Artaud sur YouTube

les ressources filmées comme extension de la bibliothèque ?


... Et pourtant je n’y étais pas préparé. Mais, au moment de parler 2 h d’Artaud à 20 étudiants de l’université de Montréal, comment ne pas leur signaler les pistes YouTube ?

Par exemple de commencer avec La coquille et le clergyman :

Ou bien Artaud parlant du peyotl chez les Tarahumaras :

Et bien sûr Artaud le mômô, même si nous c’est à partir du Pèse-Nerfs qu’on va travailler :

Mais on peut visionner aussi le travail historique de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, pour moi si exemplaire de respect et de transmission :

Quant à Artaud acteur de cinéma, et comment son travail dans le Procès de Jeanne d’Arc de Dreyer vient rejoindre ses textes sur le cinéma comme poésie, et ce que risque d’en tuer le cinéma parlant :

Bien sûr, même si je n’ai pas apporté tout mon attirail (j’ai quand même apporté au Québec quelques-uns des 26 tomes de l’édition de Paule Thévenin), j’aurai en mains – malgré nombre de désaccords graves, mais justement parce que bon exemple des contraintes d’une logique d’édition – le Quarto, ainsi que le Pèse-Nerfs dans la collection Poésie de Gallimard. Mais, pour faire passer la matière Artaud, les liens vers les vidéos ci-dessus seront transmises par mail aux étudiants, au même niveau que l’incitation à lire les textes.

Et si c’était un phénomène (un outil), à prendre au sérieux, dresser un catalogue des ressources (suivre YouTube sur Céline, Michaux, Cortazar, Beckett...), même si ces liens n’ont pas de pérennité, et n’ont pas de validité juridique ? Est-ce que diffuser le lien vers le film de Dreyer (je suis bien sûr que tout à l’heure serai le premier à leur en parler, et c’est ma job comme ils disent ici) ce n’est pas le meilleur moyen d’ancrer aussi la radicalité poétique ?

Comme d’habitude, questions qu’on aimerait se poser sérieusement, mais avec qui ? On procède hors toute institution, en franc-tireur.

Avec quand même un grand soulagement : décédé en 1948, ici au Canada Artaud est dans le domaine public. On a le droit de dire aux étudiants pourquoi c’est si immense, pourquoi un tel bousculement est si nécessaire, indépendamment de ces ayant-droits qui ont passé leur temps à encaisser les chèques tout en installant le maximum de barbelés tout autour...

En haut de page : Antonin Artaud, dessin de mon frère et ami François Place.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 23 septembre 2009
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