césure & collections sur l’iPad, enfin

une mise à jour importante du moteur de lecture iBooks...


Ce 15 décembre, une mise à jour (gratuite évidemment) de l’application iBooks importante, qui leur ferait presque pardonner ces ridicules étagères en bois – elles auraient de l’allure, nos bibliothèques, si on y mettait les livres de face au lieu de sur tranche...

Première fonction importante : lorsque vous ouvrez iBooks, cliquer sur l’onglet Store/Livres. Les 2 catégories initiales sont fixes, la première donnant accès à la plateforme de vente, la 2ème aux epubs présents dans l’iPad (glissons sur l’appellation livres réservée au format...). Mais vous disposez de la possibilité de créer vos propres collections.

Allons-y, je suppose que comme moi vous créerez d’abord une collection perso, ou bien livres perso et documents en cours ou tout ce que vous voulez. Retour à l’onglet livres où vous avez déjà vos epubs, clic sur modifier, puis sélectionner l’ensemble de vos propres documents, et les glisser sur l’onglet choisi, c’est fait. Pour ma part, je viens de créer un onglet bibliothèque où j’ai rangé tous mes classiques (y compris ceux de publie.net, mes fondamentaux), un onglet publie.net évidemment puisque tests continus, et un onglet épreuves pour les textes en révision, l’iPad avec son surlignage et ses notes étant vraiment un outil sans commune mesure avec la Sony pour la relecture/correction. Comme l’iPad s’ouvrira chaque fois sur le dernier onglet utilisé, gain énorme pour gérer désormais quelques centaines d’eBooks sans ralentissement ni trop de recherche...

Et deuxième volet, enfin, enfin la césure sur l’epub...

Petit résumé : lorsqu’on compose un PDF pour la diffusion numérique, on pratique les mêmes ajustements manuels, souvent au % près d’écartement des caractères, rectif des fins de ligne, ajustement des césures – et c’est un temps globalement incompressible. Ensuite, le PDF emboîte tout ça dans un affichage fixe de grande qualité, que ce soit pour l’imprimerie ou l’écran (seule la résolution changera, et l’ergonomie, ce qui concerne les blancs, les marges, la tourne...). L’epub lui est en texte liquide ou reflow, ce qui signifie qu’il se recompose selon l’écran de consultation. Faire le test sur publie.net d’un extrait en mode texte (avec ce script de Julien Boulnois qui permet un affichage 3 colonnes sur votre ordinateur, en 2 colonnes sur votre iPad tenu à l’horizontale, ou en 1 colonne sur téléphone portable, faire le test en changeant la taille de la fenêtre...).

Dans cette recomposition permanente selon le support de consultation, le moteur de rendu epub dispose d’un algorithme de répartition des blancs, si on grossit trop la police, sur l’iPad, on a une page visuelle qui ferait honte à n’importe quel imprimeur. Mais pour rétablir la césure, la machine, assez stupide par définition, doit confronter chaque mot à son dictionnaire pour savoir où et comment les couper. Word le fait très bien sur votre traitement de texte : on peut même paramétrer le nombre de césures consécutives (jamais plus de 2 consécutives, éviter plus de 3 sur la même page), et c’est vraiment dommage que le logiciel Pages d’Apple, dont je me sers désormais avec grand bonheur, ne condescende pas à ces vieilles précautions typo. Autant dire aussi que sur les eReaders gris, Sony, Bookeen, etc., le recours au dictionnaire est lourd, surtout si en plus vous avez à gérer des DRM... D’où, depuis 2 ans, ces epubs moches.

Stanza savait déjà le faire, bravo. Je ne sais pas si c’est intégré dans les nouvelles liseuses, Sony ou Orizon. Mais hier soir, ouf, enfin les textes publie.net sur l’iPad disposent d’une césure, finie cette répartition barbare des blancs. C’est bien une question de moteur de rendu, et non de nos propres encapsulages de la mise en page, même si notre stratégie c’est de constituer 2 fichiers différents, un pour la lecture image en PDF (le feuilletoir des bibliothèques abonnées), et un autre plus rustre mais renforcé (mais c’est comme le vernis de Paganini, on ne donne pas nos recettes) pour tenir dans les secousses de la recomposition tous écrans.

On trouvera probablement bientôt des tests plus complets, chez eBouquin (le petit manuel tout savoir sur iBooks de Clément Monjou sera vite réactualisé !). Ai aperçu en bas de page une petite indication grisée il reste N pages avant la fin du chapitre, les fonctions signets, surlignage, note n’ont pas l’air d’avoir changé... L’affichage par liste (au lieu des icônes sur étagère) en haut à droite a l’air d’avoir été affiné aussi.

Sais pas si vous avez fait attention : depuis la mise à jour 4.3.2, le petit bouton sur le côté, qui servait à bloquer le mode portrait ou le mode image de l’écran (utile pour le lit, ou la scène !) a été désactivé et aura sans doute disparu sur le prochain iPad. Cliquer 2 fois sur le bouton Home (quand une application est ouverte) et tirer la bande du bas vers la droite, le bouton de blocage réapparaît en tactile, on s’y habitue vite.

Jamais lire numérique n’a été aussi radicalement simple, et suffisamment différent du livre imprimé pour qu’on ne s’occupe plus de comparer.

Lire en restant connecté : oui, on peut se laisser attraper par les lumières qui brillent (ô Victor Hugo qui aurait dit : « Les forts seront plus forts, et les faibles plus faibles... »). Rien de plus facile que d’aller regarder ses e-mails ou son Face Book en pleine relecture d’Euripide. Pour nous, plutôt un nouvel axiome : plus on propose de sortir d’un texte, plus on incite à y revenir. Le livre devient un mini-site, incluant sa documentation et ses entours, et c’est cette frontière qui rend obsolète aussi la notion de livre enrichi.

La meilleure démonstration, c’est probablement l’autre mise à jour d’hier soir (après une précédente il y a 10 jours) de FlipBoard, application native de l’iPad : on peut désormais insérer non plus un seul lien (twitter ou face book) mais un bouquet de flux rss (liste twitter), et se créer donc un magazine de lecture dense, oscillant souplement entre le web et la navigation rapide. Pour nous, en tant qu’éditeurs numériques, une instance décisive du basculement de la lecture se joue là... En attendant, en profiter dès à présent.

Photo : composition avec iPad, MacBook et fleurs artificielles, hôtel Bristol, Montbéliard, ce jour.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 16 décembre 2010
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