diffractions du réel dans le Quichotte

revue Europe, spécial don Quichotte


Note du 13 avril 2008 : je découvre que le texte ci-dessous, mis en ligne en juillet 2006, continue d’être visité sans interruption 2 à 3 fois chaque jour et vient de passer sa 2500ème visite. Bel exemple de disproportion long trail par rapport à la version papier qui en avait été le déclencheur initial, demande de Jean-Baptiste Para pour la revue Europe. Surtout, voici ci-dessous [1] la liste des requêtes Google ayant mené à cette page les dernières semaines. Elle inclut évidemment quelques requêtes bizarres ou en langue naïve (livres d’histoires reels rever), quelques belles soifs de lecture (un livre geant pour inaugurer une bibliotheque), mais témoignent pour les autres d’une recherche précise, où Internet ne devrait pas remplacer les études spécialisées... – sauf, justement, quand les études spécialisées ne sont pas sur le Net. Pour moi, un exemple précis de cet arbre en gestation que constitue un site : il faut obligatoirement, dans cet arbre, une place pour le Don Quichotte... Et quelle étrangeté de savoir que chaque jour, depuis 18 mois, 2 à 3 anonymes passent ici discrètement, sur la piste du plus immense des livres...

Note de juillet 2006 : le texte ci-dessous est paru en mai 2005 dans le n° spécial de la revue Europe consacré au Don Quichotte, à l’invitation de Jean-Baptiste Para. Je le replace aujourd’hui en tête de site : tout simplement pour avoir encore une fois rouvert le livre géant cet après-midi... J’en parle ci-dessous : livre à relire à chaque étape de sa vie, disait Franz Kafka : chacun a sa propre histoire de sa découverte des deux livres de Don Quichotte. Le site carrefour pour le Quichotte : The Cervantes project


François Bon | Diffractions du réel dans le Quichotte

 

Mon premier souvenir du Quichotte est un souvenir d’enfance. On disposait d’un appareil en plastique à vue stéréoscopique, un bouton baissait d’un cran la plaque de carton avec sa suite d’images en double et on voyait en relief, une histoire s’ébauchait. On avait plusieurs séries de cartons, mais au moins trois planches concernaient le Quichotte. Je me souviens d’un dessin plutôt naïf, évidemment réaliste, et que le texte apparaissait à mesure dans une petite fenêtre. Ainsi, savons-nous l’histoire de Don Quichotte avant de la lire (voire même, pour Flaubert, que son grand-père prenait sur ses genoux pour lui lire dès ses six ans le texte véritable, « avant même d’avoir appris à lire »).

J’ai dû le lire dans l’adolescence, forcément en traduction Viardot, mais je n’en ai pas de vrai souvenir. Je sais avoir fait cette lecture, puisque cette fois j’avais connaissance globale du chemin de l’histoire, au moins du livre I. Ma véritable lecture s’est faite en 1983, donc à trente ans, et juste après avoir publié mon premier livre. Je crois que cette fois j’étais prêt à le recevoir. Je me souviens d’un bloc de journées entières sans sortir de la chambre que j’occupais, cet été-là à Marseille, et qu’à la fin je m’étais moi-même devant une glace coupé à ras (mais inégalement) les cheveux, que j’avais portés jusque-là plutôt longs, et même complété en raccourcissant aussi les sourcils, et que l’image de moi-même qui en résultait coïncidait alors avec l’état intérieur où j’étais après lecture : j’en avais fait un Photomaton, collé dans un cahier depuis lors. On lit donc autrement quand on a soi-même placé le livre au centre de sa vie, comme la question du livre, ceux qu’il a lus, celui qu’on nous conte, est au centre du récit du Quichotte avant même son aventure, ou du moins au même plan exactement ?

Gustave Flaubert n’avait pas une grande admiration pour Louis Viardot, ni même sans doute pour Tourgueniev et le mariage à trois où ils se complaisaient. C’est la traduction Oudin et Rosset qu’il devait relire, et c’est celle que je continue de pratiquer moi aussi, parce que gardant les tournures de la langue du seizième, son opulence rhétorique, et un peu de naïveté (peut-on, pour un grand livre, le relire dans une autre traduction que lors de sa découverte - j’ai la même question pour Kafka, pour Dostoievski ?). J’aime aussi beaucoup celle d’Aline Schulman pour son rythme tendu : nul ralentissement, et les figures immobiles semblent devenir animées, bouger en temps réel, sans doute c’est ainsi que les lecteurs Espagnols le perçoivent. C’est cette traduction-là que j’ai offerte à mes enfants. On était donc en 1983 à Marseille et je m’étais offert, après la publication de mon premier livre, une année complète à ne faire que lire : on ne peut rien envisager sans. C’est cette année-là que j’avais été surpris de la conjonction de ces deux phrases, Stendhal dans Vie de Henri Brulard disant qu’on devrait relire le Quichotte une fois par an, et Franz Kafka, qui révérait Stendhal mais n’avait pu lire la phrase précédente, écrivant dans son Journal qu’on devrait relire le Quichotte à chaque étape de sa vie. Avec une variante pour William Faulkner, lequel nous dit qu’il le lit tous les ans, mais en ouvrant chaque fois le livre par le milieu, et qu’ainsi il l’a relu en entier chaque dix ans (c’est en 1958 qu’il le dit, au soir de sa vie).

Je n’ai pas de vue d’ensemble du Quichotte. C’est un prisme à diffraction infinie. Qu’on pointe le doigt sur une strate, une fissure, un texte, et la totalité du reste s’éclaire autrement, mais reste là présente. On collectionne tous, dans notre bibliothèque, ces textes que chaque auteur a insérés dans son parcours pour dire son propre rendez-vous avec le Quichotte et ce que cela a déplacé. De Thomas Mann à Maria Zambrano. Et bien sûr une place à part pour Borges et pour Kafka.

Borges, dans cette réflexion inouïe, pour avoir lu d’abord le Quichotte en traduction anglaise, que la version originale, donc dans sa propre langue, lui avait toujours semblé un travail de traduction, pas forcément bien dégrossi. Mais pour l’inépuisable Pierre Ménard : on sait l’importance biographique de cette écriture pour Borges, reprise de plume après une infection grave d’une plaie à la tête, et son premier texte de fiction. Idée sans fond, fascinante : nous portons tous un nombre très restreint de livres en nous, qui nous aident à porter notre propre livre, et le mettre au jour dans sa singularité. Qu’on approfondisse ce rapport de nécessité qu’on a avec tel grand ouvrage, et le Quichotte (Rabelais et Shakespeare avec lui ?) devient une totalité suffisante. Pierre Ménard, en cherchant à s’écarter du Quichotte, épuise tous les possibles comme ne lui offrant pas la même richesse arbitraire que l’orginal, et il produit un Quichotte équivalent à la lettre près à l’original (ce qui ne se pourrait avec Shakespeare et Rabelais ?). Si cette figure se réduisait à sa fable, Borges certainement ne serait pas devenu Borges.

Pour Kafka, je recopie, c’est tout aussi inépuisable :

La vérité sur Sancho Pança. Grâce à une foule d’histoires de brigands et de romans de chevalerie lus pendant les nuits et les veillées, Sancho Pança, qui ne s’en est d’ailleurs jamais vanté, parvint si bien au cours des années à distraire de lui son démon - auquel il donna plus tard le nom de Don Quichotte - que celui-ci commit sans retenue les actes les plus fous, actes qui, faute d’un objet déterminé à l’avance qui aurait dû précisément être Sancho Pança, ne causaient toutefois de tort à personne. Mû peut-être par un certain sentiment de responsabilité, Sancho Pança, qui était un homme libre, suivit stoïquement Don Quichotte dans ses équipes, ce qui lui procura jusqu’à la fin un divertissement plein d’utilité et de grandeur (sans titre, cahier G, le 21 octobre 1917, traduction Marthe Robert).

Alors tout bascule, puisque c’est nous-mêmes qui avons liberté d’inventer Don Quichotte, et que la figure même du livre, comme dans Pierre Ménard, n’est plus indépendante de celui qui l’a ouvert et lu. En nous suggérant que Don Quichotte est rêvé par Sancho, qui fait partie de l’histoire, Kafka nous inclut physiquement, à la remorque de Sancho, dans notre propre souvenir de lecture, lequel alors nous englobe.

Schème qui de toute façon est imposé par Cervantès dès le premier livre, par l’interruption fameuse du chapitre VIII, et que l’auteur revient au chapitre IX pour nous raconter sa découverte de la traduction de Cid Hamet Ben Engeli, qu’on retrouve le fil perdu de l’histoire par un « portrait au naturel » de la scène interrompue, légendée par « un écriteau à ses pieds » et que Cervantès avoue que toute la complexité de ce dispositif tient seulement à rehausser le statut de réalité de son histoire (son thème récurrent le plus continu, le plus développé), si « nulle histoire n’est mauvaise, pourvu qu’elle soit vraie ».

Puisque dans le Quichotte tout naît des livres, les livres qu’on a lus, et dont on s’imagine devoir porter la fiction dans le monde, puisque aussi bien c’est le monde vrai qu’ils convoquent en nous pour théâtre, et qu’ainsi ils le constituent comme représentation. Et qu’on peut bien brûler la bibliothèque du pauvre gentilhomme Quixana, Quixada ou Quesada, les livres ne sont que le dépôt matériel des histoires qu’ils nous content, et que ce conte il suffit de le porter en soi, par le fait même d’avoir rêvé et imaginé en lisant.

Peut-être même que cette activité inouïe du Quichotte comme source même de notre rapport triangulé, éclaté, entre le réel, le livre et le rêve, c’est Cervantès qui l’inaugure : et qu’il ne faudrait pas considérer le Quichotte comme un livre en deux parties, sans cesse commenté depuis lors, mais bien restreint à sa première partie, et que le livre II ne serait que l’ouverture de cette boucle concentrique infinie, jusqu’à Flaubert, Borges et nous autres, qui force de toujours revenir à son incomplétude, à son merveilleux. Le second livre du Quichotte, c’est le héros fictif lancé par son propre auteur sur les traces réelles d’un avatar. A la fin du livre I, Cervantès organise une boucle ouverte : il y a eu d’autres aventures, mais le héros est mort et voilà ses épitaphes. Seulement, Avellaneda, parce que la notion d’écrivain n’est pas constituée comme elle l’est un siècle plus tard, et que peut-être Avellaneda a compris la ressource infinie et mythique du personnage créé par Cervantès, fabrique une suite au Quichotte, suite à laquelle il ne manque ni horions ni Sancho, mais quand même un personnage essentiel : Cervantès et son génie. Alors le Quichotte, le vrai Quichotte fictif de Cervantès, reprend la route sur les traces mêmes du faux Quichotte d’Avellaneda, à seule fin de prouver que, mis dans les mêmes et précises conditions, il se passe autre chose.

Ou qu’il se passe rien du tout, mais toutes les figures de la rencontre de la langue et du monde, jusqu’à l’aporie comme lorsque Sancho veut raconter à son maître l’histoire des cent chèvres, et que nous ne saurons pas l’histoire des cent chèvres : Avelllaneda, et sans doute aucun de nous autres ni Borges, n’aurait osé convoquer dans son livre l’histoire des cent chèvres, et ne même pas la dire.

Qu’on prenne le Quichotte en n’importe quel point, et il redéplie à l’intégrale la totalité de ses soieries, et chacune est une des diffractions multiples qu’entretient la langue avec ce qu’elle nomme. C’est la relation au réel que brise en chaque point Cervantès parce qu’il convoque notre illusion, mais que l’usage simple de cette illusion ne saurait honorer ni le réel ni nous-mêmes, et c’est cela l’espace de la langue. Aussi ne lisons-nous jamais l’état simple des aventures du gentilhomme aux lubies, mais chaque aventure, en le positionnant dans une figure héritée du rapport des livres au réel, quand lui-même chaque fois sait très bien formaliser cette figure spécifique et l’exprimer en fonction des livres qu’il a lus, nous place nous-mêmes dans cet état d’incertitude quant au monde, à partir de quoi la littérature seule offre l’inconnu qui nous manque.

Comme j’aime par exemple cette fin si triste du premier livre, quand le Quichotte est enfermé dans sa cage à bestiaux, convoyée par le curé et le barbier déguisés. Les hommes du vrai, le curé et le barbier, se sont déguisés pour ne pas avoir à exercer violence contre le Quichotte, en le laissant croire à son monde enchanté. Sancho veut à tout prix prouver à son maître qu’il n’est pas enchanté, mais bien le Quixada ou Quisada ou Quixana réel, ramené chez lui dans une cage à bestiaux par son propre curé et son barbier. Sancho a une botte secrète : si son maître a « envie de faire ce qu’un autre ne peut faire pour vous », donc l’élémentaire besoin de se vider la vessie, c’est qu’il n’est pas victime d’enchantement. Mais si Sancho a un tel besoin de prouver à son maître le non-enchantement, c’est qu’alors la promesse faite par son maître a un fondement réel : il recevra son île, quand bien même Jeanne Pança, son épouse, ne peut même concevoir, dans leur village de Manche, ce que peut bien être une île. Mais l’île fait partie du rêve halluciné du Quichotte. Sancho veut prouver le réel contre la folie, parce qu’il s’est fait le porteur de la fable folle, et qu’il a besoin du barbier et du curé pour croire à sa fable : un Quichotte fou ne saurait tenir sa promesse. Mais ce que lui répond le Quichotte, c’est que la part de réalité qui leur est concédée, si entière qu’il bénéficie du droit de pisser comme un autre, est bien la preuve de la puissance de leur enchanteur. Alors où en sommes-nous avec le réel, avec le livre et le plaisir qu’on y prend, et notre propre tête ? Cervantès se sert de nous comme d’un miroir à facettes, pour démultiplier son propre récit, par les reflets que nous on y invente : Don Quichotte a bien reconnu le barbier et le curé sous leur déguisement, mais cela aussi est une preuve de la force des enchanteurs. La réalité qui les entoure, tellement concrète qu’on s’y soulage de ses petits et gros besoins avec une telle simplicité, est bien la preuve que les livres d’aventure disent vrai, et qu’un monde imaginaire peut vous paraître aussi réel que le réel. Et Sancho est pris dans cette diffraction et ce piège, c’est lui, le bien réel Sancho, qui représente le bon sens et atteste de la folie de son maître, qui nous a tirés dans l’endroit où soudain nous-mêmes avons ingurgité la fable. Sancho, quand il veut rétablir le réel contre le réel déguisé, le fait au nom d’une fable folle, et le fou, en établissant la réalité de sa folie au plein jour des autres, installe que le réel inclut la folie : où sommes-nous ? Au chanoine de rencontre, qui lit en se méfiant des livres, le pauvre Quichotte maigre et épuisé, sale et prisonnier, répond que rien n’est plus vrai et réel que les livres parce que le monde qu’ils nous proposent vaut mieux que la réalité amère où nous heurtons sans eux : la leçon du fou est une leçon immédiate de vie qui nous en donne la densité, nous offre notre propre réel de bien plus près et nous le ravive.

Leçon qui ne vaut qu’à mesure que nous lisons, ne survit pas à l’enfermement même par quoi nous émerveille la lecture. On a toujours à relire Don Quichotte.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 11 avril 2008
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