Solange Vissac | Les mots blancs

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L’AUTEUR

Entre Saint-Etienne et un petit village de Haute-Loire, entre deux livres où se perdre, entre des textes qui s’écrivent et des photos qui se capturent... toujours un peu cachée… Solange Vissac anime des ateliers d’écriture et jardine son blog.

Textes parus dans les revues Pourtant et La Piscine en 2021.

LE TEXTE

Ce texte est le premier d’une série qui pourrait s’intituler « Dialogue avec une phrase » ou « Arrêt sur image » ou « Entre mots ». Il s’agit donc d’un travail en cours où la lecture d’une phrase ou de quelques mots d’un texte dans un livre déclenche un passage à l’acte d’écriture. J’écris généralement des textes courts, et sans doute davantage dans un registre de poésie. Le projet, avec ce travail, c’est de se confronter à des fragments nettement plus longs où je puisse dériver. Le dialogue avec des autrices est une deuxième contrainte. Outre Virginia Woolf, il y aura Sylvia Plath, Alejandra Pizarnik, Clarice Lispector…

 

Solange Vissac | Les mots blancs


Those are white words, said Susan, like stones one picks up by the seashore (1).
Ces mots-là sont blancs, dit Susan, comme les galets qu’on ramasse en bord de mer (2).

Et cela s’écrit malgré moi, avec moi et sans moi. Il ne se passe presque rien, et ce rien devient quelque chose qui grandit, pousse les murs de toute part, élargit l’horizon, se déploie sans savoir vraiment ce qui se trame. Les mots étalent leurs troubles et se laissent se dissoudre au milieu d’autres, ils s’accrochent les uns aux autres tels ces grappes de lichens sur les troncs d’arbres, laissant circuler entre leurs thalles un air de rien, une sorte de canevas nébuleux. Au premier regard on ne voit que des traces grises sans grand attrait, qui ne font pas encore miroir. Il y a quelque chose qui naît, encore un peu brouillon, quelques ratures ici ou là semblent montrer qu’un travail est en cours, que certains mots sont refusés et ne feront pas partie de cette forme informe qui est en train de croître. Il leur faudra un peu d’air, de lumière et de salive. Au fur et à mesure de ce qui s’écrit, cela se colore insidieusement. Parfois, les mots prennent de l’ampleur, de la force, une sorte de présence, un éclat soudain et l’on sent que quelque chose se dit dans ce qui s’écrit. Cela écorche encore un peu les oreilles et il faut jouer de patience, laisser reposer, griffer, dégriffer, reposer, augmenter, émonder, dresser cette incertitude de ce qui cherche à s’écrire. Toutes ces petites traces qui affleurent au fil de la plume puis au son du clapotis du clavier sont encore celles d’une écriture secrète qui ose ses premiers pas avec timidité.

Mes mains sont dans un geste d’écriture, mes doigts ont laissé tomber le stylo et le papier, et se déploient sur les touches du clavier à une vitesse raisonnable, et tout comme avec le stylo, les lettres parfois se mélangent ne respectent pas l’ordre original, surtout sur la fin du mot, même si, elles sont toutes là dans ce très léger désordre qui permet malgré tout la lecture, et signifie juste qu’il me faut davantage d’attention, et que tous les adverbes qui finissent par ment ont besoin de leur e dans leur dernière syllabe…. Les doigts se déhanchent, cherchent à enserrer ce qui naît, dont ne sait où, et qui s’installe dans des images, ou bien ce sont des images qui tentent de trouver leur place au sein des mots. Tout cela se tricote en un va et vient continu. Parfois une évidence, parfois un désarroi. Souvent un plaisir simple. Les mains, les yeux, tout s’emmêle. Les galets s’amoncellent. Le geste est serein au sein de cette pièce close où tout appelle à se concentrer sur cet essentiel. Derrière moi, des centaines de livres, assez bien rangés sur des étagères blanches, au sol des piles de livres en attente de lecture, devant des post-it collés sur d’autres étagères où des mots encore sont accrochés, des pense-bêtes, des phrases à ne pas oublier d’insérer, des titres de livres où il faut absolument s’immerger, des podcasts à écouter, des idées pour des ateliers d’écriture en cours, tout un univers dont il ne faut rien débrancher. Sur ces étagères posées sur le bureau, s’étalent pots à stylos et crayons, quelques photos et cartes postales conservées depuis longtemps et que l’on sait nécessaires. Une photo prise à Venise où un pont et un canal s’enlacent alors que ma silhouette s’efface un peu plus loin. Une carte postale avec des mots de Pierre Bergounioux au verso, où la tête sculptée de La Bernardine ( exposée au musée Labenche à Brive) me fixe et dont un jour il faudra bien que je raconte tout ce qui me lie à elle. Une reproduction de Caspar David Friedrich Femme dans le soleil du matin, où la silhouette d’une femme très droite, vue de dos, semble du bout de ses doigts effleurer les rais d’un soleil dont la terre tressaille — ce serait un monde suspendu dans une peau de draps frais, aux ombres de miroir qui scintillent quand un ici respire puis expire un ailleurs. La pulpe des doigts s’agite et répand son sang, se dilue et se perd jusqu’à refaire ce qui serait le monde ou le commencement d’un autre, celui dont chacun rêve et qui se crée avec des mots écrits en lettres capitales, aux pleins et déliés bien notés pour échancrer les reliefs et les creux à l’encre rouge. Tout à côté, une photo en noir et blanc, extraite d’un petit coffret noir fermé par un ruban, où l’on reconnaît Marguerite Duras, vue de dos également, dans le hall des Roches noires à Trouville qui regarde la mer se déchaîner dans une houle, peut-être pleut-il comme au début de L’été 80, et elle reste là, les mains accrochées à la grille de la fenêtre, juste pour regarder et songer. Tout cela est à hauteur des yeux qui se lèvent de l’écran de temps à autre et se posent là pour reprendre une sorte de respiration. Dans les trois petites niches qui composent cette étagère sur le plateau du bureau, les livres de quelques auteurs dont il faut, à portée de mains, pouvoir s’emparer pour éclairer d’une lumière nouvelle : Dante, Danielle Collobert, Antoine Emaz, Jacques Ancet, Philippe Jaccottet, Pierre-Albert Jourdan, Marguerite Duras… Quelques pierres, des carnets, un peu de poussière…tout un nécessaire …

Le regard se lève de l’écran, se tourne légèrement vers la fenêtre, de cet au-delà, d’où le chant du merle s’est fait entendre. Les yeux, vides ou blancs, ne savent plus très bien ce qu’ils voient. Se sentent au bord. Au seuil de l’image du dehors. Apaiser son regard rivé à l’écran d’ordinateur, pour renouer avec le bleu et le vert, ou peut-être se laisser happer par ses attraits. Un corbeau raye l’azur ou la grisaille d’un ciel dont on ne sait plus rien, une mésange, tête en bas, se saisit de quelques délices sur le bouleau, et plus loin la vie roule en train, en voiture ou à vélo. Le monde est toujours là bien présent, dont on avait oublié la réalité. Ces copeaux d’ailleurs, selon les jours, se lisent comme une bouffée d’air ou l’appel à tout laisser en rade. Un oiseau chante toujours la même mélodie et au loin un autre semble lui répondre ; la fenêtre est ouverte maintenant, car il faut parfois succomber au dehors et je cherche à mettre des mots sur ces mélodies qui s’entrecroisent. Puis cela s’interrompt, une voiture passe sur la rue, il faut revenir vers soi, refermer la tentation de la fuite, se tenir à l’intérieur, calfeutrée derrière la fenêtre de l’ailleurs.

Eh bien, je crois que pour écrire ou pour n’importe quoi vous devez être capable de vous recroqueviller en boule avant de frapper les gens en pleine figure (3).

Sur ce qu’on nomme page blanche, les mots blancs, petit à petit, s’essaient à la couleur, d’abord d’un ton un peu pastel, irrigués du sens qu’ils ont eu lorsqu’ils étaient déjà posés ailleurs, qui font réminiscence, qui conservent cette écume de survie ou d’éternité. Ils restaient en hibernation, et viennent de se réveiller et de repousser le silence. On se prend à rêver alors de coulées de lave incandescente, dévastant tout sur son passage et reconstituant un sol singulier où se mettrait à croître une végétation insoupçonnée. Comme le lichen, les mots s’incrustent dans le substrat, libérant une manne nouvelle. Des nuances se font jour, une demi-teinte se met en place. Des tons d’amande ou d’absinthe, parfois même céladon, aigue-marine, ardoise, bleuet ou peut-être lavande, champagne, flave ou paille, allant jusqu’au vénitien, capucine, grenadine, nacarat ou rubescent… À ce stade, rien ne se sait encore, rien n’est sûr, tout peut basculer à tout moment. Une métamorphose lente se trame mais rien ne va de soi. Je voudrais bien que les mots galopent mais ils ne font que tituber sur l’écran d’ordinateur, je reviens en arrière, efface un mot trop faible, cherche un vocable qui sonne et se marie avec plus de panache à celui d’avant ou celui d’après. Et demain peut-être tout sera à recommencer…

Se poser soudain la question de ce qui est premier : le geste de tracer les mots ( stylo ou clavier), ou la pensée qui va se déposer… Pour écrire il faut poser le premier mot — blanc encore — et laisser s’enclencher un déferlement de ce qui fera phrase, puis fragment de quelque chose et texte si tout va bien. Ce qui se détache de l’obscur, dans ce paysage de nuit, dont on ne savait rien, se met à se délivrer, s’animer, trouver une existence. Quelque chose fait halte et s’inscrit à petits pas dans le sable. Et tout est si fragile, si faible, et peut être effacé en quelques secondes. Je reprends de l’énergie dans le souvenir de la fillette, assise à son petit bureau dans la cuisine de là-bas, celle de l’enfance, et par une étrange juxtaposition du temps, je réalise qu’elle était exactement dans la même configuration physique et spatiale qu’aujourd’hui : face à un mur, une demi-cloison pour être exacte qui ne montait pas jusqu’au plafond mais permettait juste une séparation entre ce qu’on nommerait alcôve et la cuisine. Face à ce bureau recouvert d’un placage entre orange et marron, du formica sans doute, une étagère, une simple planche bricolée par mon père où étaient amassés mes trésors d’alors et les quelques livres utiles pour l’école et ceux qui m’avaient été offerts, retenus par des serre-livres en bois en forme d’éléphant. À ma droite une fenêtre très haute, qui était juste plus près du ciel que dans mon bureau actuel, car l’appartement où nous vivions était au troisième étage, et j’ai le souvenir d’hirondelles qui traversaient alors l’azur et leur trissement, mot que je ne connaissais pas, mais qu’aujourd’hui j’éprouve un réel plaisir à écrire. Sur ma gauche, le petit placard vert, comme l’étagère, où je rangeais ce qui m’était personnel, dessins, livres, cahiers, jouets, tout comme aujourd’hui le meuble à quatre tiroirs, sur ma gauche également, dans lequel reposent cahiers, carnets, stylos, dossiers… Je me souviens bien avoir tenté de mettre ce meuble à tiroirs et sur roulettes sur ma droite mais il y avait quelque chose dans cette disposition qui ne me convenait pas. Je comprends mieux pourquoi à l’instant. Je me revois mâchouillant mon crayon ou stylo, les yeux levés vers le plafond en attendant que descende l’inspiration, comme je croyais que cela se faisait, avant de poser mes premiers mots dans un carnet rouge où je m’essayais à jouer à Victor Hugo, ou plus simplement à faire comme mon père qui noircissait, de sa belle écriture penchée, des cahiers ou carnets sur son bureau dans la chambre. Je prends conscience de cette configuration similaire avec étonnement et aussi plaisir : la petite fille que j’étais n’a pas totalement disparu.

La sonnerie du téléphone retentit, on voudrait ne pas répondre, mais le nom qui s’affiche est reconnu, alors on glisse le doigt de la gauche vers la droite sur l’écran et on répond. Si l’interlocuteur dit je ne te dérange pas, on s’entend répondre non, tout va bien, alors que dans la réalité, bien sûr qu’il me dérange, qu’il me fait revenir dans le monde où je n’étais plus, et que si la conversation dure un peu, je n’aurai plus l’énergie ou le désir de revenir à l’écriture. La patience ou la volonté se construisent au fil du temps, mais peuvent aussi être anéanties en quelques secondes, parce que le mental ne suit pas. Je vais peut-être tout laisser tomber, refermer l’écran d’ordinateur et me perdre, fuir dans une activité qui elle, est sûrement utile. Écrivant ces mots, je sens même la pensée de l’à quoi bon remonter à la surface, envahir mes neurones et me voilà prête à tout envoyer à la poubelle, à repousser l’ordinateur ou à surfer sur les pages variées et chronophages d’internet, à fuir ce qui est en train de s’écrire. Et tiens, je vais aller me préparer une tasse de thé, profiter de mon passage en cuisine, pour laver la vaisselle sale qui patiente dans l’évier, donner un coup de balai, passer une éponge sur le plan de travail, aérer la chambre aussi car j’ai oublié, faire le lit… Je pose la tasse de thé sur le bureau, il est un peu chaud, fixe l’écran d’ordinateur, relis ce que mes doigts ont tapé et inscrit, me dis que c’est pas si mal finalement, que peut-être je tiens quelque chose d’intéressant, ou tout au moins qui m’intéresse, qu’il faudra relire demain, je corrige quelques fautes de frappe, rajoute une virgule, note sur un carnet tout près ce qu’il faudrait creuser, mettre au clair. Mais là je ne peux rien de plus, je me suis extraite de la matière des mots, j’ai lâché le fil qui les relie entre eux, avec moi.

Je suis ainsi faite que rien n’est réel si je ne l’écris (4).

Le fil. Celui qui se déroule sur les tableaux de Safet Zec découverts un soir de fatigue à Venise. Furetant dans mon stock de photos sur l’ordinateur, je m’arrête sur celles de l’année 2017, et retrouve très vite toutes celles que j’ai captées des peintures exposées dans l’église Santa Maria della Pietà, sous le terme Exodus, réalisés par le peintre serbo-croate Safet Zec. Je me souviens de ma sidération face à toutes ces œuvres qui m’encerclaient. J’étais entrée là sans savoir ce qui m’attendait. La foule dehors au bord du Canal di San Marco, la chaleur, la fatigue après des heures de marche dans la ville, et cette église avec l’affiche d’une expo en entrée libre. La découverte, pas à pas, de ce qui se donnait à voir et où il m’a fallu un peu de temps pour comprendre l’ampleur de ce qui se tenait là sous mes yeux, tous ces corps vêtus de blanc, se serrant les uns contre les autres dans le naufrage de leurs vies, et ce fil rouge traversant tous les tableaux gigantesques qui me toisaient. Je ne vois plus que lui, ce fil comme un ruisseau de lait qui fuit — écriture de sang torsadée qui s’enroule autour des corps étendus de la plante du pied aux manches ou la taille d’un enfant — fil rouge qui relie, accroche le regard de celui qui, hébété, se tient face à ces corps qui enserrent d’autres corps ceux des enfants qu’il faut protéger, rassurer, bercer, revêtus du blanc de l’humanité dans son devenir. Le sillon rouge ruisselle de ce sang de toutes les plaies et s’imprime dans la mémoire. Ne pas lâcher mon fil rouge, celui qui me relie à la petite fille d’il y a si longtemps, ne pas emprunter les chemins qui ne sont pas les miens mais ceux que l’on a voulu me faire prendre, et laisser fulgurer cette langue de vertige.

Comment considérer ces hasards qui nous mettent un jour en lien, à l’improviste, avec un peintre, un artiste, inconnu jusque là, et dont la vision du travail bouleverse et ramène au plus secret de soi… Comment ce trait de pinceau, rayant en douceur tous les tableaux, continue, avec une étrange obstination, de faire son œuvre et s’évertue à colliger tout ce qui s’éparpille de soi au fil des ans... Ralentir ce qui fuit. Rester entre des lignes, des mots. S’accrocher à ce désir-plaisir libéré par les mots, ceux que je lis d’abord dans ces livres qui me sortent de l’inertie, produisent un trouble, déstabilisent un peu, ouvrent une nouvelle fenêtre, tracent une connexion et rechargent la chair de l’esprit. Être à la recherche de cette chorégraphie des mots quand cela s’écrit enfin, ce mouvement d’effleurement qui se produit, et qui emporte plus loin, là où l’on ne savait pas que l’on se dirigeait, au travers de toutes les ombres qui nous recouvrent, dans une très grande étrangeté d’errance. Est-ce de l’invisible qui prend forme alors puisque les mots disent davantage que ce qu’ils semblent dire… Prendre ses aises dans le séjour de la langue, avec une part de démesure dans le plaisir qui se crée, et se sentir appréhender le monde, l’ailleurs, d’une façon différente. Espérer que ce qui s’écrit, non pas tienne, mais se tienne. Avec racines et envol. Les deux. Toujours veiller aux deux. Quelque chose d’éperdu. Comme un arbre peut-être. Qu’il soit grand ou petit, et quel qu’en soit l’espèce. Qu’il produise des fruits ou qu’il soit de simple agrément. J’écris près d’une fenêtre où, à l’arrière-plan, s’élancent des arbres sous un ciel changeant. Et l’arbre tient son cap. Il puise en lui et dans le sol où il se rattache son nécessaire. Je puise dans la langue amoncelée en moi, celle qui m’a édifiée depuis si longtemps désormais. Elle se tient en silence à l’intérieur. Plus les ans s’amoncellent et plus elle a de l’importance. Une langue pleine de carences, d’imperfections, de doutes, de clichés, de banalités, sans doute. Mais je tente de donner une voix à ces mots agglutinés, j’essaie de leur rendre un envol possible, afin de m’inventer à nouveau, avec parfois les lèvres lavées de larmes. Susan et ses mots blancs, et quelques lignes plus loin dans ce même texte de Virginia Woolf, Jinny parle de mots jaunes, de mots de feu. À chacun sa manne de langue. À chacun son souffle. À chacun son pas. Et ne pas oublier de ne pas se déprendre de soi, de ne pas lâcher le fil de ce qui nous relie à nous-même, et ne pas se perdre en cours de route. Ne pas oublier non plus l’arbre, l’envol de ses branches, le mouvement du feuillage sous le vent, la chlorophylle qu’il diffuse, le plaisir qu’il procure lorsque, allongé sous son feuillage où s’emmêlent ombre et lumière, on se laisse emporter par le songe, bercer de lueurs tamisées.

L’écriture serait un peu comme se tenir au bout de soi, au bout de ses doigts avec des étincelles prêtes à pétiller, à s’envoler plus loin, à éclairer quelque peu le tas de haillons où s’écarquillent quelques souvenirs, en un dépli d’ombres, tout au bout d’un chiffon de langue rouge.

L’univers où nous vivons est dépourvu de stabilité. Qui nous dira le sens secret des choses ? Qui peut prévoir la courbe d’un mot, une fois lancé ?

1/ Virginia Woolf, The waves ;

2/ Virginia Woolf, Journal, 6 mars 1921, traduction par Colette-Marie Huet et Marie-Ange Dutartre ;

3/ Cité par Quentin Bell dans Virginia Woolf Biographie, tome 2 ;

4/ Virginia Woolf, Les vagues, traduction Marguerite Yourcenar.

 



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1ère mise en ligne et dernière modification le 4 octobre 2022.
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