le copain Dister

l’association Alain Dister, premières initiatives


À l’initiative de Marie-Hélène Fraïssé et d’Arnaud Contreras, l’association créée à la mémoire d’Alain Dister, qui a entrepris numérisation et classement des fonds, tient ses premières initiatives, en particulier exposition.

Rassembler le travail d’Alain, c’est découvrir comment, là où nous avons à construire le récit de cette considérable mutation des années 60 et 70, il la documentait intuitivement : ainsi, ce diaporama à partir de ses images de Hendrix [1] : Castles of sand.

Toutes infos sur l’association et ses activités via groupe Face Book, ou directement sur le site Alain Dister.

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 28 mars 2009, avant l’hommage rendu à Alain dans le cadre du Salon du livre de musique de Deauville.

Il faut un long flash-back : c’est juste avant mai 68, on est des gamins coincés dans nos provinces, mais la nuit l’oreille vissée à une nouveauté considérable, le transistor. Et quelques incroyables musiques, que seule la nuit autorise. Puis les 45 tours. Cela vient d’un monde très loin. Les magazines sont en couleur. On découvre que la vie, là-bas, est autrement que chez nous : les couleurs justement, et le voyage, et plus permissive.

Des magazines surgissent, et chaque mois nous y prenons notre lot de récits et de photographies. Le nom d’Alain Dister surgit là.

Ce sont nos aînés. Eux, ils sont partis. Les lecteurs de Hippie Days (Fayard) savent cette première équipe de Dister, à l’époque on se proposait pour convoyer des voitures, il part de New York et arrive à Los Angeles, un rêve définitif dans les yeux.

Alain Dister est spectateur : pour vivre, il vend des photos à Paris. Cela suppose à la fois une intention, prendre contact, aller où ça se passe, dépister ce que personne encore ne connaît (Zappa), et garder distance, conserver le regard. Mais pas possible d’être seulement acteur : on participe de ces communautés mouvantes, on a 20 ans, les rencontres sont belles, on ne sait pas comment, quelques décennies plus tard, on comptera les survivants.

Alain Dister est disparu il y a quelques mois. C’est notre mémoire de ces jours-là qui s’en va : parce qu’elle est encore à faire, l’histoire de ces jours-là. Quand Jimi Hendrix vient la première fois à Paris, c’est Dister qui le pilote (d’où ces extraordinaires portraits, reproduits partout depuis lors). Quand Led Zeppelin joue pour la première fois à New York, Ahmet Erteghun y amène Dister : et je l’entends encore me raconter.

Il y a des pans entiers de Dister qu’on ne connaît pas : ses photographies plus abstraites de lieux, sur les routes américaines. Ou sa série sur les bikers, qui va être à nouveau présentée au Café parisien à partir du 11 avril, tandis que le CapC Bordeaux vient de lui rendre hommage via sa série psychédéliques.

Au festival Livre de Musique de Deauville, le 25 avril, nous lui rendrons hommage par une lecture, avec Jean-Yves Reuzeau, son éditeur au Castor Astral. Les portraits d’Alain seront exposés.

Surtout, voici nouvelle version de son site Alain Dister qui ne doit pas être musée ni stèle, avec actu, lettre d’info, et galerie photo. Une association est en passe d’être créée.

En attendant la lecture de Deauville, hier matin, bibliothèque de Bagnolet, fenêtres sur tours, je trouve sur une table Rock Critic, textes d’Alain parus au Castor Astral. Voici le tout premier : les Américains à Paris, en 1944.

 

[1Ai raflé pour ma part, après visite chez Mannys ce matin, 6 nouveaux ouvrages sur Hendrix au Barnes & Nobles Music de Lincoln Center.


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1ère mise en ligne 28 mars 2009 et dernière modification le 28 mars 2009
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