit rien dit beaucoup plus et on pré sent que quelque chose de terrible arrive et c’est beaucoup plus fort que si ce qui arrive était dit. ce vélo associé à la mort qui revient à plusieurs reprises m’a rappelé le si beau début de « blonde » de Joyce Carol Oats
« Alors vint la Mort, le long du boulevard dans la lumière sépia du crépuscule.
Alors vint la Mort à tire-d’aile comme dans les dessins animés pour enfants, sur sa sobre et lourde bicyclette de coursier.Alors vint la Mort à coup sûr. La Mort inévitable. La Mort pressée. La Mort pédalant à tout rompre. La Mort transportant, dans son solide panier grillagé derrière la selle, un paquet marqué LIVRAISON EXPRESS/FRAGILE.
Alors vint la Mort, sur sa vilaine bicyclette, se frayant en experte son chemin dans le flot de la circulation à l’intersection de Wilshire et de La Brea où, en raison de travaux, les deux voies de Wilshire dans la direction ouest s’étranglaient en une…. »
MERCI du présent, Line, cette Mort me comble