"pourquoi ne se révoltent-ils pas ?"

sur publie.net, des textes qui brûlent – la politique passe aussi par la littérature


La question de Walter Benjamin : – Pourquoi ne se révoltent-ils pas ?, on sait combien elle a été génératrice pour penser les utopies négatives, comme notre obligation à dire, penser, résister au présent.

Alors bien sûr dans publie.net ça a toujours été une direction pour moi la plus importante, celle où le partage est le plus nécessaire.

Les soirs où on a envie de laisser tomber carrément le projet, parce que pas assez de confiance, pas assez de lectures, pas assez de réactions ou tellement lentes dès qu’on sort de notre noyau fidèle d’abonnés, bibliothèques en particulier, c’est à ces textes-là qu’on repense en premier, qui justifient qu’on continue de marcher droit sur le chemin.

Oh non, pourtant ce n’est pas un chemin solitaire, et la plainte ce n’est pas mon genre. La grande récompense de ces 3 ans ans de publie.net, c’est ce qui s’élabore en échanges directs d’un auteur à l’autre, de blog à blog, de lecture à lecture, chacun à son tour auteur, à son tour lecteur.

Donc, en voilà quelques-uns, de ces textes – avez-vous feuilleté la partie proposée en extrait libre ? Se souvenir, merci, que tout le principe de l’entreprise, les milliers d’heures qu’on y a en équipe engouffrées, c’est que la moitié de la recette perçue pour chaque texte, téléchargement direct ou prorata des lectures via abonnement, est directement reversée à l’auteur.

Je n’ai aucune idée de combien de temps nous tiendrons, dans l’entrefer entre ce laboratoire qui est nôtre, où nous apprenons autant sur les formats, l’ergonomie, le relais, et le désarroi à voir notre outil aussi peu sollicité : pensez que nous proposons un abonnement démo gratuit d’un mois pour les bibliothèques, nous l’aurons utilisé une fois en trois mois, pour l’Institut français de Pékin. Ce n’est pas un déni de curiosité, c’est bien sûr encore moins de l’incompétence des professionnels concernés, c’est vraiment un message direct et profond (3 médiathèques dans nos abonnés, hors BPI, pour toute la région Île-de-France !) : il faut être à peu près aussi fou que les 30 établissements abonnés à publie.net pour s’imaginer que la littérature contemporaine, hors du brassage marchand de la rentrée littéraire, aurait quelque chose à nous apprendre, à nous personnellement ou dans notre rapport au monde.

Alors, en attendant (on verra en décembre si suite, ou retour à vie plus standard et confortable), moi j’irai remettre le nez dans :

 Michaël Glück, Profération de la viande
 Jacques Ancet, Le silence des chiens
 Béatrice Rilos, Ou les élections
 Leslie Kaplan, Les mots
 Juliette Mezenc, Sujets sensibles
 Jean-Charles Massera, Croissance, familles savoyardes et baskets à scratchs
 Olivier Rolin, La chambre des cartes
 Raymond Bozier, L’Être urbain
 Bernard Noël, À bas l’utile

Et tant d’autres que je ne nomme pas, mais qui dialoguent avec ce noyau de la littérature au point de fusion du monde.

On a inventé un bel animal, mais probablement un peu trop étrange. Ou venu trop tôt. N’importe, mais c’est lourd à porter.

On rappelle même que si vous en téléchargez cinq, le 6ème est automatiquement gratuit. Et que si vous voulez tout lire, l’abonnement à 6 euros/mois vous le permet en illimité (ou 95 euros pour 1 an avec téléchargement). Pour les bibliothèques : tous renseignements, tarifs, services, contact Élisa Boulard, L’Immatériel-fr.

Profitez-en. On aura fait, tous ces mois, quelque chose de bien, avec des textes magnifiques. Ces choses-là n’ont pas d’intérêt à être prolongées trop longtemps – sinon, c’est un cadeau de plus aux indifférents, ceux à qui Benjamin posait sa question...


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 septembre 2010
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